{"id":19516,"date":"2025-08-03T00:34:10","date_gmt":"2025-08-02T22:34:10","guid":{"rendered":"https:\/\/absi.ch\/new\/?p=19516"},"modified":"2025-08-03T00:43:37","modified_gmt":"2025-08-02T22:43:37","slug":"eucharistie-3-aout-2025","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/absi.ch\/new\/2025\/08\/eucharistie-3-aout-2025\/","title":{"rendered":"Eucharistie : 3 ao\u00fbt 2025"},"content":{"rendered":"<div id=\"themify_builder_content-19516\" data-postid=\"19516\" class=\"themify_builder_content themify_builder_content-19516 themify_builder\">\n    \t<!-- module_row -->\n\t<div  class=\"themify_builder_row module_row clearfix module_row_1 themify_builder_19516_row module_row_19516-1 tb_x4jb927\">\n\t    \t    <div class=\"row_inner col_align_top\" >\n\t\t\t<div  class=\"module_column tb-column col-full first tb_19516_column module_column_0 module_column_19516-1-0 tb_8lsg927\">\n\t    \t    \t        <div class=\"tb-column-inner\">\n\t\t    <!-- module text -->\n<div  class=\"module module-text tb_z15h933    \">\n            <div  class=\"tb_text_wrap\">\n    <p>18<sup>\u00e8me<\/sup> dimanche du Temps Ordinaire \u2014 Ann\u00e9e C<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3><strong>Dieu nous aide \u00e0 d\u00e9couvrir le vrai sens de notre vie<br \/><br \/><\/strong><\/h3>\n<h5>Premi\u00e8re lecture<\/h5>\n<p><em>Parmi les livres de l\u2019Ancien Testament, on lit tr\u00e8s rarement le livre du Qoh\u00e9leth. En h\u00e9breu, le mot \u00ab qoh\u00e9leth \u00bb indique une personne n\u2019importe laquelle \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une communaut\u00e9, une personne qui r\u00e9agit &#8211; probablement &#8211; aux discours de la th\u00e9ologie et de la sagesse officielles<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a>. C\u2019est avec ce mot qu\u2019un \u00e9crivain se pr\u00e9sente, dans la premi\u00e8re page de son livre, en \u00e9crivant : \u00ab Tout est comme un souffle qui s\u2019en va, dit Qoh\u00e9leth, rien ne sert \u00e0 rien, rien ne m\u00e8ne \u00e0 rien \u00bb (Qo 1,2)<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><strong>[2]<\/strong><\/a>.<\/em><\/p>\n<p><em>Dans cette petite phrase &#8211; huit mots en h\u00e9breu &#8211; cinq fois l\u2019auteur r\u00e9p\u00e8te le mot \u00ab h\u00e8v\u00e8l \u00bb, qui signifie souffle, le souffle qui s\u2019en va, une \u2018chose\u2019 sans consistance que nous ne pourrons jamais poss\u00e9der et faire n\u00f4tre<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><strong>[3]<\/strong><\/a>. Si on traduit cette phrase mot \u00e0 mot, on pourrait dire\u00a0: \u00ab\u00a0Futilit\u00e9 de futilit\u00e9, dit Qoh\u00e9leth, futilit\u00e9 de futilit\u00e9, le tout [est] futilit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><em>Et dans la petite section du chapitre deux que la liturgie nous propose ce matin, le mot \u00ab\u00a0h\u00e8v\u00e8l\u00a0\u00bb va revenir encore deux fois (vv. 21 et 23). Dans ces versets, Qoh\u00e9leth nous pr\u00e9sente le cas d\u2019une personne qui s\u2019engage, intens\u00e9ment, dans sa vie, \u00ab\u00a0<\/em><em>un humain qui a fatigu\u00e9 &#8211; dans son travail &#8211; avec sagesse, connaissance et succ\u00e8s\u00a0\u00bb. Et pourtant\u2026 il doit laisser tout \u00e7a en h\u00e9ritage \u00ab\u00a0\u00e0 un humain qui n\u2019a pas fatigu\u00e9 pour cela\u00a0\u00bb (v. 21). Apr\u00e8s ce constat d\u2019un fait qui se v\u00e9rifiait fr\u00e9quemment dans les hautes classes sociales au troisi\u00e8me si\u00e8cle &#8211; donc au temps de notre auteur<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><strong>[4]<\/strong><\/a> &#8211; et qui se v\u00e9rifie aussi aujourd\u2019hui, Qoh\u00e9leth exprime son jugement\u00a0: cela aussi est \u00ab h\u00e8v\u00e8l \u00bb, comme un souffle sans lendemain,\u00a0et c\u2019est \u00ab\u00a0une injustice, grande\u00a0!\u00a0\u00bb. <\/em><\/p>\n<p><em>En poursuivant sa page, notre auteur ne peut que revenir sur le terme \u00ab\u00a0fatigue\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0\u2018\u2018\u00e2m\u00e2l\u00a0\u00bb en h\u00e9breu) et s\u2019interroger\u00a0: \u00ab que reste-t-il pour un humain de toute la fatigue et de tout l\u2019effort personnel, [la fatigue] avec laquelle il fatigue son c\u0153ur sous le soleil ?\u00a0\u00bb (v. 22). En effet, les jours d\u2019une personne qui a fatigu\u00e9 &#8211; dans son travail &#8211; avec sagesse et connaissance \u00ab\u00a0ne sont que souffrances, et son occupation n\u2019est qu\u2019affliction \u00bb. La vie, c\u2019est vrai, permet aussi \u00e0 l\u2019individu de \u00ab\u00a0go\u00fbter le fruit de sa fatigue\u00a0\u00bb. Et sur ce \u00ab\u00a0don qui vient de la main de Dieu\u00a0\u00bb, notre auteur parlera en poursuivant son livre (2,24-26)<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><strong>[5]<\/strong><\/a>. Mais, dans la page de ce matin, Qoh\u00e9leth insiste sur les souffrances de la vie\u00a0: \u00ab\u00a0Oui, tous ses jours ne sont que souffrances, et son occupation n\u2019est qu\u2019affliction ; m\u00eame la nuit, son c\u0153ur est sans repos\u00a0\u00bb (v. 23). \u00c9coutons ce cri de d\u00e9sespoir, un cri qui parfois peut jaillir aussi de notre c\u0153ur.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><strong>Lecture du livre du Qoh\u00e9leth (1,2 et 2,21-23)<\/strong><\/p>\n<p><strong>1<\/strong><sup>2<\/sup> Tout est comme <strong>un souffle<\/strong> qui s\u2019en va, dit Qoh\u00e9leth, rien ne sert \u00e0 rien, rien ne m\u00e8ne \u00e0 rien.<\/p>\n<p><strong>2<\/strong><sup>21<\/sup> Oui, il y a un humain qui <u>a fatigu\u00e9<\/u> &#8211; dans son travail &#8211; avec sagesse, connaissance et succ\u00e8s : et voil\u00e0 que sa part sera donn\u00e9e \u00e0 un humain qui <u>n\u2019a pas fatigu\u00e9<\/u> pour cela. Cela aussi est comme <strong>un souffle sans lendemain<\/strong>, et une injustice, grande !<\/p>\n<p><sup>22<\/sup> Oui, que reste-t-il pour un humain de toute <u>la fatigue<\/u> et de tout l\u2019effort personnel, [la fatigue] avec laquelle <u>il fatigue<\/u> son c\u0153ur sous le soleil ? <sup>23<\/sup> Oui, tous ses jours ne sont que souffrances, et son occupation n\u2019est qu\u2019affliction ; m\u00eame la nuit, son c\u0153ur est sans repos. Cela aussi est comme <strong>un souffle sans lendemain<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Parole du Seigneur.<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h5>Psaume\u00a0<\/h5>\n<p><em>Un peu comme la page du Qoh\u00e9leth, le psaume 90 est une lamentation sur la condition de tout \u00eatre humain. Mais, diff\u00e9remment du Qoh\u00e9leth, le po\u00e8te du psaume adresse sa lamentation \u00e0 Dieu. Aujourd\u2019hui, de ce psaume nous allons lire seulement quatre strophes.<\/em><\/p>\n<p><em>La premi\u00e8re (vv. 3-4) insiste sur la condition mortelle des humains. C\u2019est ainsi que le po\u00e8te dit \u00e0 Dieu : \u00ab Tu fais retourner les humains \u00e0 la poussi\u00e8re, tu leur dis : Retournez [\u00e0 la terre], fils et filles de l\u2019humain terrestre \u00bb (v. 3). Et ces mots, avec le double emploi &#8211; tragique &#8211; du verbe \u2018retourner\u2019<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><strong>[6]<\/strong><\/a>, sont une reprise du livre de la Gen\u00e8se. Dans cet ancien r\u00e9cit, \u00e0 l\u2019homme qui a d\u00e9sob\u00e9i \u00e0 Dieu, Dieu dit : \u00ab A la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu\u2019\u00e0 ce que tu retournes \u00e0 la terre, car de la terre tu as \u00e9t\u00e9 pris ; oui, tu es poussi\u00e8re, et \u00e0 la poussi\u00e8re tu retourneras \u00bb (Gen 3,19). Et la strophe souligne la bri\u00e8vet\u00e9 de notre vie humaine\u00a0: compar\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de Dieu, m\u00eame une vie tr\u00e8s longue, m\u00eame un mill\u00e9naire ne sont rien, \u00ab\u00a0<\/em><em>comme la journ\u00e9e d\u2019hier, d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9e, ou comme une heure de la nuit\u00a0\u00bb. <\/em><\/p>\n<p><em>Dans la deuxi\u00e8me strophe de notre psaume (vv. 5-6), la mort n\u2019est pas seulement la destin\u00e9e de tous les humains, elle est pr\u00e9sent\u00e9e comme le fruit de l\u2019intervention personnelle de Dieu. Le po\u00e8te \u00e9crit : \u00ab Tu les emportes \u00bb (v. 5). La mort est comme une inondation ou une temp\u00eate qui d\u00e9racine tout, d\u2019un moment \u00e0 l\u2019autre<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><strong>[7]<\/strong><\/a>. La vie est comme un r\u00eave<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\"><strong>[8]<\/strong><\/a>, un r\u00eave joli mais inconsistant. Et le po\u00e8te explique cette situation la comparant avec celle de l\u2019herbe\u00a0: l\u2019herbe fleurit et se renouvelle<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\"><strong>[9]<\/strong><\/a> le matin, puis &#8211; le m\u00eame jour &#8211; elle se fane et elle est coup\u00e9e<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\"><strong>[10]<\/strong><\/a>.