Eucharistie 24 février 2019

« Soyez miséricordieux comme aussi votre Père est miséricordieux » (Luc 6,36)

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24 février 2019 : 24ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Première lecture
Dans l’Ancien Testament, les deux livres de Samuel nous présentent Samuel, Saül et les débuts de la royauté en Israël (1 Sam 1-15) et, ensuite, la royauté de David (1 Sam 16-2 Sam 8) et les conflits en vue de la succession de David (2 Sam 9-24). Il s’agit d’un ouvrage qui a été composé, probablement, vers la fin du huitième siècle à la cour de Jérusalem . Dans les deux livres de Samuel, le narrateur nous présente, fréquemment, des conflits. Mais le narrateur, parfois, nous montre comment ces conflits trouvent une solution pacifique. C’est le cas, dans le Premier livre de Samuel, des chapitres 24 et 26. Dans le chapitre 24, David épargne une première fois la vie de Saül ; dans le chapitre 26, qu’on lira – au moins en partie ce matin – David épargne une seconde fois Saül.
Le point de départ de notre récit est la relation fragile entre Saül et David. Le roi Saül a d’abord accueilli le jeune David à sa court, mais bientôt il va le persécuter. Menacé par Saül, David s’enfuit et va se cacher dans le désert de Ziph, un endroit tout près de va ville qui porte le même nom, Ziph, dans la montagne de Juda. Mais les gens de Ziph dénoncent à Saül la présence de David dans ces lieux (1 Sam 19,23-24 e 26,1-2) . Toujours dans le désert de Ziph, avec David, il y a Abishaï, un homme très fort et habile dans les armes.
Quant à Saül, informé par les habitants de Ziph, il va « vers le désert de Ziph, et avec lui trois mille hommes, l’élite d’Israël, pour rechercher David dans le désert » (v. 2). Et avec Saül il y a aussi Abner, cousin de Saül et chef de son armée (1 Sam 14,50-51).
David se rend compte que Saül est venu le chercher ; il envoie donc des espions qui pourront lui dire exactement où Saül se trouve. C’est ainsi que, pendant la nuit, David et Abishaï peuvent arriver dans l’endroit où Saül se trouve avec sa troupe. Et ils ont eu de la chance : « Saül, couché, dort dans le campement et sa lance (est) plantée en terre, à son chevet, et Abner et la troupe (sont) couchés autour de lui » (v. 7). Devant ce spectacle inattendu, Abishaï voudrait en profiter pour tuer Saül. Mais David réagit et lui ordonne de ne pas tuer Saül , « car, qui pourrait porter sa main contre l’oint de Yhwh et rester innocent ? »

(v. 9). Dans le Premier livre de Samuel, cette phrase est importante. En effet, plusieurs fois David a l’occasion de faire violence à Saül, mais il refuse toujours : car il voit en Saül l’oint de Yhwh (1 Sam 24,7.11 et 26,9.11.16.23), contre lequel personne peut lever sa main .
Dans le paragraphe suivant, David, qui ne veut pas la mort de Saül, se limite à lui prendre la lance et la gourde de l’eau. Puis, avec Abishaï, il s’en va, sans que Saül et les siens s’en rendent compte… « car eux tous ils dormaient, car une torpeur (venant) de Yhwh était tombée sur eux » (v. 12). Et la finale de ce verset est importante. Le sommeil de Saül et des siens est présenté comme « une torpeur (venant) de Yhwh». Et ici le mot « torpeur », en hébreu « taredémâh », désigne un sommeil spécial, un sommeil après lequel, en se réveillant, on découvre une surprise , comme un miracle. Et dans notre récit, cette surprise, ce miracle est le fait que David n’a pas utilisé la violence !
Enfin, la dernière section de notre page (vv. 22-23). David fait comprendre à Saül ce qui s’est passé : il n’a pas profité du sommeil de Saül et des siens pour les massacrer, il a mis en œuvre « justice » et « fidélité », et il espère que Saül fasse de même. Et ce vœu de David se réalise : Saül qui voulait éliminer David, après avoir su que David l’a respecté, change attitude. C’est ce que le narrateur écrira à la fin de ce chapitre : « Et dit, Saül, à David : « Béni sois-tu, mon fils David ! » (v. 25).

