Notre désir: le lait de la parole de Dieu

Notre désir: le lait de la parole de Dieu

Eucharistie : 18 mai 2014

 

Ce matin, nous allons lire une nouvelle page de la Première lettre de Pierre. Le premier chapitre terminait en exhortant : « Aimez-vous donc les uns les autres, de tout votre cœur, avec constance » (1,22). Et revenant sur son exhortation, ce matin  l’auteur nous dit: « Rejetez donc tout ce qui est mal » (2,1).

Le chemin indiqué par notre auteur peut être difficile. Mais la lettre nous dit où peut-on trouver les forces pour refuser le mal et vivre l’amour envers les autres : « Comme des enfants nouveau-nés, désirez le lait de la Parole de Dieu » (v. 2)[1]. Si nous sommes passionné(e)s de la Parole de Dieu, si nous savons la goûter, nous faisons l’expérience du Seigneur, le Seigneur qui est « délicieux » (v. 3).

En poursuivant son exhortation, l’auteur présente le Seigneur Jésus comme une pierre, une pierre vivante. Cette pierre, Dieu est allé la chercher là où on dépose tout ce qu’on refuse[2]. Et en effet, Jésus a été refusé, jeté dehors de la ville, crucifié, mis à mort. Mais Dieu à fait, de cet homme tué, une pierre vivante, arrachée à la mort, une pierre choisie et précieuse (v. 4). Et cette intervention de Dieu, qui fait de Jésus la pierre vivante, va transformer aussi les croyants. C’est ainsi que, d’une façon très surprenante, la lettre, en parlant des chrétiens, les qualifie « comme des pierres vivantes » (v. 5), des pierres qui, avec le Christ, forment « une maison spirituelle, une communauté de prêtres saints, pour offrir des sacrifices selon l’Esprit de Dieu » (v. 5).

Les chrétiens – ainsi poursuit notre auteur – accueillent la Parole et mettent leur confiance dans le Christ qui est la pierre précieuse et ils ne seront pas déçus de leur choix. Au contraire, pour ceux qui refusent la Parole, la pierre devient un caillou sur leur chemin, un caillou qui provoque leur chute : voilà ce à quoi ils se préparent[3].

Après cette rapide référence à ceux qui refusent la Parole, l’auteur de la lettre revient à ses destinataires. Il les loue et il les invite à être ce qu’ils sont devenus en accueillant l’appel de Dieu : « Vous êtes une communauté royale de prêtres, une nation sainte, le peuple que Dieu a choisi pour annoncer les grandes choses qu’il a faites » (v. 9).

Et le dernier verset résume l’histoire des communautés auquel l’apôtre s’adressait. Mais il résume aussi notre histoire : « Autrefois, vous n’étiez pas un peuple, mais maintenant, vous êtes le peuple de Dieu ; vous étiez privés de la compassion, mais maintenant elle vous a été accordée ». Voila ce que nous aussi nous sommes devenus et ce que nous devons être.

 

De la Première lettre de Pierre (2,1-10)

1 Rejetez donc tout ce qui est mal. Ne trompez personne, ne soyez pas faux, ne soyez pas jaloux, ne dites pas du mal des autres.

2 Comme des enfants nouveau-nés, désirez le lait de la Parole de Dieu. Grâce à ce lait sans mélange vous pourrez grandir et parvenir au salut 3 dès que « vous avez goûté que le Seigneur est délicieux » (Ps 34,8).

4 Approchez-vous du Seigneur Jésus. Il est la pierre vivante. Les humains l’ont rejetée, mais Dieu l’a choisie, et elle est précieuse à ses yeux. 5 Approchez-vous de lui. Alors, vous aussi,

comme des pierres vivantes, vous pourrez vous insérer dans la construction d’une maison spirituelle. Vous formerez une communauté de prêtres saints, pour offrir des sacrifices selon l’Esprit de Dieu, et Dieu les acceptera à cause de Jésus Christ. 6 Car on trouve dans l’Ecriture:
« J’ai choisi une pierre précieuse
et je la pose dans la ville de Sion comme pierre principale,
et celui qui met en elle sa confiance
ne sera pas déçu » (Is 28,16).
7 Cette pierre est d’une grande valeur pour vous qui avez mis en elle votre confiance. Mais pour les incroyants,
« la pierre que les constructeurs ont rejetée,
est devenue la pierre principale de la maison » (Ps 118,22)
8 Et l’Ecriture dit aussi :
« Une pierre qui fait perdre l’équilibre,
un rocher qui cause la chute » (Is 8,14).
Les gens se heurtent contre la Parole, refusant d’obéir et c’est à cela qu’ils se sont eux-mêmes disposés.
9 Vous, par contre, vous êtes une lignée choisie, une communauté royale de prêtres, une nation sainte. Vous êtes le peuple que Dieu a choisi pour annoncer les grandes choses qu’il a faites. Il vous a appelés à sortir de la nuit, pour vous conduire vers sa lumière magnifique.
10 Autrefois, « vous n’étiez pas un peuple,
mais maintenant, vous êtes le peuple de Dieu ;
vous étiez privés de la compassion,
mais maintenant elle vous a été accordée » (Os 2,23).


[1] Pour cette traduction du v. 2, cf. C. Spicq,
Les Epîtres de saint Pierre, Gabalda, Paris, 1966, p. 79s.
Cf. aussi, L. Goppelt, Der erste Petrusbrief,
Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen, 1978, p. 136.

 

[2] Cf. C. Combet-Galland, Première épître de Pierre, dans
Le Nouveau Testament commenté, sous la direction de
C. Focant et D. Marguerat, Bayard – Labor et fides, Paris –
Genève, 2012, p. 1080. Cf. aussi
J. Schlosser, La première épître de Pierre, Cerf, Paris, 2011, p. 89ss.

 

[3] Pour la traduction des derniers mots du v. 8
« c’est à cela qu’ils se sont eux-mêmes disposés »,
cf. M. Mazzeo, Lettere di Pietro. Lettera di Giuda,
Paoline, Milano, 2002, p. 89.

 

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