Eucharistie, 15 août 2019-L’Assomption de Marie

L’Assomption de Marie : un signe pour l’avenir des croyants

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Eucharistie, 15 août 2019

Première lecture
Nous sommes vers la fin du premier siècle après la naissance de Jésus. Pour avoir annoncé la bonne nouvelle, Jean est contraint au domicile forcé sur une île, tout près de l’actuelle Turquie. C’est dans cette condition qu’il s’adresse à des communautés du sud-ouest de la Turquie pour les encourager. Son livre s’appelle « Apocalypse », un mot grec qui signifie « révélation ». A ses destinataires, qui – eux aussi – vivent une situation difficile, Jean parle de deux prophètes, deux témoins du Christ. Ils annoncent la parole pendant trois ans et demi, littéralement « mille deux cent soixante jours », et, ensuite, ils sont mis à mort par une bête qui monte de l’abîme (11,3-7).
Dans la suite du récit, dans la page que nous allons lire dans un instant, le regard de Jean s’adresse au ciel. Si le temple de Jérusalem a été détruit par les Romains, un autre temple, « le temple de Dieu » (11,19) est dans le ciel, avec l’arche de l’alliance. Mais, toujours dans le ciel apparaît un signe grand : « une femme, vêtue du soleil, et la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles » (12,1). Mais cette femme splendide est aussi faible, elle vit la souffrance de la femme en travail : « Elle est enceinte et elle crie éprouvant les douleurs et les tourments de l’accouchement » (v. 2). Et la situation se fait encore plus tragique : « un autre signe dans le ciel : un dragon » (v. 3). Son pouvoir est énorme, il peut même balayer une partie des étoiles du ciel ; surtout il veut « dévorer l’enfant dès sa naissance » (v. 4).
Mais Dieu intervient : il sauve l’enfant qui « est enlevé vers Dieu et vers son trône » (v. 5). Quant à la femme, elle « prend la fuite vers le désert, là où elle a un lieu préparé par Dieu » (v. 6). Et, d’une façon surprenante, c’est dans le désert qu’elle est nourrie et, dans la suite du récit (12,17), elle aura d’autres enfants contre lesquels le dragon continuera de faire la guerre.
Bref : l’Apocalypse nous parle d’un fils qui, comme Jésus au terme de sa vie, est « enlevé vers Dieu ». Mais l’Apocalypse nous parle aussi de cette femme au désert et de ses autres fils (12,17). Eux aussi devront donner témoignage de Jésus comme les deux prophètes, et cela


 
pour un temps de « mille deux cent soixante jours » (12,6). C’est le temps du témoignage, des fils et de nous-mêmes, soutenu(e)s par une nourriture donnée par Dieu. Et, dans notre vie, dans notre témoignage, nous sommes encouragé(e)s par l’acclamation qui termine la page de ce matin : elle nous invite à rendre solide notre confiance en Dieu et en Jésus : en Dieu qui est « notre Dieu » et en Jésus qui est « son Christ », son Envoyé.

De l’Apocalypse de Jean (11,19a ; 12,1-6.10ab)
1119a Et s’ouvrit, le temple de Dieu, dans le ciel,
et on vit l’arche de son alliance dans son temple.
121 Et un signe, grand, apparaît dans le ciel :
une femme, vêtue du soleil,
et la lune sous ses pieds,
et sur sa tête une couronne de douze étoiles.
2 Elle est enceinte et elle crie
éprouvant les douleurs et les tourments de l’accouchement.
3 Et apparaît un autre signe dans le ciel :
et voici : un dragon, grand, rouge feu.
Il a sept têtes et dix cornes et, sur ses têtes, sept couronnes.
4 Et sa queue balaye le tiers des étoiles du ciel
et les jette sur la terre.
Et le dragon se tient debout devant la femme,
celle qui est sur le point d’enfanter,
afin de dévorer l’enfant dès sa naissance.
5 Et elle enfante un fils, un enfant mâle ;
c’est lui qui, avec un sceptre de fer, sera le berger de toutes les nations.
Et son enfant est enlevé vers Dieu et vers son trône.
6 Et la femme prend la fuite vers le désert, là où elle a un lieu préparé par Dieu
pour que là elle soit nourrie pendant mille deux cent soixante jours.
10ab Alors j’entendis une voix grande dans le ciel.
Elle proclamait :


