{"id":18189,"date":"2023-09-17T01:08:58","date_gmt":"2023-09-16T23:08:58","guid":{"rendered":"https:\/\/absi.ch\/new\/?p=18189"},"modified":"2023-09-17T01:17:30","modified_gmt":"2023-09-16T23:17:30","slug":"eucharistie-17-septembre-2023","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/absi.ch\/new\/2023\/09\/eucharistie-17-septembre-2023\/","title":{"rendered":"Eucharistie : 17 septembre 2023"},"content":{"rendered":"<div id=\"themify_builder_content-18189\" data-postid=\"18189\" class=\"themify_builder_content themify_builder_content-18189 themify_builder\">\n    \t<!-- module_row -->\n\t<div  class=\"themify_builder_row module_row clearfix module_row_1 themify_builder_18189_row module_row_18189-1 tb_6jz2166\">\n\t    \t    <div class=\"row_inner col_align_top\" >\n\t\t\t<div  class=\"module_column tb-column col-full first tb_18189_column module_column_0 module_column_18189-1-0 tb_afp9167\">\n\t    \t    \t        <div class=\"tb-column-inner\">\n\t\t    <!-- module text -->\n<div  class=\"module module-text tb_5h7r176    \">\n            <div  class=\"tb_text_wrap\">\n    <p>24<sup>\u00e8me<\/sup> dimanche du Temps Ordinaire \u2014 Ann\u00e9e A<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3>Pardonner et ne pas garder rancune<\/h3>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h5>Premi\u00e8re lecture<\/h5>\n<p><em>La premi\u00e8re lecture de ce matin est une page d\u2019un livre compos\u00e9 par J\u00e9sus fils de Sirac, dit aussi \u2018Siracide\u2019. Le Siracide est un ma\u00eetre juif. Il a beaucoup voyag\u00e9 et il s\u2019est ouvert aussi \u00e0 la civilisation grecque. Et, vers l\u2019ann\u00e9e 180 avant la naissance de J\u00e9sus, il d\u00e9cide d\u2019\u00e9crire un manuel pour les jeunes de J\u00e9rusalem\u00a0: c\u2019est un manuel de sagesse, enrichi par les exp\u00e9riences, les voyages et les rencontres que l\u2019auteur a faits.<\/em><\/p>\n<p><em>Dans la page que nous allons lire ce matin, nous avons deux petits po\u00e8mes<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a><\/em><em>\u00a0: le premier nous parle de mauvais comportements par rapport au prochain (27,30-28,1). Dans les deux versets pr\u00e9c\u00e9dents, l\u2019auteur a parl\u00e9 de l\u2019orgueilleux qui aime insulter et se moquer des autres\u00a0; il a parl\u00e9 aussi de la joie du m\u00e9chant devant la souffrance d\u2019un homme pieux. Et maintenant, l\u2019auteur met devant nos yeux des personnes qui sont habit\u00e9es par la rancune et la col\u00e8re. Et il termine son petit tableau en \u00e9voquant\u00a0ceux qui se vengent. Devant ces comportements, le Siracide nous met en garde, il nous demande d\u2019\u00e9viter ces comportements\u00a0: ils sont \u00ab\u00a0des choses d\u00e9testables\u00a0\u00bb (27,30). Et, \u00e0 propos des personnes qui se vengent, il affirme\u00a0: Dieu les traitera de la m\u00eame fa\u00e7on. En effet, \u00ab\u00a0celui qui se venge <\/em><em>\u00e9prouvera<\/em><em> la vengeance du Seigneur\u00a0\u00bb (28,1). <\/em><\/p>\n<p><em>Dans le deuxi\u00e8me po\u00e8me (28,2-7), le Siracide nous exhorte \u00e0 pardonner. En effet, le po\u00e8me s\u2019ouvre avec l\u2019imp\u00e9ratif\u00a0: \u00ab\u00a0Pardonne \u00e0 ton prochain l\u2019injustice commise\u00a0\u00bb. Cet imp\u00e9ratif abolit, entre les humains, la loi du talion<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><strong>[2]<\/strong><\/a><\/em><em>, la loi de \u00ab\u00a0l\u2019\u0153il pour \u0153il et dent pour dent\u00a0\u00bb (Ex 21,24\u00a0; L\u00e9v 24,20\u00a0; Deut 19,21). L\u2019exhortation au pardon est suivie d\u2019une cons\u00e9quence\u00a0: \u00ab\u00a0quand tu prieras, tes errements seront remis\u00a0\u00bb. Et cette m\u00eame ligne de pens\u00e9e, deux si\u00e8cles apr\u00e8s notre auteur, sera suivie par J\u00e9sus. En effet, l\u2019\u00c9vangile nous dit que, pour pouvoir demander le pardon du P\u00e8re, nous devons avoir pardonn\u00e9 \u00e0 nos fr\u00e8res\u00a0: \u00ab\u00a0Pardonne-nous nos torts envers toi, comme nous-m\u00eames nous avons pardonn\u00e9 \u00e0 ceux qui avaient des torts envers nous\u00a0\u00bb (Mt 6,12).<\/em><\/p>\n<p><em>En poursuivant son exhortation, le Siracide formule trois interrogations (vv. 3-5). Dans chacune, l\u2019auteur souligne l\u2019incoh\u00e9rence de celui qui demande \u00e0 Dieu d\u2019\u00eatre pardonn\u00e9 mais qui, en m\u00eame temps, refuse de pardonner et conserve sa col\u00e8re contre un humain. En effet, comment demander \u00e0 Dieu \u00ab\u00a0la gu\u00e9rison\u00a0\u00bb (v. 3), c\u2019est-\u00e0-dire la reprise d\u2019une relation confiante avec Dieu, et refuser la reprise d\u2019une relation sereine avec un fr\u00e8re\u00a0?<\/em><\/p>\n<p><em>Enfin, dans les derniers versets du po\u00e8me (vv. 6-7), l\u2019invitation \u00e0 ne pas conserver de la haine envers son fr\u00e8re est accompagn\u00e9e de deux autres motivations\u00a0: d\u2019abord la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la dimension mortelle qui nous caract\u00e9rise. La pens\u00e9e de la mort qui nous attend doit nous pousser \u00e0 \u00ab\u00a0cesser de ha\u00efr\u00a0\u00bb. Plus encore soulign\u00e9e est la motivation religieuse\u00a0: c\u2019est surtout la fid\u00e9lit\u00e9 aux commandements qui doit nous pousser \u00e0 pardonner et \u00e0 ne plus penser au mal qu\u2019un autre nous a fait. Ici, la version grecque du Siracide utilise le verbe \u00ab\u00a0par-orao\u00a0\u00bb qui signifie \u00ab\u00a0ne pas tenir compte\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0passer par-dessus\u00a0\u00bb. En effet, pardonner ne signifie pas oublier ou ignorer un pass\u00e9 qu\u2019on ne peut ni oublier ni ignorer. Pardonner signifie\u00a0passer par-dessus l\u2019offense, et essayer de survivre et de renouer la relation qui a \u00e9t\u00e9 coup\u00e9e par l\u2019offense. D\u2019autre part, le mot \u00ab pardon \u00bb, \u00e9tymologiquement, veut bien dire cela ; il s\u2019\u00e9crit en deux parties \u00ab par-don \u00bb : c\u2019est-\u00e0-dire le don parfait, parachev\u00e9, le don par-del\u00e0 l\u2019offense. Et, parce qu\u2019il est parfait, il ne peut \u00eatre en nous que l\u2019\u0153uvre de l\u2019Esprit Saint<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><strong>[3]<\/strong><\/a>.<\/em><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>Lecture du livre du Siracide (27,30-28,7)<\/strong><\/p>\n<p><strong>27<\/strong><sup>30 <\/sup>La rancune et la col\u00e8re, voil\u00e0 aussi des choses d\u00e9testables.<\/p>\n<p>L\u2019homme m\u00e9chant est ma\u00eetre en ce domaine.<\/p>\n<p><strong>28<\/strong><sup>1<\/sup> Celui qui se venge \u00e9prouvera la vengeance du Seigneur<\/p>\n<p>qui de ses errements tiendra un compte rigoureux.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><sup>2<\/sup> Pardonne \u00e0 ton prochain l\u2019injustice commise<\/p>\n<p>et, quand tu prieras, tes errements seront remis.<\/p>\n<p><sup>3<\/sup> Si un humain conserve de la col\u00e8re contre un humain,<\/p>\n<p>comment peut-il demander au Seigneur la gu\u00e9rison ?<\/p>\n<p><sup>4<\/sup> D\u2019un humain qui est son semblable il n\u2019a pas piti\u00e9\u00a0;<\/p>\n<p>comment peut-il supplier pour ses propres errements\u00a0?<\/p>\n<p><sup>5<\/sup> Lui, qui est chair et faiblesse, conserve sa rancune\u00a0;<\/p>\n<p>qui lui obtiendra le pardon de ses propres errements ?<\/p>\n<p><sup>6<\/sup> Souviens-toi de la fin qui t\u2019attend, et cesse de ha\u00efr,<\/p>\n<p>souviens-toi de la mort, de la d\u00e9composition du corps,<\/p>\n<p>et reste fid\u00e8le aux commandements.<\/p>\n<p><sup>7<\/sup> Souviens-toi des commandements,<\/p>\n<p>et ne garde pas rancune \u00e0 ton prochain,<\/p>\n<p>souviens-toi de l\u2019alliance du Tr\u00e8s-Haut,<\/p>\n<p>et passe par-dessus l\u2019offense.<\/p>\n<p><strong>Parole du Seigneur.<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h5>Psaume<\/h5>\n<p><em>Avec le psaume 103, nous sommes au cinqui\u00e8me ou au quatri\u00e8me si\u00e8cle. L\u2019exil \u00e0 Babylone est termin\u00e9 depuis longtemps et les proph\u00e8tes v\u00e9cus apr\u00e8s l\u2019exil ont fr\u00e9quemment insist\u00e9 sur l\u2019amour et la compassion que Dieu a pour nous. Et maintenant, avec le psaume 103, c\u2019est un po\u00e8te qui revient sur Dieu qui nous aime et nous pardonne<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><strong>[4]<\/strong><\/a><\/em><em>. <\/em><\/p>\n<p><em>Quant \u00e0 nous, ce matin nous allons lire quatre strophes de ce psaume. Dans la premi\u00e8re (vv. 1-2), le po\u00e8te s\u2019adresse \u00e0 soi-m\u00eame. Avec son \u00e2me et avec tout soi-m\u00eame, il veut b\u00e9nir Dieu, il veut discerner, dans sa vie, tous les bienfaits que Dieu a accomplis, il veut prendre conscience d\u2019\u00eatre embrass\u00e9 par l\u2019amour mis\u00e9ricordieux du Dieu tr\u00e8s saint<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><strong>[5]<\/strong><\/a>.