Eucharistie : 8 septembre 2019

Réfléchir, décider, suivre…

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Eucharistie : 8 septembre 2019, 22ème dimanche du Temps Ordinaire — Année C

Première lecture
Le livre de la Sagesse a été composé, probablement, une dizaine d’années avant la naissance de Jésus. L’auteur est un juif qui vit en Égypte, à Alexandrie. Il est surpris de voir comment Rome, sous l’empereur Auguste, tient dans ses mains le nord et le sud de la Méditerranée. Son gouvernement est-il comparable à celui de Salomon qui avait vécu un millénaire avant lui ?
La partie centrale du livre de la Sagesse (6,22-9,18) nous présente, pour ainsi dire, une autobiographie de Salomon. Il y a d’abord un discours de Salomon sur la sagesse et, ensuite (9,1-18), la prière de Salomon pour demander à Dieu la sagesse. Elle s’inspire de la prière de Salomon mentionnée dans le Premier livre des Rois (3,6-9) et dans le Deuxième livre des Chroniques (1,8-10).
Dans le livre de la Sagesse, la prière de Salomon est en trois strophes. La première (vv. 1-6) souligne que l’homme « sans la sagesse qui vient de toi, n’est rien » (v. 6). Dans la deuxième (vv. 7-12), Salomon parle de soi-même et demande à Dieu la sagesse : « Fais-la descendre du trône de ta gloire pour que je connaisse ce qui te plaît » (v. 10). Enfin, dans la troisième (vv. 13-18), celle qu’on va lire ce matin, la réflexion est sur la condition humaine. Chaque humain est corps et âme. « Le corps, périssable, est un poids pesant pour notre âme » (v. 15), il est comme une tente fragile qui « surcharge l’esprit » en lui infligeant des préoccupations au-delà de toute mesure . Et l’homme, qui a déjà de la peine à comprendre la réalité quotidienne et terrestre, n’est pas en mesure de connaître la volonté de Dieu : « Ta volonté, qui donc l’aurait connue, si tu n’avais donné toi-même la Sagesse, si tu n’avais envoyé d’en haut ton Esprit saint ? » (v. 17).

Du livre de la Sagesse (9,13-18)

13 Quel humain peut connaître la volonté de Dieu
et qui peut se faire une idée de ce que veut le Seigneur ?
14 Car les raisonnements des mortels sont incertains,

et instables, nos pensées.
15 Car le corps, périssable, est un poids pesant pour notre âme,
et cette tente terrestre surcharge l’esprit avec des préoccupations multiples.
16 Déjà nous avons de la peine à nous représenter les réalités de la terre,
et ce qui est à portée de nos mains, nous le découvrons avec difficulté.
Mais ce qui est dans les cieux, qui pourrait le découvrir ?
17 Ta volonté, qui donc l’aurait connue,
si tu n’avais donné toi-même la Sagesse,
si tu n’avais envoyé d’en haut ton Esprit saint ?
18 Seulement ainsi les habitants de la terre sont revenus sur un chemin droit,
et les humains ont été instruits de ce qui te plaît :
par la Sagesse ils ont été sauvés.

Psaume
Le psaume 90 est une lamentation adressée à Dieu et, en même temps, un regard théologique sur l’histoire . De ce psaume, nous allons lire quatre strophes.
La première strophe (vv. 3-4) fait référence au livre de la Genèse. Dans cet ancien récit, à l’homme qui a désobéi à Dieu, Dieu dit : « A la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes à la terre, car de la terre tu as été pris ; oui, tu es poussière, et à la poussière tu retourneras » (Gen 3,19). Sur ce verbe « retourner », retourner à la terre, à la poussière, le poète revient deux fois. Ensuite il constate : même la vie la plus longue d’un humain, même mille ans « à tes yeux, sont aussi brefs… comme une heure de la nuit ».
Dans la deuxième strophe (vv. 5-6), le poète revient sur la mort. Elle est la conséquence de notre fragilité, mais elle est aussi le résultat de l’intervention personnelle de Dieu. En s’adressant à Dieu, le poète ose dire : les humains, « tu les emportes » (v. 5). Oui, la mort est comme une inondation, un déluge ou une tempête qui emporte les humains et déracine tout, d’un moment à l’autre . Enfin, la mort est comme le sommeil qui disparaît au matin, comme l’herbe qui fleurit le matin, puis elle passe , elle sèche.
Dans la troisième strophe (vv. 12-13), un peu comme dans le livre de la Sagesse, le poète demande à Dieu : « Apprends-nous la vraie mesure de nos jours et nous pourrons arriver à un cœur de sagesse ».
Ensuite, dans le verset 13, devant la faiblesse, la solitude et l’abandon vécus par les humains,