<\/em><\/p>\n<p><em>Dans la troisi\u00e8me strophe (vv. 12-13), le po\u00e8te se comporte un peu comme le Qoh\u00e9leth qui lan\u00e7ait une interrogation sans r\u00e9ponse (Qo 2, 22). En effet, devant la faiblesse, la solitude et l\u2019abandon v\u00e9cus par les humains, le po\u00e8te dit \u00e0 Dieu\u00a0: \u00ab\u00a0<\/em><em>Reviens, Yahv\u00e9h\u00a0! Jusqu\u2019\u00e0 quand\u2026?\u00a0\u00bb. Mais, en m\u00eame temps, du c\u0153ur du po\u00e8te jaillit la confiance : Dieu peut nous remplir de sagesse\u00a0; Dieu, Dieu seul, peut nous apprendre \u00e0 d\u00e9couvrir le sens de nos jours. Et la strophe se termine avec cette requ\u00eate \u00e0 Dieu\u00a0: \u00ab\u00a0Aie compassion de tes serviteurs\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>La derni\u00e8re strophe (vv. 14.17ab) revient sur le mot \u00ab\u00a0matin\u00a0\u00bb. Dans la deuxi\u00e8me strophe, ce terme pr\u00e9sentait l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 de la vie humaine\u00a0: un commencement nouveau mais sans aucune dur\u00e9e. Au contraire, dans la strophe finale, le matin &#8211; gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019intervention de Dieu, gr\u00e2ce \u00e0 son amour &#8211; ouvre une vie, litt\u00e9ralement\u00a0\u00ab\u00a0tous nos jours\u00a0\u00bb, \u00e0 la joie\u00a0: \u00ab\u00a0Rassasie-nous de ton amour au matin, et nous passerons tous nos jours dans la joie et les chants\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><em>Et, apr\u00e8s avoir fait mention de l\u2019amour, le po\u00e8te \u00e9voque aussi la douceur de Dieu. Seulement l\u2019amour et la douceur de Dieu peuvent donner une solidit\u00e9 \u00e0 notre vie.<\/em><\/p>\n<p><em>En pensant \u00e0 ce que l\u2019auteur du psaume a v\u00e9cu, \u00e0 sa souffrance et \u00e0 sa solitude, et \u00e0 l\u2019aide que lui et tellement d\u2019autres personnes ont trouv\u00e9 en Dieu, nous comprenons bien l\u2019affirmation avec laquelle le psaume commence\u00a0: \u00ab\u00a0Seigneur, un refuge tu as \u00e9t\u00e9 pour nous, d\u2019\u00e2ge en \u00e2ge\u00a0\u00bb (v. 1). Et cette affirmation, pleine de reconnaissance, sera notre refrain \u00e0 la fin de chaque strophe.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><strong>Psaume 90 (3-4, 5-6, 12-13, 14.17ab)<\/strong><\/p>\n<p><sup>3<\/sup> Tu fais retourner les humains \u00e0 la poussi\u00e8re,<\/p>\n<p>tu leur dis : \u00ab Retournez [\u00e0 la terre], fils et filles de l\u2019humain terrestre \u00bb.<\/p>\n<p><sup>4<\/sup> Oui, mille ans, \u00e0 tes yeux, sont aussi brefs<\/p>\n<p>comme la journ\u00e9e d\u2019hier, d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9e, ou comme une heure de la nuit.<\/p>\n<p><em><u>Refr<\/u><\/em>.\u00a0:\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <strong><em>Seigneur, un refuge tu as \u00e9t\u00e9 pour nous, d\u2019\u00e2ge en \u00e2ge.<\/em> <\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><sup>5<\/sup> Tu les emportes [comme un orage] ; ils sont comme un r\u00eave au matin<em>\u00a0<\/em>:<\/p>\n<p>ils se renouvellent comme l\u2019herbe\u00a0:<\/p>\n<p><sup>6<\/sup> le matin, elle se renouvelle et fleurit,<\/p>\n<p>le soir, elle se fane et elle est coup\u00e9e.<\/p>\n<p><em><u>Refr<\/u><\/em>.\u00a0:\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <strong><em>Seigneur, un refuge tu as \u00e9t\u00e9 pour nous, d\u2019\u00e2ge en \u00e2ge.<\/em> <\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><sup>12<\/sup> Apprends-nous \u00e0 bien compter nos jours,<\/p>\n<p>et notre c\u0153ur sera rempli de sagesse.<\/p>\n<p><sup>13<\/sup> Reviens, Yahv\u00e9h\u00a0! Jusqu\u2019\u00e0 quand\u2026?<\/p>\n<p>Aie compassion de tes serviteurs\u00a0!<\/p>\n<p><em><u>Refr<\/u><\/em>.\u00a0:\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <strong><em>Seigneur, un refuge tu as \u00e9t\u00e9 pour nous, d\u2019\u00e2ge en \u00e2ge.<\/em> <\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><sup>14<\/sup> Rassasie-nous de ton amour au matin,<\/p>\n<p>et nous passerons tous nos jours dans la joie et les chants.<\/p>\n<p><sup>17ab<\/sup> Et que soit sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !<\/p>\n<p>Rends solide, pour nous, l\u2019ouvrage de nos mains\u00a0!<\/p>\n<p><em><u>Refr<\/u><\/em>.\u00a0:\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <strong><em>Seigneur, un refuge tu as \u00e9t\u00e9 pour nous, d\u2019\u00e2ge en \u00e2ge.<\/em> <\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<h5>Deuxi\u00e8me lecture<\/h5>\n<p><em>Il y a une semaine, la lettre aux Colossiens nous parlait de l\u2019intervention surprenante de Dieu. En effet, par le bapt\u00eame, Dieu nous a mis dans la tombe avec le Christ ; ensemble avec le Christ, il nous a r\u00e9veill\u00e9s de la mort, il nous a rendus vivants ensemble avec le Christ (2,12-13). <\/em><\/p>\n<p><em>Et dans la page de ce matin, l\u2019auteur revient d\u2019abord sur ce changement que Dieu a accompli en nous. Il revient sur ce changement pour en tirer les cons\u00e9quences : \u00ab Recherchez donc les r\u00e9alit\u00e9s d\u2019en haut \u00bb (v. 1), \u00ab Pr\u00e9occupez-vous des r\u00e9alit\u00e9s d\u2019en haut, non de celles de la terre \u00bb (v. 2). Ces deux imp\u00e9ratifs, qui dominent la premi\u00e8re partie de notre page (vv. 1-5), ne sugg\u00e8rent aucune fuite loin des r\u00e9alit\u00e9s du monde<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\"><strong>[11]<\/strong><\/a>. Ils demandent une prise de distance par rapport \u00e0 la vie que les chr\u00e9tiens vivaient avant de devenir croyants. A cette vie-l\u00e0, ils sont d\u00e9sormais morts. Et, en terminant cette premi\u00e8re partie de la page, l\u2019auteur se fait plus concret : la vie de laquelle les chr\u00e9tiens doivent prendre les distances est caract\u00e9ris\u00e9e par \u00ab un mauvais comportement au niveau de la sexualit\u00e9, l\u2019impuret\u00e9, les passions, les mauvais d\u00e9sirs et cette soif de poss\u00e9der, qui est une [forme d\u2019] idol\u00e2trie \u00bb (v. 5). <\/em><\/p>\n<p><em>A ces comportements n\u00e9gatifs qu\u2019il faut \u00e9viter, notre auteur d\u00e9die toute une section dont on lira seulement les derniers versets (vv. 9-11). Le verset 9 s\u2019ouvre avec l\u2019imp\u00e9ratif \u00ab\u00a0Ne vous mentez pas les uns aux autres\u00a0\u00bb. En effet, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale et aussi envers les autres<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\"><strong>[12]<\/strong><\/a>, il faut vivre des relations vraies. <\/em><\/p>\n<p><em>Et ces relations sont le signe d\u2019un changement profond\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0vous vous \u00eates d\u00e9pouill\u00e9s de votre vieille nature\u00a0\u00bb ou &#8211; litt\u00e9ralement &#8211; \u00ab\u00a0du vieil homme\u00a0\u00bb, donc d\u2019un style de vie dans lequel le mensonge \u00e9tait un comportement habituel. Mais, maintenant, en devenant chr\u00e9tiens, les Colossiens se sont \u00ab\u00a0rev\u00eatus de la nouvelle nature\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0un \u00eatre humain nouveau\u00a0\u00bb. Dans ces versets, notre auteur utilise l\u2019image du \u2018v\u00eatement\u2019\u00a0: on peut se d\u00e9pouiller d\u2019un v\u00eatement et en rev\u00eatir un autre. Mais cette image n\u2019\u00e9voque pas un changement ext\u00e9rieur. Au contraire, il s\u2019agit d\u2019un changement profond, qui commence avec le bapt\u00eame et qui se poursuit de jour en jour. La lettre aux Colossiens nous le dit en utilisant une forme verbale qui