<\/em><\/p>\n<p><em>La deuxi\u00e8me strophe (vv. 3-4) \u00e9voque d\u2019abord notre fragilit\u00e9 humaine, nos fautes, nos maladies, nos exp\u00e9riences de la mort. A tout \u00e7a, Dieu r\u00e9pond avec le pardon, la gu\u00e9rison, avec son amour, sa tendresse. Dans cette strophe, le po\u00e8te insiste sur les actions de Dieu avec quatre phrases\u00a0: Dieu est celui qui pardonne, qui gu\u00e9rit, qui lib\u00e8re, qui couronne d\u2019amour. Toutes ces actions ne font que manifester les deux caract\u00e9ristiques fondamentales de Dieu, son amour et sa \u00ab\u00a0tendresse\u00a0\u00bb, litt\u00e9ralement &#8211; en h\u00e9breu &#8211; ses \u00ab\u00a0entrailles maternelles\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><em>Dans la troisi\u00e8me strophe (vv. 9-10), le po\u00e8te regarde le pr\u00e9sent \u00e0 la lumi\u00e8re du pass\u00e9, \u00e0 la lumi\u00e8re des exp\u00e9riences que le peuple a v\u00e9cues au moment de l\u2019exode et de la p\u00e9r\u00e9grination dans le d\u00e9sert. Dieu qui, dans le pass\u00e9, a pardonn\u00e9 \u00e0 son peuple et ne l\u2019a pas ch\u00e2ti\u00e9 en mesure de ses infid\u00e9lit\u00e9s, Dieu \u00ab\u00a0<\/em><em>n\u2019agit pas envers nous<\/em><em> selon nos errements, il ne nous rend pas selon nos fautes \u00bb (v. 10).<\/em><\/p>\n<p><em>Enfin, dans la quatri\u00e8me strophe (vv. 11-12), le po\u00e8te essaie d\u2019\u00e9voquer la pr\u00e9sence inimaginable de Dieu aupr\u00e8s de ses fid\u00e8les. Les dimensions sans limites comme la distance entre le ciel et la terre et entre l\u2019orient o\u00f9 le soleil se l\u00e8ve et l\u2019occident o\u00f9 le soleil se couche, ces dimensions sans limites peuvent nous dire quelque chose de la distance entre les humains avec leurs fautes et l\u2019amour de Dieu qui nous pardonne<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><strong>[6]<\/strong><\/a> et qui \u00ab\u00a0<\/em><em>\u00e9loigne de nous nos offenses\u00a0\u00bb (v. 12).<\/em><em>\u00a0 <\/em><\/p>\n<p><em>Quant \u00e0 nous, ce matin, nous allons intervenir avec les mots que le po\u00e8te utilise dans un autre verset (le v. 8) de ce m\u00eame psaume. C\u2019est le refrain que nous acclamerons \u00e0 la fin de chaque strophe\u00a0: <\/em><\/p>\n<p><strong>Le Seigneur est tendresse et piti\u00e9,<br \/><\/strong><strong>lent \u00e0 la col\u00e8re et plein d\u2019amour.<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>Psaume 103 (versets 1-2. 3-4. 9-10. 11-12)<\/strong><\/p>\n<p><sup>1<\/sup> B\u00e9nis Yahv\u00e9h, \u00f4 mon \u00e2me,<\/p>\n<p>que tout en moi (b\u00e9nisse) son nom tr\u00e8s saint\u00a0!<\/p>\n<p><sup>2<\/sup> B\u00e9nis Yahv\u00e9h, \u00f4 mon \u00e2me,<\/p>\n<p>et n\u2019oublie aucun de ses bienfaits !<\/p>\n<p><em><u>Refr<\/u><\/em>.\u00a0: <strong>Le Seigneur est tendresse et piti\u00e9,<\/strong><\/p>\n<p><strong>lent \u00e0 la col\u00e8re et plein d\u2019amour.<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><sup>3<\/sup> C\u2019est lui qui pardonne toutes tes <strong>fautes<\/strong>,<\/p>\n<p>c\u2019est lui qui gu\u00e9rit toutes tes maladies\u00a0;<\/p>\n<p><sup>4<\/sup> c\u2019est lui qui lib\u00e8re ta vie de la tombe,<\/p>\n<p>c\u2019est lui qui te couronne <strong>d\u2019amour<\/strong> et de <strong>tendresse<\/strong>.<\/p>\n<p><em><u>Refr<\/u><\/em>.\u00a0: <strong>Le Seigneur est tendresse et piti\u00e9,<\/strong><\/p>\n<p><strong>lent \u00e0 la col\u00e8re et plein d\u2019amour.<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><sup>9<\/sup> Il ne fait pas constamment des reproches,<\/p>\n<p>il ne garde pas rancune pour toujours ;<\/p>\n<p><sup>10<\/sup> il n\u2019agit pas envers nous selon nos errements,<\/p>\n<p>il ne nous rend pas selon nos fautes.<\/p>\n<p><em><u>Refr<\/u><\/em>.\u00a0: <strong>Le Seigneur est tendresse et piti\u00e9,<\/strong><\/p>\n<p><strong>lent \u00e0 la col\u00e8re et plein d\u2019amour.<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><sup>11<\/sup> Comme le ciel est \u00e9lev\u00e9 au-dessus de la terre,<\/p>\n<p>ainsi sa fid\u00e9lit\u00e9 est forte pour ceux qui le respectent ;<\/p>\n<p><sup>12<\/sup> comme l\u2019orient est \u00e9loign\u00e9 du couchant,<\/p>\n<p>il \u00e9loigne de nous nos offenses.<\/p>\n<p><em><u>Refr<\/u><\/em>.\u00a0: <strong>Le Seigneur est tendresse et piti\u00e9,<\/strong><\/p>\n<p><strong>lent \u00e0 la col\u00e8re et plein d\u2019amour.<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h5>Deuxi\u00e8me lecture<\/h5>\n<p><em>Comme derni\u00e8re \u00e9tape dans notre lecture de la lettre aux Romains, la liturgie de ce matin nous propose une page du chapitre 14. En \u00e9crivant cette partie de sa lettre, Paul est pr\u00e9occup\u00e9 des tensions qui existent dans la communaut\u00e9 de Rome. Dans cette communaut\u00e9, il y a des personnes qui, \u00e0 partir de leur conscience, mangent soit des l\u00e9gumes, soit de la viande. Mais il y en a aussi d\u2019autres qui ont une conscience plus \u00ab\u00a0faible\u00a0\u00bb, plus respectueuse de certaines normes alimentaires. Et ces personnes &#8211; en suivant des traditions li\u00e9es aux philosophes grecs<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><strong>[7]<\/strong><\/a> et aussi des traditions pr\u00e9sentes dans le juda\u00efsme<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\"><strong>[8]<\/strong><\/a> &#8211; se nourrissent seulement de l\u00e9gumes.<\/em><\/p>\n<p><em>Devant ces diff\u00e9rences au niveau de la conscience et au niveau du comportement, Paul laisse \u00e0 chaque personne sa libert\u00e9 int\u00e9rieure<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\"><strong>[9]<\/strong><\/a>, sans rien imposer. Il se limite \u00e0 demander aux autres le respect, le respect pour un fr\u00e8re ou une s\u0153ur qui agit diff\u00e9remment. Il \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Celui qui mange de tout ne doit pas m\u00e9priser celui qui ne mange pas certains aliments. Et celui qui ne mange pas certains aliments ne doit pas juger celui qui mange de tout, car Dieu l\u2019a accueilli\u00a0\u00bb (v. 3). Dans ses d\u00e9cisions personnelles, chacun doit suivre sa conscience\u00a0: suivre sa conscience sans juger les autres. En effet, c\u2019est dans sa propre conscience que chaque personne rencontre Dieu et est accueillie par Dieu. Paul le dit au verset 6\u00a0: \u00ab\u00a0Celui qui mange, c\u2019est pour le Seigneur qu\u2019il mange\u00a0; en effet, il rend gr\u00e2ce \u00e0 Dieu. Et celui qui ne mange pas, c\u2019est pour le Seigneur qu\u2019il ne mange pas : il rend aussi gr\u00e2ce \u00e0 Dieu\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><em>Apr\u00e8s cette affirmation, dans la page que nous allons lire dans un instant, Paul ouvre encore plus son regard\u00a0: les croyants sont du Seigneur J\u00e9sus, toujours et totalement, en vivant comme en mourant<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\"><strong>[10]<\/strong><\/a>. Oui, la relation du croyant avec le Seigneur englobe la vie et la mort, notre vie et notre mort. En effet, \u00ab\u00a0si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur\u00a0; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Alors, en vivant ou en mourant, nous appartenons au Seigneur\u00a0\u00bb (v. 8). Ce qui est important ce n\u2019est pas ce qu\u2019on mange ou ce qu\u2019on ne mange pas\u00a0: l\u2019important, l\u2019essentiel, c\u2019est vivre et mourir pour le Seigneur. <\/em><\/p>\n<p><em>Dans sa phrase, pour trois fois Paul utilise le mot \u00ab\u00a0Seigneur\u00a0\u00bb, en grec \u00ab\u00a0Kyrios\u00a0\u00bb. S\u2019agit-il de Dieu ou du Christ\u00a0? La r\u00e9ponse appara\u00eet dans le verset suivant, l\u00e0 o\u00f9 retentit une des premi\u00e8res d\u00e9clarations de la foi chr\u00e9tienne, de la foi pascale<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\"><strong>[11]<\/strong><\/a>\u00a0: \u00ab\u00a0Oui, le Christ est mort et il est revenu \u00e0 la vie pour ceci\u00a0: pour \u00eatre le Seigneur des morts et des vivants\u00a0\u00bb (v. 9). Voil\u00e0 comment nous devons vivre, voil\u00e0 avec quelle attitude de confiance nous devons regarder aussi la mort, la n\u00f4tre et celle de nos s\u0153urs et fr\u00e8res.<\/em><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>Lecture de la lettre de saint Paul ap\u00f4tre aux Romains (14,7-9)<\/strong><\/p>\n<p>Fr\u00e8res, <sup>7<\/sup> personne parmi nous ne vit pour soi-m\u00eame, et personne ne meurt pour soi-m\u00eame. <sup>8<\/sup> Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur\u00a0; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Alors, en vivant ou en mourant, nous appartenons au Seigneur.<\/p>\n<p><sup>9<\/sup> Oui, le Christ est mort et il est revenu \u00e0 la vie pour ceci\u00a0: pour \u00eatre le Seigneur des morts et des vivants.<\/p>\n<p><strong>Parole du Seigneur.<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>All\u00e9luia. All\u00e9luia.<\/strong><\/p>\n<p><em>Je vous donne un commandement nouveau, dit le Seigneur :<br \/><\/em><em>\u00ab Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aim\u00e9s \u00bb.<\/em> (cf. <em>Jn<\/em> 13,34)<\/p>\n<p><strong>All\u00e9luia.<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h5>\u00c9vangile<\/h5>\n<p><em>Dimanche pass\u00e9, l\u2019\u00c9vangile nous invitait \u00e0 nous r\u00e9concilier avec nos fr\u00e8res et \u00e0 pardonner. Et la page de ce matin revient sur ce m\u00eame sujet. En effet, au centre de cette page nous avons la parabole d\u2019un serviteur qui a \u00e9t\u00e9 pardonn\u00e9 et qui, pourtant, refuse de pardonner \u00e0 son coll\u00e8gue.