Eucharistie, 21 janvier 2018

« Yhwh, fais-moi connaître tes chemins » (Psaume 25,4)

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Eucharistie, 21 janvier 2018

Première lecture
Dans l’Ancien Testament, le livre de Jonas n’est pas comme les autres livres des prophètes. Au lieu de nous transmettre les déclarations qu’un prophète fait à Israël, il nous raconte un récit. C’est le récit d’un homme, Jonas, qui refuse d’annoncer que Dieu aime tout le monde, les autres, les étrangers, les habitants de Ninive.
Voilà pourquoi Dieu doit rénover intérieurement Jonas, doit le faire ‘re-naître’, doit faire tomber les préjugés qui le tiennent prisonnier. C’est ce que la lecture de ce matin nous dit au verset 2 avec deux impératifs adressés à Jonas : « Lève-toi ! Va à Ninive ! » .
Et maintenant Jonas, qui avait refusé d’aller en Orient annoncer le pardon aux Ninivites, maintenant il se laisse changer par la parole de Dieu. Il « se lève et va » (v. 3). Il va apporter son annonce à Ninive, « une ville grande pour Dieu » (v. 3). Et ici, l’adjectif « grande » n’évoque pas seulement les dimensions concrètes et physiques de la ville. Cet adjectif souligne l’importance de la ville « pour Dieu » : elle appartient à Dieu et la relation qui la lie à Dieu est très intense, intense au point que Dieu ne peut pas renoncer à prendre soin de ses habitants et de leur fragilité, comme le dernier verset du livre nous le dit (4,11) .
L’annonce que Jonas apporte aux Ninivites a une forme négative : c’est l’annonce d’un Dieu qui châtie la méchanceté des hommes, un Dieu qui décide de ‘renverser’ (v. 4) , donc de détruire la ville de Ninive. Pour le prophète, cinq mots – en hébreu – suffisent pour annoncer, sans aucune motivation, la fin de la ville : « Encore quarante jours et Ninive sera renversée » .
Mais dans cette annonce, l’expression « encore quarante jours » donne un espace , un espace dans le temps, un espace pour un possible changement. Si pour Jonas le renversement de la ville est « chose faite », est une affaire réglée, pour les habitants de Ninive l’annonce de Jonas est un « ultimatum », une annonce qui contient les dernières dispositions en vue d’un changement possible .
Et, devant cet ultimatum, cette alerte , les habitants de Ninive réagissent. Mais ils réagissent d’une façon inattendue. Si Jonas se limitait à annoncer le renversement même sans le

mettre en relation à Dieu, les Ninivites pensent seulement à Dieu. « Et mettent, les habitants de Ninive, leur confiance en Dieu. Ils crient un jeûne et se revêtent de sacs, depuis le plus grand jusqu’au plus petit » (v. 5). C’est une réaction personnelle, de chacune et de chacun dans la ville, « depuis le plus grand jusqu’au plus petit ». Ils « mettent leur confiance en Dieu » et ils trouvent en Dieu le fondement, très solide, pour leur vie. Le narrateur nous le dit en utilisant une expression rare dans l’Ancien Testament en hébreu . Enfin, la conclusion du récit. Les Ninivites ont accompli un changement radical : « ils sont revenus de leur mauvaise conduite » (v. 10a). En s’engageant dans ce changement, ils se demandaient : « Qui sait ? Dieu reviendra, peut-être, et aura du regret. Il reviendra de sa colère et nous ne serons pas perdus » (v. 9). Et la dernière phrase du récit nous dit que l’attente, l’espoir des Ninivites se réalise : « Et a du regret, Dieu, à propos du malheur qu’il avait décrété de faire contre eux, et il ne le fait pas » (v. 10b).

Lecture du livre de Jonas (3,1-5. 10)

1 Et fut, la Parole de Yhwh, une seconde fois à Jonas lui disant : 2 « Lève-toi ! Va à Ninive, la grande ville, et crie à elle la proclamation que moi je te dis ! ».
3 Et se lève, Jonas, et va à Ninive selon la Parole de Yhwh. Et Ninive était une ville grande pour Dieu. Il fallait une marche de trois jours pour la traverser. 4 Et commence, Jonas, à entrer dans la ville la distance d’une journée de marche. Et il crie et dit : « Encore quarante jours et Ninive sera renversée ».
5 Et mettent, les habitants de Ninive, leur confiance en Dieu. Ils crient un jeûne et se revêtent de sacs, depuis le plus grand jusqu’au plus petit. 10 Et voit, Dieu, leurs efforts, qu’ils sont revenus de leur mauvaise conduite. Et a du regret, Dieu, à propos du malheur qu’il avait décrété de faire contre eux, et il ne le fait pas.

Psaume

Le psaume 25 est une méditation sur la bonté de Dieu et, en même temps, une prière pour que Dieu puisse guider le poète sur un bon chemin. En effet, le poète vit dans un temps difficile : c’est le temps après l’exil à Babylone. Les personnes les plus fidèles à Dieu, en faisant confiance à la parole de Dieu, sont rentrées de l’exil. Mais maintenant, ces personnes sont déçues, seules, sans aucun espoir dans l’avenir.
De ce psaume, ce matin nous allons lire trois strophes.

Dans la première (vv. 4-5ab), le poète prie Dieu : « fais-moi connaître tes chemins, enseigne-moi tes sentiers ». Oui, le poète a besoin que Dieu lui enseigne ses chemins, ses sentiers ; mais il a aussi besoin d’être accompagné sur ce chemin. Il est le chemin de la « vérité » de Dieu, le chemin auquel on peut faire confiance parce qu’il est un chemin solide, sûr. Et sur ce chemin le poète peut faire l’expérience de Dieu comme celui qui le sauve.
La deuxième strophe (vv. 6-7bc) s’ouvre avec la prière : « souviens-toi ! ». En hébreu, pour dire « se souvenir », il y a le verbe « zakar ». Et il faut savoir que ce verbe ne désigne pas une simple action mentale. Il suffit de penser à une maman qui appelle son fils « Zakar-ya », c’est-à-dire « Yahvéh se souvient ». L’action de Dieu qui se souvient devient une présence concrète, celle de l’enfant que la femme serre dans ses bras. Et dans notre strophe, l’action de Dieu qui se souvient se concrétise dans les tendresses de Dieu, dans son amour, sa bonté.
La troisième strophe (vv. 8-9) se lie à la précédente qui évoquait la bonté de Dieu. Et maintenant le poète commence avec l’adjectif « bon ». La bonté su Seigneur apparaît dans son comportement envers les errants, envers les personnes qui ont fait faillite dans leur vie. A ces personnes Dieu indique le chemin pour sortir de leur situation apparemment sans issue. Et la strophe se termine en mentionnant les « humbles », celles et ceux qui sont opprimés, marginalisés, ou – d’après la traduction grecque, les « doux ». Il s’agit des personnes conscientes de leurs limites et qui ne s’imposent pas sur les autres, des personnes qui s’engagent pour vivre la fidélité envers Dieu. Et Dieu les conduit « sur le chemin du droit », il leur apprend « son chemin », le chemin de Dieu.

Que la confiance qui a animé et soutenu le poète du psaume puisse non prendre, intensément. C’est la confiance en Dieu qui nous dévoile, jour après jour, notre chemin personnel et surtout les projets qu’il a pour nous, ses projets, ses chemins. Je vous invite donc à reprendre, comme refrain, les premiers mots de la première strophe :

Seigneur, enseigne-moi tes chemins.

[…]

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