Eucharistie 27 janvier 2019

«Aujourd’hui, cette Écriture a été définitivement accomplie» (Luc 4,21)

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27 janvier 2019: 3ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Première lecture
Néhémie est un laïc qui, dans la deuxième moitié du cinquième siècle, reconstruit les murs de Jérusalem et s’engage pour éliminer l’injustice sociale qui oblige des personnes pauvres à devenir esclaves des riches juifs. Néhémie est le protagoniste du livre qui porte son nom. Mais, dans le même livre, on parle aussi d’Esdras, prêtre (v. 2) et théologien (v. 1) .
La page que nous allons écouter dans un instant nous présente la lecture du « livre de l’Instruction de Moïse » (v. 1. cf. aussi vv. 2 et 8). L’occasion pour effectuer cette lecture est donnée par « le peuple » (vv. 1.3.5[3].6.7[2].9[3]). En effet, c’est le peuple qui se réunit et invite Esdras à lire. A côté d’Esdras, il y a le laïc Néhémie et treize autres laïcs (vv. 4 et 7) , des laïques qui sont indispensables pour que toutes les personnes puissent comprendre. Voilà, dans notre texte, les guides du peuple, les personnes qui – ensemble – s’engagent pour apporter au peuple, à tout le peuple, « aux hommes, aux femmes aussi, et à tous ceux qui sont capables de comprendre » (v. 2), le message de Dieu.
Ce message est contenu dans «le livre de l’Instruction de Moïse». Et ce livre est porté et lu, pendant toute une matinée, «sur la place qui est devant la porte des Eaux» (v. 1). Ce détail est important : la Parole de Dieu ne peut pas être contenue dans le temple, elle est plus grande et plus importante du temple et des sacrifices qu’on y offre .
Le livre de l’Instruction de Moïse, c’est le prêtre Esdras, les lévites mais aussi de nombreux laïcs qui le lisent (v. 7), l’expliquent et en donnent le sens, nous dit le verset 8. Et, la première réaction du peuple est la douleur, « le deuil » (v. 9) et la peine. En présentant cette réaction du peuple, le narrateur nous montre que la proclamation de la Parole de Dieu serait totalement inutile sans l’attitude ouverte et disponible de l’assemblée, une assemblée qui cherche à découvrir l’importance de la Parole de Dieu dans sa propre vie .
A la réaction du peuple, Néhémie, Esdras et les lévites réagissent : « Ne soyez pas dans la peine, car la joie de Yhwh, elle est votre force ! » (v. 10). La joie, le fait que Dieu se réjouit de son peuple, voilà ce qui pousse le peuple à agir, à partager sa nourriture avec ceux qui n’en

ont pas, et à se réjouir.

Lecture du livre de Néhémie (8,1-10)

1 Et ils se rassemblent, tout le peuple comme un seul homme, sur la place qui est devant la porte des Eaux, et ils disent à Esdras, le théologien, de faire venir le livre de l’Instruction de Moïse que Yhwh avait ordonné à Israël.
2 Et le prêtre Esdras fait venir le livre de l’Instruction ; il le fait venir devant l’assemblée, aux hommes, aux femmes aussi, et à tous ceux qui sont capables de comprendre ce qu’on entend. C’est le premier jour du septième mois.
3 Et (Esdras) lit dans le livre, face à la place qui est face à la porte des Eaux, depuis l’aube jusqu’au milieu de la journée, devant les hommes et les femmes et ceux qui sont capables de comprendre. Et les oreilles de tout le peuple sont attentives au livre de l’Instruction.
4a Esdras, le théologien, est debout sur une tribune de bois qu’on avait faite pour la circonstance. Et à côté de lui se tiennent Mattitya, et Shèma, et Anaya, et Ouriya, et Hilqiya et Maaséya à sa droite, et à sa gauche Pedaya, et Mishaël, et Malkiya, et Hashoum, et Hashbaddana, et Zekarya, et Meshoullam. 5 Et ouvre, Esdras, le livre aux yeux de tout le peuple – car il était au-dessus de tout le peuple – et, lorsqu’il l’ouvre, tout le peuple se tient debout.
6 Et Esdras bénit Yhwh, l’Elohim, le grand, et tout le peuple répond : « Amen ! Amen ! » en élevant leurs mains. Et ils s’inclinent et se prosternent devant Yahvéh, le visage contre terre.
7 Et Yéshoua, et Bani, et Shérévya, Yamîn, Aqqouv, Shabtaï, Hodiya, Maaséya, Qelita, Azarya, Yozavad, Hanân, Pelaya et les lévites font comprendre au peuple l’Instruction, et le peuple reste debout, à leur place. 8 Et les lévites lisent dans le livre de l’Instruction d’Elohim, en expliquant et en donnant le sens, et ils font comprendre ce qui était lu.
9 Et Néhémie, lui, le gouverneur, et Esdras, prêtre et théologien, et les lévites qui faisaient comprendre au peuple disent à tout le peuple : « Ce jour-ci est consacré à Yhwh votre Elohim. Ne soyez pas dans le deuil et ne pleurez pas ». En effet tout le peuple pleurait en entendant les paroles de l’Instruction
10 Et (Esdras) leur dit (encore) : « Allez, mangez de bons plats, et buvez des boissons douces, et envoyez des portions à celui qui n’a rien de prêt pour lui, car ce jour-ci est consacré à notre Seigneur. Et ne soyez pas dans la peine, car la joie de Yhwh, elle est votre force ».

Psaume
Le psaume 19 est composé de deux parties . Dans la première (vv. 1-7), le poète chante l’œuvre de Dieu dans la création toute entière : elle nous manifeste la grandeur de Dieu. Le jour révèle cette grandeur au jour suivant, et de même chaque nuit à la nuit qui suit. Et le message livré par la création peut être compris par chaque personne.
Quant à la seconde partie du psaume, la liturgie nous en propose quatre strophes. Dans cette partie, le poète ne parle plus de « Dieu », « El » en hébreux. Ici, il parle de « Yahvéh », et ce nom propre est – sept fois – amoureusement répété .
Dans les premières trois strophes (vv. 8-10), le poète évoque le message que Dieu adresse, personnellement, aux humains, à chaque croyant et à tout son peuple. Pour parler de ce message, l’auteur utilise six termes différents : instruction, témoignage, préceptes, commandement, parole et décisions. Chacun de ces termes reçoit d’abord un qualificatif qui le caractérise ; la suite de la phrase nous dit ce que le message de Dieu apporte au croyant : il redonne la force de vivre, il rend sage, il donne la joie au cœur et illumine les yeux (vv. 8-10). Quant à la troisième strophe, elle souligne la parole de Dieu et ses décisions comme valables pour toujours et, toutes, « justes » (v. 10).
Dans la dernière strophe (v. 15) qui est la strophe finale du psaume, le poète confie à Dieu sa prière et se confie à lui totalement : il sait que Dieu le protège et le rassure : il est son « rocher » et son « libérateur » .
Devant ce poème qui célèbre la parole de Dieu, la liturgie nous rappelle le discours de Jésus sur « le pain de la vie », sur « le don de son corps et de son sang ». En terminant ce discours, Jésus déclare : « Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie » (Jean 6,63). En reprenant cette phrase de l’Evangile, la liturgie nous propose ce refrain pour notre psaume qui célèbre la parole de Dieu :

Tes paroles, Seigneur, sont esprit
et elles sont vie.


[…]

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