<\/em><\/p>\n<p><em>La page est structur\u00e9e en trois moments. <\/em><\/p>\n<p><em>Il y a d\u2019abord le dialogue entre Pierre et J\u00e9sus (vv. 21-22). Pierre, qui a \u00e9cout\u00e9 l\u2019invitation de J\u00e9sus au pardon, montre une grande disponibilit\u00e9 qui d\u00e9passe celle des th\u00e9ologiens juifs\u00a0: en effet, Pierre est dispos\u00e9 \u00e0 pardonner \u00ab\u00a0jusqu\u2019\u00e0 sept fois\u00a0\u00bb (v. 21). Et ici \u00ab\u00a0sept\u00a0\u00bb est le chiffre traditionnel pour indiquer la totalit\u00e9, la perfection<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\"><strong>[12]<\/strong><\/a>. <\/em><\/p>\n<p><em>A cette d\u00e9claration de Pierre, J\u00e9sus r\u00e9agit en d\u00e9passant toute limite\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne te dis pas jusqu\u2019\u00e0 sept fois, mais jusqu\u2019\u00e0 soixante-dix fois sept fois\u00a0\u00bb (v. 22)<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\"><strong>[13]<\/strong><\/a>. Et avec cette affirmation, J\u00e9sus fait r\u00e9f\u00e9rence au cantique de Lamek qui disait\u00a0: \u00ab\u00a0Ca\u00efn sera veng\u00e9 sept fois, mais Lamek soixante-dix-sept fois\u00a0\u00bb (Ge 4,24)<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\"><strong>[14]<\/strong><\/a>. Dans la Gen\u00e8se, la vengeance est pr\u00e9sent\u00e9e comme un comportement qui augmente de plus en plus\u00a0; dans l\u2019\u00c9vangile, le discours est sur l\u2019abolition de la vengeance\u00a0: la communaut\u00e9 doit \u00eatre anim\u00e9e par le pardon\u00a0: voil\u00e0 l\u2019attitude, radicale, voulue par J\u00e9sus<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\"><strong>[15]<\/strong><\/a>.<\/em><\/p>\n<p><em>La deuxi\u00e8me partie de la page (vv. 23-34) est une parabole, une parabole qui utilise le langage de l\u2019\u00e9conomie\u00a0: r\u00e9gler les comptes, dette, rembourser, vendre. En effet, il y a un roi qui \u00ab\u00a0<\/em><em>voulait r\u00e9gler ses comptes\u00a0\u00bb (v. 23). Un serviteur lui doit \u00ab\u00a0dix mille talents\u00a0\u00bb (v. 24). Cette somme est litt\u00e9ralement \u00e9norme, inimaginable<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\"><strong>[16]<\/strong><\/a>. Il suffit de penser que la rente annuelle du royaume d\u2019H\u00e9rode \u00e9tait neuf cents talents<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\"><strong>[17]<\/strong><\/a>.<\/em><em> Comme le serviteur ne peut pas restituer cette somme, le roi d\u00e9cide de le vendre comme esclave, lui et toute sa famille. Mais le serviteur supplie le roi, et sa supplication obtient un don qui d\u00e9passe toute imagination\u00a0: \u00ab\u00a0Profond\u00e9ment saisi de compassion, le ma\u00eetre de ce serviteur le laissa partir en supprimant sa dette\u00a0\u00bb (v. 27).<\/em><\/p>\n<p><em>Imm\u00e9diatement apr\u00e8s la surprise de ce pardon, le r\u00e9cit nous en pr\u00e9sente une autre. Le serviteur qui vient d\u2019avoir sa dette annul\u00e9e se jette sur un de ses compagnons de service et il veut l\u2019\u00e9trangler\u00a0: et cela tout simplement parce que ce coll\u00e8gue lui doit \u00ab\u00a0cent pi\u00e8ces\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0cent deniers\u00a0\u00bb (v. 28). Et cette dette est beaucoup inf\u00e9rieure aux <\/em><em>dix mille talents\u00a0; en effet, le denier est le salaire journalier d\u2019un ouvrier. Il s\u2019agit donc d\u2019une dette remboursable. Ce deuxi\u00e8me serviteur agit comme le premier\u00a0; il <\/em><em>tombe aux pieds de son compagnon, il le supplie en disant : <\/em><em>\u00ab\u00a0<\/em><em>Prends patience envers moi, et je te rembourserai\u00a0\u00bb (v. 29\u00a0; cf. v. 26). Mais l\u2019autre n\u2019accueille pas cette supplication et le fait \u00ab\u00a0<\/em><em>jeter en prison<\/em><em> jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il ait rembours\u00e9 sa dette\u00a0\u00bb (v. 30)<\/em><em>.<\/em><\/p>\n<p><em>Devant ce comportement sans piti\u00e9 et hors mesure, les coll\u00e8gues du deuxi\u00e8me serviteur vont raconter au roi ce qui vient de se passer. Et le roi appelle \u00e0 nouveau son serviteur et lui donne le message fondamental de notre page. Il lui dit\u00a0: \u00ab\u00a0<\/em><em>J\u2019ai supprim\u00e9 toute ta dette parce que tu m\u2019as suppli\u00e9. <\/em><em>Ne devais-tu pas, \u00e0 ton tour, avoir piti\u00e9 de ton compagnon de service, comme moi-m\u00eame j\u2019avais eu piti\u00e9 de toi ?<\/em><em>\u00a0\u00bb (vv. 32s). Ce message est le message central de notre page<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\"><strong>[18]<\/strong><\/a>, un message que l\u2019\u00c9vangile met sur la bouche du roi, le roi appel\u00e9 \u2013 cinq fois (vv. 25. 27. 31. 32. 34) \u2013 comme \u00ab\u00a0ma\u00eetre\u00a0\u00bb et, en grec, comme \u00ab\u00a0Kyrios\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0Seigneur\u00a0\u00bb, le m\u00eame mot que Pierre utilise pour s\u2019adresser \u00e0 J\u00e9sus (v. 21). Et la parabole se termine en annon\u00e7ant le sort de ce mauvais serviteur\u00a0: \u00ab\u00a0<\/em><em>son ma\u00eetre le livra aux <\/em><em>travaux forc\u00e9s <\/em><em>jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il e\u00fbt rembours\u00e9 <\/em><em>toute sa dette\u00a0\u00bb (v. 34)<\/em><em>.<\/em><\/p>\n<p><em>Enfin, le troisi\u00e8me moment (v. 35) de notre page. Racontant le comportement de ce \u00ab\u00a0ma\u00eetre\u00a0\u00bb, J\u00e9sus nous annonce le comportement de Dieu vers qui \u00ab\u00a0ne pardonne pas \u00e0 son fr\u00e8re de tout son c\u0153ur \u00bb. Le message est clair\u00a0: Dieu, notre P\u00e8re, nous pardonne toutes nos dettes. Mais nous devons, nous aussi &#8211; en recevant tout gratuitement le pardon du P\u00e8re &#8211; nous devons pardonner \u00e0 nos fr\u00e8res et s\u0153urs\u2026 de tout notre c\u0153ur. En effet, le pardon de Dieu n\u2019est pas quelque chose qui reste \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de notre personne\u00a0; au contraire, il est une \u00e9nergie qui veut nous prendre totalement, jusqu\u2019au fond de nous-m\u00eames<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\"><strong>[19]<\/strong><\/a>. A nous, de laisser agir cette \u00e9nergie dans nos relations avec les autres.<\/em><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>\u00c9vangile de J\u00e9sus Christ selon saint Matthieu (18,21-35)<\/strong><\/p>\n<p><sup>21<\/sup> Pierre s\u2019approcha de J\u00e9sus pour lui demander : \u00ab Seigneur, quand mon fr\u00e8re commettra des fautes \u00e0 mon \u00e9gard, combien de fois lui pardonnerai-je\u00a0? Jusqu\u2019\u00e0 sept fois ? \u00bb. <sup>22<\/sup> J\u00e9sus lui dit : \u00ab Je ne te dis pas jusqu\u2019\u00e0 sept fois, mais jusqu\u2019\u00e0 soixante-dix fois sept fois.<\/p>\n<p><sup>23<\/sup> C\u2019est pourquoi le Royaume des cieux ressemble \u00e0 ceci : un roi voulait r\u00e9gler ses comptes avec ses serviteurs. <sup>24<\/sup> Quand il commen\u00e7a \u00e0 r\u00e9gler ses comptes, on lui amena un serviteur qui lui devait dix mille talents (c\u2019est-\u00e0-dire soixante millions de pi\u00e8ces d\u2019argent). <sup>25<\/sup> Cet homme n\u2019avait pas de quoi rendre cet argent ; alors son ma\u00eetre donna l\u2019ordre de le vendre comme esclave et de vendre aussi sa femme, ses enfants et tout ce qu\u2019il poss\u00e9dait, afin de rembourser ainsi la dette. <sup>26<\/sup> Alors, tombant aux pieds (du ma\u00eetre), le serviteur demeurait \u00e0 genoux devant lui et disait : \u201cPrends patience envers moi, et je te rembourserai tout\u201d. <sup>27<\/sup> Profond\u00e9ment saisi de compassion, le ma\u00eetre de ce serviteur le laissa partir en supprimant sa dette.<\/p>\n<p><sup>28<\/sup> Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons de service qui lui devait une tr\u00e8s petite somme (d\u2019argent), cent pi\u00e8ces. Il se jeta sur lui pour l\u2019\u00e9trangler, en disant : \u201cRembourse ce que tu (me) dois\u201d. <sup>29<\/sup> Alors, tombant \u00e0 ses pieds, son compagnon le suppliait en disant : \u201cPrends patience envers moi, et je te rembourserai\u201d. <sup>30<\/sup> Mais l\u2019autre refusa ; bien plus, il s\u2019en alla le faire jeter en prison jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il ait rembours\u00e9 sa dette.<\/p>\n<p><sup>31<\/sup> Alors, ses compagnons de service, voyant ce qui venait de se passer, furent profond\u00e9ment attrist\u00e9s et ils all\u00e8rent raconter \u00e0 leur ma\u00eetre tout ce qui \u00e9tait arriv\u00e9. <sup>32<\/sup> Alors le ma\u00eetre fit appeler ce serviteur et lui dit : \u201cM\u00e9chant serviteur ! A toi j\u2019ai supprim\u00e9 toute ta dette parce que tu m\u2019as suppli\u00e9. <sup>33<\/sup> Ne devais-tu pas, \u00e0 ton tour, avoir piti\u00e9 de ton compagnon de service, comme moi-m\u00eame j\u2019avais eu piti\u00e9 de toi\u00a0?