Eucharistie: 29 mars 2026

Dimanche des rameaux

 

L’entrée de Jésus à Jérusalem

 

Prière de bénédiction

Seigneur, aujourd’hui nous portons ces rameaux pour fêter Jésus comme notre roi. Accorde-nous d’entrer avec lui, un jour, dans la Jérusalem éternelle. Lui qui règne pour les siècles des siècles. Amen.

 

Lecture (sous le manguier)

La page de l’Évangile que nous allons écouter dans un instant nous parle de Jésus qui entre à Jérusalem. En effet, au début de la page (v. 1) et aussi à la fin (v. 10), Matthieu insiste sur le nom de la ville.

Dans la première partie du récit (vv. 1-7), Jésus s’adresse à deux disciples et leur demande d’aller chercher une ânesse et son petit. La mention de ces deux animaux rappelle la bénédiction adressée par Jacob à son fils Juda : « l’abondance sera telle qu’il attachera à la vigne son âne et le fils de son ânesse » (Gen 49,11). Mais la mention de ces deux animaux permet à Matthieu, surtout, de présenter Jésus comme messie prince de la paix et « plein de douceur ». Voilà le message pour Sion, qui est comme une jeune fille qui attend son roi.

Dans la seconde partie de la narration (vv. 8-11), il y a la foule très nombreuse, et ensuite les foules, qui accompagnent Jésus et l’acclament avec les mots du psaume : « Que Dieu bénisse celui qui vient au nom du Seigneur ». Et, à la ville bouleversée par ce qui est en train de se passer, les foules confessent l’identité de Jésus : « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée ». Et nous aussi, ce matin, avec notre cortège, nous voulons reconnaître Jésus comme prophète, celui qui – à travers sa parole et sa vie tout entière – nous parle de Dieu.

 

De l’Évangile de Matthieu (21,1-11)

1 Jésus et ses disciples approchent de Jérusalem. Ils arrivent près de Bethfagé, vers le mont des Oliviers. Alors Jésus envoie deux disciples, 2 en leur disant : « Allez au village qui est devant vous. Et là, vous trouverez tout de suite une ânesse attachée avec une corde, et son petit âne avec elle. Détachez-la et amenez-les-moi. 3 Et si quelqu’un vous dit quelque chose, vous direz : “Le Seigneur en a besoin”, et il les laissera partir tout de suite ».

4 Cela est arrivé pour que s’accomplisse ce que le prophète a dit (de la part du Seigneur) :

5 « Dites à Sion, qui est comme une jeune fille (Is 62,11) :

“Voici : ton roi vient vers toi !

Il est plein de douceur.

Il est monté sur une ânesse et sur un ânon,

le petit d’une bête qui porte des charges” » (Za 9,9 grec).

6 Les disciples partent et ils font comme Jésus leur a ordonné. 7 Ils amènent l’ânesse et l’ânon. Ils posent des vêtements sur eux, et Jésus s’assoit dessus.

8 La foule, très nombreuse, étend ses vêtements sur le chemin. D’autres coupent des branches d’arbres et ils les étendent sur le chemin. 9 Les foules qui marchent devant Jésus et celles qui le suivent crient disant : « Gloire au Fils de David ! Que Dieu bénisse celui qui vient au nom du Seigneur (Ps 118,26) ! Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! ».

10 Et, quand Jésus entre à Jérusalem, toute la ville est bouleversée et se demande : « Qui est cet homme ? ». 11 Et les foules répondent : « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée ».

 

Acclamons la Parole de Dieu.

Procession des rameaux avec des chants

 

Liturgie de la parole

Première lecture

Dans le livre d’Isaïe, nous avons quatre chants qui nous parlent d’un personnage nommé « Serviteur ». C’est le Serviteur de Yahvéh. Dans le troisième de ces chants, ce Serviteur se présente comme homme de la parole, une parole pour « soutenir le faible » (v. 4). Mais il se présente surtout comme homme souffrant : il est frappé au dos, on lui arrache la barbe, on lui crache dessus (v. 6). Mais il voit sa souffrance non comme un châtiment de Dieu mais comme une expérience dans laquelle Dieu lui est proche (v. 7).