signifie <\/em><em>\u201c<\/em><em>se renouveler constamment, continuellement<\/em><em>\u201d<\/em><a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\"><em><strong>[13]<\/strong><\/em><\/a><em>. Et cet engagement constant vise \u00e0 r\u00e9aliser en nous, de plus en plus, le projet de Dieu qui a fait l\u2019humain \u00ab\u00a0\u00e0 son image\u00a0\u00bb (Gen 1,27). <\/em><\/p>\n<p><em>Enfin, la derni\u00e8re phrase\u00a0: \u00ab\u00a0L\u00e0 [o\u00f9 existe l\u2019humanit\u00e9 nouvelle]\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\"><strong>[14]<\/strong><\/a>, toutes les divisions religieuses, sociales et ethniques tombent. Notre lettre \u00e9voque d\u2019abord les Grecs et les Juifs, les Juifs qui pratiquent la circoncision, les Grecs qui la refusent. Ces diff\u00e9rences n\u2019ont plus de sens. M\u00eame l\u2019opposition entre esclaves et hommes libres, une opposition qui caract\u00e9risait fortement la civilisation gr\u00e9co-romaine, tombe. En ouvrant le regard au-del\u00e0 de l\u2019h\u00e9bra\u00efsme et de la civilisation gr\u00e9co-romaine, la lettre mentionne aussi les \u2018autres\u2019, les populations qu\u2019on consid\u00e9rait des \u00ab\u00a0barbares\u00a0\u00bb et ceux qu\u2019on consid\u00e9rait encore pires que les barbares, les \u00ab\u00a0scythes\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\"><strong>[15]<\/strong><\/a>. Mais toutes ces diff\u00e9rences et ces oppositions n\u2019ont plus aucun sens\u00a0: d\u00e9sormais, dans cette humanit\u00e9 nouvelle, \u00ab\u00a0le Christ est tout et en tous\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\"><strong>[16]<\/strong><\/a>. \u00c9coutons attentivement ce message, qui est tr\u00e8s important pour les premiers lecteurs comme pour nous aujourd\u2019hui.<\/em><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Lecture de la lettre aux Colossiens (3,1-5. 9-11)<\/strong><\/p>\n<p>Fr\u00e8res, <sup>1<\/sup> avec le Christ, vous avez \u00e9t\u00e9 r\u00e9veill\u00e9s de la mort. Recherchez donc les r\u00e9alit\u00e9s d\u2019en haut, l\u00e0 o\u00f9 est le Christ, assis \u00e0 la droite de Dieu. <sup>2<\/sup> Pr\u00e9occupez-vous des r\u00e9alit\u00e9s d\u2019en haut, non de celles de la terre. <sup>3<\/sup> Car vous \u00eates morts, et votre vie a \u00e9t\u00e9 cach\u00e9e &#8211; et reste cach\u00e9e &#8211; avec le Christ en Dieu.<\/p>\n<p><sup>4<\/sup> Votre v\u00e9ritable vie, c\u2019est le Christ. Quand il sera manifest\u00e9, vous aussi vous serez manifest\u00e9s avec lui et vous participerez \u00e0 sa gloire. <sup>5<\/sup> Faites donc mourir ce qui en vous appartient \u00e0 la terre : un mauvais comportement au niveau de la sexualit\u00e9, l\u2019impuret\u00e9, les passions, les mauvais d\u00e9sirs et cette soif de poss\u00e9der, qui est une [forme d\u2019] idol\u00e2trie.<\/p>\n<p><sup>9<\/sup> Ne vous mentez pas les uns aux autres, car vous vous \u00eates d\u00e9pouill\u00e9s de votre vieille nature avec ses habitudes <sup>10<\/sup> et vous vous \u00eates rev\u00eatus de la nouvelle nature : un \u00eatre humain nouveau qui, pour acc\u00e9der \u00e0 la pleine connaissance, se renouvelle continuellement \u00e0 l\u2019image que le Cr\u00e9ateur lui a donn\u00e9e.<\/p>\n<p><sup>11<\/sup> L\u00e0 [o\u00f9 existe l\u2019humanit\u00e9 nouvelle], il n\u2019y a ni Grec ni Juif, ni circoncision ni incirconcision, barbare, scythe, esclave, homme libre ; mais le Christ est tout et en tous.<\/p>\n<p><strong>Parole du Seigneur.<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>All\u00e9luia. All\u00e9luia. <\/strong><\/p>\n<p><em>Heureux les pauvres de c\u0153ur,<\/em><\/p>\n<p><em>car le royaume des Cieux est \u00e0 eux !<\/em> (<em>Mt<\/em> 5,3)<\/p>\n<p><strong>All\u00e9luia. <\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h5>\u00c9vangile<\/h5>\n<p><em>L\u2019\u00c9vangile de ce matin nous pr\u00e9sente d\u2019abord une personne qui demande \u00e0 J\u00e9sus : \u00ab Ma\u00eetre, dis \u00e0 mon fr\u00e8re de partager avec moi les biens que notre p\u00e8re nous a laiss\u00e9s \u00bb (v. 13). Mais J\u00e9sus refuse : au lieu de la division des biens, J\u00e9sus pr\u00e9f\u00e8re la solidarit\u00e9 entre les fr\u00e8res. Derri\u00e8re la volont\u00e9 de diviser des biens, il y a &#8211; trop fr\u00e9quemment &#8211; la volont\u00e9 de poss\u00e9der des biens et des richesses. Et J\u00e9sus nous met en garde \u00ab de tout amour des richesses \u00bb. En effet, \u00ab m\u00eame dans l\u2019abondance, la vie d\u2019un homme ne d\u00e9pend pas de ses biens \u00bb (v. 15).<\/em><\/p>\n<p><em>Dans la deuxi\u00e8me section de notre page (vv. 16-21), J\u00e9sus revient sur l\u2019amour des richesses. Et il le montre \u00e0 travers un petit r\u00e9cit, celui du riche insens\u00e9, un homme qui a des biens et en d\u00e9sire de plus en plus. Il n\u2019a m\u00eame plus de la place pour amasser ses r\u00e9coltes, il veut d\u00e9molir ses greniers et en construire de plus grands. Il veut tout avoir et il pense que, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019abondance des biens, il sera enti\u00e8rement r\u00e9alis\u00e9 comme homme. Il se dit : \u00ab Mon \u00e2me, tu as beaucoup de biens en r\u00e9serve pour beaucoup d\u2019ann\u00e9es ; repose-toi, mange, bois et r\u00e9jouis-toi \u00bb (v. 19). Au fond, les richesses et le d\u00e9sir de les poss\u00e9der enferment cet homme dans la solitude la plus totale. Son seul dialogue est avec soi-m\u00eame, son \u00ab \u00e2me \u00bb, nous dit et nous r\u00e9p\u00e8te le r\u00e9cit (v. 19).<\/em><\/p>\n<p><em>Mais \u00e0 la fin du r\u00e9cit, c\u2019est Dieu qui casse la solitude de notre personnage et le questionne. Il le questionne avec une interrogation semblable \u00e0 celle que le Qoh\u00e9leth adressait \u00e0 soi-m\u00eame (Qo 2,19)<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\"><strong>[17]<\/strong><\/a>. A ce riche qui ne voit que soi-m\u00eame, Dieu dit : \u00ab <\/em>ton \u00e2me te sera demand\u00e9e<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a> ; et ce que tu as pr\u00e9par\u00e9<em>, \u00e0 qui cela sera-t-il ? \u00bb (v. 20). S\u2019interroger sur la mort, sur sa propre mort, ne doit pas faire jaillir en nous le sens de la peur. Le fait de nous interroger sur notre mort doit nous pousser \u00e0 nous ouvrir \u00e0 Dieu et \u00e0 notre prochain, doit nous pousser \u00e0 donner et \u00e0 nous donner<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\"><strong>[19]<\/strong><\/a>. C\u2019est ainsi que la peur sera d\u00e9pass\u00e9e et qu\u2019on \u00ab s\u2019enrichit \u00bb, nous dit J\u00e9sus (v. 21), aupr\u00e8s de Dieu. <\/em><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>\u00c9vangile de J\u00e9sus Christ selon saint Luc (12,13-21)<\/strong><\/p>\n<p><sup>13<\/sup> Du milieu de la foule, quelqu\u2019un dit \u00e0 J\u00e9sus : \u00ab Ma\u00eetre, dis \u00e0 mon fr\u00e8re de partager avec moi les biens que notre p\u00e8re nous a laiss\u00e9s \u00bb. <sup>14<\/sup> J\u00e9sus lui dit : \u00ab Homme, qui m\u2019a \u00e9tabli pour \u00eatre votre juge ou l\u2019arbitre lorsque vous voulez partager vos richesses ? \u00bb<sup>15<\/sup> Puis, s\u2019adressant \u00e0 tous, il leur dit : \u00ab Faites attention ! Gardez-vous de tout amour des richesses ; car m\u00eame dans l\u2019abondance, la vie d\u2019un homme ne d\u00e9pend pas de ses biens \u00bb.<\/p>\n<p><sup>16<\/sup> Et il leur dit une parabole : \u00ab Un homme riche avait des terres qui apportaient de bonnes r\u00e9coltes. <sup>17<\/sup> Et il r\u00e9fl\u00e9chissait en lui-m\u00eame en disant : \u201cQue ferai-je ? Car je n\u2019ai pas de place pour amasser mes r\u00e9coltes\u201d. <sup>18<\/sup> Et il dit : \u201cVoici ce que je vais faire : je vais d\u00e9molir mes greniers et en construire de plus grands : j\u2019y mettrai toute ma r\u00e9colte et mes richesses <sup>19<\/sup> et je dirai \u00e0 mon \u00e2me : Mon \u00e2me, tu as beaucoup de biens en r\u00e9serve pour beaucoup d\u2019ann\u00e9es\u00a0; repose-toi, mange, bois et r\u00e9jouis-toi\u201d. <sup>20<\/sup> Mais Dieu lui dit : \u201cInsens\u00e9 ! Cette nuit m\u00eame ton \u00e2me te sera demand\u00e9e ; et ce que tu as pr\u00e9par\u00e9, \u00e0 qui cela sera-t-il ?\u201d <sup>21<\/sup> Voil\u00e0 ce qui arrive \u00e0 celui qui amasse des tr\u00e9sors pour lui-m\u00eame au lieu de s\u2019enrichir aupr\u00e8s de Dieu \u00bb.