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Et pour nous aujourd’hui – comme pour Pierre le jour de Pentecôte et plus tard pour Paul – cette affirmation du psaume devient une référence à la résurrection de Jésus : Dieu « n’a pas abandonné Jésus au séjour des morts » (Ac 2,31 et 13,35)5.

Le psaume nous aide donc à nourrir notre foi dans la résurrection de Jésus mais, en même temps, à regarder – pleine confiance – à la mort qui nous attend. En lisant le psaume, nous parlerons aussi de notre mort, en disant à Dieu : « Tu n’abandonneras pas mon âme à la mort » (v. 10).

Psaume 16
1 A mi-voix. Poème appartenant au recueil de David.
Prends soin de moi, Dieu, car je me réfugie en toi.
2 Tu dis à Yhwh: « Mon Seigneur, c’est toi.
Mon bonheur n’est pas au dessus de toi ».
3 Ceux qu’on considère des divinités sur terre, les magnifiques:
tout mon plaisir était en eux.
4 Ceux qui cherchent les faveurs d’un autre dieu
ne feront que multiplier leurs tourments.
Je n’offrirai pas leurs offrandes de sang,
et je ne porterai pas leurs noms sur mes lèvres.
5 Yhwh, tu es la chance de ma vie, et ma coupe,
toi, tu soutiens mon destin.
6 La part que j’ai reçue est belle,
c’est un sort qui m’enchante.
7 Je bénis Yhwh qui me conseille,
même pendant les nuits, ma conscience me corrige.
8 Je garde sans cesse Yhwh devant moi,
comme il est à ma droite, je suis inébranlable.
9 C’est pourquoi mon cœur se réjouit, mes entrailles exultent
et ma chair, dans sa fragilité, demeure en sûreté,
10 car tu n’abandonneras pas mon âme à la mort,
tu ne donneras pas à ton fidèle de voir la fosse.
11 Tu me feras connaître la route de la vie:
plénitude de joies auprès de ton visage,
délices dans ta droite, à perpétuité.

L’Evangile de Luc contient un récit très connu : celui des deux disciples qui, sur le chemin vers Emmaüs, rencontrent Jésus. Un disciple s’appelle Cléopas, abréviation de Cléopatros, un mot grec qui signifie ‘gloire du père’. L’autre disciple est sans nom et il peut représenter chacune et chacun de nous6.

C’est à un voyageur inconnu que ces deux disciples parlent de leur déception. Ils avaient mis leur espoir en Jésus, ils le considéraient comme un libérateur politique: «nous espérions que c’était lui qui allait libérer Israël » (v. 21). Mais leur rêve a été brisé, définitivement, le vendredi saint. Désormais, il n’y a qu’un message étonnant, celui de quelques femmes qui parlent d’une « vision d’anges qui le déclarent vivant » (v. 23).

Au discours des deux disciples l’inconnu répond. Il donne comme une catéchèse. D’abord un reproche : l’ignorance des Ecritures. Elles contiennent un message prophétique : c’est à travers la souffrance que le Messie entre dans sa gloire (v. 26). Ensuite, l’inconnu explique aux disciples l’enseignement des Ecritures : des livres de Moïse à tous les livres des prophètes.

Après ce chemin avec l’inconnu, les disciples l’invitent : « Reste avec nous ! Car le soir approche » (v. 29). Et c’est à table que l’inconnu accomplit des gestes qui leur rappellent le dernier repas avec Jésus : prendre le pain, dire la prière de bénédiction, rompre le pain et le donner. A ces gestes, tout change : au voyageur visible et non reconnu succède aussitôt le Ressuscité reconnu mais invisible7.

Cette rencontre, cette découverte surprenante peut devenir aussi notre rencontre, notre découverte. Et leur expérience peut devenir, ce matin, notre expérience : « Oui, il y avait comme un feu dans notre cœur, pendant qu’il nous parlait sur la route et nous expliquait les Ecritures » (v. 32).