le poète dit à Dieu : « Retourne, Yhwh Yhwh! Jusqu’ à quand… ? ». Ici, dans l’impératif, le poète utilise encore un fois le verbe « retourner ». Mais maintenant le poète utilise ce verbe pour inviter Dieu à retourner vers sa compassion pour nous les humains , pour nous qui sommes ses serviteurs.
Dans la dernière strophe (vv. 14 et 17), nous avons encore des requêtes adressées à Dieu : nous lui demandons son « amour », un amour qui nous rassasie, et sa « douceur », une douceur qui nous prend et nous embrasse.
Et, en terminant le psaume, le poète rappelle à Dieu les œuvres des humains. Elles sont fragiles. Mais Dieu peut intervenir et les rendre solides. Et ça, grâce à « la douceur du Seigneur ».
Quant à nous, ce matin, nous voulons exprimer à Dieu notre confiance et notre remerciement. Et ça avec les premiers mots du psaume (v. 1), là où le poète dit à Dieu :

Seigneur, pour nous tu as été un refuge
de génération en génération.

Ce sera notre refrain, à la fin de chaque strophe.

Psaume 90 (versets 3-4. 5-6. 12-13. 14.17)
3 Tu fais retourner les humains à la poussière,
tu leur dis : « Retournez à la terre, fils et filles de l’humain terrestre ».
4 Oui, mille ans, à tes yeux, sont aussi brefs
comme la journée d’hier, déjà passée,
ou comme une heure de la nuit.
Refr. :             Seigneur, pour nous tu as été un refuge
de génération en génération.
5 Tu les emportes ; ils sont
comme le sommeil qui disparaît au matin,
comme l’herbe qui passe :
6 elle fleurit le matin, puis elle passe ;
elle se fane sur le soir, elle est sèche.
Refr. :             Seigneur, pour nous tu as été un refuge
de génération en génération.
12 Apprends-nous la vraie mesure de nos jours

et nous pourrons arriver à un cœur de sagesse.
13 Retourne,Yhwh ! Jusqu’ à quand… ?
Aie compassion de tes serviteurs !
Refr. :             Seigneur, pour nous tu as été un refuge
de génération en génération.
14 Rassasie-nous de ton amour au matin,
et nous chanterons, nous nous réjouirons durant tous nos jours.
17 Que la douceur du Seigneur notre Elohim soit sur nous !
Rends solide pour nous l’œuvre de nos mains.
Refr. :             Seigneur, pour nous tu as été un refuge
de génération en génération.

Deuxième Lecture
La lettre à Philémon est la plus courte lettre que nous avons de Paul. Elle date des années 54-55. Paul est en prison, probablement à Éphèse, dans l’actuelle Turquie, et il écrit à Philémon qui vivait à Colosses. Ce chrétien, qui accueillait dans sa maison la communauté chrétienne locale, avait un esclave païen, Onésime dont le nom signifie « Utile », « Avantageux ». Philémon était donc un chrétien ouvert et respectueux : il n’a pas obligé son esclave à devenir chrétien .
Pour des raisons que nous ne connaissons pas, cet esclave a fui la maison de Philémon et s’est rendu chez Paul et, grâce à Paul, il est devenu chrétien. Paul le considère comme son enfant, l’enfant « que j’ai engendré en prison » (v. 10).
Et maintenant Paul renvoie Onésime chez son maître, en demandant à Philémon de décider lui-même sur l’avenir de son esclave. Au moment de la fuite, Philémon a perdu un esclave, maintenant il a la possibilité de retrouver en lui non plus un esclave mais un frère, « un frère bien-aimé » (v. 16).
Voilà l’exhortation que Paul adresse à Philémon. Philémon pourra l’accueillir comme une exhortation qui lui arrive de son « frère dans la foi » (v. 17) . Pour Onésime il s’agit donc d’un changement radical : un homme autrefois inutile (v. 11) est désormais devenu utile par la miséricorde de celui qui est venu chercher et sauver ce qui était perdu, récupérer ce qui semble irrécupérable .
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