<br \/><br \/><\/p>\n<p><strong>Acclamons la Parole de Dieu.<br \/><br \/><\/strong><\/p>\n<h5>Pri\u00e8re d\u2019ouverture\u00a0<\/h5>\n<p>Dans Ton immense bont\u00e9, Seigneur,<\/p>\n<p>montre-moi le chemin de Ta volont\u00e9,<\/p>\n<p>et accorde-moi de marcher sous Ton regard.<\/p>\n<p>Seigneur, Toi qui sondes les c\u0153urs,<\/p>\n<p>Tu sais ce dont j\u2019ai besoin.<\/p>\n<p>Tu connais mon aveuglement et mon ignorance,<\/p>\n<p>Tu vois mon infid\u00e9lit\u00e9 et mon \u00e9garement ;<\/p>\n<p>mais Tu connais aussi mon d\u00e9sir,<\/p>\n<p>les douleurs de mon c\u0153ur et les souffrances de mon \u00e2me.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi, je T\u2019en supplie, \u00e9coute ma pri\u00e8re,<\/p>\n<p>et par Ton Saint Esprit enseigne-moi la voie<\/p>\n<p>sur laquelle je dois marcher<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>.<\/p>\n<p>[Archimandrite Sophrony : Moscou, 1896-1993]<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h5>Pri\u00e8re des fid\u00e8les<\/h5>\n<p>* Ce matin, dans le Qoh\u00e9leth nous avons pu reconna\u00eetre un peu nous-m\u00eames. Car nous sommes un peu comme cet ancien umushingantahe qui &#8211; dans sa solitude &#8211; s\u2019interrogeait et ne trouvait pas de r\u00e9ponse \u00e0 ses questions. Aide-nous, Seigneur Dieu, \u00e0 nous ouvrir \u00e0 toi. Toi seul tu peux nous aider \u00e0 d\u00e9couvrir le vrai sens de notre vie et de nos fatigues.<\/p>\n<p>* Parfois, dans les exp\u00e9riences tragiques que nous vivons, nous avons la tentation de penser \u00e0 toi comme \u00e0 un Dieu qui ch\u00e2tie, un Dieu de col\u00e8re, d\u2019indignation, de fureur. Mais le po\u00e8te du psaume nous aide \u00e0 d\u00e9passer cette mentalit\u00e9. Il nous parle de l\u2019amour de Dieu, un amour qui peut nous rassasier. Et, en terminant son po\u00e8me, il \u00e9voque \u00ab\u00a0la douceur\u00a0\u00bb de Dieu. Voil\u00e0 ce qui peut donner une solidit\u00e9 \u00e0 notre vie et \u00e0 \u00ab l\u2019ouvrage de nos mains\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>* La lettre aux Colossiens nous a fait comprendre que la r\u00e9surrection de J\u00e9sus n\u2019est pas un \u00e9v\u00e9nement du pass\u00e9 et sans cons\u00e9quences. Elle est une r\u00e9alit\u00e9 aussi dans notre vie personnelle, une r\u00e9alit\u00e9 qui, jour apr\u00e8s jour, change radicalement notre vie. Elle nous fait vivre, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale et aussi envers les autres, des relations vraies, en faisant tomber toutes les barri\u00e8res religieuses, sociales et ethniques. Que ce message reste toujours pr\u00e9sent dans notre c\u0153ur.<\/p>\n<p>* A travers ton r\u00e9cit du riche insens\u00e9, tu nous apprends, J\u00e9sus notre fr\u00e8re, \u00e0 voir notre vie d\u2019une fa\u00e7on diff\u00e9rente. Vivre en cherchant seulement \u00e0 jouir de ses biens &#8211; grands ou petits &#8211; n\u2019a pas de sens ; c\u2019est s\u2019enfermer dans la solitude. Au contraire, la joie c\u2019est se r\u00e9jouir ensemble de petites choses, de petites joies que la vie nous offre. C\u2019est ainsi que nous pouvons nous enrichir \u00ab aupr\u00e8s de Dieu \u00bb. Que cet enseignement puisse nous guider dans la vie de chaque jour.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/3-aou\u0302t-2025-RP.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>&gt; testo (pdf)<\/em><\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Ainsi J. L\u2019Hour, <em>Qoh\u00e9let<\/em>, dans <em>La Bible<\/em>, Bayard &#8211; M\u00e9diaspaul, Paris &#8211; Montr\u00e9al, 2001, p. 2905.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Cette traduction reprend &#8211; en partie &#8211; celle qu\u2019on lit dans <em>La Bible. Ancien Testament, int\u00e9grant les livres deut\u00e9rocanoniques, et Nouveau Testament. Parole de vie<\/em>, Alliance biblique universelle, Villiers-le-Bel, 2000, p. 908.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> L. Mazzinghi, <em>Ho cercato e ho esplorato. Studi sul Qohelet<\/em>, EDB, Bologna, 2009, p. 124-127. Cf. aussi R. Albert, <em>haebael, soffio<\/em>, dans E. Jenni \u2013 C. Westermann, <em>Dizionario teologico dell\u2019Antico Testamento. Volume I<\/em>, Marietti, Torino, 1978, col. 405-407.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Cf. L. Schwienhorst-Sch\u00f6nberger, <em>Kohelet<\/em>, Herder, Freiburg . Basel . Wien, 2004, p. 232.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Cette vision optimiste de la vie, attest\u00e9e en 2,24, reviendra encore 6 fois dans le Qoh\u00e9leth. Cf. G. Ravasi, <em>Qohelet. Il libro pi\u00f9 originale e \u201cscandaloso\u201d dell\u2019Antico Testamento<\/em>, Edizioni San Paolo, Cinisello Balsamo (Milano), 2008, p. 130.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Cf. Ravasi, <em>Il libro dei salmi. Commento e attualizzazione. Vol. II (Salmi 51-100)<\/em>, EDB, Bologna, 2015, p. 884.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Cf. Ravasi, <em>Il libro dei salmi. Commento e attualizzazione. Vol. II (Salmi 51-100)<\/em>, EDB, Bologna, 2015, p. 886.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Le mot h\u00e9breu \u00ab\u00a0sh\u00e9n\u00e2h\u00a0\u00bb\u00a0peut signifier \u201csommeil\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0r\u00eave\u00a0\u00bb. Cf. L. Alonso Sch\u00f6kel (director), <em>Diccionario b\u00edblico hebreo-espa\u00f1ol<\/em>, Editorial Trotta, Madrid, 1994, p. 779b.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Pour le verbe \u00ab\u00a0se renouveler\u00a0\u00bb, cf. L. Alonso Sch\u00f6kel (director), <em>Diccionario b\u00edblico hebreo-espa\u00f1ol<\/em>, Editorial Trotta, Madrid, 1994, p. 257a, sous la voix \u00ab h\u00e2laf\u00a0\u00bb. Une interpr\u00e9tation diff\u00e9rente du m\u00eame verbe dans\u00a0D. Barth\u00e9lemy, <em>Critique textuelle de l&#8217;Ancien Testament. <\/em><em>Tome 4. <\/em><em>Psaumes<\/em>, Academic Press &#8211; Vandenhoeck &amp; Ruprecht, Fribourg &#8211; G\u00f6ttingen, 2005, p. 638s.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> A la place de la forme verbale \u00ab\u00a0elle est coup\u00e9e\u00a0\u00bb, d\u2019autres traductions ont \u00ab\u00a0elle s\u00e8che\u00a0\u00bb. Pour la traduction de cette strophe, cf. L. Alonso Sch\u00f6kel \u2013 C. Carniti, <em>I Salmi, vol. 2<\/em>, Borla, Roma, 1993, p. 250ss.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Cf. J.-N. Aletti, <em>Saint Paul. <\/em><em>\u00c9p\u00eetre aux Colossiens. Introduction, traduction et commentaire<\/em>, Gabalda, Paris, 1993, p. 218.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Cf. M. Ghini, <em>Lettera ai Colossesi. Commento pastorale<\/em>, EDB, Bologna, 1990, p. 115.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Cf. Aletti, <em>Op. cit<\/em>., p. 231. Pour la traduction des derniers mots du v. 11, cf. F. Belli, <em>Lettera ai Colossesi. Introduzione, traduzione e commento<\/em>, San Paolo, Cinisello Balsamo (Milano), 2015, p. 65.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Pour cette signification de l\u2019adverbe grec \u00ab\u00a0hopou\u00a0\u00bb, cf. D. Furter, <em>Les \u00c9p\u00eetres de Paul aux Colossiens et \u00e0 Phil\u00e9mon<\/em>, Edifac, Vaux-sur-Seine, 1987, p. 174.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Pour ces groupes, cf. Ghini, <em>Op. cit<\/em>., p. 117s.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> L\u2019expression grecque \u00ab\u00a0en p\u00e2sin\u00a0\u00bb peut \u00eatre comprise comme un masculin ou un neutre\u00a0; on peut donc la traduire par \u00ab\u00a0en tous\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0en toutes choses\u00a0\u00bb. Mais le contexte sugg\u00e8re de l\u2019interpr\u00e9ter comme un masculin. Cf. F. Belli, <em>Op. cit<\/em>., p. 65.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> Cf. G. Ravasi, <em>Qohelet. Il libro pi\u00f9 originale e \u201cscandaloso\u201d dell\u2019Antico Testamento<\/em>, San Paolo, Cinisello Balsamo (Milano), 1988, p. 127.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> Pour la phrase grecque que Luc exprime avec l\u2019actif \u00ab\u00a0ils demanderont ton \u00e2me\u00a0\u00bb, cf. F. Bovon, <em>L\u2019\u00c9vangile selon saint Luc (9,51-14,35)<\/em>, Labor et fides, Gen\u00e8ve, 1996, p. 256.