Ramadan 2017: première semaine

Coran et Bible pour agir
«avec droiture» (Sourate 46,13)

Ramadan 2017: première semaine

 di Renzo Petraglio

Pendant ce mois de ramadan, je veux voir avec toi, mon amie et mon ami, comment le Coran parle de la Bible. Oui, en effet, de temps en temps, je rencontre des personnes qui ne savent pas que le Coran mentionne, et fréquemment, la Bible.
Cette semaine, je m’arrête sur la sourate 46, titré « al-Ahqâf ». Ce titre, qui évoque des espaces désertiques et des cavernes au pied d’une montagne[1], se réfère au verset 21 de la sourate. Ici le Coran mentionne la région, en Arabie du sud, habitée jadis par les ‘Ad et par leur prophète Hud. De cette sourate, voici les versets 12-14 :

12Antérieurement (au Coran, fut révélé) le Livre de Moïse
comme guide spirituel et comme miséricorde.
Et ceci, (le Coran), è un Livre qui confirme, en langue arabe, (le Livre de Moïse) ;
il est une mise en garde pour les injustes et une annonce réjouissante pour ceux qui font le bien.
13 Ceux qui disent « Notre Seigneur est Dieu » et agissent avec droiture
ne seront ni inquiétés ni attristés.
14 Ceux-là seront les hôtes éternels du paradis en récompense de leurs actes (Sourate 46,12-14).

Cette page du Coran est, pour moi, une invitation au dialogue entre juifs, chrétiens et musulmans. En effet, le « Livre de Moïse » (« kitâbou Moûsâ » en arabe) est une référence fondamentale pour les juifs et pour les chrétiens ; quant au Coran, le verset 12 le présente comme « Livre confirmant » (« kitâboun mousaddiqoun »), donc le Livre qui confirme les autres Ecritures. Pour ce qui est du Livre de Moïse, le Pentateuque et plus globalement l’Ancien Testament, le verset 12 le présente « comme guide spirituel et comme miséricorde ». Et le Coran est « une mise en garde pour les injustes et une annonce réjouissante pour ceux qui font le bien ». Nous devons donc lire l’Ancien Testament comme un guide et comme une

motivation fondamentale pour nous engager dans la miséricorde. Et dans le Coran nous devons découvrir un message en faveur de la justice. En tout cas, les juifs, les chrétiens et les musulmans, en professant leur foi et en disant « Notre Seigneur est Dieu », doivent s’engager et agir avec droiture. Et celles et ceux qui se comportent ainsi « seront les hôtes éternels du paradis » (v. 14).
Cette page sur les Ecritures me rappelle, dans le Nouveau Testament, la Deuxième lettre à Timothée, probablement la dernière lettre que l’apôtre Paul nous a laissée. En s’adressant à son collaborateur Timothée, Paul écrit :

14 Toi, Timothée, garde solidement ce que tu as appris et accepté comme certain :
tu sais de qui tu l’as appris.
15 Depuis ta tendre enfance tu connais les Saintes Ecritures ;
elles peuvent te communiquer la sagesse
en vue du salut par la foi qui est dans le Christ Jésus.
16 Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner,
pour réfuter, pour redresser, pour éduquer dans la justice,
17 afin que l’homme de Dieu soit accompli, équipé pour toute œuvre bonne (2 Timothée 3,14-17).

Dans sa lettre, Paul évoque la formation que Timothée, fils d’un père païen, a reçue. La foi a d’abord habité sa mère Euniké et sa grand-mère Loïs (1,5) ; plus tard, Timothée a écouté le témoignage donné par Paul (1,13) et aussi par d’autres témoins de l’évangile (2,2). C’est ainsi que Timothée, depuis son enfance, connaît les Saintes Ecritures. Il y a donc, en Timothée, des influences subjectives : le milieu familial et les rencontres avec Paul et d’autres témoins de l’évangile. Mais il y a aussi le rôle des Ecritures : c’est ainsi que Timothée a pu acquérir – et continue d’acquérir – une profondeur et une sagesse qui lui permettent de s’ouvrir à la foi dans le Christ Jésus[2]. Et, en terminant sa page, Paul insiste sur l’importance des Ecritures Saintes : elles font de Timothée, et aussi de chacune et chacun de nous, des hommes de Dieu, littéralement des humains de Dieu, des personnes mures et accomplies, équipées « pour toute œuvre bonne ». Voilà le chemin, ma chère, mon cher ami, qui s’ouvre devant nous à travers nos rencontres et, en même temps, à travers les Ecritures saintes.


[1] Cf. M. Gloton, Une approche du Coran par la grammaire et le lexique. 2500 versets traduits – lexique coranique complet, Albouraq,  Beyrouth, 2002, p. 338, no. 347.

[2] Ainsi M. Gourgues, Les deux lettres à Timothée. La lettre à Tite, Cerf, Paris, 2009, p. 318s.

 

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