\u201d. <sup>34<\/sup> Dans sa col\u00e8re, son ma\u00eetre le livra aux travaux forc\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il e\u00fbt rembours\u00e9 toute sa dette\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><sup>35<\/sup> Et J\u00e9sus ajouta : \u00ab C\u2019est ainsi que mon P\u00e8re qui est au ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas \u00e0 son fr\u00e8re de tout son c\u0153ur \u00bb.<br \/><br \/><\/p>\n<p><strong>Acclamons la Parole de Dieu.<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h5>Pri\u00e8re d\u2019ouverture\u00a0: \u00ab\u00a0Lui seul nous suffit\u00a0\u00bb<br \/><br \/><\/h5>\n<p>Pardonner.<\/p>\n<p>Il est parfois difficile de pardonner.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs,<\/p>\n<p>Jusqu\u2019o\u00f9 pouvons-nous pardonner\u00a0?<\/p>\n<p>Quelles sont les limites de la nature humaine\u00a0?<\/p>\n<p>Quelles sont nos propres limites\u00a0?<\/p>\n<p>Et pourquoi ces limites\u00a0?<\/p>\n<p>Elles nous privent de tant de libert\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p>Elles nous rendent si malheureux\u00a0!<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Fixons notre regard vers le Seigneur,<\/p>\n<p>Ne d\u00e9tournons pas Son regard,<\/p>\n<p>Osons le regarder.<\/p>\n<p>Laissons-nous faire tout simplement.<\/p>\n<p>Ayons un c\u0153ur humble,<\/p>\n<p>Si humble,<\/p>\n<p>Faisons-Lui confiance.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Lui seul brisera nos limites,<\/p>\n<p>Avec notre OUI.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Lui seul nous suffit,<\/p>\n<p>Pour avancer sur le chemin du pardon<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>.<\/p>\n<p>[Florence Viellard, jeune maman et com\u00e9dienne, Dijon, France]<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<h5>Pri\u00e8re des fid\u00e8les<br \/><br \/><\/h5>\n<p>* Le Siracide, un umushingantahe, un sage v\u00e9cu il y a vingt-deux si\u00e8cles \u00e0 J\u00e9rusalem, interpellait les jeunes. Il insistait sur la n\u00e9cessit\u00e9 de pardonner, d\u2019avoir piti\u00e9, et il soulignait le contraste d\u2019un homme qui ose prier Dieu mais qui ne sait pas pardonner\u00a0: \u00ab\u00a0D\u2019un humain qui est son semblable il n\u2019a pas piti\u00e9\u00a0; comment peut-il supplier pour ses propres errements\u00a0?\u00a0\u00bb Donne-nous, Seigneur Dieu, la force de pardonner \u00e0 nos fr\u00e8res et s\u0153urs. C\u2019est ainsi que &#8211; d\u2019une fa\u00e7on coh\u00e9rente &#8211; nous pourrons te demander ton pardon.<\/p>\n<p>* Le po\u00e8te du psaume nous aide \u00e0 prendre conscience de notre faiblesse et de nos fautes, des fautes desquelles toi, Seigneur, dans ton immense g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, tu nous pardonnes. A la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de ton pardon, le po\u00e8te ajoute aussi deux autres d\u00e9tails\u00a0: dans ta g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, tu nous couronnes \u00ab\u00a0d\u2019amour et de tendresse\u00a0\u00bb. Aide-nous, Dieu notre P\u00e8re, \u00e0 prendre conscience de ta tendresse, de tes \u00ab\u00a0entrailles maternelles\u00a0\u00bb comme nous dit le texte h\u00e9breu.<\/p>\n<p>* Devant notre mort et celle des autres, Paul nous rassure\u00a0: \u00ab\u00a0personne parmi nous ne vit pour soi-m\u00eame, et personne ne meurt pour soi-m\u00eame\u00a0\u00bb. Dans notre vie, nous ne sommes jamais seuls, nous vivons avec les autres et aux autres nous pouvons donner, de jour en jour, notre vie. Et, en vivant ainsi, nous donnons notre vie aussi \u00e0 toi, J\u00e9sus, \u00e0 toi qui as tout donn\u00e9 pour nous. Et nous, en donnant notre vie \u00e0 nos fr\u00e8res et s\u0153urs et \u00e0 toi, au moment de mourir, nous ne serons pas seuls\u00a0: nous te rencontrerons, nous pourrons nous asseoir \u00e0 la m\u00eame table, avec toi et avec les autres.<\/p>\n<p>* J\u00e9sus notre fr\u00e8re, nous sommes faibles. Souvent nous avons de la peine \u00e0 pardonner \u00e0 un fr\u00e8re ou \u00e0 une s\u0153ur qui a commis une faute \u00e0 notre \u00e9gard ou qui nous a fait un tort. Ouvre donc notre esprit et rends-nous un peu comme Pierre, qui \u00e9tait dispos\u00e9 \u00e0 pardonner sept fois. Et que ta parole nous donne aussi la force d\u2019aller encore plus loin en accomplissant ce que tu as dit\u00a0\u00e0 Pierre\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne te dis pas jusqu\u2019\u00e0 sept fois, mais jusqu\u2019\u00e0 soixante-dix fois sept fois\u00a0\u00bb. Que ce \u2018r\u00eave\u2019 \u00e0 propos du pardon puisse se r\u00e9aliser, Seigneur J\u00e9sus.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/17-septembre-2023-de\u0301f..pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>&gt; testo (pdf)<\/em><\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Cf. P. W. Skehan &#8211; A. A. Di Lella, <em>The Wisdom of Ben Sira : a New Translation with Notes<\/em>, <em>Introduction and Commentary<\/em>, Doubleday, New York, 1987, p. 363.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Ainsi C. Spicq, <em>L\u2019Eccl\u00e9siastique<\/em>, dans <em>La sainte Bible. Tome 6. Proverbes ; Eccl\u00e9siaste ; Cantique des cantiques ; Sagesse ; Eccl\u00e9siastique. Texte latin et trad. fran\u00e7aise d\u2019apr\u00e8s les textes originaux avec un commentaire ex\u00e9g\u00e9tique et th\u00e9ologique<\/em> commenc\u00e9e sous la dir. de Louis Pirot ; contin. sous la dir. de Albert Clamer, Letouzey et An\u00e9, Paris, 1946, p. 705.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Ainsi Marie-No\u00eblle Thabut, dans son commentaire sur les lectures du 17 septembre 2017.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Cf. G. Ravasi, <em>Il libro dei Salmi. Commento e attualizzazione, vol. 3. Salmi 101-150<\/em>, EDB, Bologna, 2015, p. 54ss.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Ainsi A. Weiser, <em>I Salmi. Parte seconda: Ps 61-150<\/em>, Paideia, Brescia, 1984, p. 725.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Ainsi A. Weiser, <em>I Salmi. Parte seconda: Ps 61-150<\/em>, Paideia, Brescia, 1984, p. 728.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> A Rome, Musonius Rufus, un philosophe grec contemporain de Paul, conseillait de se nourrir des v\u00e9g\u00e9taux qui naissent de la terre et des nourritures d\u00e9riv\u00e9es des \u00ab\u00a0animaux non-tu\u00e9s\u00a0\u00bb, donc du lait, du fromage et du miel. C\u2019est le conseil qu\u2019il donnait dans <em>Diatribes<\/em> 18A. Pour le texte grec et une traduction en italien, cf. I. Ramelli (a cura di), <em>Musonio. <\/em><em>Diatribe, frammenti e testimonianze<\/em>, Bompiani. Testi a fronte, Milano 2001, pp. 228-237.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> R. Penna (<em>Lettera ai Romani, III. <\/em><em>Rm 12-16. Versione e commento<\/em>, EDB, Bologna, 2008, p. 154) nous renvoie aux <em>Testaments des douze patriarches<\/em>, en particulier au <em>Testament de Jude<\/em> 15,4 et au <em>Testament de Ruben<\/em> 1,10. Cf. H. Schlier, <em>La lettera ai Romani<\/em>, Paideia, Brescia, 1982, p. 647ss.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Cf. L. Algisi, <em>La lettera ai Romani<\/em>, dans <em>La Sacra Bibbia. Tradotta dai testi originali e commentata. Vol. III. Il Nuovo Testamento<\/em>, a cura e sotto la direzione di S. Garofalo, Marietti, Torino, 1960, p. 567.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Ainsi G. Barbaglio, <em>Le lettere di Paolo. Traduzione e commento. Volume 2<\/em>, Borla, Roma, 1980, p. 502.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Ainsi R. Penna, <em>Lettera ai Romani, III. Rm 12-16. Versione e commento<\/em>, EDB, Bologna, 2008, p. 165.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Cf. K. H. Rengstorf, \u00ab\u00a0<em>Hepta ktl.\u00a0<\/em>\u00bb, dans <em>Grande lessico del Nuovo Testamento<\/em>, fondato da G. Kittel, continuato da G. Friedrich, Vol. III, Paideia, Brescia, 1967, col. 810\u00a0: \u00ab\u00a0Le chiffre sept porte en soi le caract\u00e8re de la totalit\u00e9 voulue et ordonn\u00e9e par Dieu\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> D\u2019autres manuscrits grecs ont \u00ab\u00a0soixante-dix-sept fois sept \u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 <em>Gen<\/em> 4,24 appara\u00eet encore plus clairement en grec\u00a0: en effet, dans la <em>Gen\u00e8se<\/em> comme dans <em>Matthieu<\/em> le chiffre est \u00ab\u00a0<em>h\u00e9bdomekontakis hepta\u00a0<\/em>\u00bb, donc \u00ab\u00a0soixante-dix fois\u00a0 sept \u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Ainsi U. Luz, <em>Vangelo di Matteo. Volume 3. Commento ai capp. 18-25<\/em>, Paideia, Brescia, 2013, p. 88.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Cf. L. Algisi, <em>Ges\u00f9 e le sue parabole<\/em>, Marietti, Torino, 1963, p. 291 o\u00f9 on lit ce commentaire\u00a0: \u00ab\u00a0La dette que l\u2019homme doit \u00e0 Dieu ne peut \u00eatre exprim\u00e9e qu\u2019avec un chiffre inimaginable\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> Cf. S. Grasso, <em>Il Vangelo di Matteo : commento esegetico e teologico<\/em>, Citt\u00e0 Nuova, Roma, 2014, p. 560.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> Cf. U. Luz, <em>Vangelo di Matteo. Volume 3. Commento ai capp. 18-25<\/em>, Paideia, Brescia, 2013, p. 101.