Eucharistie 6 decembre 2015

Dieu intervient, et nous devons changer

 

Eucharistie: 6 decembre 2015

 

Première lecture

Avec la première lecture de ce matin, nous sommes vers les années 164 avant la naissance de Jésus. Les Syriens, avec le roi Antiochus IV Épiphane, veulent s’imposer sur Jérusalem. Des Juifs, en particulier les Macchabées, réagissent avec des armes, tandis que d’autres abandonnent la ville et cherchent refuge ailleurs. C’est dans ce contexte qu’un écrivain revient au sixième siècle, au temps de Jérémie, lorsque des habitants de Jérusalem ont été déportés à Babylone. Et cet écrivain se présente comme Baruch (Ba 1,1), le secrétaire de Jérémie.

Jérémie avait encouragé ses contemporains à accepter la domination des Babyloniens en mettant leur confiance non dans les armes mais en Dieu : Dieu seul – comme nous avons lu il y a une semaine – pouvait préparer un avenir différent pour Jérusalem. Et maintenant, quatre siècles après Jérémie, la page que nous allons écouter dans un instant, souligne la même idée : la détresse actuelle invite non à prendre les armes, mais à mettre toute confiance en Dieu : la victoire et le salut ne peuvent venir que de Dieu. Et la ville, la ville qui a vu la fuite et la déportation de ses habitants, est invitée à regarder vers l’orient. Elle verra ses fils ramenés à Jérusalem par Dieu lui-même. Dieu reconduira les fils d’Israël « dans la joie, à la lumière de sa présence glorieuse, avec la miséricorde et la justice qui vient de lui » (v. 9). Et c’est grâce à Dieu que la ville pourra s’habiller, « comme d’un double manteau, de la justice venant de Dieu » (v. 2).

Voilà un message pour les habitants de Jérusalem au deuxième siècle et, en même temps, … aussi pour nous.

Du livre de Baruch (5,1-9)

1 Jérusalem, déshabille-toi de ta robe de deuil et de misère,
et habille-toi, pour toujours, de la belle parure de la glorieuse présence de Dieu,
2 enveloppe-toi, comme d’un double manteau, de la justice venant de Dieu,
que la glorieuse présence de l’Éternel soit comme une couronne posée sur ta tête,
3 car Dieu va montrer à la terre entière
la splendeur dont il t’habille.
4 Car, auprès de Dieu, ton nom sera pour toujours:
« Paix grâce à la justice »
et « Glorieuse présence de Dieu grâce à la fidélité à Dieu ».
5 Debout, Jérusalem ! Mets-toi sur la montagne
et regarde vers l’orient.
Vois tes enfants rassemblés, de l’est à l’ouest,
sur la parole du Dieu saint :
ils se réjouissent que Dieu se souvienne d’eux.
6 Ils étaient sortis de chez toi à pied, conduits par les ennemis,
mais Dieu te les ramène portés en gloire
comme des rois sur un trône
7 En effet, Dieu a donné l’ordre
qu’on abaisse toutes les hautes montagnes et les collines éternelles ;
il a fait combler les vallées pour aplanir le sol.
Il a voulu ainsi permettre à Israël de marcher d’un pas sûr,
accompagné de la glorieuse présence de Dieu.
8 Sur l’ordre de Dieu,
les forêts et tout arbre parfumé vont offrir leur ombrage pour Israël.
9 car Dieu conduira Israël dans la joie,
à la lumière de sa présence glorieuse,
avec la miséricorde et la justice qui vient de lui.

 Psaume

Le psaume 126 est un petit poème, seulement 48 mots en hébreu, un petit poème mais un vrai bijou. Il s’agit, comme nous dit le premier verset, d’un chant des montées. On chante en montant vers Jérusalem, on monte pour rencontrer Dieu.

Mais, à côté de ce mouvement, de cette action que nous pouvons accomplir, il y a surtout un mouvement, une action de Dieu. Le psaume en parle en utilisant le verbe “retourner”. Yhwh, nous dit le poète dans la première strophe (vv. 1-3), « retourna avec le retour de Sion ». C’est Dieu qui, avec les déportées à Babylone, retourne et accompagne celles et ceux qui étaient loin de leur terre. Et ce retour fait jaillir la joie, la joie comme la nôtre au moment que les déplacé(e)s ont pu rentrer à Bujumbura.

Mais, à Jérusalem comme ici chez nous, la joie du retour n’est pas la fin de toutes les souffrances. Les personnes rentrées ont encore devant elles de lourds engagements, des travaux comme cultiver la terre et semer les pauvres grains dont on dispose. Et leur vie est comparable aux souffrances du semeur : il sort « en pleurant, portant le sac de la semence» (v. 6), et son action s’accomplit « dans un sanglot » (v. 5). Mais cette souffrance ne fait que préparer la moisson : une moisson vécue « dans un cri de joie » (vv. 5 et 6).

Mais qu’est-ce que cette semence ? Qu’est-ce que cette moisson ? Saint Augustin, un évêque africain du cinquième siècle, expliquait : « Qu’est-ce que tu dois semer ? La miséricorde. Et qu’est-ce que tu moissonneras ? La paix. C’est ainsi que vous devez aimer et, comme dans la vie les bonnes choses on les accomplit à travers des peines et des souffrances, continuez avec constance. Ne vous arrêtez pas. Semez entre les larmes, vous moissonnerez dans la joie ».[…]

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