 
« Maintenant est arrivé le salut,
et la puissance et le règne de notre Dieu,
et l’autorité de son Christ ! »

Psaume
Le psaume 45 est un chant pour un jeune roi et pour sa femme, un chant en occasion de leur mariage .
La structure du poème est simple. Après les informations sur la musique du psaume (v. 1), le poète dit sa joie de participer à ce mariage (vv. 2-3). Le poète interviendra aussi à la fin du psaume (vv. 17-18) pour exprimer ses vœux à l’épouse. Quant à la section centrale, elle est structurée en deux parties.
Dans la première (vv. 4-10), le poète s’adresse au roi. Il le présente dans sa beauté resplendissante et lui souhaite d’être heureux, d’être heureux en s’engageant « pour la cause de la vérité, de la douceur et de la justice » (v. 5). Ce comportement du souverain est possible parce que Dieu l’a béni (v. 3), l’a consacré, l’a oint comme messie (v. 8). Voilà pourquoi le poète peut s’adresser à ce roi et lui dire : « ton trône, ô divin, est pour toujours » (v. 7) .
La partie qui concerne le roi se termine en évoquant le cortège royal, avec des princesses et avec la reine debout à la droite du roi et habillée en or (v. 10).
Après cette partie dédiée au roi, la partie suivante – celle qu’on va lire dans un instant – est pour la reine. (vv. 11-16). Comme un maître de sagesse, le poète s’adresse à la reine en l’appelant « fille » (v. 11) et l’exhortant à écouter son message. Ce message est une invitation à oublier son passé : « oublie ton peuple et la maison de ton père ».
Cette invitation peut évoquer une reine païenne, fille d’un roi (v. 14), au moment où elle épouse un roi de Jérusalem. Mais plus tard, au psaume on a donné une interprétation messianique. En effet, on a vu la reine du psaume comme une image du peuple , le peuple qui doit abandonner son passé, son culte aux différentes divinités. Et le roi devient une image du messie qui « sera séduit » (v. 12) par la beauté de son peuple. Si telle est la condition de la reine, et aussi du peuple, la conséquence est là, pour la reine et pour tout Israël : elle, comme tout Israël, est invitée à se prosterner devant le roi : « lui est ton seigneur,


 
prosterne-toi devant lui » (v. 12).
En poursuivant son poème, l’auteur du psaume évoque l’entrée royale de la femme auprès du roi. Elle entre « toute glorieuse », avec un vêtement « brodé d’or » (v. 14). Elle est accompagnée par « des jeunes filles, ses compagnes ». (v. 15). Avec elle arrivent aussi les « habitants de Tyr » (v. 13), grand centre commercial célèbre pour ses richesses . Les habitants de cette ville apportent des dons pour le roi et pour la reine, surtout pour la reine, parce qu’ils sont fascinés par son visage et par son sourire.
Devant cette image de la reine et de la communauté qui rencontrent et accueillent le Seigneur, ce matin nous pensons à Marie : dans sa vie elle a vécu, profondément, cette relation de fidélité vers le Seigneur. Elle a pu avouer : « Je suis la servante du Seigneur » (Lc 1,38). Et maintenant, cette servante du Seigneur est à côté de son Fils, comme une reine. Et en pensant à elle, nous pouvons intervenir, dans la lecture du psaume, avec le refrain que le psaume (au verset 10a) nous suggère :

Debout, à la droite du Seigneur,
se tient la reine, toute parée d’or

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