Lecture de l’Evangile selon Luc (24,13-35)

13 Et voici que, ce même jour, deux d’entre eux font route vers un village appelé Emmaüs. C’est à deux heures de marche de Jérusalem. 14 Ils parlent entre eux de tout ce qui vient de se passer. 15 Et il advient pendant qu’ils parlent et qu’ils discutent ensemble : Jésus lui-même s’approche et fait route avec eux. 16 Ils le voient, mais quelque chose les empêche de le reconnaître. 17 Jésus leur dit : « Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? ». Alors ils s’arrêtent, ils ont l’air triste. 18 L’un d’eux, appelé Cléopas, répond et lui dit : « Tous les habitants de Jérusalem savent ce qui est arrivé ces jours-ci ! Et toi seul, tu ne le sais pas ? ». 19 Il leur dit : « Quoi donc ? » Ils lui disent : « Ce qui est arrivé à Jésus de

Nazareth. C’était un prophète. Il était puissant en action et en parole devant Dieu et devant tout le peuple. 20 Nos grands prêtres et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont crucifié. 21 Et nous, nous espérions que c’était lui qui allait libérer Israël. Mais, voici déjà le troisième jour depuis que ces faits se sont passés. 22 Pourtant, quelques femmes de notre groupe nous ont beaucoup étonnés. Ce matin, très tôt, elles sont allées à la tombe. 23 Elles n’ont pas trouvé le corps de Jésus et elles sont revenues nous dire : “Nous avons eu une vision d’anges qui le déclarent vivant”. 24 Quelques-uns de notre groupe sont allés à la tombe, eux aussi. Ils ont tout trouvé comme les femmes l’avaient dit, mais Jésus, ils ne l’ont pas vu ».

25 Alors Jésus leur dit : « Vous ne comprenez rien ! Vos cœurs sont lents à croire tout ce qu’ont déclaré les prophètes ! 26 Il fallait que le Messie souffre tout cela avant d’entrer dans sa gloire ». 27 Et Jésus leur explique ce que les Ecritures disent à son sujet. Il commence par les livres de Moïse, ensuite il continue par tous les livres des prophètes.

28 Ils arrivent près du village où ils faisaient route. Et Jésus fait semblant de faire route plus en avant. 29 Mais les deux hommes lui disent en insistant : « Reste avec nous ! Car le soir approche, et le jour est déjà sur son déclin ». Et il entre pour rester avec eux. 30 Et il advient pendant qu’il est à table avec eux : il prend le pain et dit la prière de bénédiction. Ensuite, il rompt le pain et il le leur donne. 31 Alors leurs yeux s’ouvrent et ils reconnaissent Jésus ; puis il leur devient invisible.

32 Ils se disent l’un à l’autre : « Oui, il y avait comme un feu dans notre cœur, pendant qu’il nous parlait sur la route et nous expliquait les Ecritures ». 33 Ils se lèvent et ils retournent tout de suite à Jérusalem. Ils trouvent réunis les Onze et ceux qui étaient avec eux. 34 Ces derniers leur disent : « Le Seigneur a réellement été ressuscité, et il est apparu à Simon ». 35 Quant aux deux, ils leur racontent ce qui s’est passé sur la route et comment il s’était fait reconnaître d’eux en rompant le pain.

Prière d’ouverture
Je crie vers toi, ô mon Dieu,
je prononce ton nom très saint,
mais sans pouvoir jamais te saisir.
Seigneur mon Dieu,
tu es plus grand que nos paroles,

plus silencieux que notre silence,
plus profond que nos pensées,
plus élevé que nos désirs.
Donne-nous, ô Dieu souverain, si grand et si proche,
des yeux nouveaux pour te découvrir
et pour t’accueillir quand tu viens à nous8.

[Saint François de Sales, France : 1567-1622]

Prière finale
Personne ne t’a jamais vu, Dieu caché.
Mais tu t’es fait connaître dans un homme : Jésus Christ.
Ton verbe a demeuré parmi nous,
il a parlé dans une langue humaine.
Dieu, nous croyons qu’aujourd’hui
tu ne veux pas être loin:
tu veux te dire à nous à travers nos paroles;
tu te confies à nos mains.
Donne-nous de vivre ensemble
dans l’esprit de Jésus, ton Fils9.

[Frans Cromphout, Pays-Bas : 1924-2003]


5 Cf. L. Alonso Schökel, I Salmi, vol. 1, Borla, Roma 1992, p. 346s.
6 Cf. D. Marguerat et E. Steffek, Evangile selon Luc, dans
Le Nouveau Testament commenté, sous la direction de
C. Focant et D. Marguerat, Bayard – Labor et fides,
Paris – Genève 2012, p. 395.
7 Cf. ibid. p. 396.
8 Les 100 plus belles prières du Monde, choisies et présentées par
A. Chafigoulina, calman-léwy, Paris 1999, p. 170.
9 F. Cromphout, Un temps pour parler,
Editions Foyer Notre-Dame, Bruxelles 1970.

 

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