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> Cf. F. Bovon, <em>L\u2019\u00c9vangile selon saint Luc (9,51-14,35)<\/em>, Labor et fides, Gen\u00e8ve, 1996, p. 257.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> P. Cuperly, <em>Pri\u00e8res des fils d\u2019Abraham<\/em>, Cerf, Paris, 1992, p.166.<\/p>    <\/div>\n<\/div>\n<!-- \/module text -->\n\t        <\/div>\n\t    \t<\/div>\n\t\t    <\/div>\n\t    <!-- \/row_inner -->\n\t<\/div>\n\t<!-- \/module_row -->\n\t<\/div>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>18\u00e8me dimanche du Temps Ordinaire \u2014 Ann\u00e9e C \u00a0 Dieu nous aide \u00e0 d\u00e9couvrir le vrai sens de notre vie Premi\u00e8re lecture Parmi les livres de l\u2019Ancien Testament, on lit tr\u00e8s rarement le livre du Qoh\u00e9leth. 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En h\u00e9breu, le mot \u00ab qoh\u00e9leth \u00bb indique une personne n\u2019importe laquelle \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une communaut\u00e9, une personne qui r\u00e9agit - probablement - aux discours de la th\u00e9ologie et de la sagesse officielles<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a>. C\u2019est avec ce mot qu\u2019un \u00e9crivain se pr\u00e9sente, dans la premi\u00e8re page de son livre, en \u00e9crivant : \u00ab Tout est comme un souffle qui s\u2019en va, dit Qoh\u00e9leth, rien ne sert \u00e0 rien, rien ne m\u00e8ne \u00e0 rien \u00bb (Qo 1,2)<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><strong>[2]<\/strong><\/a>.<\/em><\/p> <p><em>Dans cette petite phrase - huit mots en h\u00e9breu - cinq fois l\u2019auteur r\u00e9p\u00e8te le mot \u00ab h\u00e8v\u00e8l \u00bb, qui signifie souffle, le souffle qui s\u2019en va, une \u2018chose\u2019 sans consistance que nous ne pourrons jamais poss\u00e9der et faire n\u00f4tre<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><strong>[3]<\/strong><\/a>. Si on traduit cette phrase mot \u00e0 mot, on pourrait dire\u00a0: \u00ab\u00a0Futilit\u00e9 de futilit\u00e9, dit Qoh\u00e9leth, futilit\u00e9 de futilit\u00e9, le tout [est] futilit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/em><\/p> <p><em>Et dans la petite section du chapitre deux que la liturgie nous propose ce matin, le mot \u00ab\u00a0h\u00e8v\u00e8l\u00a0\u00bb va revenir encore deux fois (vv. 21 et 23). Dans ces versets, Qoh\u00e9leth nous pr\u00e9sente le cas d\u2019une personne qui s\u2019engage, intens\u00e9ment, dans sa vie, \u00ab\u00a0<\/em><em>un humain qui a fatigu\u00e9 - dans son travail - avec sagesse, connaissance et succ\u00e8s\u00a0\u00bb. Et pourtant\u2026 il doit laisser tout \u00e7a en h\u00e9ritage \u00ab\u00a0\u00e0 un humain qui n\u2019a pas fatigu\u00e9 pour cela\u00a0\u00bb (v. 21). Apr\u00e8s ce constat d\u2019un fait qui se v\u00e9rifiait fr\u00e9quemment dans les hautes classes sociales au troisi\u00e8me si\u00e8cle - donc au temps de notre auteur<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><strong>[4]<\/strong><\/a> - et qui se v\u00e9rifie aussi aujourd\u2019hui, Qoh\u00e9leth exprime son jugement\u00a0: cela aussi est \u00ab h\u00e8v\u00e8l \u00bb, comme un souffle sans lendemain,\u00a0et c\u2019est \u00ab\u00a0une injustice, grande\u00a0!\u00a0\u00bb. <\/em><\/p> <p><em>En poursuivant sa page, notre auteur ne peut que revenir sur le terme \u00ab\u00a0fatigue\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0\u2018\u2018\u00e2m\u00e2l\u00a0\u00bb en h\u00e9breu) et s\u2019interroger\u00a0: \u00ab que reste-t-il pour un humain de toute la fatigue et de tout l\u2019effort personnel, [la fatigue] avec laquelle il fatigue son c\u0153ur sous le soleil ?\u00a0\u00bb (v. 22). En effet, les jours d\u2019une personne qui a fatigu\u00e9 - dans son travail - avec sagesse et connaissance \u00ab\u00a0ne sont que souffrances, et son occupation n\u2019est qu\u2019affliction \u00bb. La vie, c\u2019est vrai, permet aussi \u00e0 l\u2019individu de \u00ab\u00a0go\u00fbter le fruit de sa fatigue\u00a0\u00bb. Et sur ce \u00ab\u00a0don qui vient de la main de Dieu\u00a0\u00bb, notre auteur parlera en poursuivant son livre (2,24-26)<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><strong>[5]<\/strong><\/a>. Mais, dans la page de ce matin, Qoh\u00e9leth insiste sur les souffrances de la vie\u00a0: \u00ab\u00a0Oui, tous ses jours ne sont que souffrances, et son occupation n\u2019est qu\u2019affliction ; m\u00eame la nuit, son c\u0153ur est sans repos\u00a0\u00bb (v. 23). \u00c9coutons ce cri de d\u00e9sespoir, un cri qui parfois peut jaillir aussi de notre c\u0153ur.<\/em><\/p> <p><em>\u00a0<\/em><\/p> <p><strong>Lecture du livre du Qoh\u00e9leth (1,2 et 2,21-23)<\/strong><\/p> <p><strong>1<\/strong><sup>2<\/sup> Tout est comme <strong>un souffle<\/strong> qui s\u2019en va, dit Qoh\u00e9leth, rien ne sert \u00e0 rien, rien ne m\u00e8ne \u00e0 rien.<\/p> <p><strong>2<\/strong><sup>21<\/sup> Oui, il y a un humain qui <u>a fatigu\u00e9<\/u> - dans son travail - avec sagesse, connaissance et succ\u00e8s : et voil\u00e0 que sa part sera donn\u00e9e \u00e0 un humain qui <u>n\u2019a pas fatigu\u00e9<\/u> pour cela. Cela aussi est comme <strong>un souffle sans lendemain<\/strong>, et une injustice, grande !<\/p> <p><sup>22<\/sup> Oui, que reste-t-il pour un humain de toute <u>la fatigue<\/u> et de tout l\u2019effort personnel, [la fatigue] avec laquelle <u>il fatigue<\/u> son c\u0153ur sous le soleil ? <sup>23<\/sup> Oui, tous ses jours ne sont que souffrances, et son occupation n\u2019est qu\u2019affliction ; m\u00eame la nuit, son c\u0153ur est sans repos. Cela aussi est comme <strong>un souffle sans lendemain<\/strong>.<\/p> <p><strong>Parole du Seigneur.<\/strong><\/p> <p>\u00a0<\/p> <h5>Psaume\u00a0<\/h5> <p><em>Un peu comme la page du Qoh\u00e9leth, le psaume 90 est une lamentation sur la condition de tout \u00eatre humain. Mais, diff\u00e9remment du Qoh\u00e9leth, le po\u00e8te du psaume adresse sa lamentation \u00e0 Dieu. Aujourd\u2019hui, de ce psaume nous allons lire seulement quatre strophes.<\/em><\/p> <p><em>La premi\u00e8re (vv. 3-4) insiste sur la condition mortelle des humains. C\u2019est ainsi que le po\u00e8te dit \u00e0 Dieu : \u00ab Tu fais retourner les humains \u00e0 la poussi\u00e8re, tu leur dis : Retournez [\u00e0 la terre], fils et filles de l\u2019humain terrestre \u00bb (v. 3). Et ces mots, avec le double emploi - tragique - du verbe \u2018retourner\u2019<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><strong>[6]<\/strong><\/a>, sont une reprise du livre de la Gen\u00e8se. Dans cet ancien r\u00e9cit, \u00e0 l\u2019homme qui a d\u00e9sob\u00e9i \u00e0 Dieu, Dieu dit : \u00ab A la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu\u2019\u00e0 ce que tu retournes \u00e0 la terre, car de la terre tu as \u00e9t\u00e9 pris ; oui, tu es poussi\u00e8re, et \u00e0 la poussi\u00e8re tu retourneras \u00bb (Gen 3,19). Et la strophe souligne la bri\u00e8vet\u00e9 de notre vie humaine\u00a0: compar\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de Dieu, m\u00eame une vie tr\u00e8s longue, m\u00eame un mill\u00e9naire ne sont rien, \u00ab\u00a0<\/em><em>comme la journ\u00e9e d\u2019hier, d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9e, ou comme une heure de la nuit\u00a0\u00bb. <\/em><\/p> <p><em>Dans la deuxi\u00e8me strophe de notre psaume (vv. 5-6), la mort n\u2019est pas seulement la destin\u00e9e de tous les humains, elle est pr\u00e9sent\u00e9e comme le fruit de l\u2019intervention personnelle de Dieu. Le po\u00e8te \u00e9crit : \u00ab Tu les emportes \u00bb (v. 5). La mort est comme une inondation ou une temp\u00eate qui d\u00e9racine tout, d\u2019un moment \u00e0 l\u2019autre<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><strong>[7]<\/strong><\/a>. La vie est comme un r\u00eave<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\"><strong>[8]<\/strong><\/a>, un r\u00eave joli mais inconsistant. Et le po\u00e8te explique cette situation la comparant avec celle de l\u2019herbe\u00a0: l\u2019herbe fleurit et se renouvelle<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\"><strong>[9]<\/strong><\/a> le matin, puis - le m\u00eame jour - elle se fane et elle est coup\u00e9e<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\"><strong>[10]<\/strong><\/a>.