Eucharistie : 29 mars 2020

« Celui qui met sa foi en moi, même s’il meurt, il vivra » (Jean 11,25)

______________________________________________________________________________________________

Eucharistie : 29 mars 2020, 5ème dimanche de Carême

Première lecture

Avec la première lecture, nous sommes parmi les exilé(e)s à Babylone . Et le désespoir est très intense, surtout après avoir reçu, en janvier 587, une nouvelle tragique : Jérusalem et son temple détruits par l’armée des Babyloniens.
C’est dans ce climat de désespoir que le prophète Ézéchiel prend la parole. Et il raconte une vision (vv. 1-10) : la main et le souffle de Dieu portent le prophète dans une vallée. Et le prophète voit un spectacle terrible : le peuple n’est plus que des os desséchés. A cette vue, le prophète ne peut que s’adresser à Dieu. Et Dieu, d’une façon très surprenante, demande à son prophète d’annoncer un avenir à ces os. Et lorsqu’Ézéchiel fait cette annonce, voici un frémissement, une espèce de tempête : et les os se lient réciproquement, les nerfs et la peau recouvrent les os, et la chair revient. Enfin, le prophète reçoit un autre ordre de Dieu : il doit annoncer la venue du souffle. Le prophète obéit et voici l’irruption du souffle, et les personnes se redressent vivantes !
Après cette vision, il y a un commentaire (v. 11). La vision s’applique au peuple, au peuple et à sa lamentation. En effet, le peuple se déclare sans espoir. Il dit : « Non os sont desséchés, notre espérance a été détruite, et nous, quant à nous, nous sommes en miettes » .
Mais, après cette déclaration, Dieu demande au prophète d’intervenir pour annoncer l’avenir que Dieu prépare. Ce n’est pas la résurrection des morts, mais le retour – aussi inimaginable – de l’exil vers « la terre d’Israël » . Mais c’est surtout un retour du désespoir à une nouvelle relation intime avec Yhwh : Israël deviendra « mon peuple » (vv. 12 et 13), un peuple vivant, un peuple qui connaît et aime Yhwh. Et cela grâce au souffle, le souffle que Dieu qualifie comme « ruhi », c’est à-dire « mon souffle » . Dieu nous l’assure : « Je mettrai en vous mon souffle. Alors vous reconnaîtrez que moi, je suis Yhwh ».
Voilà la promesse de Dieu. Et à cette promesse, à cette parole nous pouvons croire. Elle va

dépasser le temps de l’exil et du retour de l’exil. Elle va faire naître l’espoir dans la résurrection. Une résurrection rendue possible par celui qui a dit : « J’ai parlé, et je fais » .

Lecture du livre du prophète Ézéchiel (37,12-14)

12 Parle en prophète, Ézéchiel, et aux Israélites tu diras : « Ainsi parle Yhwh le Seigneur : Voici, moi, je vais ouvrir vos tombes et je vous ferai remonter hors de vos tombes, ô mon peuple, et je vous ferai revenir sur la terre d’Israël. 13 Et vous reconnaîtrez que moi, je suis Yhwh, quand j’ouvrirai vos tombes et je vous ferai remonter hors de vos tombes, ô mon peuple ! 14 Et je mettrai en vous mon souffle, et vous serez vivants. Je vous installerai sur votre terre. Alors vous reconnaîtrez que moi, je suis Yhwh. J’ai parlé, et je fais. Déclaration de Yhwh ».