Du livre d’Isaïe (50,4-7)

4 Yahvéh le Seigneur m’a donné

une langue de disciple ;

pour que je sache soutenir le faible,

il fait jaillir en moi une parole de réconfort.

Matin après matin

il me fait dresser l’oreille

pour que j’écoute comme un disciple.

5 Yahvéh le Seigneur m’a ouvert l’oreille.

Et moi je ne me suis pas rebellé,

je ne me suis pas retiré :

6 mon dos, je l’ai donné à ceux qui me frappent,

et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe ;

mon visage, je ne l’ai pas soustrait

face à ceux qui m’insultent et qui crachent sur moi.

7 Et Yahvéh le Seigneur me vient au secours :

dès lors je ne cède pas aux outrages,

dès lors j’ai rendu mon visage dur comme la pierre,

et je sais que je n’éprouverai pas de honte.

Parole du Seigneur.

 

Psaume

Le psaume 22 est certainement un des psaumes les plus connus. C’est le psaume dans lequel Jésus crucifié trouve son identité en criant : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mc 15,34 et Mt 27,46). Après cette demande très vigoureuse qui ouvre le psaume, le poète présente sa grande souffrance[1]. Il a « orienté » – littéralement il a « roulé » – sa vie vers Dieu et il a mis en Dieu tout son plaisir (v. 9), mais des gens se moquent de lui et de la confiance qu’il a faite au Seigneur.

En plus, il est encerclé par « un groupe de malfaiteurs » (v. 17). Ils sont autour de lui « comme des chiens » et ils ont percé ses mains et ses pieds.

Dans cette situation, le poète adresse à Dieu sa prière, pour sa vie, son seul bien. Il dit : « Délivre-moi d’une mort violente, des dents de ces chiens arrache ma vie, mon seul bien ! » (v. 21). Dans sa prière, le poète est animé par une confiance intense envers le Seigneur. Voilà pourquoi il peut terminer sa supplication en découvrant que Dieu n’est pas loin. Pour évoquer sa surprise, un seul mot lui suffit, un seul mot adressé à Dieu : « ‘anitani », c’est-à-dire « tu m’as répondu » (v. 22)[2]. Et, de cette surprise, naît sa louange à Dieu, une louange qu’il partage avec toute la communauté.

Quant à nous, ce matin, en écoutant ce psaume, nous ne pouvons que penser aux souffrances vécues par Jésus, ses souffrances et sa mort. En pensant à ses souffrances, nous pouvons faire nôtres les paroles de Jésus. Voilà pourquoi je vous propose comme refrain :

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »,

mais en sachant que Dieu lui a répondu de la façon la plus extraordinaire, avec la résurrection.

 

Psaume 22 (versets 8-9 et 17-24)

 

8 Tous ceux qui me voient se moquent de moi,

avec leurs lèvres ils font des grimaces,

ils secouent la tête en disant :

9 « Il a orienté sa vie vers Yahvéh : qu’il le délivre !

Qu’il le sauve, puisqu’il a mis en lui tout son plaisir ! »

Refr. : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

 

17 Un groupe de malfaiteurs m’entoure,

ils sont autour de moi comme des chiens.

Ils m’ont percé les mains et les pieds

18 et je peux compter tous mes os.

Eux, ils observent, ils arrêtent leurs regards sur moi.

19 Entre eux, ils partagent mes habits

et tirent au sort pour savoir qui aura mes vêtements.

Refr. : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

 

20 Et toi, Yahvéh, ne t’éloigne pas !

Toi qui es ma force, viens vite à mon secours.

21 Délivre-moi d’une mort violente,

des dents de ces chiens arrache ma vie, mon seul bien !

22 Sauve-moi de la bouche du lion

et de la corne des buffles !

Refr. : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

 

Tu m’as répondu !

23 Je veux donc parler de toi à mes frères,

je veux chanter ta louange au milieu de l’assemblée :

24 Vous qui respectez Yahvéh, chantez sa louange !

Vous tous les fils de Jacob, rendez-lui gloire !

Refr. : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

 

Deuxième lecture

Dans un instant, nous allons écouter un poème qui était chanté dans les premières communautés chrétiennes. Ce chant, que Paul cite dans la lettre aux Philippiens, parle de Jésus en présentant deux mouvements.

Le premier (vv. 6-8) d’en haut en bas, de la condition divine à la condition humaine la plus basse, la condition d’esclave, et l’anéantissement de la mort. Voilà ce que Jésus a vécu.

Le deuxième mouvement (vv. 9-11) d’en bas en haut : de la mort à la résurrection et à la glorification universelle du Christ, un mouvement dans lequel le Christ va associer l’humanité entière.

 

De la lettre de saint Paul aux Philippiens (2,6-11)

6 Le Christ Jésus, étant de condition divine,

son égalité à Dieu, il ne l’a pas considérée comme une proie à saisir / il n’a pas cherché à la garder à tout prix pour lui.

7 Mais, lui-même, il s’est anéanti

prenant condition d’esclave

et devenant semblable aux humains ;

et, reconnu à son aspect vraiment comme un homme,

8 il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort,

et à la mort sur une croix !

9 C’est pourquoi Dieu l’a souverainement exalté

et lui a fait don du Nom

qui est au-dessus de tout nom,

10 afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse,

dans les cieux, sur la terre et sous la terre,

11 et que toute langue proclame :

« Jésus Christ est Seigneur »

pour / à la gloire de Dieu le Père.

Parole du Seigneur.

 

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.

Pour nous, le Christ est devenu obéissant, jusqu’à la mort, et la mort de la croix.

C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom.

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus. (cf. Ph 2, 8-9)

 

Évangile

Le chapitre 26 de l’Évangile de Matthieu s’ouvre avec un fort contraste : à Jérusalem, les prêtres et les abashingantahe décident d’arrêter Jésus et de le mettre à mort, tandis qu’a Béthanie une femme exprime à Jésus toute son affection en répandant sur sa tête de l’huile parfumée. Et Jésus interprète ce geste comme une préparation à son ensevelissement : « En répandant ce parfum sur mon corps, elle l’a fait pour mon ensevelissement » (26,12).

Juste après ce récit de la femme, Matthieu nous parle de Judas qui va chez les grands prêtres et se met d’accord de leur livrer Jésus (vv. 14-16).

La narration nous présente ensuite la préparation du repas de la Pâque (vv. 17-25). Lorsque Jésus et les disciples sont à table, Jésus leur dit : « l’un de vous va me livrer » (v. 21). Et la personne en question est celle qui partage le même plat avec lui. Jésus vit donc une expérience comme celle du poète du psaume qui avouait : « Même mon ami, celui qui avait ma confiance et qui mangeait mon pain, lève son pied contre moi » (Ps 41,10).

Après l’annonce de ce que Judas va accomplir, Matthieu nous raconte le dernier souper de Jésus, le souper dans lequel Jésus donne le pain en disant, d’une façon très surprenante : « Prenez, mangez : ceci est mon corps » (v. 26). Il fait de même avec le vin en donnant le vin : « Buvez-en tous, car ceci est mon sang de l’alliance » (v. 27s). En donnant le pain et le vin, Jésus agit comme agit un père de famille juive à l’intérieur du repas de Pâque. Mais la nouveauté de Jésus est l’identification : le pain c’est son corps, le vin son sang donné, son sang de l’alliance. Et le regard de Jésus est vers l’avenir auprès de Dieu : « je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous, dans le royaume de mon Père » (v. 29)

Après ce repas, Jésus va vers le Gethsémani. Et, en chemin, Jésus annonce que Pierre le reniera. Mais Pierre, comme les autres disciples déclare que jamais il ne reniera Jésus (vv. 31-35).

Dans la section suivante (vv. 36-45), nous avons la prière de Jésus au Gethsémani. Il choisit Pierre et les deux fils de Zébédée pour qu’ils participent plus intensément à sa « tristesse et angoisse » (v. 37). Mais en vain ! Dans sa prière, Jésus est seul, seul avec le Père. A lui il adresse sa prière : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! » (v. 39). Mais, tout de suite après cette demande, Jésus accepte ce que le Père veut : « Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux » (v. 39).

En poursuivant son récit, Matthieu nous raconte l’arrestation de Jésus (vv. 47-56). En effet, Judas arrive avec des gens qui portent des armes et des bâtons. Et pour permettre à ces personnes de reconnaître Jésus, Judas lui donne un baiser : un acte qui devrait être un signe d’amour devient un acte pour conduire Jésus à la mort. Pour protéger Jésus, un disciple sort son épée et coupe l’oreille au serviteur du grand prêtre. Mais Jésus réagit à cet acte violent et ordonne au disciple : « Remets ton épée à sa place » Donc : non à la violence, même si par la violence on veut sauver quelqu’un !

En racontant l’arrestation de Jésus, l’Évangile nous donne une dernière information pleine de tristesse : la fuite des disciples. Et la solitude de Jésus : « tous les disciples l’abandonnèrent ».

La scène suivante nous présente Jésus conduit devant le grand prêtre Caïphe, les scribes et les abashingantahe (vv. 57-68). Pour pouvoir condamner Jésus, on cherche des faux témoins. Mais inutilement. Ensuite il y a deux personnes qui accusent Jésus d’avoir – comme projet – la destruction et la reconstruction du temple. Devant ces témoins, Jésus reste en silence. Voilà pourquoi le grand prêtre pose à Jésus une nouvelle question : « es-tu le Christ, le Fils de Dieu ? » (v. 63). Dans sa réponse, Jésus évoque, en même temps, sa condition divine et humaine : il est « le Fils de l’homme assis à la droite du Tout-Puissant » (v. 64). Les humains, en jugeant et condamnant Jésus, rendent possible sa manifestation à venir[3] : « vous le verrez venir sur les nuages du ciel » (v. 64).

En présentant cette scène de Jésus conduit devant les autorités, Matthieu mentionne un détail qui réapparaît dans la scène suivante. Au moment de la fuite des disciples, Pierre n’est pas allé n’importe où. Il suivait Jésus « à distance » (v. 58). Et ce fait est repris à la fin du chapitre (vv. 69-75), là où Matthieu nous présente Pierre qui renie Jésus. Des personnes mentionnent Pierre comme appartenant au groupe de Jésus, mais Pierre nie ce fait, il le nie trois fois comme Jésus lui avait dit à la fin du repas pascal (v. 34). C’est en se souvenant de cette parole de Jésus que Pierre prend conscience de sa faute et, abandonnant l’espace où il a renié Jésus, « sortit et, dehors, pleura amèrement » (v. 75).

Dans la suite du récit, au chapitre 27, nous avons sept sections.

Dans la première (vv. 1-2), nous avons Jésus conduit devant Pilate. Et Matthieu souligne que cette décision a été prise par « tous les grands prêtres et les anciens du peuple ensemble ». Ce sont eux qui ont pris « la décision de faire mourir Jésus ». Voilà pourquoi ils le conduisent à Pilate « lié », lié comme une personne qui représente une menace.

Dans la deuxième section (vv. 3-10), Judas prend conscience du mal qu’il vient d’accomplir. Aux grands prêtres et aux anciens, il avoue : « J’ai erré, j’ai livré un innocent à la mort ». Il restitue l’argent reçu. Ensuite, dans son désespoir, il se suicide. Quel contraste avec l’insensibilité des grands prêtres, qui n’ont aucun remord ! Ils acceptent les trente pièces d’argent (vv. 3.9) liées au sang de Jésus et ils achètent le champ du sang. Et, à travers une référence à l’Ancien Testament (Za 11,12s ; Jér 32,6-15), Matthieu voit dans ces trente pièces la valeur misérable à laquelle les grands prêtres ont réduit Jésus : trente pièces pour son sang, voilà « le prix du précieux ».

Dans la troisième section (vv. 11-26), Jésus est devant Pilate. Le gouverneur parle d’abord à Jésus (vv. 11-14), ensuite à la foule (vv. 15-26). A Pilate qui lui demande s’il est le roi des Juifs, Jésus répond en prenant les distances. Quand Pilate lui mentionne les accusations exprimées par les autorités juives, Jésus ne répond pas. Et le contraste est évident : les accusations portées par les méchants et le silence du juste[4].

Quant à la foule, qui est manipulée par les autorités juives, elle est de plus en plus incontrôlée. Matthieu parle d’abord de la foule et des foules (vv. 15.20) ; ensuite il y a le mot « tous » et enfin « tout le peuple » (vv. 22.25). En effet, c’est tout le peuple qui perd la tête et veut s’assumer, avec ses fils, la responsabilité de la mort de Jésus : « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants ! » (v. 25).

Enfin, toujours dans cette section, il y a aussi un autre contraste : si Pilate n’a pas le courage d’assumer ses responsabilités et se lave les mains, sa femme, une femme païenne, reconnaît Jésus comme un homme « juste » (v. 19).

Dans la quatrième section (vv. 27-31), les soldats se moquent de Jésus à la présence de toute la troupe (environ 600-1000 hommes). D’abord, Jésus est habillé comme un roi : un habit rouge, une couronne de branches épineuses, un roseau dans la main. Ensuite les soldats se mettent à genoux devant lui, se moquent de lui et le saluent comme roi : « Salut, roi des Juifs ». Enfin, après la dérision, il y a les mauvais traitements : ils crachent sur lui et le frappent. Et, après cela, ils l’emmènent pour le crucifier.

La cinquième section (vv. 32-44) nous présente le chemin de la croix, la crucifixion et la dérision du crucifié. Jésus est sans force et les soldats obligent un homme de Cyrène à porter la croix. Arrivé au Golgotha, on donne à Jésus du vin mélangé avec un liquide amer : comme dans le Psaume, donner du poison comme nourriture et du vin mélangé avec du fiel, sont des formes d’insulte (Ps 69, 21-22). Plein de respect pour Jésus, Matthieu ne mentionne pas le geste des soldats qui le déshabillent, et pour la douleur de la crucifixion, il se limite à dire « Après l’avoir crucifié » (v. 35). Au contraire, le narrateur souligne la dérision dont Jésus est fait objet : c’est la dérision exprimée par les gens qui passent et par les trois groupes qui composent le sanhédrin : les chefs des prêtres, les maîtres de la loi, les anciens. Enfin, il y a aussi les bandits, crucifiés avec lui, qui l’insultent.

Dans la sixième section (vv. 45-56), Matthieu nous parle de la mort de Jésus. Il mentionne d’abord le cri de Jésus : « Éli, Éli, lema sabaktani ? ». C’est le début du psaume 22. Et dans cette phrase, le mot « lema » exprime une interrogation-reproche : « pourquoi ? ». Jésus s’adresse à Dieu ; il ne l’appelle plus « abba, papa » comme au Gethsémani, mais Dieu, « mon Dieu » (« Eli » en hébreu), le Dieu qui m’a abandonné. Voilà les derniers mots de Jésus, et, ensuite, encore un grand cri, et… Jésus « rend l’esprit » (v. 50).

Et, à la mort de Jésus, « le grand rideau qui est dans le temple se déchire en deux morceaux, depuis le haut jusqu’en bas » (v. 51). C’est donc dans la mort de Jésus que la présence de Dieu, une présence cachée et voilée dans le temple, se manifeste à la terre tout entière. Les païens, l’officier romain et ses soldats, reconnaissent Jésus comme un « Fils de Dieu » (v. 54), et la nouvelle humanité libérée de la mort[5], « beaucoup d’amis de Dieu, qui étaient morts », se manifeste (v. 53). Quant au groupe de Jésus, les hommes, déjà au Gethsémani, tous l’ont abandonné et ont pris la fuite (26,56) ; mais les femmes, elles sont là, depuis toujours et jusqu’à la fin (27,55s).

Enfin, la septième section (vv. 57-61) : la mise au tombeau. C’est seulement un inconnu, Joseph d’Arimathée, qui s’occupe de la sépulture de Jésus. Il enveloppe le corps nu de Jésus dans un drap propre, il le met dans le tombeau tout neuf qu’il vient de faire creuser pour lui-même. Il ferme l’entrée de la tombe avec une pierre, et il s’en va. Et ça, sous les yeux de Marie de Magdala et l’autre Marie, assises en face de la tombe. Et ces femmes, témoins de la mort et de la sépulture de Jésus, nous les retrouverons dans une semaine, comme femmes témoins de la résurrection

 

Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu (26,14-27,61)

Les sigles désignant les divers interlocuteurs sont les suivants :

X = Jésus ; L = Lecteur ; D = Disciples et amis ; F = Foule ; A = Autres personnages.

 

L         2614 Un des douze, celui qui est appelé Judas Iscariote, alla chez les grands prêtres 15 et il leur dit :

D         « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? »

L         Et eux lui donnèrent trente pièces d’argent. 16 Et, à partir de ce moment, Judas cherchait une bonne
            occasion pour leur livrer Jésus.
            17 Et le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent de Jésus en disant :

D         « Où veux-tu que nous te préparions le repas de la Pâque ? »

L         18 Il leur dit :

X        « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : “Le maître dit : Le moment est arrivé pour moi. C’est chez toi
           que je célèbre la Pâque avec mes disciples” ».

L         19 Les disciples firent comme Jésus le leur avait ordonné et préparèrent la Pâque.
           20 Le soir venu, Jésus était à table avec les Douze. 21 Et, pendant qu’ils mangeaient, il dit :

X         « Je vous le dis, c’est la vérité : l’un de vous va me livrer ».

L         22 Et profondément attristés, ils commencèrent chacun à lui dire :

D         « Serait-ce moi, Seigneur ? »

L         23 En réponse, il leur dit :

X         « Celui qui a mis la main avec moi dans le plat, c’est lui qui va me livrer. 24 Le Fils de l’homme s’en va
            selon ce qui est écrit de lui ; mais hélas pour l’homme par qui le Fils de l’homme est livré ! Pour cet
            homme-là, ce serait une bonne chose de ne pas être né ! »

L         25 Judas, qui le livrait, réagit en disant :

D         « Est-ce moi, rabbi ? »

L         Il lui dit :

X         « Toi, tu l’as dit ! »

L         26 Pendant qu’ils mangeaient, Jésus prit du pain ; après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit et le
           donna aux disciples en disant :

X         « Prenez, mangez ; ceci est mon corps ».

L         27 Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant :

X        « Buvez-en tous, 28 car ceci est mon sang de l’alliance, versé en faveur de la multitude, pour le pardon
           des péchés. 29 Je vous le dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le
           boirai, nouveau, avec vous, dans le royaume de mon Père ».

L         30 Et, après avoir chanté les psaumes, ils sortirent pour le mont des Oliviers.
           31 Alors Jésus leur dit :

X        « Cette nuit, vous tous, vous trouverez en moi une occasion de chute. Car il est écrit : “Je frapperai le
            berger, et les brebis du troupeau seront dispersées”. 32 Mais, une fois ressuscité, je vous précéderai en
            Galilée ».

L         33 En répondant, Pierre lui dit :

D         « Si tous trouveront en toi une occasion de chute, moi, jamais je ne trouverai une occasion de chute ».

L         34 Jésus lui déclara :

X          « Je te le dis et c’est vérité : cette nuit même, avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois ».

L         35 Pierre lui dit :

D         « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas ».