<\/em><\/p> <p><em>Dans la troisi\u00e8me strophe (vv. 12-13), le po\u00e8te se comporte un peu comme le Qoh\u00e9leth qui lan\u00e7ait une interrogation sans r\u00e9ponse (Qo 2, 22). En effet, devant la faiblesse, la solitude et l\u2019abandon v\u00e9cus par les humains, le po\u00e8te dit \u00e0 Dieu\u00a0: \u00ab\u00a0<\/em><em>Reviens, Yahv\u00e9h\u00a0! Jusqu\u2019\u00e0 quand\u2026?\u00a0\u00bb. Mais, en m\u00eame temps, du c\u0153ur du po\u00e8te jaillit la confiance : Dieu peut nous remplir de sagesse\u00a0; Dieu, Dieu seul, peut nous apprendre \u00e0 d\u00e9couvrir le sens de nos jours. Et la strophe se termine avec cette requ\u00eate \u00e0 Dieu\u00a0: \u00ab\u00a0Aie compassion de tes serviteurs\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em><\/p> <p><em>La derni\u00e8re strophe (vv. 14.17ab) revient sur le mot \u00ab\u00a0matin\u00a0\u00bb. Dans la deuxi\u00e8me strophe, ce terme pr\u00e9sentait l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 de la vie humaine\u00a0: un commencement nouveau mais sans aucune dur\u00e9e. Au contraire, dans la strophe finale, le matin - gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019intervention de Dieu, gr\u00e2ce \u00e0 son amour - ouvre une vie, litt\u00e9ralement\u00a0\u00ab\u00a0tous nos jours\u00a0\u00bb, \u00e0 la joie\u00a0: \u00ab\u00a0Rassasie-nous de ton amour au matin, et nous passerons tous nos jours dans la joie et les chants\u00a0\u00bb.<\/em><\/p> <p><em>Et, apr\u00e8s avoir fait mention de l\u2019amour, le po\u00e8te \u00e9voque aussi la douceur de Dieu. Seulement l\u2019amour et la douceur de Dieu peuvent donner une solidit\u00e9 \u00e0 notre vie.<\/em><\/p> <p><em>En pensant \u00e0 ce que l\u2019auteur du psaume a v\u00e9cu, \u00e0 sa souffrance et \u00e0 sa solitude, et \u00e0 l\u2019aide que lui et tellement d\u2019autres personnes ont trouv\u00e9 en Dieu, nous comprenons bien l\u2019affirmation avec laquelle le psaume commence\u00a0: \u00ab\u00a0Seigneur, un refuge tu as \u00e9t\u00e9 pour nous, d\u2019\u00e2ge en \u00e2ge\u00a0\u00bb (v. 1). Et cette affirmation, pleine de reconnaissance, sera notre refrain \u00e0 la fin de chaque strophe.<\/em><\/p> <p><em>\u00a0<\/em><\/p> <p><strong>Psaume 90 (3-4, 5-6, 12-13, 14.17ab)<\/strong><\/p> <p><sup>3<\/sup> Tu fais retourner les humains \u00e0 la poussi\u00e8re,<\/p> <p>tu leur dis : \u00ab Retournez [\u00e0 la terre], fils et filles de l\u2019humain terrestre \u00bb.<\/p> <p><sup>4<\/sup> Oui, mille ans, \u00e0 tes yeux, sont aussi brefs<\/p> <p>comme la journ\u00e9e d\u2019hier, d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9e, ou comme une heure de la nuit.<\/p> <p><em><u>Refr<\/u><\/em>.\u00a0:\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <strong><em>Seigneur, un refuge tu as \u00e9t\u00e9 pour nous, d\u2019\u00e2ge en \u00e2ge.<\/em> <\/strong><\/p> <p>\u00a0<\/p> <p><sup>5<\/sup> Tu les emportes [comme un orage] ; ils sont comme un r\u00eave au matin<em>\u00a0<\/em>:<\/p> <p>ils se renouvellent comme l\u2019herbe\u00a0:<\/p> <p><sup>6<\/sup> le matin, elle se renouvelle et fleurit,<\/p> <p>le soir, elle se fane et elle est coup\u00e9e.<\/p> <p><em><u>Refr<\/u><\/em>.\u00a0:\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <strong><em>Seigneur, un refuge tu as \u00e9t\u00e9 pour nous, d\u2019\u00e2ge en \u00e2ge.<\/em> <\/strong><\/p> <p>\u00a0<\/p> <p><sup>12<\/sup> Apprends-nous \u00e0 bien compter nos jours,<\/p> <p>et notre c\u0153ur sera rempli de sagesse.<\/p> <p><sup>13<\/sup> Reviens, Yahv\u00e9h\u00a0! Jusqu\u2019\u00e0 quand\u2026?<\/p> <p>Aie compassion de tes serviteurs\u00a0!<\/p> <p><em><u>Refr<\/u><\/em>.\u00a0:\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <strong><em>Seigneur, un refuge tu as \u00e9t\u00e9 pour nous, d\u2019\u00e2ge en \u00e2ge.<\/em> <\/strong><\/p> <p>\u00a0<\/p> <p><sup>14<\/sup> Rassasie-nous de ton amour au matin,<\/p> <p>et nous passerons tous nos jours dans la joie et les chants.<\/p> <p><sup>17ab<\/sup> Et que soit sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !<\/p> <p>Rends solide, pour nous, l\u2019ouvrage de nos mains\u00a0!<\/p> <p><em><u>Refr<\/u><\/em>.\u00a0:\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <strong><em>Seigneur, un refuge tu as \u00e9t\u00e9 pour nous, d\u2019\u00e2ge en \u00e2ge.<\/em> <\/strong><\/p> <p><strong>\u00a0<\/strong><\/p> <h5>Deuxi\u00e8me lecture<\/h5> <p><em>Il y a une semaine, la lettre aux Colossiens nous parlait de l\u2019intervention surprenante de Dieu. En effet, par le bapt\u00eame, Dieu nous a mis dans la tombe avec le Christ ; ensemble avec le Christ, il nous a r\u00e9veill\u00e9s de la mort, il nous a rendus vivants ensemble avec le Christ (2,12-13). <\/em><\/p> <p><em>Et dans la page de ce matin, l\u2019auteur revient d\u2019abord sur ce changement que Dieu a accompli en nous. Il revient sur ce changement pour en tirer les cons\u00e9quences : \u00ab Recherchez donc les r\u00e9alit\u00e9s d\u2019en haut \u00bb (v. 1), \u00ab Pr\u00e9occupez-vous des r\u00e9alit\u00e9s d\u2019en haut, non de celles de la terre \u00bb (v. 2). Ces deux imp\u00e9ratifs, qui dominent la premi\u00e8re partie de notre page (vv. 1-5), ne sugg\u00e8rent aucune fuite loin des r\u00e9alit\u00e9s du monde<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\"><strong>[11]<\/strong><\/a>. Ils demandent une prise de distance par rapport \u00e0 la vie que les chr\u00e9tiens vivaient avant de devenir croyants. A cette vie-l\u00e0, ils sont d\u00e9sormais morts. Et, en terminant cette premi\u00e8re partie de la page, l\u2019auteur se fait plus concret : la vie de laquelle les chr\u00e9tiens doivent prendre les distances est caract\u00e9ris\u00e9e par \u00ab un mauvais comportement au niveau de la sexualit\u00e9, l\u2019impuret\u00e9, les passions, les mauvais d\u00e9sirs et cette soif de poss\u00e9der, qui est une [forme d\u2019] idol\u00e2trie \u00bb (v. 5). <\/em><\/p> <p><em>A ces comportements n\u00e9gatifs qu\u2019il faut \u00e9viter, notre auteur d\u00e9die toute une section dont on lira seulement les derniers versets (vv. 9-11). Le verset 9 s\u2019ouvre avec l\u2019imp\u00e9ratif \u00ab\u00a0Ne vous mentez pas les uns aux autres\u00a0\u00bb. En effet, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale et aussi envers les autres<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\"><strong>[12]<\/strong><\/a>, il faut vivre des relations vraies. <\/em><\/p> <p><em>Et ces relations sont le signe d\u2019un changement profond\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0vous vous \u00eates d\u00e9pouill\u00e9s de votre vieille nature\u00a0\u00bb ou - litt\u00e9ralement - \u00ab\u00a0du vieil homme\u00a0\u00bb, donc d\u2019un style de vie dans lequel le mensonge \u00e9tait un comportement habituel. Mais, maintenant, en devenant chr\u00e9tiens, les Colossiens se sont \u00ab\u00a0rev\u00eatus de la nouvelle nature\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0un \u00eatre humain nouveau\u00a0\u00bb. Dans ces versets, notre auteur utilise l\u2019image du \u2018v\u00eatement\u2019\u00a0: on peut se d\u00e9pouiller d\u2019un v\u00eatement et en rev\u00eatir un autre. Mais cette image n\u2019\u00e9voque pas un changement ext\u00e9rieur. Au contraire, il s\u2019agit d\u2019un changement profond, qui commence avec le bapt\u00eame et qui se poursuit de jour en jour. La lettre aux Colossiens nous le dit en utilisant une forme verbale qui signifie <\/em><em>\u201c<\/em><em>se renouveler constamment, continuellement<\/em><em>\u201d<\/em><a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\"><em><strong>[13]<\/strong><\/em><\/a><em>. Et cet engagement constant vise \u00e0 r\u00e9aliser en nous, de plus en plus, le projet de Dieu qui a fait l\u2019humain \u00ab\u00a0\u00e0 son image\u00a0\u00bb (Gen 1,27). <\/em><\/p> <p><em>Enfin, la derni\u00e8re phrase\u00a0: \u00ab\u00a0L\u00e0 [o\u00f9 existe l\u2019humanit\u00e9 nouvelle]\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\"><strong>[14]<\/strong><\/a>, toutes les divisions religieuses, sociales et ethniques tombent. Notre lettre \u00e9voque d\u2019abord les Grecs et les Juifs, les Juifs qui pratiquent la circoncision, les Grecs qui la refusent. Ces diff\u00e9rences n\u2019ont plus de sens. M\u00eame l\u2019opposition entre esclaves et hommes libres, une opposition qui caract\u00e9risait fortement la civilisation gr\u00e9co-romaine, tombe. En ouvrant le regard au-del\u00e0 de l\u2019h\u00e9bra\u00efsme et de la civilisation gr\u00e9co-romaine, la lettre mentionne aussi les \u2018autres\u2019, les populations qu\u2019on consid\u00e9rait des \u00ab\u00a0barbares\u00a0\u00bb et ceux qu\u2019on consid\u00e9rait encore pires que les barbares, les \u00ab\u00a0scythes\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\"><strong>[15]<\/strong><\/a>. Mais toutes ces diff\u00e9rences et ces oppositions n\u2019ont plus aucun sens\u00a0: d\u00e9sormais, dans cette humanit\u00e9 nouvelle, \u00ab\u00a0le Christ est tout et en tous\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\"><strong>[16]<\/strong><\/a>. \u00c9coutons attentivement ce message, qui est tr\u00e8s important pour les premiers lecteurs comme pour nous aujourd\u2019hui.