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Le psaume 84 fait partie d’un groupe de onze psaumes liés aux fils de Coré, des personnes qui exerçaient des fonctions liturgiques au temple de Jérusalem, en particulier comme chanteurs ; mais aussi dans d’autres circonstances ils intervenaient pour louer Dieu à une voix très haute (2 Chroniques 20,19).

Après les indications techniques du premier verset, le psaume 84 est composé de trois strophes. La première (vv. 2-5) est une expression de surprise[4]. Le poète dit à Dieu sa surprise devant le fait que dans ce monde il y a un lieu dans lequel Dieu habite, une maison dans laquelle Dieu accueille les vivants, les humains en particulier.

La deuxième strophe (vv. 6-8) montre les conséquences de cette surprise. Le poète et d’autres personnes avec lui se mettent en marche pour aller dans cette ‘maison’ et pour rencontrer Dieu lui-même. Et ils affrontent leur voyage avec détermination : de bon cœur ils se mettent en route (v. 6). Vers la fin de leur pèlerinage – qui a lieu en automne, à la veille de la saison des pluies – la sécheresse est là, et ils doivent traverser « la vallée du Pleureur »[5]. Mais bientôt la nature est comme transformée et leur passage transforme, pour ainsi dire, la vallée sèche en source.

Mais le sommet du psaume est la dernière strophe (vv. 9-13). Le poète chante la surprise – sa surprise et celle des personnes qui ont fait le voyage avec lui – d’être « au seuil de la maison de mon Dieu » (v. 11).

Une dernière remarque : à la fin de la première et de la dernière strophe et au commencement de la deuxième, le psaume contient un constat et une invitation : « Heureux et en marche » (vv. 5.6.13). Ces trois ‘béatitudes’ soulignent, un peu comme on verra dans l’Evangile, l’intimité qui lie le croyant à Dieu. Il s’agit d’une intimité qui, surtout dans le dernier verset, dépasse les temps et les lieux et arrive jusqu’à nous : « heureux et en marche l’humain qui met en toi sa confiance » (v. 13). C’est une intimité qui s’intensifie de jour en jour et qui trouvera sa plénitude au-delà de la mort[6].

Psaume 84
1 Du répertoire du maître de la chorale.
Accompagnement sur la harpe de Gath.
Des fils de Coré. Psaume.

2 Comme sont bien-aimées tes résidences,
Seigneur tout-puissant !
3 Elle soupire, mon âme, elle meurt d’impatience
en attendant d’entrer dans les cours du temple du Seigneur.
Mon cœur et ma chair crient de joie vers le Dieu vivant.
4 Même le petit oiseau trouve un abri
et l’hirondelle un nid où mettre ses petits
près de tes autels, Seigneur tout-puissant, mon Roi et mon Dieu !
5 Heureux et en marche ceux qui habitent dans ta maison :
encore ils te loueront.
Pause de réflexion.

6 Heureux et en marche l’humain dont la force est en toi,
de bon cœur ces personnes se mettent en route.
7 Passant dans la vallée du Pleureur
ils la changent en source,
les premières pluies la couvrent même de bénédictions.
8 Ils gagnent des forces à mesure qu’ils avancent :
chacun d’eux veut se présenter à Dieu, dans Sion.

9 Seigneur, Dieu tout-puissant,
écoute ma prière ;
tends l’oreille, Dieu de Jacob.
Pause de réflexion.

10 Dieu, toi qui es notre bouclier, vois
et regarde le visage de ton messie !
11 Puisqu’un jour dans les cours de ton temple
est bon plus que mille, j’ai choisi :
plutôt rester au seuil de la maison de mon Dieu
que demeurer sous les tentes des infidèles.
12 Oui, soleil et bouclier est le Seigneur Dieu,
le Seigneur donne grâce et gloire,
il ne refuse aucun bien
à ceux qui marchent dans la perfection.
13 Seigneur tout-puissant,
heureux et en marche l’humain qui met en toi sa confiance !

 

D’après l’Evangile de Jean, à la veille de sa mort Jésus lave les pieds à ses disciples ; ensuite il leur adresse un long discours d’adieu (Jn 13-17). Dans la page de ce matin, Jésus veut préparer les disciples à sa mort imminente. La mort de Jésus n’est pas la fin du chemin commun entre Jésus et les siens ; sa mort est l’ouverture d’un nouveau chemin[7]. En mourant, Jésus va auprès du Père et, auprès du Père, Jésus va leur préparer une place. « De cette façon, vous serez vous aussi là où je suis. Et le chemin qui conduit là où je vais, vous le connaissez » (vv. 3s).

Cette affirmation de Jésus suscite la réaction de Thomas. Sa foi n’est pas encore adulte : il ne réussit pas à comprendre où Jésus se prépare à aller et où les disciples vont aller plus tard.

Mais l’intervention de Thomas permet à Jésus de s’expliquer : la destination finale c’est le Père, et Jésus est le chemin qui conduit au Père (v. 6).

[4] Cf. E. Zenger dans F.-L. Hossfeld – E. Zenger, Psalmen 51-100, Herder, Freiburg – Basel – Wien, 2000, p. 515.

[5] Pour ce terme, cf. J.-L. Vesco, Le psautier de David traduit et commenté, Cerf, Paris, 2006, p. 767.

[6] Cf. E. Zenger dans F.-L. Hossfeld – E. Zenger, Psalmen 51-100, Herder, Freiburg – Basel – Wien, 2000, p. 522.

[7] Cf. J. Zumstein, Evangile selon Jean, dans Le Nouveau Testament commenté, sous la direction de C. Focant et D. Marguerat, Bayard – Labor et fides, Paris – Genève, 2012, p. 479.

 

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