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> Ainsi U. Luz,<em> ibid.<\/em>, p. 101.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> F. Viellard, <em>Pri\u00e8res pour grandir dans la joie de Dieu<\/em>, Salvator, Paris, 2012, p. 50.<\/p>    <\/div>\n<\/div>\n<!-- \/module text -->\n\t        <\/div>\n\t    \t<\/div>\n\t\t    <\/div>\n\t    <!-- \/row_inner -->\n\t<\/div>\n\t<!-- \/module_row -->\n\t<\/div>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pardonner et ne pas garder rancune<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":17854,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[40,210],"tags":[],"class_list":["post-18189","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-rpe","category-rp-eucharistie-2023","has-post-title","no-post-date","has-post-category","has-post-tag","has-post-comment","has-post-author",""],"builder_content":"<p>24<sup>\u00e8me<\/sup> dimanche du Temps Ordinaire \u2014 Ann\u00e9e A<\/p> <p>\u00a0<\/p> <h3>Pardonner et ne pas garder rancune<\/h3> <p>\u00a0<\/p> <h5>Premi\u00e8re lecture<\/h5> <p><em>La premi\u00e8re lecture de ce matin est une page d\u2019un livre compos\u00e9 par J\u00e9sus fils de Sirac, dit aussi \u2018Siracide\u2019. Le Siracide est un ma\u00eetre juif. Il a beaucoup voyag\u00e9 et il s\u2019est ouvert aussi \u00e0 la civilisation grecque. Et, vers l\u2019ann\u00e9e 180 avant la naissance de J\u00e9sus, il d\u00e9cide d\u2019\u00e9crire un manuel pour les jeunes de J\u00e9rusalem\u00a0: c\u2019est un manuel de sagesse, enrichi par les exp\u00e9riences, les voyages et les rencontres que l\u2019auteur a faits.<\/em><\/p> <p><em>Dans la page que nous allons lire ce matin, nous avons deux petits po\u00e8mes<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a><\/em><em>\u00a0: le premier nous parle de mauvais comportements par rapport au prochain (27,30-28,1). Dans les deux versets pr\u00e9c\u00e9dents, l\u2019auteur a parl\u00e9 de l\u2019orgueilleux qui aime insulter et se moquer des autres\u00a0; il a parl\u00e9 aussi de la joie du m\u00e9chant devant la souffrance d\u2019un homme pieux. Et maintenant, l\u2019auteur met devant nos yeux des personnes qui sont habit\u00e9es par la rancune et la col\u00e8re. Et il termine son petit tableau en \u00e9voquant\u00a0ceux qui se vengent. Devant ces comportements, le Siracide nous met en garde, il nous demande d\u2019\u00e9viter ces comportements\u00a0: ils sont \u00ab\u00a0des choses d\u00e9testables\u00a0\u00bb (27,30). Et, \u00e0 propos des personnes qui se vengent, il affirme\u00a0: Dieu les traitera de la m\u00eame fa\u00e7on. En effet, \u00ab\u00a0celui qui se venge <\/em><em>\u00e9prouvera<\/em><em> la vengeance du Seigneur\u00a0\u00bb (28,1). <\/em><\/p> <p><em>Dans le deuxi\u00e8me po\u00e8me (28,2-7), le Siracide nous exhorte \u00e0 pardonner. En effet, le po\u00e8me s\u2019ouvre avec l\u2019imp\u00e9ratif\u00a0: \u00ab\u00a0Pardonne \u00e0 ton prochain l\u2019injustice commise\u00a0\u00bb. Cet imp\u00e9ratif abolit, entre les humains, la loi du talion<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><strong>[2]<\/strong><\/a><\/em><em>, la loi de \u00ab\u00a0l\u2019\u0153il pour \u0153il et dent pour dent\u00a0\u00bb (Ex 21,24\u00a0; L\u00e9v 24,20\u00a0; Deut 19,21). L\u2019exhortation au pardon est suivie d\u2019une cons\u00e9quence\u00a0: \u00ab\u00a0quand tu prieras, tes errements seront remis\u00a0\u00bb. Et cette m\u00eame ligne de pens\u00e9e, deux si\u00e8cles apr\u00e8s notre auteur, sera suivie par J\u00e9sus. En effet, l\u2019\u00c9vangile nous dit que, pour pouvoir demander le pardon du P\u00e8re, nous devons avoir pardonn\u00e9 \u00e0 nos fr\u00e8res\u00a0: \u00ab\u00a0Pardonne-nous nos torts envers toi, comme nous-m\u00eames nous avons pardonn\u00e9 \u00e0 ceux qui avaient des torts envers nous\u00a0\u00bb (Mt 6,12).<\/em><\/p> <p><em>En poursuivant son exhortation, le Siracide formule trois interrogations (vv. 3-5). Dans chacune, l\u2019auteur souligne l\u2019incoh\u00e9rence de celui qui demande \u00e0 Dieu d\u2019\u00eatre pardonn\u00e9 mais qui, en m\u00eame temps, refuse de pardonner et conserve sa col\u00e8re contre un humain. En effet, comment demander \u00e0 Dieu \u00ab\u00a0la gu\u00e9rison\u00a0\u00bb (v. 3), c\u2019est-\u00e0-dire la reprise d\u2019une relation confiante avec Dieu, et refuser la reprise d\u2019une relation sereine avec un fr\u00e8re\u00a0?<\/em><\/p> <p><em>Enfin, dans les derniers versets du po\u00e8me (vv. 6-7), l\u2019invitation \u00e0 ne pas conserver de la haine envers son fr\u00e8re est accompagn\u00e9e de deux autres motivations\u00a0: d\u2019abord la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la dimension mortelle qui nous caract\u00e9rise. La pens\u00e9e de la mort qui nous attend doit nous pousser \u00e0 \u00ab\u00a0cesser de ha\u00efr\u00a0\u00bb. Plus encore soulign\u00e9e est la motivation religieuse\u00a0: c\u2019est surtout la fid\u00e9lit\u00e9 aux commandements qui doit nous pousser \u00e0 pardonner et \u00e0 ne plus penser au mal qu\u2019un autre nous a fait. Ici, la version grecque du Siracide utilise le verbe \u00ab\u00a0par-orao\u00a0\u00bb qui signifie \u00ab\u00a0ne pas tenir compte\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0passer par-dessus\u00a0\u00bb. En effet, pardonner ne signifie pas oublier ou ignorer un pass\u00e9 qu\u2019on ne peut ni oublier ni ignorer. Pardonner signifie\u00a0passer par-dessus l\u2019offense, et essayer de survivre et de renouer la relation qui a \u00e9t\u00e9 coup\u00e9e par l\u2019offense. D\u2019autre part, le mot \u00ab pardon \u00bb, \u00e9tymologiquement, veut bien dire cela ; il s\u2019\u00e9crit en deux parties \u00ab par-don \u00bb : c\u2019est-\u00e0-dire le don parfait, parachev\u00e9, le don par-del\u00e0 l\u2019offense. Et, parce qu\u2019il est parfait, il ne peut \u00eatre en nous que l\u2019\u0153uvre de l\u2019Esprit Saint<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><strong>[3]<\/strong><\/a>.<\/em><\/p> <p>\u00a0<\/p> <p><strong>Lecture du livre du Siracide (27,30-28,7)<\/strong><\/p> <p><strong>27<\/strong><sup>30 <\/sup>La rancune et la col\u00e8re, voil\u00e0 aussi des choses d\u00e9testables.<\/p> <p>L\u2019homme m\u00e9chant est ma\u00eetre en ce domaine.<\/p> <p><strong>28<\/strong><sup>1<\/sup> Celui qui se venge \u00e9prouvera la vengeance du Seigneur<\/p> <p>qui de ses errements tiendra un compte rigoureux.<\/p> <p>\u00a0<\/p> <p><sup>2<\/sup> Pardonne \u00e0 ton prochain l\u2019injustice commise<\/p> <p>et, quand tu prieras, tes errements seront remis.<\/p> <p><sup>3<\/sup> Si un humain conserve de la col\u00e8re contre un humain,<\/p> <p>comment peut-il demander au Seigneur la gu\u00e9rison ?<\/p> <p><sup>4<\/sup> D\u2019un humain qui est son semblable il n\u2019a pas piti\u00e9\u00a0;<\/p> <p>comment peut-il supplier pour ses propres errements\u00a0?<\/p> <p><sup>5<\/sup> Lui, qui est chair et faiblesse, conserve sa rancune\u00a0;<\/p> <p>qui lui obtiendra le pardon de ses propres errements ?<\/p> <p><sup>6<\/sup> Souviens-toi de la fin qui t\u2019attend, et cesse de ha\u00efr,<\/p> <p>souviens-toi de la mort, de la d\u00e9composition du corps,<\/p> <p>et reste fid\u00e8le aux commandements.<\/p> <p><sup>7<\/sup> Souviens-toi des commandements,<\/p> <p>et ne garde pas rancune \u00e0 ton prochain,<\/p> <p>souviens-toi de l\u2019alliance du Tr\u00e8s-Haut,<\/p> <p>et passe par-dessus l\u2019offense.<\/p> <p><strong>Parole du Seigneur.<\/strong><\/p> <p>\u00a0<\/p> <h5>Psaume<\/h5> <p><em>Avec le psaume 103, nous sommes au cinqui\u00e8me ou au quatri\u00e8me si\u00e8cle. L\u2019exil \u00e0 Babylone est termin\u00e9 depuis longtemps et les proph\u00e8tes v\u00e9cus apr\u00e8s l\u2019exil ont fr\u00e9quemment insist\u00e9 sur l\u2019amour et la compassion que Dieu a pour nous. Et maintenant, avec le psaume 103, c\u2019est un po\u00e8te qui revient sur Dieu qui nous aime et nous pardonne<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><strong>[4]<\/strong><\/a><\/em><em>. <\/em><\/p> <p><em>Quant \u00e0 nous, ce matin nous allons lire quatre strophes de ce psaume. Dans la premi\u00e8re (vv. 1-2), le po\u00e8te s\u2019adresse \u00e0 soi-m\u00eame. Avec son \u00e2me et avec tout soi-m\u00eame, il veut b\u00e9nir Dieu, il veut discerner, dans sa vie, tous les bienfaits que Dieu a accomplis, il veut prendre conscience d\u2019\u00eatre embrass\u00e9 par l\u2019amour mis\u00e9ricordieux du Dieu tr\u00e8s saint<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><strong>[5]<\/strong><\/a>.<\/em><\/p> <p><em>La deuxi\u00e8me strophe (vv. 3-4) \u00e9voque d\u2019abord notre fragilit\u00e9 humaine, nos fautes, nos maladies, nos exp\u00e9riences de la mort. A tout \u00e7a, Dieu r\u00e9pond avec le pardon, la gu\u00e9rison, avec son amour, sa tendresse. Dans cette strophe, le po\u00e8te insiste sur les actions de Dieu avec quatre phrases\u00a0: Dieu est celui qui pardonne, qui gu\u00e9rit, qui lib\u00e8re, qui couronne d\u2019amour. Toutes ces actions ne font que manifester les deux caract\u00e9ristiques fondamentales de Dieu, son amour et sa \u00ab\u00a0tendresse\u00a0\u00bb, litt\u00e9ralement - en h\u00e9breu - ses \u00ab\u00a0entrailles maternelles\u00a0\u00bb.