 

Lecture du Premier livre de Samuel (26,2. 7-9. 12-13. 22-23)
2 Et se lève, Saül, et descend vers le désert de Ziph, et avec lui trois mille hommes, l’élite d’Israël, pour rechercher David dans le désert de Ziph.
7 Et vient, David et Abishaï, vers la troupe, de nuit, et voici : Saül, couché, dort dans le campement et sa lance (est) plantée en terre, à son chevet, et Abner et la troupe (sont) couchés autour de lui. 8 Et dit, Abishaï, à David : « A enfermé, Elohim, ton ennemi dans ta main, ce jour. Et maintenant, donc, je vais le clouer au sol avec (sa propre) lance : d’un seul coup, pas deux , pour lui ! 9 Et dit, David, à Abishaï : « Ne le détruis pas! Car, qui pourrait porter sa main contre l’oint de Yahvéh et rester innocent ? »
12 Et prend, David, la lance et la gourde de l’eau au chevet de Saül, et ils vont, quant à eux, et personne ne voit, et personne ne sait, et personne ne s’éveille, car eux tous ils dormaient, car une torpeur (venant) de Yhwh était tombée sur eux. 13 Et passe, David, de l’autre côté et se tient sur le sommet de la montagne, de loin. Grande (est) la distance entre eux.

22 Et David appelle Saül et (lui) dit : « Voici la lance du roi. Qu’un, d’entre les garçons, passe (de ce côté) et il la prendra. 23 Et Yhwh rendra à chacun selon la justice et la fidélité que chacun a mises en œuvre. (En ce qui me concerne), aujourd’hui Yhwh t’avait donné dans (ma) main et je n’ai pas voulu envoyer ma main contre l’oint de Yhwh».

 

Psaume
Le psaume 103 a été composé quatre ou cinq siècles avant la naissance de Jésus. A ce moment, Israël connaît une situation difficile : des personnes, dispersées en Orient et en Egypte, vivent des tensions profondes . Mais le poète qui compose ce psaume affronte la situation avec confiance, confiance dans l’amour et dans la tendresse de Dieu.
Dieu aime ses enfants. Voilà pourquoi, au début du poème, l’auteur veut bénir Dieu (vv. 1-2) : il veut le bénir de toute son âme, de toutes les énergies qui jaillissent au fond de soi. Dans la Bible, le verbe « bénir » est d’abord l’action de Dieu qui donne énergie et vie aux vivants et aux humains en particulier (Gen 1,22 et 28). Mais, avec ce même verbe « bénir », le poète répond au don de Dieu, il le bénit pour tous ses bienfaits (v. 2).
Cette décision de bénir Dieu naît du fait que Dieu est celui qui pardonne (v. 3), qui prend soin de nous, il nous guérit et il nous arrache à la mort. Dieu est plein de tendresse et d’amour. En plus, nous dit le poète à la fin de la deuxième strophe, Dieu est celui « qui te couronne d’amour et de tendresse » (v. 4).
Et sur l’amour et sur la tendresse de Dieu, l’auteur va revenir dans deux autres strophes que nous allons lire ce matin. En effet, malgré tous nos errements, Dieu nous manifeste son amour et sa tendresse : il nous accueille dans notre fragilité et il nous pardonne, « il n’agit pas envers nous selon nos errements, il ne nous rend pas selon nos fautes » (v. 10).
Enfin, dans une quatrième strophe, l’amour de Dieu apparaît sans aucune limite. Sa tendresse est comme celle d’un père pour ses enfants. Quant au pardon, Dieu pardonne « nos révoltes », et c’est un pardon total : « Comme l’orient est loin de l’occident, il éloigne, loin de nous, nos révoltes » (v. 12).
Quant à nous, ce matin, laissons-nous prendre par ces quatre strophes du poème ; laissons-nous prendre surtout par Dieu qui nous accompagne avec son amour et sa tendresse. Je vous invite donc à intervenir, à la fin de chaque strophe, avec le refrain :

Le Seigneur est amour et tendresse. […]