<\/em><\/p> <p><strong>\u00a0<\/strong><\/p> <p><strong>Lecture de la lettre aux Colossiens (3,1-5. 9-11)<\/strong><\/p> <p>Fr\u00e8res, <sup>1<\/sup> avec le Christ, vous avez \u00e9t\u00e9 r\u00e9veill\u00e9s de la mort. Recherchez donc les r\u00e9alit\u00e9s d\u2019en haut, l\u00e0 o\u00f9 est le Christ, assis \u00e0 la droite de Dieu. <sup>2<\/sup> Pr\u00e9occupez-vous des r\u00e9alit\u00e9s d\u2019en haut, non de celles de la terre. <sup>3<\/sup> Car vous \u00eates morts, et votre vie a \u00e9t\u00e9 cach\u00e9e - et reste cach\u00e9e - avec le Christ en Dieu.<\/p> <p><sup>4<\/sup> Votre v\u00e9ritable vie, c\u2019est le Christ. Quand il sera manifest\u00e9, vous aussi vous serez manifest\u00e9s avec lui et vous participerez \u00e0 sa gloire. <sup>5<\/sup> Faites donc mourir ce qui en vous appartient \u00e0 la terre : un mauvais comportement au niveau de la sexualit\u00e9, l\u2019impuret\u00e9, les passions, les mauvais d\u00e9sirs et cette soif de poss\u00e9der, qui est une [forme d\u2019] idol\u00e2trie.<\/p> <p><sup>9<\/sup> Ne vous mentez pas les uns aux autres, car vous vous \u00eates d\u00e9pouill\u00e9s de votre vieille nature avec ses habitudes <sup>10<\/sup> et vous vous \u00eates rev\u00eatus de la nouvelle nature : un \u00eatre humain nouveau qui, pour acc\u00e9der \u00e0 la pleine connaissance, se renouvelle continuellement \u00e0 l\u2019image que le Cr\u00e9ateur lui a donn\u00e9e.<\/p> <p><sup>11<\/sup> L\u00e0 [o\u00f9 existe l\u2019humanit\u00e9 nouvelle], il n\u2019y a ni Grec ni Juif, ni circoncision ni incirconcision, barbare, scythe, esclave, homme libre ; mais le Christ est tout et en tous.<\/p> <p><strong>Parole du Seigneur.<\/strong><\/p> <p>\u00a0<\/p> <p><strong>All\u00e9luia. All\u00e9luia. <\/strong><\/p> <p><em>Heureux les pauvres de c\u0153ur,<\/em><\/p> <p><em>car le royaume des Cieux est \u00e0 eux !<\/em> (<em>Mt<\/em> 5,3)<\/p> <p><strong>All\u00e9luia. <\/strong><\/p> <p>\u00a0<\/p> <h5>\u00c9vangile<\/h5> <p><em>L\u2019\u00c9vangile de ce matin nous pr\u00e9sente d\u2019abord une personne qui demande \u00e0 J\u00e9sus : \u00ab Ma\u00eetre, dis \u00e0 mon fr\u00e8re de partager avec moi les biens que notre p\u00e8re nous a laiss\u00e9s \u00bb (v. 13). Mais J\u00e9sus refuse : au lieu de la division des biens, J\u00e9sus pr\u00e9f\u00e8re la solidarit\u00e9 entre les fr\u00e8res. Derri\u00e8re la volont\u00e9 de diviser des biens, il y a - trop fr\u00e9quemment - la volont\u00e9 de poss\u00e9der des biens et des richesses. Et J\u00e9sus nous met en garde \u00ab de tout amour des richesses \u00bb. En effet, \u00ab m\u00eame dans l\u2019abondance, la vie d\u2019un homme ne d\u00e9pend pas de ses biens \u00bb (v. 15).<\/em><\/p> <p><em>Dans la deuxi\u00e8me section de notre page (vv. 16-21), J\u00e9sus revient sur l\u2019amour des richesses. Et il le montre \u00e0 travers un petit r\u00e9cit, celui du riche insens\u00e9, un homme qui a des biens et en d\u00e9sire de plus en plus. Il n\u2019a m\u00eame plus de la place pour amasser ses r\u00e9coltes, il veut d\u00e9molir ses greniers et en construire de plus grands. Il veut tout avoir et il pense que, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019abondance des biens, il sera enti\u00e8rement r\u00e9alis\u00e9 comme homme. Il se dit : \u00ab Mon \u00e2me, tu as beaucoup de biens en r\u00e9serve pour beaucoup d\u2019ann\u00e9es ; repose-toi, mange, bois et r\u00e9jouis-toi \u00bb (v. 19). Au fond, les richesses et le d\u00e9sir de les poss\u00e9der enferment cet homme dans la solitude la plus totale. Son seul dialogue est avec soi-m\u00eame, son \u00ab \u00e2me \u00bb, nous dit et nous r\u00e9p\u00e8te le r\u00e9cit (v. 19).<\/em><\/p> <p><em>Mais \u00e0 la fin du r\u00e9cit, c\u2019est Dieu qui casse la solitude de notre personnage et le questionne. Il le questionne avec une interrogation semblable \u00e0 celle que le Qoh\u00e9leth adressait \u00e0 soi-m\u00eame (Qo 2,19)<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\"><strong>[17]<\/strong><\/a>. A ce riche qui ne voit que soi-m\u00eame, Dieu dit : \u00ab <\/em>ton \u00e2me te sera demand\u00e9e<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a> ; et ce que tu as pr\u00e9par\u00e9<em>, \u00e0 qui cela sera-t-il ? \u00bb (v. 20). S\u2019interroger sur la mort, sur sa propre mort, ne doit pas faire jaillir en nous le sens de la peur. Le fait de nous interroger sur notre mort doit nous pousser \u00e0 nous ouvrir \u00e0 Dieu et \u00e0 notre prochain, doit nous pousser \u00e0 donner et \u00e0 nous donner<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\"><strong>[19]<\/strong><\/a>. C\u2019est ainsi que la peur sera d\u00e9pass\u00e9e et qu\u2019on \u00ab s\u2019enrichit \u00bb, nous dit J\u00e9sus (v. 21), aupr\u00e8s de Dieu. <\/em><\/p> <p>\u00a0<\/p> <p><strong>\u00c9vangile de J\u00e9sus Christ selon saint Luc (12,13-21)<\/strong><\/p> <p><sup>13<\/sup> Du milieu de la foule, quelqu\u2019un dit \u00e0 J\u00e9sus : \u00ab Ma\u00eetre, dis \u00e0 mon fr\u00e8re de partager avec moi les biens que notre p\u00e8re nous a laiss\u00e9s \u00bb. <sup>14<\/sup> J\u00e9sus lui dit : \u00ab Homme, qui m\u2019a \u00e9tabli pour \u00eatre votre juge ou l\u2019arbitre lorsque vous voulez partager vos richesses ? \u00bb<sup>15<\/sup> Puis, s\u2019adressant \u00e0 tous, il leur dit : \u00ab Faites attention ! Gardez-vous de tout amour des richesses ; car m\u00eame dans l\u2019abondance, la vie d\u2019un homme ne d\u00e9pend pas de ses biens \u00bb.<\/p> <p><sup>16<\/sup> Et il leur dit une parabole : \u00ab Un homme riche avait des terres qui apportaient de bonnes r\u00e9coltes. <sup>17<\/sup> Et il r\u00e9fl\u00e9chissait en lui-m\u00eame en disant : \u201cQue ferai-je ? Car je n\u2019ai pas de place pour amasser mes r\u00e9coltes\u201d. <sup>18<\/sup> Et il dit : \u201cVoici ce que je vais faire : je vais d\u00e9molir mes greniers et en construire de plus grands : j\u2019y mettrai toute ma r\u00e9colte et mes richesses <sup>19<\/sup> et je dirai \u00e0 mon \u00e2me : Mon \u00e2me, tu as beaucoup de biens en r\u00e9serve pour beaucoup d\u2019ann\u00e9es\u00a0; repose-toi, mange, bois et r\u00e9jouis-toi\u201d. <sup>20<\/sup> Mais Dieu lui dit : \u201cInsens\u00e9 ! Cette nuit m\u00eame ton \u00e2me te sera demand\u00e9e ; et ce que tu as pr\u00e9par\u00e9, \u00e0 qui cela sera-t-il ?\u201d <sup>21<\/sup> Voil\u00e0 ce qui arrive \u00e0 celui qui amasse des tr\u00e9sors pour lui-m\u00eame au lieu de s\u2019enrichir aupr\u00e8s de Dieu \u00bb.<br \/><br \/><\/p> <p><strong>Acclamons la Parole de Dieu.<br \/><br \/><\/strong><\/p> <h5>Pri\u00e8re d\u2019ouverture\u00a0<\/h5> <p>Dans Ton immense bont\u00e9, Seigneur,<\/p> <p>montre-moi le chemin de Ta volont\u00e9,<\/p> <p>et accorde-moi de marcher sous Ton regard.<\/p> <p>Seigneur, Toi qui sondes les c\u0153urs,<\/p> <p>Tu sais ce dont j\u2019ai besoin.<\/p> <p>Tu connais mon aveuglement et mon ignorance,<\/p> <p>Tu vois mon infid\u00e9lit\u00e9 et mon \u00e9garement ;<\/p> <p>mais Tu connais aussi mon d\u00e9sir,<\/p> <p>les douleurs de mon c\u0153ur et les souffrances de mon \u00e2me.<\/p> <p>C\u2019est pourquoi, je T\u2019en supplie, \u00e9coute ma pri\u00e8re,<\/p> <p>et par Ton Saint Esprit enseigne-moi la voie<\/p> <p>sur laquelle je dois marcher<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>.