<\/em><\/p> <p><em>Dans la troisi\u00e8me strophe (vv. 9-10), le po\u00e8te regarde le pr\u00e9sent \u00e0 la lumi\u00e8re du pass\u00e9, \u00e0 la lumi\u00e8re des exp\u00e9riences que le peuple a v\u00e9cues au moment de l\u2019exode et de la p\u00e9r\u00e9grination dans le d\u00e9sert. Dieu qui, dans le pass\u00e9, a pardonn\u00e9 \u00e0 son peuple et ne l\u2019a pas ch\u00e2ti\u00e9 en mesure de ses infid\u00e9lit\u00e9s, Dieu \u00ab\u00a0<\/em><em>n\u2019agit pas envers nous<\/em><em> selon nos errements, il ne nous rend pas selon nos fautes \u00bb (v. 10).<\/em><\/p> <p><em>Enfin, dans la quatri\u00e8me strophe (vv. 11-12), le po\u00e8te essaie d\u2019\u00e9voquer la pr\u00e9sence inimaginable de Dieu aupr\u00e8s de ses fid\u00e8les. Les dimensions sans limites comme la distance entre le ciel et la terre et entre l\u2019orient o\u00f9 le soleil se l\u00e8ve et l\u2019occident o\u00f9 le soleil se couche, ces dimensions sans limites peuvent nous dire quelque chose de la distance entre les humains avec leurs fautes et l\u2019amour de Dieu qui nous pardonne<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><strong>[6]<\/strong><\/a> et qui \u00ab\u00a0<\/em><em>\u00e9loigne de nous nos offenses\u00a0\u00bb (v. 12).<\/em><em>\u00a0 <\/em><\/p> <p><em>Quant \u00e0 nous, ce matin, nous allons intervenir avec les mots que le po\u00e8te utilise dans un autre verset (le v. 8) de ce m\u00eame psaume. C\u2019est le refrain que nous acclamerons \u00e0 la fin de chaque strophe\u00a0: <\/em><\/p> <p><strong>Le Seigneur est tendresse et piti\u00e9,<br \/><\/strong><strong>lent \u00e0 la col\u00e8re et plein d\u2019amour.<\/strong><\/p> <p>\u00a0<\/p> <p><strong>Psaume 103 (versets 1-2. 3-4. 9-10. 11-12)<\/strong><\/p> <p><sup>1<\/sup> B\u00e9nis Yahv\u00e9h, \u00f4 mon \u00e2me,<\/p> <p>que tout en moi (b\u00e9nisse) son nom tr\u00e8s saint\u00a0!<\/p> <p><sup>2<\/sup> B\u00e9nis Yahv\u00e9h, \u00f4 mon \u00e2me,<\/p> <p>et n\u2019oublie aucun de ses bienfaits !<\/p> <p><em><u>Refr<\/u><\/em>.\u00a0: <strong>Le Seigneur est tendresse et piti\u00e9,<\/strong><\/p> <p><strong>lent \u00e0 la col\u00e8re et plein d\u2019amour.<\/strong><\/p> <p>\u00a0<\/p> <p><sup>3<\/sup> C\u2019est lui qui pardonne toutes tes <strong>fautes<\/strong>,<\/p> <p>c\u2019est lui qui gu\u00e9rit toutes tes maladies\u00a0;<\/p> <p><sup>4<\/sup> c\u2019est lui qui lib\u00e8re ta vie de la tombe,<\/p> <p>c\u2019est lui qui te couronne <strong>d\u2019amour<\/strong> et de <strong>tendresse<\/strong>.<\/p> <p><em><u>Refr<\/u><\/em>.\u00a0: <strong>Le Seigneur est tendresse et piti\u00e9,<\/strong><\/p> <p><strong>lent \u00e0 la col\u00e8re et plein d\u2019amour.<\/strong><\/p> <p>\u00a0<\/p> <p><sup>9<\/sup> Il ne fait pas constamment des reproches,<\/p> <p>il ne garde pas rancune pour toujours ;<\/p> <p><sup>10<\/sup> il n\u2019agit pas envers nous selon nos errements,<\/p> <p>il ne nous rend pas selon nos fautes.<\/p> <p><em><u>Refr<\/u><\/em>.\u00a0: <strong>Le Seigneur est tendresse et piti\u00e9,<\/strong><\/p> <p><strong>lent \u00e0 la col\u00e8re et plein d\u2019amour.<\/strong><\/p> <p>\u00a0<\/p> <p><sup>11<\/sup> Comme le ciel est \u00e9lev\u00e9 au-dessus de la terre,<\/p> <p>ainsi sa fid\u00e9lit\u00e9 est forte pour ceux qui le respectent ;<\/p> <p><sup>12<\/sup> comme l\u2019orient est \u00e9loign\u00e9 du couchant,<\/p> <p>il \u00e9loigne de nous nos offenses.<\/p> <p><em><u>Refr<\/u><\/em>.\u00a0: <strong>Le Seigneur est tendresse et piti\u00e9,<\/strong><\/p> <p><strong>lent \u00e0 la col\u00e8re et plein d\u2019amour.<\/strong><\/p> <p>\u00a0<\/p> <h5>Deuxi\u00e8me lecture<\/h5> <p><em>Comme derni\u00e8re \u00e9tape dans notre lecture de la lettre aux Romains, la liturgie de ce matin nous propose une page du chapitre 14. En \u00e9crivant cette partie de sa lettre, Paul est pr\u00e9occup\u00e9 des tensions qui existent dans la communaut\u00e9 de Rome. Dans cette communaut\u00e9, il y a des personnes qui, \u00e0 partir de leur conscience, mangent soit des l\u00e9gumes, soit de la viande. Mais il y en a aussi d\u2019autres qui ont une conscience plus \u00ab\u00a0faible\u00a0\u00bb, plus respectueuse de certaines normes alimentaires. Et ces personnes - en suivant des traditions li\u00e9es aux philosophes grecs<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><strong>[7]<\/strong><\/a> et aussi des traditions pr\u00e9sentes dans le juda\u00efsme<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\"><strong>[8]<\/strong><\/a> - se nourrissent seulement de l\u00e9gumes.<\/em><\/p> <p><em>Devant ces diff\u00e9rences au niveau de la conscience et au niveau du comportement, Paul laisse \u00e0 chaque personne sa libert\u00e9 int\u00e9rieure<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\"><strong>[9]<\/strong><\/a>, sans rien imposer. Il se limite \u00e0 demander aux autres le respect, le respect pour un fr\u00e8re ou une s\u0153ur qui agit diff\u00e9remment. Il \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Celui qui mange de tout ne doit pas m\u00e9priser celui qui ne mange pas certains aliments. Et celui qui ne mange pas certains aliments ne doit pas juger celui qui mange de tout, car Dieu l\u2019a accueilli\u00a0\u00bb (v. 3). Dans ses d\u00e9cisions personnelles, chacun doit suivre sa conscience\u00a0: suivre sa conscience sans juger les autres. En effet, c\u2019est dans sa propre conscience que chaque personne rencontre Dieu et est accueillie par Dieu. Paul le dit au verset 6\u00a0: \u00ab\u00a0Celui qui mange, c\u2019est pour le Seigneur qu\u2019il mange\u00a0; en effet, il rend gr\u00e2ce \u00e0 Dieu. Et celui qui ne mange pas, c\u2019est pour le Seigneur qu\u2019il ne mange pas : il rend aussi gr\u00e2ce \u00e0 Dieu\u00a0\u00bb.<\/em><\/p> <p><em>Apr\u00e8s cette affirmation, dans la page que nous allons lire dans un instant, Paul ouvre encore plus son regard\u00a0: les croyants sont du Seigneur J\u00e9sus, toujours et totalement, en vivant comme en mourant<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\"><strong>[10]<\/strong><\/a>. Oui, la relation du croyant avec le Seigneur englobe la vie et la mort, notre vie et notre mort. En effet, \u00ab\u00a0si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur\u00a0; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Alors, en vivant ou en mourant, nous appartenons au Seigneur\u00a0\u00bb (v. 8). Ce qui est important ce n\u2019est pas ce qu\u2019on mange ou ce qu\u2019on ne mange pas\u00a0: l\u2019important, l\u2019essentiel, c\u2019est vivre et mourir pour le Seigneur. <\/em><\/p> <p><em>Dans sa phrase, pour trois fois Paul utilise le mot \u00ab\u00a0Seigneur\u00a0\u00bb, en grec \u00ab\u00a0Kyrios\u00a0\u00bb. S\u2019agit-il de Dieu ou du Christ\u00a0? La r\u00e9ponse appara\u00eet dans le verset suivant, l\u00e0 o\u00f9 retentit une des premi\u00e8res d\u00e9clarations de la foi chr\u00e9tienne, de la foi pascale<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\"><strong>[11]<\/strong><\/a>\u00a0: \u00ab\u00a0Oui, le Christ est mort et il est revenu \u00e0 la vie pour ceci\u00a0: pour \u00eatre le Seigneur des morts et des vivants\u00a0\u00bb (v. 9). Voil\u00e0 comment nous devons vivre, voil\u00e0 avec quelle attitude de confiance nous devons regarder aussi la mort, la n\u00f4tre et celle de nos s\u0153urs et fr\u00e8res.<\/em><\/p> <p>\u00a0<\/p> <p><strong>Lecture de la lettre de saint Paul ap\u00f4tre aux Romains (14,7-9)<\/strong><\/p> <p>Fr\u00e8res, <sup>7<\/sup> personne parmi nous ne vit pour soi-m\u00eame, et personne ne meurt pour soi-m\u00eame. <sup>8<\/sup> Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur\u00a0; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Alors, en vivant ou en mourant, nous appartenons au Seigneur.<\/p> <p><sup>9<\/sup> Oui, le Christ est mort et il est revenu \u00e0 la vie pour ceci\u00a0: pour \u00eatre le Seigneur des morts et des vivants.<\/p> <p><strong>Parole du Seigneur.<\/strong><\/p> <p>\u00a0<\/p> <p><strong>All\u00e9luia. All\u00e9luia.<\/strong><\/p> <p><em>Je vous donne un commandement nouveau, dit le Seigneur :<br \/><\/em><em>\u00ab Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aim\u00e9s \u00bb.<\/em> (cf. <em>Jn<\/em> 13,34)<\/p> <p><strong>All\u00e9luia.<\/strong><\/p> <p>\u00a0<\/p> <h5>\u00c9vangile<\/h5> <p><em>Dimanche pass\u00e9, l\u2019\u00c9vangile nous invitait \u00e0 nous r\u00e9concilier avec nos fr\u00e8res et \u00e0 pardonner. Et la page de ce matin revient sur ce m\u00eame sujet. En effet, au centre de cette page nous avons la parabole d\u2019un serviteur qui a \u00e9t\u00e9 pardonn\u00e9 et qui, pourtant, refuse de pardonner \u00e0 son coll\u00e8gue.