Eucharistie 22 juillet 2018

« Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer » (Psaume 23,1)

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Eucharistie 22 juillet 2018

Première lecture

Dans le livre de Jérémie, il y a quatre chapitres (Jér 21-24) avec des interventions du prophète à la veille de la chute de Jérusalem et de la destruction du temple l’an 587. Dans ces pages, Jérémie interpelle les différents membres de la famille royale et d’autres responsables du peuple.
Parmi ces responsables – comme nous allons écouter dans un instant – il y a ceux que Jérémie appelle les « bergers ». Souvent, en Israël, les guides du peuple ont été appelés « bergers ». Et ce terme est devenu fréquent surtout grâce à David, David qui était berger et est devenu roi .
Mais, après David, dans l’histoire d’Israël il y a eu, fréquemment, des rois et des chefs qui se sont mal comportés. Et, dans la page de Jérémie qu’on lira dans un instant, Dieu dénonce le comportement de ces chefs : ils « laissent perdre et dépérir à l’abandon les brebis de mon pâturage » (v. 1). Et la suite du texte insiste : au lieu de faire paître le peuple de Dieu, ils l’ont laissé dépérir à l’abandon, ils l’ont dispersé en exil, ils ne se sont pas occupés de ces brebis.
Devant cette situation, Dieu va intervenir. D’abord contre ces bergers : ils ne se sont pas occupés des brebis, « eh bien, moi, je vais m’occuper – contre vous – de la méchanceté de vos actions » (v. 2).
Après cette rapide prise de position contre les bergers, Dieu va s’occuper, lui-même, de ses brebis en exil. Dieu, qui a permis aux bergers la dispersion des brebis, Dieu qui a ratifié cette dispersion et a – pour ainsi dire – dispersé les brebis, va maintenant les rassembler. « Je vais rassembler moi-même les survivants de mes brebis, dans tous les pays, là où je les ai dispersées » (v. 3). Et ici, le verbe « rassembler » n’évoque pas seulement le retour après la dispersion de l’exil ; ce verbe évoque aussi la formation d’une communauté qui a ses racines dans un esprit d’unité.
Au verset 4, en poursuivant sa promesse, Dieu va établir d’autres bergers qui feront paître les

brebis, et c’est ainsi que les brebis seront à nouveau en bonnes mains.
Enfin la promesse de Dieu s’ouvre à de nouveaux jours : « Voici : des jours viennent – déclaration de Yhwh – et je susciterai à David un descendant juste. Et il régnera, en (vrai) roi, et il agira avec discernement, et il pratiquera le droit et la justice dans le pays » (v. 5). Il s’engagera vraiment pour la justice, la justice pour tous. Et si le dernier roi de Jérusalem – qui n’avait pas suffisamment assuré la justice et n’avait pas pu sauver son peuple – s’appelait quand même Sédécias, qui signifie « Yhwh ma justice », le nouveau roi, le messie à venir, s’appellera « Yhwh notre justice ». Ecoutons ce message d’espoir.

Du livre de Jérémie (23,1-6)

1 Hélas ! Des bergers laissent perdre et dépérir à l’abandon les brebis de mon pâturage, déclaration de Yhwh. 2 C’est pourquoi ainsi parle Yhwh, l’Elohim d’Israël, au sujet des bergers qui font paître mon peuple :
« Vous avez laissé dépérir à l’abandon mes brebis, vous les avez dispersées, vous ne vous êtes pas occupés d’elles. Eh bien, moi, je vais m’occuper – contre vous – de la méchanceté de vos actions, déclaration de Yhwh! 3 Je vais rassembler moi-même les survivants de mes brebis, dans tous les pays, là où je les ai dispersées. Et je les ferai revenir à leurs pâturages, elles seront fécondes et pourront se multiplier. 4 Et j’établirai sur elles des bergers qui les feront paître ; elles n’auront plus peur, elles ne seront plus terrifiées, plus aucune d’elles ne manquera, déclaration de Yhwh.
5 Voici : des jours viennent – déclaration de Yhwh – et je susciterai à David un descendant juste. Et il régnera, en (vrai) roi, et il agira avec discernement, et il pratiquera le droit et la justice dans le pays. 6 Dans ces jours-là, le royaume de Juda sera sauvé, et le peuple d’Israël vivra en sécurité. Et voici le nom dont on appellera ce roi : “Yhwh notre justice” ».
Parole du Seigneur.

Psaume

Le psaume 23 est une prière très simple : elle ne demande rien à Dieu, elle n’est pas un remerciement ou une louange . Elle est un moment dans lequel une personne prend conscience de ce qu’elle vit. Sa vie est, surtout, une expérience de Dieu ! Par rapport à Dieu, le poète se sent d’abord comme une brebis aimée, ensuite, dans la seconde partie du psaume, comme un hôte accueilli par Dieu.

Dans les deux premières strophes, le poète célèbre Dieu à la troisième personne : il est mon berger, il me fait reposer, il me conduit, il me guide. L’image est celle d’un berger qui n’a pas de résidence fixe. Il est toujours en marche, avec sa brebis, pour la guider où il y a de l’eau, de l’herbe fraîche, un endroit pour lui permettre le repos. Mais, si en Palestine d’habitude le berger s’occupe de plusieurs brebis, le poète se sent comme la seule brebis, et le berger s’occupe toujours d’elle, en lui révélant son amour, « son intimité » (v. 3).
Dans la troisième strophe, la dernière de cette première partie, le poète ne parle plus à Dieu à la troisième personne : il utilise la deuxième personne, il lui dit “tu” : « tu es avec moi » (v. 4). Et cette présence de Dieu permet au poète de ne pas avoir peur. Il n’a pas peur même s’il va « dans une vallée de profonde obscurité ». C’est le chemin que le peuple a déjà affronté en sortant de l’Egypte comme nous le rappelle le prophète Jérémie (2,6) , c’est le chemin qu’on doit affronter dans le sud de la Palestine, des vallées escarpées et très dangereuses. Plus tard, dans la traduction grecque, cette image de la vallée sera profondément transformée : en changeant une petite voyelle de l’hébreu, on traduit : « Même si je vais au cœur de l’ombre de la mort, … tu es avec moi ». Donc, même en traversant la vallée de la mort, je ne crains rien car « tu es avec moi » et ta présence « me rassure ». Voilà l’essentiel.
Comme dans la finale de la première partie, aussi au début de la seconde partie (v. 5), le poète s’adresse à Dieu en lui disant “tu” : « Tu prépares une table pour moi. Tu m’accueilles, tu remplis ma coupe jusqu’au bord ». Ces images correspondent à celles de la première partie : nourriture, boisson, repos. Mais ces actions ne visent plus une brebis. Le poète ne s’identifie plus à une brebis dont le berger prend soin. Le poète se présente désormais comme une personne que Dieu accueille comme hôte, un hôte de respect .
Enfin, dans la dernière strophe de cette seconde partie, le poète revient sur Dieu. Il en parle en utilisant la troisième personne : Dieu lui-même, sa bonté et sa fidélité «m’accompagneront tous les jours de ma vie».  […]

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