Associazione Biblica della Svizzera Italiana | vendredì saint 2014 cont.1
vendredì saint 2014 cont.1

La voix d’un prophète sur la mort d’un homme

 Vers la fin du livre de Zacharie on a inséré la page d’un prophète inconnu3. Cette page parle d’un homme tué par les habitants de Jérusalem. Mais Dieu, devant cet acte de violence, intervient et fait naître dans les tueurs « un esprit de compassion et de supplication » (v. 10). Et, grâce à cet esprit donné par Dieu, les tueurs savent maintenant découvrir que Dieu s’identifie avec la personne tuée ! En effet, tuer un homme est comme tuer Dieu lui-même. Dieu peut donc dire : « ils regarderont vers moi, celui qu’ils ont transpercé » (v. 10).

Cette prise de conscience pousse les habitants de Jérusalem à faire le deuil. Un deuil comme pour le premier-né, l’enfant qui aurait pu préparer un avenir joyaux pour toute la famille ; un deuil comme le deuil qu’on faisait à Meguiddo pour Hadad-Rimmôn, le dieu de la tempête et de la végétation.

Et de cette célébration du deuil – ainsi dit le prophète en terminant sa page – va jaillir une source pour les habitants de Jérusalem : elle va apporter un « remède aux errements et à la souillure » qui pèsent sur la communauté. Voilà l’espoir que le prophète a devant sa ville – Jérusalem et Bujumbura aussi – qui se livre à la violence.

Du livre du prophète Zacharie (12,10-13,1)

1210 Et je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de compassion et de supplication. Alors ils regarderont vers moi, celui qu’ils ont transpercé. Ils chanteront pour lui un chant de deuil comme on le fait à la mort d’un fils unique.

Ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure amèrement quand on perd son premier enfant. 11 Ce jour-là, le deuil de Jérusalem sera aussi grand que le deuil de Hadad-Rimmôn, dans la plaine de Meguiddo. 12 Le pays célébrera le deuil, chaque clan séparément : le clan de la maison de David à part et leurs femmes à part ; le clan de la maison de Natân à part et leurs femmes à part ; 13 le clan de la maison de Lévi à part et leurs femmes à part ; le clan de Shiméï à part et leurs femmes à part ; 14 tous les autres clans, chaque clan à part, et leurs femmes à part. 131 Ce jour-là, une source jaillira pour la maison de David et les habitants de Jérusalem comme remède aux errements et à la souillure.

Jean raconte la mort de Jésus

Dans un instant, nous allons lire une page de l’Evangile de Jean, cinq scènes du récit de la passion : du chemin vers le Calvaire à la mort de Jésus4.

Dans la première scène (vv. 17-22), Jésus porte la croix au Calvaire et il est crucifié parmi deux autres. Jean souligne la position de Jésus, au centre entre ces deux autres crucifiés. Mais il souligne surtout la royauté universelle de Jésus, royauté affirmée par Pilate et exprimée en trois langues.

Dans la deuxième scène, celle du partage des vêtements (vv. 23-24), Jean met l’accent sur le grand vêtement de Jésus : sa tunique. Il s’agit du vêtement ordinaire d’un pauvre Galiléen. Et ce vêtement reste intacte, symbole, probablement, de la communauté unie qui naît au pied de la croix.

Dans la troisième scène (vv. 25-27), Jésus invite sa maman à reconnaître le disciple comme son fils, et le disciple bien-aimé

à accueillir Marie comme sa mère. Le message est clair : le peuple d’Israël dans lequel Jésus est né et la communauté chrétienne qui est née de Jésus sont invités à se reconnaître réciproquement : Israël doit voir les chrétiens comme fils, et les disciples reconnaître Israël comme mère.

La quatrième scène (vv. 28-30) nous aide à comprendre la mort de Jésus : dans sa mort Jésus porte l’Ecriture et le plan de Dieu à son accomplissement. Jésus est l’agneau pascal, dont le sang, aspergé avec une branche d’hysope, assure le salut (Ex 12,22). En plus, Jésus, en mourant laisse son esprit aux siens. C’est son esprit qui, en son absence, les soutiendra.

Enfin, la dernière scène (vv. 31-37) nous remplit d’espoir. Même ceux qui ont voulu la mort de Jésus vont se rendre compte que la personne qu’ils ont tuée est la source du salut. C’est ainsi que se réalise l’annonce qu’on a dans le livre du prophète Zacharie (Za 12,10) : « Ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé » (v. 37).

Lecture de l’Evangile selon Jean (19,17-37)

Jésus crucifié

17 Portant lui-même sa croix, Jésus sort (de la ville) ; il va vers un endroit appelé « Le lieu du Crâne », qu’on appelle en hébreu « Golgotha ». 18 Là, les soldats crucifient Jésus, et avec lui deux autres, un d’un côté et un de l’autre, et au milieu, Jésus.

19 Pilate a fait rédiger une inscription, il l’a fait placer sur la croix. Elle portait ce texte : « Jésus de Nazareth, le roi des Juifs ». 20 Beaucoup de Juifs lisent cette inscription. En effet,

 

l’endroit où on a crucifié Jésus est près de la ville, et le texte est écrit en hébreu, en latin et en grec. 21 Les chefs des prêtres disent donc à Pilate : « N’écris pas “le roi des Juifs”, mais bien “cet individu a dit : Je suis le roi des Juifs” ». 22 Pilate leur répond : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit ».

Le partage des vêtements

23 Après avoir crucifié Jésus, les soldats prennent ses habits. Ils en font quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prennent aussi son grand vêtement. C’est un vêtement sans couture, il est tissé d’un seul morceau, de haut en bas. 24 Les soldats se disent entre eux : « Ne le déchirons pas. Mais tirons au sort pour savoir qui aura ce vêtement ». Ainsi se réalise ce qui est écrit dans les Ecritures : « Entre eux, ils se sont partagé mes habits. Et ils ont tiré au sort pour savoir qui aura mon vêtement » (Ps 22,19). Voilà ce que les soldats ont fait.

La mère de Jésus et le disciple bien-aimé

25 Près de la croix de Jésus, il y avait sa mère, la sœur de sa mère, Marie la femme de Clopas et Marie de Magdala. 26 Jésus voit sa mère. Il voit, auprès d’elle, le disciple qu’il aime. Jésus dit à sa mère : « Femme, voici ton fils ». 27 Ensuite il dit au disciple : « Voici ta mère. » Alors, dès cette heure-là, le disciple prend Marie chez lui.

La mort de Jésus

28 Après cela, Jésus sait que tout est achevé. Alors, pour que l’Ecriture soit accomplie jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif » (Ps 69,22).

 

3 Cf. A. Deissler, Zwölf Propheten III. Zefanja. Haggai. Sacharja. Maleachi, Echter, Würzburg, 1988, p. 306ss.

4 Cf. J. Zumstein, Evangile selon Jean, dans Le Nouveau Testament commenté, sous la direction de C. Focant et D. Marguerat, Bayard – Labor et fides, Paris – Genève, 2012, p. 500s. Cf. aussi J. Zumstein, L’Evangile selon saint Jean (13-21), Labor et fides, Genève, 2007, p. 239ss.

 

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