Eucharistie, 25 novembre 2018

Notre roi, témoin de la fidélité de Dieu

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Eucharistie, 24 novembre 2018

Première lecture
Dans le livre de Daniel, le chapitre 7 est un des plus importants. L’auteur, un écrivain du deuxième siècle avant Jésus Christ, parle d’un juif, Daniel, et raconte les visions que – quatre siècles auparavant – ce jeune aurait eues à Babylone, au temps de l’exil.
Ces visions synthétisent toute l’histoire de l’humanité. L’histoire est considérée comme une succession de royaumes, des royaumes présentés comme des animaux, des bêtes monstrueuses. D’abord un lion avec des ailes d’aigle, ensuite un ours, un léopard à quatre têtes, enfin une quatrième bête encore plus terrible, avec des dents de fer et dix cornes. Cette quatrième bête représente en quelque sorte le pouvoir d’Antiochus Epiphane, le roi syrien qui, au temps de l’auteur du livre, persécute les Juifs.
En opposition à ces royaumes qui font de l’histoire humaine une histoire de plus en plus négative, une nouvelle vision présente l’Ancien des jours, donc le Dieu éternel, qui s’installe sur le trône, juge les quatre bêtes et fait cesser leur souveraineté.
Enfin, dans une nouvelle vision, le jeune Daniel voit un personnage aux traits humains, « comme un fils d’homme » (v. 13). Ce personnage s’approche de Dieu. Et Dieu lui donne « souveraineté, et gloire, et règne. Et tous les peuples, nations et langues le servent » (v. 14).
Dans ce « fils d’homme » la tradition juive a vu le Messie qui instaurera le royaume des justes. Quant à Jésus, fréquemment dans les Évangiles, en parlant de soi-même, il fait référence à ce « fils d’homme » du livre de Daniel.

Du livre de Daniel (7,13-14)
13 J’étais à contempler aux contemplations de la nuit,
et voici, avec les nuées des cieux, comme un fils d’homme.
Il vient, il arrive jusqu’à l’Ancien des jours.
Ils le font approcher en face de lui.
14 Et à lui est donnée souveraineté, et gloire, et règne.
Et tous les peuples, nations et langues le servent.

Sa souveraineté est une souveraineté éternelle qui ne passera pas,
et son règne ne sera pas détruit

Psaume

Le Psaume 93 est un petit poème : seulement 45 mots en hébreu. La structure du poème est simple : une acclamation au commencement (vv. 1-2) et une acclamation finale (v. 5) encadrent la partie centrale (vv. 3-4). Dans ces trois parties, le poète insiste sur le mot Yhwh, qui revient cinq fois (vv. 1.1.3.4.5). Dès le début, l’argument du Psaume est là : « Yhwh règne ! ». Et le poète, en quelques traits, présente ce roi assis sur son « trône » dans les cieux, en insistant sur sa magnificence, sa majesté, sa force. Sa royauté, qui est « depuis toujours » (v. 2), est la seule qui permet aux humains de vivre sur la terre, de vivre protégés par ce roi. Voilà le message de l’acclamation initiale que nous avons dans les deux premières strophes.
La troisième strophe, les versets 3 et 4 qu’on ne lira pas ce matin, revient sur la royauté de Yhwh, une royauté qui s’impose sur les forces hostiles comme peuvent l’être celles des fleuves et les vagues – magnifiques mais aussi menaçantes – de la mer.
A cette célébration du Dieu créateur chantée avec toutes les forces de la nature, les fleuves et les vagues de la mer, un poète a ajouté un dernier verset (v. 5), l’acclamation finale. Et ce dernier verset évoque les « témoignages » de Dieu, ses actions dans l’histoire ; l’alliance de Dieu avec les humains et sa présence dans le temple, « ta maison (délicieuse) ». Il s’agit d’une présence qui s’ouvre – et nous ouvre – à l’avenir, une présence « à longueur de jours ». Et c’est une présence ‘sainte’, donc une présence qui dépasse toute notre capacité d’en parler. Bref : la royauté de Dieu et les manifestations de sa présence dans l’histoire humaine sont « fidèles » ; elles peuvent donc faire naître en nous – malgré toutes les incertitudes qui menacent notre vie – une confiance totale.
Quant à nous, en revenant sur les premiers mots du psaume, nous pouvons exprimer à Dieu notre pleine confiance en déclarant :
Le Seigneur est roi ;
il est habillé de grandeur.

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