<\/em><\/p> <p><em>La page est structur\u00e9e en trois moments. <\/em><\/p> <p><em>Il y a d\u2019abord le dialogue entre Pierre et J\u00e9sus (vv. 21-22). Pierre, qui a \u00e9cout\u00e9 l\u2019invitation de J\u00e9sus au pardon, montre une grande disponibilit\u00e9 qui d\u00e9passe celle des th\u00e9ologiens juifs\u00a0: en effet, Pierre est dispos\u00e9 \u00e0 pardonner \u00ab\u00a0jusqu\u2019\u00e0 sept fois\u00a0\u00bb (v. 21). Et ici \u00ab\u00a0sept\u00a0\u00bb est le chiffre traditionnel pour indiquer la totalit\u00e9, la perfection<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\"><strong>[12]<\/strong><\/a>. <\/em><\/p> <p><em>A cette d\u00e9claration de Pierre, J\u00e9sus r\u00e9agit en d\u00e9passant toute limite\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne te dis pas jusqu\u2019\u00e0 sept fois, mais jusqu\u2019\u00e0 soixante-dix fois sept fois\u00a0\u00bb (v. 22)<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\"><strong>[13]<\/strong><\/a>. Et avec cette affirmation, J\u00e9sus fait r\u00e9f\u00e9rence au cantique de Lamek qui disait\u00a0: \u00ab\u00a0Ca\u00efn sera veng\u00e9 sept fois, mais Lamek soixante-dix-sept fois\u00a0\u00bb (Ge 4,24)<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\"><strong>[14]<\/strong><\/a>. Dans la Gen\u00e8se, la vengeance est pr\u00e9sent\u00e9e comme un comportement qui augmente de plus en plus\u00a0; dans l\u2019\u00c9vangile, le discours est sur l\u2019abolition de la vengeance\u00a0: la communaut\u00e9 doit \u00eatre anim\u00e9e par le pardon\u00a0: voil\u00e0 l\u2019attitude, radicale, voulue par J\u00e9sus<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\"><strong>[15]<\/strong><\/a>.<\/em><\/p> <p><em>La deuxi\u00e8me partie de la page (vv. 23-34) est une parabole, une parabole qui utilise le langage de l\u2019\u00e9conomie\u00a0: r\u00e9gler les comptes, dette, rembourser, vendre. En effet, il y a un roi qui \u00ab\u00a0<\/em><em>voulait r\u00e9gler ses comptes\u00a0\u00bb (v. 23). Un serviteur lui doit \u00ab\u00a0dix mille talents\u00a0\u00bb (v. 24). Cette somme est litt\u00e9ralement \u00e9norme, inimaginable<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\"><strong>[16]<\/strong><\/a>. Il suffit de penser que la rente annuelle du royaume d\u2019H\u00e9rode \u00e9tait neuf cents talents<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\"><strong>[17]<\/strong><\/a>.<\/em><em> Comme le serviteur ne peut pas restituer cette somme, le roi d\u00e9cide de le vendre comme esclave, lui et toute sa famille. Mais le serviteur supplie le roi, et sa supplication obtient un don qui d\u00e9passe toute imagination\u00a0: \u00ab\u00a0Profond\u00e9ment saisi de compassion, le ma\u00eetre de ce serviteur le laissa partir en supprimant sa dette\u00a0\u00bb (v. 27).<\/em><\/p> <p><em>Imm\u00e9diatement apr\u00e8s la surprise de ce pardon, le r\u00e9cit nous en pr\u00e9sente une autre. Le serviteur qui vient d\u2019avoir sa dette annul\u00e9e se jette sur un de ses compagnons de service et il veut l\u2019\u00e9trangler\u00a0: et cela tout simplement parce que ce coll\u00e8gue lui doit \u00ab\u00a0cent pi\u00e8ces\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0cent deniers\u00a0\u00bb (v. 28). Et cette dette est beaucoup inf\u00e9rieure aux <\/em><em>dix mille talents\u00a0; en effet, le denier est le salaire journalier d\u2019un ouvrier. Il s\u2019agit donc d\u2019une dette remboursable. Ce deuxi\u00e8me serviteur agit comme le premier\u00a0; il <\/em><em>tombe aux pieds de son compagnon, il le supplie en disant : <\/em><em>\u00ab\u00a0<\/em><em>Prends patience envers moi, et je te rembourserai\u00a0\u00bb (v. 29\u00a0; cf. v. 26). Mais l\u2019autre n\u2019accueille pas cette supplication et le fait \u00ab\u00a0<\/em><em>jeter en prison<\/em><em> jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il ait rembours\u00e9 sa dette\u00a0\u00bb (v. 30)<\/em><em>.<\/em><\/p> <p><em>Devant ce comportement sans piti\u00e9 et hors mesure, les coll\u00e8gues du deuxi\u00e8me serviteur vont raconter au roi ce qui vient de se passer. Et le roi appelle \u00e0 nouveau son serviteur et lui donne le message fondamental de notre page. Il lui dit\u00a0: \u00ab\u00a0<\/em><em>J\u2019ai supprim\u00e9 toute ta dette parce que tu m\u2019as suppli\u00e9. <\/em><em>Ne devais-tu pas, \u00e0 ton tour, avoir piti\u00e9 de ton compagnon de service, comme moi-m\u00eame j\u2019avais eu piti\u00e9 de toi ?<\/em><em>\u00a0\u00bb (vv. 32s). Ce message est le message central de notre page<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\"><strong>[18]<\/strong><\/a>, un message que l\u2019\u00c9vangile met sur la bouche du roi, le roi appel\u00e9 \u2013 cinq fois (vv. 25. 27. 31. 32. 34) \u2013 comme \u00ab\u00a0ma\u00eetre\u00a0\u00bb et, en grec, comme \u00ab\u00a0Kyrios\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0Seigneur\u00a0\u00bb, le m\u00eame mot que Pierre utilise pour s\u2019adresser \u00e0 J\u00e9sus (v. 21). Et la parabole se termine en annon\u00e7ant le sort de ce mauvais serviteur\u00a0: \u00ab\u00a0<\/em><em>son ma\u00eetre le livra aux <\/em><em>travaux forc\u00e9s <\/em><em>jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il e\u00fbt rembours\u00e9 <\/em><em>toute sa dette\u00a0\u00bb (v. 34)<\/em><em>.<\/em><\/p> <p><em>Enfin, le troisi\u00e8me moment (v. 35) de notre page. Racontant le comportement de ce \u00ab\u00a0ma\u00eetre\u00a0\u00bb, J\u00e9sus nous annonce le comportement de Dieu vers qui \u00ab\u00a0ne pardonne pas \u00e0 son fr\u00e8re de tout son c\u0153ur \u00bb. Le message est clair\u00a0: Dieu, notre P\u00e8re, nous pardonne toutes nos dettes. Mais nous devons, nous aussi - en recevant tout gratuitement le pardon du P\u00e8re - nous devons pardonner \u00e0 nos fr\u00e8res et s\u0153urs\u2026 de tout notre c\u0153ur. En effet, le pardon de Dieu n\u2019est pas quelque chose qui reste \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de notre personne\u00a0; au contraire, il est une \u00e9nergie qui veut nous prendre totalement, jusqu\u2019au fond de nous-m\u00eames<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\"><strong>[19]<\/strong><\/a>. A nous, de laisser agir cette \u00e9nergie dans nos relations avec les autres.<\/em><\/p> <p>\u00a0<\/p> <p><strong>\u00c9vangile de J\u00e9sus Christ selon saint Matthieu (18,21-35)<\/strong><\/p> <p><sup>21<\/sup> Pierre s\u2019approcha de J\u00e9sus pour lui demander : \u00ab Seigneur, quand mon fr\u00e8re commettra des fautes \u00e0 mon \u00e9gard, combien de fois lui pardonnerai-je\u00a0? Jusqu\u2019\u00e0 sept fois ? \u00bb. <sup>22<\/sup> J\u00e9sus lui dit : \u00ab Je ne te dis pas jusqu\u2019\u00e0 sept fois, mais jusqu\u2019\u00e0 soixante-dix fois sept fois.<\/p> <p><sup>23<\/sup> C\u2019est pourquoi le Royaume des cieux ressemble \u00e0 ceci : un roi voulait r\u00e9gler ses comptes avec ses serviteurs. <sup>24<\/sup> Quand il commen\u00e7a \u00e0 r\u00e9gler ses comptes, on lui amena un serviteur qui lui devait dix mille talents (c\u2019est-\u00e0-dire soixante millions de pi\u00e8ces d\u2019argent). <sup>25<\/sup> Cet homme n\u2019avait pas de quoi rendre cet argent ; alors son ma\u00eetre donna l\u2019ordre de le vendre comme esclave et de vendre aussi sa femme, ses enfants et tout ce qu\u2019il poss\u00e9dait, afin de rembourser ainsi la dette. <sup>26<\/sup> Alors, tombant aux pieds (du ma\u00eetre), le serviteur demeurait \u00e0 genoux devant lui et disait : \u201cPrends patience envers moi, et je te rembourserai tout\u201d. <sup>27<\/sup> Profond\u00e9ment saisi de compassion, le ma\u00eetre de ce serviteur le laissa partir en supprimant sa dette.<\/p> <p><sup>28<\/sup> Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons de service qui lui devait une tr\u00e8s petite somme (d\u2019argent), cent pi\u00e8ces. Il se jeta sur lui pour l\u2019\u00e9trangler, en disant : \u201cRembourse ce que tu (me) dois\u201d. <sup>29<\/sup> Alors, tombant \u00e0 ses pieds, son compagnon le suppliait en disant : \u201cPrends patience envers moi, et je te rembourserai\u201d. <sup>30<\/sup> Mais l\u2019autre refusa ; bien plus, il s\u2019en alla le faire jeter en prison jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il ait rembours\u00e9 sa dette.<\/p> <p><sup>31<\/sup> Alors, ses compagnons de service, voyant ce qui venait de se passer, furent profond\u00e9ment attrist\u00e9s et ils all\u00e8rent raconter \u00e0 leur ma\u00eetre tout ce qui \u00e9tait arriv\u00e9. <sup>32<\/sup> Alors le ma\u00eetre fit appeler ce serviteur et lui dit : \u201cM\u00e9chant serviteur ! A toi j\u2019ai supprim\u00e9 toute ta dette parce que tu m\u2019as suppli\u00e9. <sup>33<\/sup> Ne devais-tu pas, \u00e0 ton tour, avoir piti\u00e9 de ton compagnon de service, comme moi-m\u00eame j\u2019avais eu piti\u00e9 de toi\u00a0?\u201d. <sup>34<\/sup> Dans sa col\u00e8re, son ma\u00eetre le livra aux travaux forc\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il e\u00fbt rembours\u00e9 toute sa dette\u00a0\u00bb.<\/p> <p><sup>35<\/sup> Et J\u00e9sus ajouta : \u00ab C\u2019est ainsi que mon P\u00e8re qui est au ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas \u00e0 son fr\u00e8re de tout son c\u0153ur \u00bb.<br \/><br \/><\/p> <p><strong>Acclamons la Parole de Dieu.<\/strong><\/p> <p>\u00a0<\/p> <h5>Pri\u00e8re d\u2019ouverture\u00a0: \u00ab\u00a0Lui seul nous suffit\u00a0\u00bb<br \/><br \/><\/h5> <p>Pardonner.<\/p> <p>Il est parfois difficile de pardonner.<\/p> <p>D\u2019ailleurs,<\/p> <p>Jusqu\u2019o\u00f9 pouvons-nous pardonner\u00a0?<\/p> <p>Quelles sont les limites de la nature humaine\u00a0?<\/p> <p>Quelles sont nos propres limites\u00a0?