Fête de la Sainte Trinité

Fête de la Sainte Trinité

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Eucharistie, 16 juin 2019 — Année C

Première lecture
Des abashingantahe d’époques différentes sont à l’origine de la collection qu’on appelle « Livre des Proverbes ». C’est ainsi que, dans la première partie du livre, on trouve trois discours de la Sagesse personnifiée, des discours adressés à l’humanité en général et aux ‘simples d’esprit’ en particulier .
Le deuxième de ces discours, le plus développé, est au chapitre 8. Ici la Sagesse se présente comme un personnage féminin, conçu par Dieu « à l’aube de ses œuvres » (v. 22), avant même que les océans et les sources d’eau existaient. Dans son discours, la Sagesse évoque sa relation avec Dieu. Elle est à côté de Dieu comme « ’amôn » (v. 30), un mot hébreu très rare dans toute la Bible , un mot qui désigne un ouvrier spécialisé, un architecte, un artiste, « une jeune artiste » . Et la Sagesse, à côté de Dieu est « comme une jeune artiste » (v. 30) et, jour après jour, elle fait les délices de Dieu. En poursuivant cette image, l’umushingantahe qui compose notre page présente la Sagesse dans sa danse, auprès de Dieu et « avec le monde, avec sa terre » (v. 31). Elle est la joie, aussi bien celle du ciel que celle des humains .
Quant à nous, nous n’avons donc qu’une seule chose à faire : nous ouvrir à la Sagesse. Et c’est ce que l’auteur fera dire à la Sagesse dans la suite de son récit avec ce vœu : « Bonne route pour ceux qui me suivent » (v. 32). Et un peu plus en avant, le livre des Proverbes nous dira : « L’insensé prend plaisir à pratiquer le crime, l’homme raisonnable à pratiquer la sagesse » (10,23) .

Du livre des Proverbes (8,22-31)
22 Yhwh m’a conçue comme modèle de son projet,
à l’aube de ses œuvres, dès le début.
23 Il m’a formée depuis toujours,
au commencement de tout, avant que la terre existe.
24 Quand les océans n’existaient pas, j’ai été mise au monde,
quand n’existaient pas encore les sources profondes des eaux.

25 Avant la formation des montagnes,
avant les collines j’ai été mise au monde.
26 Il n’avait encore fait la terre et ses limites,
ni le premier grain de poussière du monde.
27 J’étais là quand il a posé solidement les cieux,
quand il a tracé l’horizon au-dessus de l’océan,
28 quand il a fixé les nuages en haut,
et quand les sources de l’océan montraient leur violence ;
29 quand il a imposé à la mer ses limites,
– et les eaux ne transgressent pas sa décision –
quand il a placé les fondements de la terre.
30 J’étais à ses côtés comme une jeune artiste,
je faisais jour après jour ses délices,
dansant tout le temps en sa présence,
31 dansant avec le monde, avec sa terre,
ayant plaisir à être avec les humains.
22 Yhwh m’a conçue comme modèle de son projet,
à l’aube de ses œuvres, dès le début.
23 Il m’a formée depuis toujours,
au commencement de tout, avant que la terre existe.
24 Quand les océans n’existaient pas, j’ai été mise au monde,
quand n’existaient pas encore les sources profondes des eaux.
25 Avant la formation des montagnes,
avant les collines j’ai été mise au monde.
26 Il n’avait encore fait la terre et ses limites,
ni le premier grain de poussière du monde.
27 J’étais là quand il a posé solidement les cieux,
quand il a tracé l’horizon au-dessus de l’océan,
28 quand il a fixé les nuages en haut,
et quand les sources de l’océan montraient leur violence ;
29 quand il a imposé à la mer ses limites,

– et les eaux ne transgressent pas sa décision –
quand il a placé les fondements de la terre.
30 J’étais à ses côtés comme une jeune artiste,
je faisais jour après jour ses délices,
dansant tout le temps en sa présence,
31 dansant avec le monde, avec sa terre,
ayant plaisir à être avec les humains.