Psaume

Le psaume 130 a été composé après le retour de l’exil à Babylone et, plus précisément, vers les années 450-400. Nous sommes aux temps d’Esdras et de Néhémie , lorsqu’on a reconstruit les murs et les portes de Jérusalem et on a voulu s’engager pour une société plus juste, une société capable de reconnaître son infidélité à Dieu. On peut penser, en particulier, à Néhémie qui, au chapitre 9, présente la liturgie dans laquelle le peuple reconnaît ses fautes devant Dieu. Quant au poète du psaume, il est très conscient de ses fautes et de son incapacité à en sortir ; mais il est aussi très conscient de la générosité de Dieu. Voilà d’où naît, très solide, son espoir .
La structure du psaume est claire : quatre strophes. Dans la première (vv. 1-2), le poète évoque sa situation sans issue et demande à Dieu d’écouter son appel. Le poète en a vraiment besoin, car il se trouve dans « les profondeurs ». Cette expression, très rare dans la Bible, évoque un vide sans fond, l’espace de la mort, un puits duquel on ne peut plus remonter. C’est comme le fond de la mer, là où – selon les Hébreux – les eaux destructrices s’agitent et seulement Dieu peut les maitriser .
Dans la deuxième strophe (vv. 3-4), le poète voit soi-même à l’intérieur de toute la communauté humaine : tous et toutes, nous sommes des coupables. Par conséquent, il s’adresse à Dieu, il l’appelle « Yah », un terme qui évoque une relation très intime avec lui. Il lui dit : « Si tu gardais le souvenir des fautes, Yah, mon Seigneur, qui pourrait se tenir debout ? » (v. 3). Mais, après cette demande qui n’a pas besoin d’aucune réponse, le poète arrive immédiatement à parler du « pardon », le pardon de Dieu, le pardon qui fait jaillir en nous l’amour : un amour intense vers Dieu.
La troisième strophe (vv. 5-6) insiste – fortement – sur l’espoir. Et cet espoir a un fondement très solide, la parole de Dieu. Le poète le dit clairement : « et sur sa parole j’attends ». Et, pour dire la profondeur de cette attente, il la compare à celle des veilleurs. Les veilleurs, les zamu, attendent impatiemment l’aurore, la lumière qui met fin à la nuit. C’est une attente pleine de certitude : l’aurore viendra. Et, pour le poète, cette attente est vers Dieu lui-même : « Mon âme est vers Yhwh plus que les veilleurs vers le matin ».
Après ces considérations très personnelles, dans la strophe finale (vv. 7-8), le poète s’adresse à Israël. Il exhorte le peuple à avoir la même attitude : attendre avec certitude. Et le fondement de cette attente est « l’amour ». Dieu nous aime et il nous libérera. Il interviendra pour nous, comme on peut intervenir pour libérer un esclave ou pour libérer de l’oppression et aussi de la mort. Et Dieu nous libérera de toutes nos fautes, de tout ce qui nous paralyse et nous

empêche de répondre, passionnément, à son amour.
Quant à nous, faisons nôtres les paroles du psaume (au verset 7) et intervenons, à la fin de chaque strophe, avec le refrain :

Près du Seigneur est l’amour et abondante la libération.

Psaume 130
1 Chant des montées.
Depuis les profondeurs je t’appelle, Yhwh !
2 Seigneur, écoute ma voix,
que tes oreilles soient attentives
à la voix de mes appels à la pitié !
Refr. :  Près du Seigneur est l’amour et abondante la libération.

3 Si tu gardais le souvenir des fautes, Yah,
mon Seigneur, qui pourrait se tenir debout ?
4 Mais, avec toi est le pardon,
pour que tu sois profondément aimé.
Refr. :  Près du Seigneur est l’amour et abondante la libération.

5 J’espère intensément en Yhwh,
mon âme espère intensément et sur sa parole j’attends.
6 Mon âme est vers Yhwh plus que les veilleurs vers le matin,
plus que les veilleurs vers le matin,
Refr. :  Près du Seigneur est l’amour et abondante la libération.

7 Attends, Israël, attends intensément vers Yhwh,
car avec Yhwh est l’amour,
et en abondance avec lui la libération.
8 Et lui, il libérera Israël de toutes ses fautes.
Refr. :  Près du Seigneur est l’amour et abondante la libération.

> testo integrale (pdf)
> Formazione biblica