<\/p> <p>Et pourquoi ces limites\u00a0?<\/p> <p>Elles nous privent de tant de libert\u00e9\u00a0!<\/p> <p>Elles nous rendent si malheureux\u00a0!<\/p> <p>\u00a0<\/p> <p>Fixons notre regard vers le Seigneur,<\/p> <p>Ne d\u00e9tournons pas Son regard,<\/p> <p>Osons le regarder.<\/p> <p>Laissons-nous faire tout simplement.<\/p> <p>Ayons un c\u0153ur humble,<\/p> <p>Si humble,<\/p> <p>Faisons-Lui confiance.<\/p> <p>\u00a0<\/p> <p>Lui seul brisera nos limites,<\/p> <p>Avec notre OUI.<\/p> <p>\u00a0<\/p> <p>Lui seul nous suffit,<\/p> <p>Pour avancer sur le chemin du pardon<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>.<\/p> <p>[Florence Viellard, jeune maman et com\u00e9dienne, Dijon, France]<\/p> <p><strong>\u00a0<\/strong><\/p> <h5>Pri\u00e8re des fid\u00e8les<br \/><br \/><\/h5> <p>* Le Siracide, un umushingantahe, un sage v\u00e9cu il y a vingt-deux si\u00e8cles \u00e0 J\u00e9rusalem, interpellait les jeunes. Il insistait sur la n\u00e9cessit\u00e9 de pardonner, d\u2019avoir piti\u00e9, et il soulignait le contraste d\u2019un homme qui ose prier Dieu mais qui ne sait pas pardonner\u00a0: \u00ab\u00a0D\u2019un humain qui est son semblable il n\u2019a pas piti\u00e9\u00a0; comment peut-il supplier pour ses propres errements\u00a0?\u00a0\u00bb Donne-nous, Seigneur Dieu, la force de pardonner \u00e0 nos fr\u00e8res et s\u0153urs. C\u2019est ainsi que - d\u2019une fa\u00e7on coh\u00e9rente - nous pourrons te demander ton pardon.<\/p> <p>* Le po\u00e8te du psaume nous aide \u00e0 prendre conscience de notre faiblesse et de nos fautes, des fautes desquelles toi, Seigneur, dans ton immense g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, tu nous pardonnes. A la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de ton pardon, le po\u00e8te ajoute aussi deux autres d\u00e9tails\u00a0: dans ta g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, tu nous couronnes \u00ab\u00a0d\u2019amour et de tendresse\u00a0\u00bb. Aide-nous, Dieu notre P\u00e8re, \u00e0 prendre conscience de ta tendresse, de tes \u00ab\u00a0entrailles maternelles\u00a0\u00bb comme nous dit le texte h\u00e9breu.<\/p> <p>* Devant notre mort et celle des autres, Paul nous rassure\u00a0: \u00ab\u00a0personne parmi nous ne vit pour soi-m\u00eame, et personne ne meurt pour soi-m\u00eame\u00a0\u00bb. Dans notre vie, nous ne sommes jamais seuls, nous vivons avec les autres et aux autres nous pouvons donner, de jour en jour, notre vie. Et, en vivant ainsi, nous donnons notre vie aussi \u00e0 toi, J\u00e9sus, \u00e0 toi qui as tout donn\u00e9 pour nous. Et nous, en donnant notre vie \u00e0 nos fr\u00e8res et s\u0153urs et \u00e0 toi, au moment de mourir, nous ne serons pas seuls\u00a0: nous te rencontrerons, nous pourrons nous asseoir \u00e0 la m\u00eame table, avec toi et avec les autres.<\/p> <p>* J\u00e9sus notre fr\u00e8re, nous sommes faibles. Souvent nous avons de la peine \u00e0 pardonner \u00e0 un fr\u00e8re ou \u00e0 une s\u0153ur qui a commis une faute \u00e0 notre \u00e9gard ou qui nous a fait un tort. Ouvre donc notre esprit et rends-nous un peu comme Pierre, qui \u00e9tait dispos\u00e9 \u00e0 pardonner sept fois. Et que ta parole nous donne aussi la force d\u2019aller encore plus loin en accomplissant ce que tu as dit\u00a0\u00e0 Pierre\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne te dis pas jusqu\u2019\u00e0 sept fois, mais jusqu\u2019\u00e0 soixante-dix fois sept fois\u00a0\u00bb. Que ce \u2018r\u00eave\u2019 \u00e0 propos du pardon puisse se r\u00e9aliser, Seigneur J\u00e9sus.<\/p> <p><a href=\"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/17-septembre-2023-de\u0301f..pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>&gt; testo (pdf)<\/em><\/a><\/p> <hr \/> <p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Cf. P. W. Skehan - A. A. Di Lella, <em>The Wisdom of Ben Sira : a New Translation with Notes<\/em>, <em>Introduction and Commentary<\/em>, Doubleday, New York, 1987, p. 363.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Ainsi C. Spicq, <em>L\u2019Eccl\u00e9siastique<\/em>, dans <em>La sainte Bible. Tome 6. Proverbes ; Eccl\u00e9siaste ; Cantique des cantiques ; Sagesse ; Eccl\u00e9siastique. Texte latin et trad. fran\u00e7aise d\u2019apr\u00e8s les textes originaux avec un commentaire ex\u00e9g\u00e9tique et th\u00e9ologique<\/em> commenc\u00e9e sous la dir. de Louis Pirot ; contin. sous la dir. de Albert Clamer, Letouzey et An\u00e9, Paris, 1946, p. 705.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Ainsi Marie-No\u00eblle Thabut, dans son commentaire sur les lectures du 17 septembre 2017.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Cf. G. Ravasi, <em>Il libro dei Salmi. Commento e attualizzazione, vol. 3. Salmi 101-150<\/em>, EDB, Bologna, 2015, p. 54ss.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Ainsi A. Weiser, <em>I Salmi. Parte seconda: Ps 61-150<\/em>, Paideia, Brescia, 1984, p. 725.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Ainsi A. Weiser, <em>I Salmi. Parte seconda: Ps 61-150<\/em>, Paideia, Brescia, 1984, p. 728.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> A Rome, Musonius Rufus, un philosophe grec contemporain de Paul, conseillait de se nourrir des v\u00e9g\u00e9taux qui naissent de la terre et des nourritures d\u00e9riv\u00e9es des \u00ab\u00a0animaux non-tu\u00e9s\u00a0\u00bb, donc du lait, du fromage et du miel. C\u2019est le conseil qu\u2019il donnait dans <em>Diatribes<\/em> 18A. Pour le texte grec et une traduction en italien, cf. I. Ramelli (a cura di), <em>Musonio. <\/em><em>Diatribe, frammenti e testimonianze<\/em>, Bompiani. Testi a fronte, Milano 2001, pp. 228-237.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> R. Penna (<em>Lettera ai Romani, III. <\/em><em>Rm 12-16. Versione e commento<\/em>, EDB, Bologna, 2008, p. 154) nous renvoie aux <em>Testaments des douze patriarches<\/em>, en particulier au <em>Testament de Jude<\/em> 15,4 et au <em>Testament de Ruben<\/em> 1,10. Cf. H. Schlier, <em>La lettera ai Romani<\/em>, Paideia, Brescia, 1982, p. 647ss.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Cf. L. Algisi, <em>La lettera ai Romani<\/em>, dans <em>La Sacra Bibbia. Tradotta dai testi originali e commentata. Vol. III. Il Nuovo Testamento<\/em>, a cura e sotto la direzione di S. Garofalo, Marietti, Torino, 1960, p. 567.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Ainsi G. Barbaglio, <em>Le lettere di Paolo. Traduzione e commento. Volume 2<\/em>, Borla, Roma, 1980, p. 502.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Ainsi R. Penna, <em>Lettera ai Romani, III. Rm 12-16. Versione e commento<\/em>, EDB, Bologna, 2008, p. 165.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Cf. K. H. Rengstorf, \u00ab\u00a0<em>Hepta ktl.\u00a0<\/em>\u00bb, dans <em>Grande lessico del Nuovo Testamento<\/em>, fondato da G. Kittel, continuato da G. Friedrich, Vol. III, Paideia, Brescia, 1967, col. 810\u00a0: \u00ab\u00a0Le chiffre sept porte en soi le caract\u00e8re de la totalit\u00e9 voulue et ordonn\u00e9e par Dieu\u00a0\u00bb.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> D\u2019autres manuscrits grecs ont \u00ab\u00a0soixante-dix-sept fois sept \u00bb.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 <em>Gen<\/em> 4,24 appara\u00eet encore plus clairement en grec\u00a0: en effet, dans la <em>Gen\u00e8se<\/em> comme dans <em>Matthieu<\/em> le chiffre est \u00ab\u00a0<em>h\u00e9bdomekontakis hepta\u00a0<\/em>\u00bb, donc \u00ab\u00a0soixante-dix fois\u00a0 sept \u00bb.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Ainsi U. Luz, <em>Vangelo di Matteo. Volume 3. Commento ai capp. 18-25<\/em>, Paideia, Brescia, 2013, p. 88.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Cf. L. Algisi, <em>Ges\u00f9 e le sue parabole<\/em>, Marietti, Torino, 1963, p. 291 o\u00f9 on lit ce commentaire\u00a0: \u00ab\u00a0La dette que l\u2019homme doit \u00e0 Dieu ne peut \u00eatre exprim\u00e9e qu\u2019avec un chiffre inimaginable\u00a0\u00bb.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> Cf. S. Grasso, <em>Il Vangelo di Matteo : commento esegetico e teologico<\/em>, Citt\u00e0 Nuova, Roma, 2014, p. 560.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> Cf. U. Luz, <em>Vangelo di Matteo. Volume 3. Commento ai capp. 18-25<\/em>, Paideia, Brescia, 2013, p. 101.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> Ainsi U. Luz,<em> ibid.<\/em>, p. 101.<\/p> <p>\u00a0<\/p> <p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> F. Viellard, <em>Pri\u00e8res pour grandir dans la joie de Dieu<\/em>, Salvator, Paris, 2012, p. 50.<\/p>","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18189","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18189"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18189\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18193,"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18189\/revisions\/18193"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17854"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18189"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18189"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18189"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}