<\/p> <p>[Archimandrite Sophrony : Moscou, 1896-1993]<\/p> <p>\u00a0<\/p> <h5>Pri\u00e8re des fid\u00e8les<\/h5> <p>* Ce matin, dans le Qoh\u00e9leth nous avons pu reconna\u00eetre un peu nous-m\u00eames. Car nous sommes un peu comme cet ancien umushingantahe qui - dans sa solitude - s\u2019interrogeait et ne trouvait pas de r\u00e9ponse \u00e0 ses questions. Aide-nous, Seigneur Dieu, \u00e0 nous ouvrir \u00e0 toi. Toi seul tu peux nous aider \u00e0 d\u00e9couvrir le vrai sens de notre vie et de nos fatigues.<\/p> <p>* Parfois, dans les exp\u00e9riences tragiques que nous vivons, nous avons la tentation de penser \u00e0 toi comme \u00e0 un Dieu qui ch\u00e2tie, un Dieu de col\u00e8re, d\u2019indignation, de fureur. Mais le po\u00e8te du psaume nous aide \u00e0 d\u00e9passer cette mentalit\u00e9. Il nous parle de l\u2019amour de Dieu, un amour qui peut nous rassasier. Et, en terminant son po\u00e8me, il \u00e9voque \u00ab\u00a0la douceur\u00a0\u00bb de Dieu. Voil\u00e0 ce qui peut donner une solidit\u00e9 \u00e0 notre vie et \u00e0 \u00ab l\u2019ouvrage de nos mains\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p> <p>* La lettre aux Colossiens nous a fait comprendre que la r\u00e9surrection de J\u00e9sus n\u2019est pas un \u00e9v\u00e9nement du pass\u00e9 et sans cons\u00e9quences. Elle est une r\u00e9alit\u00e9 aussi dans notre vie personnelle, une r\u00e9alit\u00e9 qui, jour apr\u00e8s jour, change radicalement notre vie. Elle nous fait vivre, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale et aussi envers les autres, des relations vraies, en faisant tomber toutes les barri\u00e8res religieuses, sociales et ethniques. Que ce message reste toujours pr\u00e9sent dans notre c\u0153ur.<\/p> <p>* A travers ton r\u00e9cit du riche insens\u00e9, tu nous apprends, J\u00e9sus notre fr\u00e8re, \u00e0 voir notre vie d\u2019une fa\u00e7on diff\u00e9rente. Vivre en cherchant seulement \u00e0 jouir de ses biens - grands ou petits - n\u2019a pas de sens ; c\u2019est s\u2019enfermer dans la solitude. Au contraire, la joie c\u2019est se r\u00e9jouir ensemble de petites choses, de petites joies que la vie nous offre. C\u2019est ainsi que nous pouvons nous enrichir \u00ab aupr\u00e8s de Dieu \u00bb. Que cet enseignement puisse nous guider dans la vie de chaque jour.<\/p> <p><a href=\"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/3-aou\u0302t-2025-RP.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>&gt; testo (pdf)<\/em><\/a><\/p> <hr \/> <p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Ainsi J. L\u2019Hour, <em>Qoh\u00e9let<\/em>, dans <em>La Bible<\/em>, Bayard - M\u00e9diaspaul, Paris - Montr\u00e9al, 2001, p. 2905.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Cette traduction reprend - en partie - celle qu\u2019on lit dans <em>La Bible. Ancien Testament, int\u00e9grant les livres deut\u00e9rocanoniques, et Nouveau Testament. Parole de vie<\/em>, Alliance biblique universelle, Villiers-le-Bel, 2000, p. 908.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> L. Mazzinghi, <em>Ho cercato e ho esplorato. Studi sul Qohelet<\/em>, EDB, Bologna, 2009, p. 124-127. Cf. aussi R. Albert, <em>haebael, soffio<\/em>, dans E. Jenni \u2013 C. Westermann, <em>Dizionario teologico dell\u2019Antico Testamento. Volume I<\/em>, Marietti, Torino, 1978, col. 405-407.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Cf. L. Schwienhorst-Sch\u00f6nberger, <em>Kohelet<\/em>, Herder, Freiburg . Basel . Wien, 2004, p. 232.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Cette vision optimiste de la vie, attest\u00e9e en 2,24, reviendra encore 6 fois dans le Qoh\u00e9leth. Cf. G. Ravasi, <em>Qohelet. Il libro pi\u00f9 originale e \u201cscandaloso\u201d dell\u2019Antico Testamento<\/em>, Edizioni San Paolo, Cinisello Balsamo (Milano), 2008, p. 130.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Cf. Ravasi, <em>Il libro dei salmi. Commento e attualizzazione. Vol. II (Salmi 51-100)<\/em>, EDB, Bologna, 2015, p. 884.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Cf. Ravasi, <em>Il libro dei salmi. Commento e attualizzazione. Vol. II (Salmi 51-100)<\/em>, EDB, Bologna, 2015, p. 886.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Le mot h\u00e9breu \u00ab\u00a0sh\u00e9n\u00e2h\u00a0\u00bb\u00a0peut signifier \u201csommeil\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0r\u00eave\u00a0\u00bb. Cf. L. Alonso Sch\u00f6kel (director), <em>Diccionario b\u00edblico hebreo-espa\u00f1ol<\/em>, Editorial Trotta, Madrid, 1994, p. 779b.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Pour le verbe \u00ab\u00a0se renouveler\u00a0\u00bb, cf. L. Alonso Sch\u00f6kel (director), <em>Diccionario b\u00edblico hebreo-espa\u00f1ol<\/em>, Editorial Trotta, Madrid, 1994, p. 257a, sous la voix \u00ab h\u00e2laf\u00a0\u00bb. Une interpr\u00e9tation diff\u00e9rente du m\u00eame verbe dans\u00a0D. Barth\u00e9lemy, <em>Critique textuelle de l'Ancien Testament. <\/em><em>Tome 4. <\/em><em>Psaumes<\/em>, Academic Press - Vandenhoeck &amp; Ruprecht, Fribourg - G\u00f6ttingen, 2005, p. 638s.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> A la place de la forme verbale \u00ab\u00a0elle est coup\u00e9e\u00a0\u00bb, d\u2019autres traductions ont \u00ab\u00a0elle s\u00e8che\u00a0\u00bb. Pour la traduction de cette strophe, cf. L. Alonso Sch\u00f6kel \u2013 C. Carniti, <em>I Salmi, vol. 2<\/em>, Borla, Roma, 1993, p. 250ss.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Cf. J.-N. Aletti, <em>Saint Paul. <\/em><em>\u00c9p\u00eetre aux Colossiens. Introduction, traduction et commentaire<\/em>, Gabalda, Paris, 1993, p. 218.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Cf. M. Ghini, <em>Lettera ai Colossesi. Commento pastorale<\/em>, EDB, Bologna, 1990, p. 115.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Cf. Aletti, <em>Op. cit<\/em>., p. 231. Pour la traduction des derniers mots du v. 11, cf. F. Belli, <em>Lettera ai Colossesi. Introduzione, traduzione e commento<\/em>, San Paolo, Cinisello Balsamo (Milano), 2015, p. 65.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Pour cette signification de l\u2019adverbe grec \u00ab\u00a0hopou\u00a0\u00bb, cf. D. Furter, <em>Les \u00c9p\u00eetres de Paul aux Colossiens et \u00e0 Phil\u00e9mon<\/em>, Edifac, Vaux-sur-Seine, 1987, p. 174.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Pour ces groupes, cf. Ghini, <em>Op. cit<\/em>., p. 117s.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> L\u2019expression grecque \u00ab\u00a0en p\u00e2sin\u00a0\u00bb peut \u00eatre comprise comme un masculin ou un neutre\u00a0; on peut donc la traduire par \u00ab\u00a0en tous\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0en toutes choses\u00a0\u00bb. Mais le contexte sugg\u00e8re de l\u2019interpr\u00e9ter comme un masculin. Cf. F. Belli, <em>Op. cit<\/em>., p. 65.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> Cf. G. Ravasi, <em>Qohelet. Il libro pi\u00f9 originale e \u201cscandaloso\u201d dell\u2019Antico Testamento<\/em>, San Paolo, Cinisello Balsamo (Milano), 1988, p. 127.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> Pour la phrase grecque que Luc exprime avec l\u2019actif \u00ab\u00a0ils demanderont ton \u00e2me\u00a0\u00bb, cf. F. Bovon, <em>L\u2019\u00c9vangile selon saint Luc (9,51-14,35)<\/em>, Labor et fides, Gen\u00e8ve, 1996, p. 256.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> Cf. F. Bovon, <em>L\u2019\u00c9vangile selon saint Luc (9,51-14,35)<\/em>, Labor et fides, Gen\u00e8ve, 1996, p. 257.<\/p> <p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> P. Cuperly, <em>Pri\u00e8res des fils d\u2019Abraham<\/em>, Cerf, Paris, 1992, p.166.<\/p>","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19516","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19516"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19516\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19521,"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19516\/revisions\/19521"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19196"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19516"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19516"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/absi.ch\/new\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19516"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}