Eucharistie, 10 septembre 2017

Co-responsable avec tes frères

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Eucharistie, 10 septembre 2017: 23ème dimanche du Temps Ordinaire — Année A

Première lecture

Nous sommes vers le début de l’an 585 avant la naissance de Jésus. A Babylone, où Ezéchiel a été exilé, arrive la nouvelle que l’armée babylonienne a conquis Jérusalem. Et cette nouvelle pousse le prophète à encourager les juifs exilés et sans espoir. Ezéchiel annonce un avenir nouveau pour le peuple qui a été détruit.
Pour s’ouvrir à cet avenir nouveau, chaque personne doit changer, doit changer de comportement, doit « revenir » (vv. 9.9) de son chemin mauvais, de « sa conduite » (vv. 8.9.9). L’accent est donc sur la responsabilité individuelle. Lorsqu’il n’y a plus aucun espoir de vie, le prophète annonce la vie nouvelle que Dieu propose : la personne peut se libérer du poids du passé et répondre à la voix de Dieu qui invite à prendre le nouveau chemin.
Cette invitation au changement, Dieu nous l’adresse à travers la parole du prophète. Le prophète est un peu comme une « sentinelle » (v, 7), un veilleur dans une ville menacée par la guerre. Il annonce le danger qui menace chaque personne. Voilà le service que le prophète doit accomplir. S’il ne l’accomplissait pas, il serait co-responsable de la mort de celui qui se comporte mal. Il serait responsable : comme un tueur qui porte sur sa main les traces du sang de chacun de ses frères.

Du livre du prophète d’Ezéchiel (33,1.7-9)

1 Et fut, la parole de Yhwh, à moi, en disant :
7 C’est toi, fils d’un humain, que j’ai établi comme sentinelle pour la maison d’Israël. Et tu écouteras la parole qui sort de ma bouche et tu avertiras les Israélites de ma part. 8 Quand je dirai au méchant : « Méchant, tu mourras, tu mourras vraiment ! », si toi, Ezéchiel, tu ne parles pas pour avertir le méchant de quitter sa conduite, lui, le méchant mourra dans sa faute, mais son sang je le réclamerai de ta main. 9 Mais si toi, tu avertis le méchant au sujet de sa conduite pour le faire revenir et lui il ne revient pas de sa conduite, lui, il mourra dans sa faute, et toi, tu sauveras ta vie.

Psaume

Le psaume 95 est une joyeuse invitation à louer Dieu, à le remercier, à l’adorer, à l’écouter et à le suivre comme notre berger.
Ce psaume a une structure un peu complexe. Des voix différentes entrent en jeu.
La première voix (vv. 1-2) est celle d’un soliste qui invite la communauté à célébrer Dieu, Dieu qui est la source du salut, il est « le rocher qui nous sauve ».
Après cette déclaration faite par le soliste, la communauté intervient. Et, dans la deuxième strophe que nous allons écouter (vv. 6-7ab), la communauté évoque Dieu comme le Dieu de l’alliance, le Dieu qui a choisi Israël. Voilà pourquoi la communauté souligne les soins que Dieu a pour elle. Elle a été créée par Dieu, elle est son « peuple », elle est « le troupeau qu’il conduit de sa main ».
Ensuite, dans la troisième strophe (vv. 7c-9), il y a une voix qui nous met en garde. Son premier mot est « haiôm », littéralement, « ce jour », « aujourd’hui ». L’alliance de Dieu avec son peuple n’est pas seulement un événement du passé ; elle se réalise même aujourd’hui. Voilà pourquoi l’invitation à la joie avec laquelle le psaume s’ouvre doit être vécue en écoutant et en mettant en pratique la parole de Dieu. L’histoire du passé nous l’apprend. Pour nous, comme pour Israël dans le désert, le risque est celui de l’infidélité, du manque de confiance par rapport à Dieu. C’est ce qui s’est passé à Mériba, comme le livre des Nombres (20,1-13) l’a décrit, et à Massa, mot qui signifie ‘épreuve’. Et pourtant, commente avec tristesse le poète, « pourtant, ils avaient vu ce que j’avais fait » (v. 9).
Par rapport à ces expériences négatives, le poète nous invite à un comportement bien différent : « Aujourd’hui, si vous écoutiez sa voix… ! Ne durcissez pas votre cœur ! » (vv. 7c-8).
A travers cette écoute, à travers cette ouverture du cœur, nous pouvons nous ouvrir à l’espoir. Même plongé(e)s dans la souffrance et dans des problèmes qui nous apparaissent sans solution, nous pouvons ouvrir notre cœur à Dieu, nous pouvons constater, jour après jour, qu’il est « notre Dieu ». Il ne nous abandonne pas: nous sommes « le troupeau qu’il conduit de sa main » (v. 7).
Quant à nous, ce matin, nous pouvons faire nôtres les exhortations de celui qui nous dit :

Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur !