Eucharistie : 22 février 2026

1er dimanche de Carême – Année A

« Celui-ci est mon Fils, le bien-aimé. C’est lui en qui je trouve ma joie ! (Mt 17,5)

 

Première lecture

La première lecture de ce matin nous propose deux pages du livre de la Genèse. Dans la première (2,7-9), le narrateur, qui écrit – peut-être – neuf ou dix siècles avant la naissance de Jésus, nous parle de l’origine de l’être humain. Le terme hébreu est « ’Adam », qui signifie terrestre, humain ; et ce mot est apparenté à « ’adamah », terre. Avec ce choix, le narrateur nous présente l’être humain comme fragile, lié à l’humus, à la terre[1].

Le deuxième détail de la narration est le verbe « façonner ». En hébreu, ce verbe qualifie l’action du potier, celui qui donne forme à ses objets en modelant et en caressant la terre, l’argile. A travers ce verbe, le narrateur nous présente donc l’être humain dans sa faiblesse, vraie poussière, mais une faiblesse aimée et caressée par Dieu.

Toujours dans la première page, le narrateur nous présente l’humain comme animé par « un souffle de vie ». C’est un souffle que Dieu nous donne et que Dieu seul possède, un souffle qui permet à l’humain de se comprendre et de s’orienter dans sa vie[2].

Enfin, dans cette même page, nous avons Dieu qui prend soin de l’humain et qui plante un jardin et qui fait pousser, pour l’humain, « tout arbre beau à voir et bon pour la nourriture » (v. 9). Et parmi ces arbres, il y a aussi « l’arbre de la connaissance du bien et du mal », donc l’arbre qui nous oriente dans nos décisions.

Sur cet arbre revient la page suivante dans le livre de la Genèse (3,1-7a). Ici, autour de l’arbre, il y a trois personnages : l’homme, la femme et le serpent. Avec ces trois personnages, le narrateur a devant ses yeux les temples du paganisme qui existaient à son temps : des temples des idoles, des fausses divinités. Dans ses temples, Astarte, la déesse de la fertilité, ou bien le dieu Baal, étaient servis par des femmes. Et il y avait aussi des représentations du serpent comme signe séducteur[3].

Quant au narrateur, il revient sur ces images. Il mentionne le serpent séducteur. Et ce serpent veut donner une image négative de Dieu, Dieu comme celui qui ne permet pas à l’humain de manger d’aucun arbre du jardin. La femme réagit et précise : on peut manger des fruits des arbres. Mais à propos de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu nous a dit : « Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, de peur d’en mourir » (v. 3).

C’est à ce moment que le séducteur intervient en présentant une caricature de Dieu, un Dieu jaloux : 

« Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme Elohim, les Elohim qui connaissent le bien et le mal » (v. 5). Quant à la femme, elle accepte cette explication qui la pousse à voir différemment l’arbre en question : au lieu d’accepter l’arbre comme un guide dans la vie, dans le choix entre le bien et le mal, elle veut décider elle-même – à la place de Dieu – quel est son bien et son mal[4]. En plus, trompée par le séducteur, la femme voit l’arbre comme désirable « pour devenir intelligents et avoir du succès » (v. 6)[5]. Et elle en mange et en donne aussi à l’homme à côté d’elle. Et c’est à ce moment que l’homme et la femme « se rendent compte qu’ils sont nus », nus comme le serpent, comme le faux dieu auquel ils ont cru[6].

 

Lecture du livre de la Genèse (2,7-9 et 3,1-7a)

27 L’être humain terrestre, Yahvéh Elohim le façonne poussière de la terre. Puis il souffle dans son nez un souffle de vie, et l’être humain terrestre devient un être vivant. 8 Et plante, Yahvéh Elohim, un jardin en Éden, vers l’est. Et là, il met l’être humain terrestre qu’il avait façonné. 9 Et de la terre fait pousser, Yahvéh Elohim, tout arbre beau à voir et bon pour la nourriture. Et, au milieu du jardin, il place l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

31 Or le serpent était rusé, plus que tous les animaux des champs que Yahvéh Elohim avait faits. Et il dit à la femme : « Vraiment, oui, Elohim a dit : “Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin” ».

2 Et dit, la femme, au serpent : « Nous pouvons manger les fruits des arbres du jardin. 3 Mais, pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Elohim a dit : “Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, de peur d’en mourir” ».

4 Et dit, le serpent, à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! 5 Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme Elohim, les Elohim qui connaissent le bien et le mal ».

6 Et la femme voit que l’arbre était bon pour la nourriture,

et un délice pour les yeux,

et désirable, l’arbre, pour devenir intelligents et avoir du succès.

Et elle prend de son fruit et le mange ;

elle en donne aussi à son mari qui est avec elle, et il en mange, lui aussi.

7a Et les yeux des deux s’ouvrent,

et ils se rendent compte qu’ils sont nus.


Parole du Seigneur.

 

Psaume

Le psaume 51 est un poème qui a été composé à Jérusalem, après l’exil à Babylone. Le peuple se trouve dans une situation difficile. Un peu comme au Burundi lorsque les déplacés ont pu rentrer, il y avait tout à reconstruire : les murs de Jérusalem, les maisons, la communauté et surtout la relation avec Dieu, une relation que le peuple avait anéantie par son mauvais comportement. C’est ainsi que le psaume mentionne fréquemment les mots « rébellions » (vv. 3.5), « tort » (v. 4), « échec » (vv. 4.5.6) et, dans une simple phrase, le poète dit à Dieu : « ce qui est mal à tes yeux je l’ai fait » (v. 6).

Mais, avant d’évoquer son mauvais comportement, le poète s’adresse à Dieu en lui demandant : « Prends pitié de moi ». Et ce verbe – « hanan » en hébreu – évoque le comportement de celui qui, plein de grâce, se plie vers son fidèle et prend soin du pauvre et du malheureux[7]. Et, toujours dans sa première phrase, le poète évoque aussi l’amour, l’amour fidèle et constant de Dieu. Enfin, en terminant la phrase, le poète présente l’amour de Dieu comme l’amour d’une maman, amour et tendresse qu’elle ressent dans ses entrailles. Seulement en faisant confiance à ces trois caractéristiques de Dieu, le poète peut mentionner à Dieu ses fautes.

Dans la deuxième strophe, l’auteur revient sur ses fautes. Il les connaît et il les reconnaît, mais il n’entre pas dans les détails. En tout cas, au-delà de la forme concrète de ses fautes, l’aspect le plus tragique est qu’elles sont un échec, une rupture « par rapport à toi, particulièrement[8] par rapport à toi » (v. 6).

Dans les deux strophes suivantes, le poète s’inspire du prophète Jérémie et de son annonce d’une alliance nouvelle. Jérémie annonçait le retour de l’exil comme une nouvelle création, comme une alliance écrite dans le cœur. Et le poète du psaume revient sur ces images pour demander à Dieu d’intervenir et faire de lui une personne entièrement renouvelée. Il demande à Dieu la grâce d’un « souffle ferme » au fond de soi-même ; il lui demande d’être animé, constamment par le « souffle saint » de Dieu. Enfin, il demande « un souffle généreux » pour pouvoir collaborer à construire une communauté plus juste et harmonieuse[9], une communauté à laquelle il « annoncera ta louange » (v. 17).

Quant à nous, ce matin, laissons-nous prendre par les mots de ce psaume. Je vous invite donc à prier comme le poète (aux versets 3 et 14) en intervenant, à la fin de chaque strophe, avec le refrain :

Prends pitié de moi, efface mes rébellions
et soutiens-moi par un souffle généreux.

 

Psaume 51 (versets 3-4. 5-6ab. 12-13. 14.17)

3 Prends pitié de moi, Elohim, selon ton amour,

selon l’abondance de tes tendresses maternelles, efface mes rébellions.

4 Abondamment lave-moi de mon tort,

de mon échec purifie-moi.

Refr. :  Prends pitié de moi, efface mes rébellions

et soutiens-moi par un souffle généreux.

 

5 Car mes rébellions, moi je les connais,

et mon échec est devant moi, constamment.

6ab Par rapport à toi,

particulièrement par rapport à toi est mon échec,

et ce qui est mal à tes yeux je l’ai fait.

Refr. :  Prends pitié de moi, efface mes rébellions

et soutiens-moi par un souffle généreux.

 

12 Crée en moi, Elohim, un cœur pur,

et renouvelle un souffle ferme au fond de moi.

13 Ne me rejette pas loin de ton visage

et ne retire pas loin de moi ton souffle saint.

Refr. :  Prends pitié de moi, efface mes rébellions

et soutiens-moi par un souffle généreux.

 

14 Fais retourner pour moi la joie de ton salut,

et soutiens-moi par un souffle généreux.

17 Mon Seigneur, ouvre mes lèvres,

et ma bouche annoncera ta louange.

Refr. :  Prends pitié de moi, efface mes rébellions

et soutiens-moi par un souffle généreux.

 

 

Deuxième lecture

La deuxième lecture est une page de la lettre aux Romains. A Rome, la Bonne nouvelle de Jésus est arrivée vers la moitié des années quarante, donc dix ou quinze ans après la mort de Jésus. C’est grâce à cette annonce, apportée on ne sait pas par qui, que la communauté de Rome a vu le jour. Et il s’agit d’une communauté mixte : une partie d’origine juive, d’autres venant du paganisme. Et dans la communauté, il y a des comportements différents : il y a ceux qui observent, et d’une façon rigoureuse, la loi et des prescriptions alimentaires ou liturgiques ; au contraire, d’autres se sentent beaucoup plus libres[10].

Quant à Paul, il ne connaît pas cette communauté mais il a reçu des informations en propos. Et, nous sommes vers la fin de l’année 54, il décide d’écrire aux Romains. Il avait déjà voulu visiter cette communauté, mais il n’en avait pas eu la possibilité. Maintenant Paul veut aller à Jérusalem et, ensuite, se rendre en Espagne pour annoncer la Bonne nouvelle là « où le nom du Christ n’a pas encore été prononcé » (15,20). Et, dans ce voyage vers l’Espagne, il pense rendre visite à la communauté de Rome. Mais déjà maintenant, en écrivant sa lettre, Paul veut aider les chrétiens de Rome à bien interpréter le rôle de la loi de Moïse et, surtout, la mission du Christ. En effet, les croyants « régneront dans la vie à travers une seule personne, Jésus Christ » (v. 17).

Voilà le résultat auquel Paul veut conduire les Romains dans la page de ce matin. Mais, pour l’expliquer, Paul nous met devant les yeux deux personnes, deux individus : Adam et le Christ. Adam – nous dit Paul – « représente – d’une certaine façon – celui qui devait venir » (v. 14). En d’autres termes, entre Adam et le Christ on peut voir des aspects semblables et opposés. En effet, à travers le premier, « le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort » (v. 12) et « à cause de la faute d’une seule personne, la multitude a connu la mort » (v. 15). Le contraire s’est réalisé grâce au Christ : « le don gratuit de Dieu et l’action généreuse d’un seul être humain, Jésus Christ, ont répandu abondamment leurs bienfaits pour la multitude » (v. 15).

Et dans la suite de la page, Paul revient, avec d’autres termes, sur le même contraste. D’abord en utilisant le verbe régner : « à travers une seule personne, la mort a régné » (v. 17). Mais, toujours « à travers une seule personne, Jésus Christ », les croyants « rendus justes, régneront dans la vie » (v. 17).  Le contraste sera exprimé aussi, dans le verset 18, à travers les expressions « condamner tous les êtres humains » et « rendre justes tous les êtres humains ».

Enfin, en terminant sa page, Paul insistera sur les conséquences qui dérivent de la désobéissance d’Adam et de l’obéissance du Christ.

Essayons donc de prendre conscience du don que Dieu nous a fait à travers le Christ : c’est à travers lui, et lui seul, que Dieu nous libère du péché, de la loi et de la mort. Et en écoutant cette page, du fond de notre cœur jaillira un grand merci au Père pour son amour et pour tous ses dons.

 

De la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (5,12-19)

12 Par un seul être humain le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort. Ainsi, de la même façon, la mort est passée à tous les humains, parce que tous ont péché.

13 Avant la loi (que Dieu a donnée à Moïse), le péché était déjà dans le monde ; mais, s’il n’y a pas encore de loi, personne ne peut être accusé de péché.

14 Pourtant, depuis le temps d’Adam jusqu’à Moïse, la mort a été très puissante. Elle a frappé même ceux qui n’ont pas péché comme Adam, qui a désobéi à l’ordre de Dieu. Et Adam représente – d’une certaine façon – celui qui devait venir.

15 Mais il y a une grande différence entre le don gratuit de Dieu et la faute d’Adam. Oui, à cause de la faute d’une seule personne, la multitude a connu la mort. Mais le don gratuit de Dieu et l’action généreuse d’un seul être humain, Jésus Christ, ont répandu abondamment leurs bienfaits pour la multitude.

16 Et le don de Dieu a un tout autre résultat que le péché d’une seule personne. En effet, provoqué par le péché d’une seule personne, le jugement de Dieu a eu pour résultat de condamner les êtres humains. Au contraire, le don gratuit de Dieu a eu pour résultat de les rendre justes malgré leurs nombreuses fautes.

17 Oui, par la faute d’une seule personne, et à travers une seule personne, la mort a régné. Mais ceux qui reçoivent de Dieu l’abondance de la grâce et, par ses bienfaits, sont rendus justes, régneront dans la vie à travers une seule personne, Jésus Christ.

18 Bref, la faute d’une seule personne a eu pour résultat de condamner tous les êtres humains. De même, l’action juste d’un seul a pour résultat de rendre justes tous les êtres humains, et par là, ils ont la vie. 19 En effet, par la désobéissance d’une seule personne, la multitude a été rendue pécheresse. De même, par l’obéissance d’une seule personne, la multitude sera rendue juste

Parole du Seigneur.

 

Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.

L’homme ne vit pas seulement de pain,

mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. (Mt 4,4b)

Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.

 

Évangile

Le mot « carême » dérive d’un mot latin qui signifie « quarante jours », les quarante jours qui, excepté les six dimanches, nous séparent de Pâques. Et l’Évangile de ce dimanche évoque, lui aussi, quarante jours, les quarante jours de Jésus dans le désert.

D’après l’Évangile, ces quarante jours sont le temps qui permet à Jésus de prendre conscience du projet que Dieu a pour lui.

Mais, dans ce temps de prise de conscience, intervient le séducteur. Matthieu le présente comme « le diable » (vv. 1.5.8.11), un mot grec qui signifie ‘diviseur’, comme « celui qui met à l’épreuve » (v. 3) et, enfin, comme « Satan » (v. 10), un mot hébreu qui signifie ‘adversaire’[11]. Pour deux fois, celui qui met à l’épreuve s’adresse à Jésus en l’appelant « fils de Dieu » (vv. 3.5). De cette façon, le diable se présente comme celui qui est fidèle à la déclaration faite par Dieu au moment du baptême : « Celui-ci est mon fils bien-aimé » (3,17). Jésus doit ainsi confirmer ce que la voix du ciel avait déclaré[12].

A Jésus qui a jeûné 40 jours, le diable demande d’abord de transformer les pierres en pains. Mais Jésus refuse en citant une phrase du Deutéronome : « L’être humain ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Deut 8,3). Et cette page de l’Ancien Testament exhorte à construire sa vie non sur des biens matériels mais sur la parole de Dieu[13].  

Dans la deuxième tentation, le diable demande à Jésus de se jeter du sommet du temple de Jérusalem (vv. 5s). Dieu, dit le diable en citant un psaume (Ps 91/90,11s), va envoyer des anges pour lui éviter des blessures. Mais Jésus ne veut pas mettre Dieu à l’épreuve. La fidélité à la parole de Dieu n’est pas une confiance aveugle : suivre la parole de la Bible n’est pas une forme de suicide comme l’action de se jeter du point le plus haut du temple de Jérusalem.

Enfin, la troisième tentation : adorer Satan pour recevoir, en échange pouvoirs et richesses. Mais Jésus refuse, il reste fidèle à Dieu. Cette fidélité n’a rien à voir avec la recherche du pouvoir, d’un royaume comme « tous les royaumes du monde » (v. 8). Cette fidélité est adoration de Dieu, culte rendu à Dieu (v. 10). Au lieu du pouvoir, c’est la volonté de Dieu, la fraternité, la solidarité. Et Jésus le montrera bientôt : en tendant la main à ses disciples, il dira : « Voici ma mère, voici mes frères. Celui qui accomplit la volonté de mon Père dans les cieux, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère » (Mt 12,49-50).

 

De l’Évangile de Matthieu (4,1-11)

1 Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être mis à l’épreuve par le diable.

2 Et, après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, plus tard il eut faim.

3 Et, s’étant approché, celui qui le mettait à l’épreuve, lui dit : « Si tu es fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains ». 4 Mais Jésus, en répondant, dit : « Il est écrit – écriture définitive – : “L’être humain ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu” ».

5 Alors le diable le prend et le conduit vers la ville sainte et le plaça sur le toit du temple, 6 et lui dit : « Si tu es fils de Dieu, jette-toi en bas. Car il est écrit – écriture définitive – : “il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, et ils te porteront sur les mains, pour éviter que ton pied ne heurte contre une pierre” ». 7 Jésus lui déclara : « Il est aussi écrit – écriture définitive – : “tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur, ton Dieu” ».

8 Le diable le prend encore et le conduit vers une montagne très élevée et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire, 9 et lui dit : « Tout cela je te le donnerai si, tombant à mes pieds, tu m’adores ». 10 Alors Jésus lui dit : « Retire-toi, Satan ! Car il est écrit – écriture définitive – : “Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et c’est à lui seul que tu rendras un culte” ».

11 Alors le diable le laisse. Et voici, des anges s’approchèrent, et ils le servaient.

Acclamons la Parole de Dieu.

 

Prière d’ouverture

 

Prière pour briser les idoles

Seigneur, idolâtre fut le peuple d’Israël

quand il adora le Veau d’or en l’absence de Moïse,

absorbé dans ta contemplation sur le mont Sinaï.

 

Mais nous autres qui nous disons tes disciples,

ne sommes-nous pas non plus des infidèles ?

L’argent, l’activisme, le consumérisme,

la quête obsessionnelle de reconnaissance…

Ou encore la propension à dénigrer autrui

pour mieux masquer nos failles :

ne sont-ce pas là les modernes idoles

qui nous éloignent de toi ?

 

Entends dans ta bonté infinie

notre supplique : montre nous

le chemin de la conversion permanente.

Que ta grâce nous aide à vivre

plus en relation avec nous-mêmes

comme avec nos proches !

Oui : moins de biens et plus de liens !

Puisse ce simple slogan

devenir une règle de vie

qui nous unira davantage à toi[14].

[Jean-Claude Noyé, journaliste de la revue « Prier »]

 

Prière des fidèles 

* Seigneur Dieu, le rêve que tu as sur nous, en nous façonnant et en nous caressant de tes mains, nous l’avons cassé dans notre orgueil, dans notre désobéissance, dans nos désirs d’avoir du succès. Reprends dans tes mains, Seigneur, notre condition fragile, libère-nous de la mort qui s’est enracinée en nous, et fais renaître en nous l’espoir d’être encore sauvés par ta miséricorde, à travers notre frère Jésus.

* Le psaume nous parle de « ton amour » et de « tes tendresses maternelles ». Et nous, comme le poète du psaume, nous ne pouvons que reconnaître notre tort et notre échec et toutes nos rébellions. Voilà pourquoi nous ne pouvons que faire nôtre la requête du poète : « Crée en moi, Elohim, un cœur pur, et renouvelle un souffle ferme au fond de moi ».  Et ce nouveau souffle puisse nous guider, aujourd’hui et demain, jusqu’à quand nous pourrons, en mourant, nous abandonner dans tes bras.

* La lettre de Paul nous a aidé(e)s à découvrir ta générosité, Seigneur. En effet, comme Adam nous sommes tous pécheurs, nous sommes faiblesse, faiblesse vouée à la mort. Et pourtant… l’action juste d’un seul homme, l’action de notre frère Jésus, « a pour résultat de rendre justes tous les êtres humains ». Et c’est ainsi que – à travers ce Frère – nous avons « la vie ». Que ce Frère nous donne la force, jour après jour, de vivre cette vie nouvelle en répondant, avec amour, à ton amour, Seigneur Dieu.

* Jésus notre frère, dans la solitude du désert, tu as refusé toutes les mauvaises propositions : oublier la parole de Dieu et chercher seulement les biens matériels, refuser Dieu en vue de posséder « tous les royaumes du monde et leur gloire ». Devant ces propositions, tu as résisté, tu as dit « non ». Tu as été mis à l’épreuve comme chacune et chacun de nous, et toi, tu as vaincu. Donne-nous la force de refuser, nous aussi, ces propositions méchantes. Et que ton Église tout entière fasse de même.

 

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[1] Cf. A. Wénin, Da Adamo ad Abramo o l’errare dell’uomo. Lettura narrativa e antropologica della Genesi. I, Genesi 1,1-12,4, EDB, Bologna, 2008, p. 41.

[2] Cf. G. Ravasi, dans La Bibbia di Gerusalemme. Antico Testamento. Pentateuco (Parte I). Genesi. Esodo, Commenti di G. Ravasi, Edizione speciale per il Corriere della Sera, Milano, 2006, p. 345-348.

[3] Ibid. p. 380.

[4] Ibid. p. 376s et 383.

[5] Le verbe hébreu « sakal » a une double signification : « devenir intelligents / adultes » et « avoir du succès ». Cf. A. Wénin, Op. cit., p. 63, note 3. Cf. aussi L. Koehler – W. Baumgartner, Lexicon in Veteris Testamenti libros, Brill, Leiden, 1958, p. 922, sous la voix « sakal ».

[6] Cf. A. Wénin, Op. cit., p. 77.

[7] Cf. G. Ravasi, Il libro dei salmi. Commento e attualizzazione. Vol. II (Salmi 51-100), EDB, Bologna, 2015, p. 38.

[8] Pour cette signification du terme hébreu, cf. L. Koehler – W. Baumgartner, Lexicon in Veteris Testamenti libros, Brill, Leiden, 1958, p. 108, sous la voix « bad ».

[9] Cf. G. Ravasi, Il libro dei salmi. Commento e attualizzazione. Vol. II (Salmi 51-100), EDB, Bologna, 2015, p. 53.

[10] Cf. R. Penna, Lettera ai Romani, I. Rm 1-5. Introduzione, versione, commento, EDB, Bologna, 2004, p. 26-33.

[11] Cf. L. Koehler – W. Baumgartner, Lexicon in Veteris Testamenti libros, Brill, Leiden, 1958, p. 918s, sous la voix « sâtân ».

[12] Cf. S. Grasso, Il Vangelo di Matteo: commento esegetico e teologico, Città Nuova, Roma, 2014, p. 116.

[13] Cf. Ibid.

[14] Le grand livre des prières. Textes choisis et présentés par C. Florence et la rédaction de Prier, avec la collaboration de M. Siemek, Prier – Desclée de Brouwer, Paris 2010, p. 444