Psaume
L’auteur du psaume 8 était – probablement – un prêtre ou un umushingantahe qui vivait juste après l’exil à Babylone. En composant son poème, qui chante le mystère de l’être humain, l’auteur jette d’abord son regard vers le ciel. La beauté du ciel et des étoiles pendant la nuit nous fait penser à une broderie créée par la délicatesse des doigts d’une femme en train de broder son tissu . De même les cieux, « œuvre de tes doigts », Seigneur ! Et, en regardant le ciel immense qui nous renvoie à la majesté et à la délicatesse de Dieu, naît l’interrogation que le poète lui adresse : « Qu’est-ce qu’un humain, fragile, pour que tu te souviennes de lui, qu’est-ce qu’un fils d’Adam, pour que tu prennes soin de lui ? » (v. 5).
Ici, le poète utilise deux termes. D’abord « ’ènôsh », un mot qui, en hébreu, évoque l’être humain dans sa fragilité , l’humain fragile, malade incurable. Quant au second mot, « fils d’Adam », il fait référence à la terre (« adâmâh » en hébreu), la terre de laquelle Dieu a tiré Adam, la terre vers laquelle chaque personne, dans sa condition mortelle, est en chemin.
En utilisant ces mots, l’auteur est bien conscient de sa fragilité, du fait qu’il peut, comme le premier homme, désobéir à Dieu et retourner à la terre. Et pourtant, en contemplant tout ce que Dieu a créé, les cieux que nous ne pouvons pas mesurer et les étoiles que nous ne pouvons pas compter, le poète ne peut que dire sa surprise : Dieu se souvient de l’être humain, Dieu prend soin de chacune et de chacun de nous, Dieu nous aime intensément !
Après cette strophe (vv. 4-5), dans les deux suivantes (vv. 6-7 et 8-9) le poète donne une réponse à la question du verset 5 .
La première de ces strophes (vv. 6-7) insiste sur Dieu qui donne à l’être humain sa dignité. Ici le poète prend ses distances par rapport à l’idée diffusée dans l’ancien Orient. Si dans l’ancien Orient l’être humain était fréquemment considéré comme un esclave de la divinité,

le poète du psaume insiste sur la grandeur de l’être humain, une grandeur et une dignité voulues par Dieu lui-même. A ce propos, le poète mentionne quatre actions de Dieu. Dieu donne sa place à l’humain, « de peu inférieur à un dieu », Dieu le couronne de gloire, il le fait roi de la création, il soumet tout à ses pieds .
La dernière strophe revient sur cette souveraineté de l’être humain, en l’évoquant à travers quatre cercles toujours plus vastes : le premier est celui des moutons, des chèvres et des bœufs. C’est le milieu duquel s’occupent les bergers et les paysans. Mais la souveraineté de l’être humain est aussi sur les « bêtes sauvages » qui menacent la terre où les humains vivent et habitent. Mais le regard de notre poète arrive aussi à ce qu’il y a au-dessus et au-dehors de nous : les oiseaux des cieux, les poissons de la mer et « tout ce qui parcourt les sentiers des mers ». Même par rapport à ces êtres que nous connaissons seulement en partie et qui peuvent être considérés comme des menaces, Dieu nous a donné autorité. En effet, Dieu nous fait régner sur toutes les œuvres de ses mains.
A ces trois strophes du psaume, plus tard on a ajouté d’autres versets. C’est le cas du verset 3 dans lequel la souveraineté de Dieu est chantée non seulement par le poète mais aussi par les personnes les plus faibles comme les bébés et les nourrissons. La vitalité même du petit enfant – exprimée par la bouche qui tète, qui crie fortement et qui babille – est une forteresse que Dieu se construit contre ceux qui doutent de lui et le refusent, ses adversaires qui exercent violence et vengeance .
Encore un détail. Avant ce verset trois et les trois strophes que nous allons écouter dans un instant, il y a une acclamation : « Yhwh, notre Seigneur, ton nom est magnifique sur toute la terre ! ». Et cette acclamation, on l’a reprise aussi à la fin du psaume, au verset 10.
Quant à nous ce matin, en écoutant ce psaume qui évoque la dignité et la responsabilité royales de tout être humain , puissant ou faible, riche ou pauvre, homme ou femme, adulte ou enfant , nous voulons faire nôtre l’acclamation qui ouvre et qui termine ce psaume. Notre refrain sera donc :

Yhwh, notre Seigneur,
ton nom est magnifique sur toute la terre
[…]

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> Lectures pure l’Afrique … et toute la Terre 2019