Eucharistie, 19 janvier 2020

Je chante ton amour, Seigneur, et je veux faire ta volonté

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Eucharistie, 19 janvier 2020: deuxième dimanche du Temps Ordinaire

Première lecture
A la fin de l’exil à Babylone, Israël a de la peine à se reconstituer comme peuple. Dans cette situation, probablement vers l’an 530 avant la naissance de Jésus, un prophète anonyme compose des textes qu’on a insérés dans le livre du prophète Isaïe (Is 40-55).
Dans la page qu’on va écouter ce matin, le prophète utilise l’image du serviteur. Le prophète, mais aussi Israël tout entier, peuvent être considérés comme le « serviteur de Yhwh », un serviteur que Dieu a formé et appelé « dès le ventre maternel » (v. 5). Il s’agit d’un appel qui prend en profondeur ce serviteur et marque toute son existence . En effet, le serviteur reçoit un rôle prophétique : il doit apporter la parole de Dieu et rassembler le peuple, le rassembler auprès de Dieu. Et, dans cette fonction, il n’est pas seul. La « force » (v. 5) de Dieu le soutient. Et cette force de Dieu lui permet d’avouer : « je suis glorifié aux yeux de Yhwh » (v. 5).
Enfin, le dernier verset nous parle de Dieu qui veut renouveler l’humanité entière. Dans ce but, le serviteur de Dieu va devenir « lumière des nations ». C’est ainsi que, unie et sauvée par Dieu, la communauté pourra « être mon salut jusqu’à l’extrémité de la terre » (v. 6) .

Du livre du prophète Isaïe (49,3.5-6)
3 (Le Seigneur) m’a dit : « Mon serviteur, c’est toi, Israël,
en toi je manifesterai ma splendeur ».
5 Et maintenant, Yhwh a parlé,
lui qui m’a formé dès le ventre maternel
pour être son serviteur,
pour faire retourner Jacob vers lui,
et pour qu’Israël soit rassemblé auprès de lui.
Dès lors je suis glorifié aux yeux de Yhwh,
et ma force, c’est mon Elohim.
6 Et il m’a dit :


« C’est trop peu que tu sois pour moi un serviteur
pour faire relever les tribus de Jacob,
et pour faire revenir les survivants d’Israël ;
je te donnerai comme lumière des nations,
pour être mon salut jusqu’à l’extrémité de la terre ».

Psaume
Le poète qui s’exprime dans le psaume 40 a vécu une situation dramatique, une menace de mort. Mais dans cette situation terrible, Dieu est intervenu et l’a libéré. Et maintenant, le poète raconte son expérience tragique et remercie Dieu pour l’avoir sauvé.
De ce psaume, nous allons lire quatre strophes.
La première (vv. 2.4ab) est un chant de remerciement. Le poète a mis son espoir en Dieu et Dieu est intervenu : « il s’est penché vers moi et il a écouté mon cri ». C’est avec cette expression rapide – seulement quatre mots en hébreu – que le poète présente l’intervention de Dieu. Et à cette libération, le poète réagit avec un chant. C’est un poème qui jaillit de sa bouche, mais c’est un chant qui a son origine en Dieu lui-même. Oui, Dieu l’a mis dans sa bouche comme un message prophétique . Et celles et ceux qui accueillent ce message pourront en constater l’authenticité et pourront mettre leur confiance en Dieu (v. 4cd).
La deuxième (v. 7) et la troisième strophe (vv. 8-9) sont une méditation prophétique sur le culte. Le vrai culte n’est pas un sacrifice, une offrande, un animal offert et brûlé sur l’autel. A ces offrandes Dieu ne prend pas plaisir. Le vrai culte est autre chose, c’est se dévouer entièrement à Dieu. Et cette attitude, le poète l’exprime avec les mots : « Voici, je viens », des mots qu’un serviteur très dévoué peut dire à son maître .
Après ces mots, le poète insiste sur sa relation avec Dieu. Comme pour chaque Juif, le livre est un point de référence fondamental pour notre poète. Le livre est un texte pour toute la communauté, mais c’est aussi un texte pour chaque individu. Et le poète qualifie ce livre « ‘alai », littéralement « pour moi » : c’est un livre écrit pour moi, à mon sujet, un livre qui me suggère ce que je dois faire
c’est-à-dire la volonté de Dieu. Et, pour le poète, faire la volonté de Dieu n’est pas un devoir à accomplir par peur d’un châtiment ; non, le poète accomplit la volonté de Dieu en prenant plaisir.


Et la strophe se termine avec une référence à Jérémie, au prophète qui avait annoncé la nouvelle alliance, l’alliance que Dieu écrira dans les cœurs des croyants (Jér 31,33). En faisant référence à cette annonce surprenante, le poète du psaume peut dire que la volonté de Dieu et l’enseignement de Dieu, il les porte dans ses entrailles. Il y a donc une relation intime entre le poète et Dieu qui lui adresse sa parole. Et cette relation intime confirme ce que le poète disait au verset 7, là où, en parlant du message de Dieu, le poète disait : « tu l’as bien figé dans ma conscience ».
Enfin la dernière strophe (vv. 10-11). Elle est un chant de remerciement à l’intérieur de l’assemblée.
Dieu est intervenu pour libérer le poète qui était menacé dans sa vie. Et le poète ne veut pas cacher à sa communauté cette expérience : « j’annonce la bonne nouvelle de ton intervention qui libère » . Et encore : « à une très grande assemblée je ne cache pas ton amour et l’efficacité de ton intervention »
Chanter l’amour de Dieu qui libère de la mort et, en même temps, s’engager pour faire la volonté de Dieu : voilà le message du psaume. Et nous voulons le faire nôtre en intervenant avec le refrain :

Je veux chanter ton amour, Seigneur, et faire ta volonté, passionnément.

Psaume 40 (versets 2.4ab. 7. 8-9. 10-11)
2 J’ai mis mon espoir, j’ai mis mon espoir en Yhwh,
et il s’est penché vers moi et il a écouté mon cri.
4ab Il a mis dans ma bouche un chant nouveau,
une louange pour notre Dieu.
Refr. :  Je veux chanter ton amour, Seigneur, et faire ta volonté, passionnément.

7 Devant un sacrifice ou une offrande tu ne prends pas plaisir
– tu l’as bien figé dans ma conscience –
tu ne demandes ni des animaux brûlés sur l’autel
ni des sacrifices pour obtenir le pardon.
Refr. :  Je veux chanter ton amour, Seigneur, et faire ta volonté, passionnément.


8 Alors j’ai dit : « Voici, je viens,
avec le rouleau d’un livre écrit pour moi.
9 A faire ta volonté, mon Dieu, je prends plaisir,
et ton enseignement est au milieu de mes entrailles ».
Refr. :  Je veux chanter ton amour, Seigneur, et faire ta volonté, passionnément.

10 Dans une grande assemblée, j’annonce la bonne nouvelle de ton intervention qui libère
Voici, mes lèvres je ne les ferme pas ; toi, Yhwh, tu le sais bien.
11 Ton intervention, je ne la cache pas au milieu de mon cœur,
je proclame ta fidélité et ton salut ;
à une très grande assemblée je ne cache pas ton amour et l’efficacité de ton intervention.
Refr. :  Je veux chanter ton amour, Seigneur, et faire ta volonté, passionnément.

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