Eucharistie 19 février 2017

Une réponse non-violente

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Eucharistie, 19 février 2017

Première lecture

Avec la première lecture, nous sommes au cinquième siècle avant la naissance de Jésus. A Jérusalem, on a reconstruit le temple, et les prêtres assument un rôle important pour guider le peuple. Et cela, en particulier, à travers le culte au temple. Voilà pourquoi, en composant le livre du Lévitique, ils travaillent sur la législation concernant le culte et ils la présentent comme ayant été donnée par Moïse au Sinaï.
Dans le chapitre 19 du Lévitique, nous avons une re-lecture du décalogue. Elle nous présente Dieu qui dit à Moïse : « Saints vous serez, car saint moi je suis, moi, Yahvéh votre Elohim » (v. 2). L’exigence fondamentale est là : Dieu demande un changement radical, une vie nouvelle, inimaginable et surprenante… comme celle de Dieu.
La sainteté d’un Israélite doit se manifester dans ses relations avec les autres. D’abord des relations vraies, sans aucun mensonge, sans de faux serments. Elle doit se manifester aussi en évitant le vol, le vol accompli – fréquemment – avec violence, le vol qui prend comme victimes, souvent, les personnes les plus faibles.
Enfin, comme on lira dans un instant, le Lévitique nous livre des normes inédites, à propos de la haine, de la rancune, de l’esprit de vengeance. Si les cas du mensonge, de faux serments et du vol pouvaient être réglés à travers la justice, les cas de haine et de rancune dépassent les possibilités de la justice. En effet, ils se situent au niveau de l’intimité de chaque individu. Voilà pourquoi le Lévitique nous invite d’abord à ne pas détester notre frère, à n’avoir « aucune pensée de haine » (v. 17) contre lui. Au lieu d’avoir de la haine, il faut réprimander et exhorter l’adversaire à un changement.
Et le dernier verset insiste : « Tu ne te vengeras pas. Tu ne te fâcheras pas contre les fils de ton peuple ». Et la page se termine avec la requête la plus surprenante et radicale : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Le Lévitique nous demande donc d’aimer l’autre, aussi l’adversaire et l’ennemi… « comme toi-même ». Voilà l’exigence qui peut vraiment changer une société, même au Burundi.

Du livre du Lévitique (19,1-2 et 17-18)

1 Et parla, Yhwh, à Moïse en disant :
2 Parle à toute la communauté des fils d’Israël. Tu leur diras :
Saints vous serez, car saint moi je suis, moi, Yhwh votre Elohim.
17 Tu n’auras aucune pensée de haine contre ton frère. Tu auras soin, oui, tu auras soin de faire des reproches à ton compatriote ; de cette façon tu ne te chargeras pas d’une faute à son égard. 18 Tu ne te vengeras pas. Tu ne te fâcheras pas contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Moi, je suis Yhwh.

Parole du Seigneur.

Psaume
Le psaume 103 a été composé quatre ou cinq siècles avant la naissance de Jésus. A ce moment, Israël connaît une situation difficile : des personnes, dispersées en Orient et en Egypte, vivent des tensions profondes[1]. Mais le poète qui compose ce psaume affronte la situation avec confiance, confiance dans l’amour et dans la tendresse de Dieu.
Dieu aime ses enfants. Voilà pourquoi, au début du poème, l’auteur veut bénir Dieu (vv. 1-2) : il veut le bénir de toute son âme, de toutes les énergies qui jaillissent au fond de soi. Dans la Bible, le verbe « bénir » est d’abord l’action de Dieu qui donne énergie et vie aux vivants et aux humains en particulier (Gen 1,22 et 28). Mais, avec ce même verbe « bénir », le poète répond au don de Dieu, il le bénit pour tous ses bienfaits (v. 2).
Cette décision de bénir Dieu naît du fait que Dieu est celui qui pardonne, qui prend soin de nous, il nous guérit et il nous arrache à la mort. Dieu est plein de tendresse et d’amour. En plus, nous dit le poète à la fin de la deuxième strophe, Dieu est celui « qui te couronne d’amour et de tendresse » (v. 4).
Et sur l’amour et sur la tendresse de Dieu, l’auteur va revenir dans deux autres strophes que nous allons lire ce matin. En effet, malgré tous nos errements, Dieu nous manifeste son amour et sa tendresse : il nous accueille dans notre fragilité et il nous pardonne, « il n’agit pas envers nous selon nos errements, il ne nous rend pas selon nos fautes » (v. 10).
Enfin, dans une quatrième strophe, l’amour de Dieu apparaît sans aucune limite, il est « immense comme le ciel au-dessus de la terre » (v. 11). Quant au pardon, Dieu pardonne « nos révoltes », et c’est un pardon total : « Comme l’orient est loin de l’occident, il éloigne, loin de nous, nos révoltes » (v. 12).
Quant à nous, ce matin, laissons-nous prendre par ces quatre strophes du poème ; laissons-nous prendre surtout par Dieu qui nous accompagne avec son amour et sa tendresse. Il nous couronne, il nous comble d’amour et de tendresse, tendresse et amour qui doivent nous ouvrir aux autres. Je vous invite donc à intervenir, à la fin de chaque strophe, avec le refrain :
Le Seigneur nous couronne d’amour et tendresse
et nous fait vivre comme sœurs et frères. […]

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