eucharistie-19-04-2015

La lumière: s’ouvrir à l’Ecriture et aimer les autres

Eucharistie: 19 avril 2015

 

Première lecture

La liturgie de ce dimanche nous propose une page de la Première lettre de Jean, une lettre composée en Asie Mineure, l’actuelle Turquie, vers la fin du premier siècle.

L’auteur s’adresse à une communauté jeune, qu’il appelle avec tendresse[1] « mes petits enfants » littéralement « mes jeunes engendrés ». A la fin du premier chapitre de la lettre, l’auteur avait insisté sur la faiblesse et sur les errements : « Si nous disons : “Nous n’avons pas perdu notre chemin”, nous nous égarons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous. Si nous reconnaissons nos errements, celui qui est fidèle et juste nous pardonnera nos errements » (1,8-9). Donc, la reconnaissance de nos errements nous ouvre à l’accueil de la rédemption[2]. Et dans la page de ce matin, l’auteur revient sur ce thème pour souligner quelle a été – et quelle est – la mission de Jésus : il « s’est offert en sacrifice pour le pardon de nos errements » et maintenant, devant le Père, il va intercéder pour nous et aussi pour le monde entier (v. 2).

En poursuivant sa réflexion (vv. 3-6), Jean souligne : l’action de Jésus auprès du Père ne peut pas devenir, pour nous, une excuse pour rien faire. Le fait de « connaître » ce rôle de Jésus devant Dieu et de connaître, d’une certaine façon, Dieu lui-même doit nous pousser à agir, à garder ses commandements et sa parole. Seulement ainsi l’amour de Dieu est en nous et nous sommes en lui (v. 5). Seulement ainsi notre vie sera un chemin proche, en quelque mesure, du chemin vécu par Jésus. Avec un contraste efficace entre les verbes demeurer et marcher[3], Jean écrit : « Celui qui déclare demeurer en Dieu, doit marcher aussi comme Jésus a marché » (v. 6).

Enfin, la dernière section de notre page (vv : 7-11). Jean, qui avait parlé des

« commandements » et de la « parole » de Dieu (vv. 3.4.5), maintenant revient sur le terme commandement, mais au singulier (vv. 7.7.7.8). Et le terme désigne désormais la parole de Jésus, « la parole que vous avez entendue » (v. 7). Et ce commandement est « ancien », il évoque la prédication de Jésus à ses disciples et son repas d’adieu à la veille de sa mort : « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. A ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13,34-35). Oui, ce commandement est ancien, mais il est aussi « nouveau » dans la pratique toujours neuve des chrétiens[4]. Et, si une personne s’engage dans l’amour de ses frères passe des ténèbres à la lumière. Sans cet engagement, « il marche dans les ténèbres. Il ne sait pas où il va, parce que les ténèbres ont rendu aveugles ses yeux » (v. 11).

 

De la Première lettre de Jean (2,1-11)

1 Mes petits enfants, je vous écris cela pour que vous évitiez de perdre votre chemin de vie. Mais si quelqu’un perd ce chemin de vie, nous avons un intercesseur devant le Père : Jésus Christ, qui est juste. 2 Car Jésus Christ s’est offert en sacrifice pour le pardon de nos errements, et non seulement des nôtres, mais aussi de ceux du monde entier.

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[1] Cf. R. E. Brown, Le lettere di Giovanni, Cittadella, Assisi, 1986, p. 305.

[2] Cf. J.-M. Poffet, Epîtres de Jean, dans Le Nouveau Testament commenté, sous la direction de C. Focant et D. Marguerat, Bayard – Labor et fides, Paris – Genève, 2012, p. 1111.

[3] Cf. J.-M. Poffet, o. cit., p. 1113.

[4] Cf. A. Marchadour, Lettres de Jean. Introduction et notes, dans La Bible, Bayard – Médiaspaul, Paris – Montréal, 2001, p. 3081, note à 1 Jn 2,7.