eucharistie-19-07-2015/

«D’où viendra mon secours?»
(Ps 121,1)

Eucharistie: 19 juillet 2015

 

Première lecture

Avec la première lecture, nous sommes probablement vers les années 530-515 avant la naissance de Jésus. La longue déportation à Babylone est terminée. Mais la rentrée à Jérusalem n’a pas été sans problèmes. Des conflits et des malentendus règnent dans la ville : d’un côté, il y a les personnes qui avaient été déportées, leurs enfants et petits enfants, de l’autre ceux et celles qui sont restés en ville, enfin les marginalisés et les étrangers. Mais, dans cette situation, un poète, dont nous ne connaissons pas le nom, ose un rêve extraordinaire : la fin de toute exclusion, la construction, tous et toutes ensemble, d’une communauté de personnes justes et accueillies par Dieu[1].

Ce rêve est présenté comme une naissance : une femme, bien avant le terme prévu et avant d’être en travail, met au monde un enfant. La surprise est énorme. Les voisins et les autres fils se félicitent avec elle. Elle lui donne le sein et le mari caresse ses créatures[2].

Voilà l’avenir que Dieu prévoit et accomplit pour la ville : la paix à l’intérieur et le respect dont les nations l’entourent. Ecoutons cette page que l’Ancien Testament nous a conservé à la fin du livre d’Isaïe.

 

Du livre d’Isaïe (66,7-14)

7 Avant d’être en travail, elle a enfanté,
avant que lui viennent les douleurs,
elle a donné naissance à un garçon.
8 Qui a jamais entendu chose pareille ?
Qui a jamais vu semblable chose ?

Un pays est-il mis au monde en un seul jour ?
Une nation est-elle enfantée en une seule fois ?
Et pourtant, oui, à peine en travail,
Sion a enfanté ses fils.
9 Si je mène une femme jusqu’au terme de sa grossesse – dit Yhwh –
vais-je empêcher à l’enfant de naître ?
Si c’est moi qui prépare une naissance,
ce n’est pas pour la rendre impossible, dit ton Dieu.
10 Soyez joyeux avec Jérusalem,
et exultez en elle, vous tous qui l’aimez.
Avec elle, réjouissez-vous de réjouissance,
vous tous qui avez pris le deuil pour elle.
11 Que vous soyez allaités et rassasiés
du sein de ses consolations !
Que vous suciez et vous délectiez
de sa mamelle glorieuse !
12 Car ainsi parle Yhwh:
Me voici : je vais faire arriver jusqu’à elle
la paix comme un fleuve,
et, comme un torrent débordant,
la gloire des nations.
Et vous serez allaités,
on vous portera sur la hanche,
on vous caressera en vous tenant sur les genoux.
13 Comme une mère console son enfant,
ainsi moi je vous consolerai,
et, dans Jérusalem, vous serez consolés.

14 Et vous verrez, et se réjouira votre cœur,
et vos os seront florissants comme l’herbe.
Et la main de Yhwh se fera connaître à ses serviteurs,
et sa colère à ses ennemis.

Psaume

Le psaume 121 est un chant des « montées », un chant des pèlerins qui partent pour monter vers « les montagnes » où il y a Jérusalem et le temple.

Dans son voyage, et dans toute sa vie, le poète s’interroge : « d’où viendra mon secours ? ». Et il peut avouer : « Le secours me viendra d’avec Yahvéh ». Et ce mot « avec » est expliqué et commenté dans la suite du poème où il y a, six fois, le verbe shâmâr (vv. 3.4.5.7.7.8). Shâmâr signifie garder, veiller, protéger, prendre soin. Ce verbe parle de Dieu comme celui qui prend soin du poète et aussi d’Israël. Il te protège de tout mal. Il te protège dans le voyage vers le temple. Il te protège dans chaque départ. Il te protège aussi lorsque tu « sors » : lorsque tu sors du ventre maternel et aussi lorsque tu sors de la vie et « tu viens » vers Dieu, à sa rencontre, une rencontre « depuis maintenant et pour toujours »[1].

 

Psaume 121

1 Chant pour les montées.
Je lève les yeux vers les montagnes :
d’où viendra mon secours ?
[…]

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> Lectures pure l’Afrique … et toute la Terre


[1] L. Alonso Schökel – J.-L. Sicre Diaz, I profeti, Borla, Roma, 1996, p. 388.

[2] Ibidem, p. 446.