L         Et tous les disciples dirent la même chose.
           36 Alors Jésus arrive, avec eux, au lieu appelé Gethsémani et il dit à aux disciples :

X        « Asseyez-vous ici, pendant que je vais là-bas pour prier ».

L         37 Et, prenant auprès de lui Pierre et les deux fils de Zébédée, il commença à être saisi de tristesse et
           d’angoisse.
           38 Alors il leur dit :

X         « Mon âme est triste jusqu’à la mort, restez ici et veillez avec moi ».

L         39 Et, allant un peu plus loin, il tomba son visage contre terre en priant, et il disait :

X        « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi, je
           veux, mais comme toi, tu veux ».

L         40 Et il vient vers ses disciples et les trouve endormis ; il dit à Pierre :

X        « Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller avec moi, même pendant une heure ? 41 Veillez et priez,
           pour ne pas entrer dans l’épreuve ; l’esprit est plein d’ardeur, mais la chair est faible ».

L         42 Encore une deuxième fois, il s’éloigna et pria disant :

X        « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté se réalise ! ».

L         43 Et, venant encore près des disciples, il les trouva endormis, car leurs yeux étaient lourds de sommeil.
          44 Et, les laissant, de nouveau il s’éloigna et pria pour la troisième fois, disant les mêmes paroles. 45 Puis il
          vient vers les disciples et il leur dit :

X        « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer. Voici qu’elle est proche, l’heure où le Fils de l’homme
           est livré aux mains des pécheurs. 46 Levez-vous, allons ! Voici : celui qui me livre est arrivé ».

L         47 Jésus parlait encore quand… voici : Judas, l’un des Douze, arriva, et avec lui une foule nombreuse,
           avec des armes et des bâtons, envoyée par les grands prêtres et les anciens du peuple. 48 Celui qui le
           livrait leur avait donné un signe :

D         « Celui que j’embrasserai, c’est lui : arrêtez-le ».

L         49 Et aussitôt, s’approchant de Jésus, il lui dit :

D         « Salut à toi, Rabbi ! »

L         Et il lui donna un baiser. 50 Jésus lui dit :

X        « Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le ! »

L         Alors les gens s’approchèrent, mirent la main sur Jésus et l’arrêtèrent. 51 Et voici : un de ceux qui
           étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre, et lui trancha
           l’oreille.
               52
Alors Jésus lui dit :

X        « Remets ton épée à sa place, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. 53 Penses-tu que je
           ne puisse pas faire appel à mon Père ? Il mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions
           d’anges. 54 Mais alors, comment s’accompliraient les Écritures selon lesquelles il doit en être ainsi ? ».

L         55 En cette heure-là, Jésus dit aux foules :

X        « Vous êtes sortis pour vous emparer de moi avec des épées et des bâtons, comme si j’étais un bandit.
           Tous les jours j’étais assis dans le temple pour enseigner, et vous n’êtes pas venus m’arrêter. 56 Mais
           tout cela est arrivé pour que s’accomplissent les Écritures des prophètes ».

L         Alors tous les disciples l’abandonnèrent et s’enfuirent.
           57 Ceux qui avaient arrêté Jésus l’amenèrent devant Caïphe, le grand prêtre. Là, s’étaient réunis les
             scribes et les anciens. 58 Quant à Pierre, il le suivait à distance, jusqu’au palais du grand prêtre ; il entra
             dans la cour et s’assit avec les serviteurs pour voir comment cela va finir.

              59 Et les grands prêtres et tout le Conseil suprême cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour
            le condamner à mort. 60 Mais ils n’en trouvèrent pas ; pourtant beaucoup de faux témoins s’étaient
            présentés. Finalement deux hommes se présentèrent ; 61 ils dirent :

A         « Celui-ci a déclaré : “Je peux détruire le temple de Dieu et le reconstruire en trois jours” »

L         62 Alors le grand prêtre se leva et lui dit :

A         « Tu n’as rien à répondre ? De quoi ces gens témoignent-ils contre toi ? »

L         63 Mais Jésus gardait le silence. Le grand prêtre lui dit :

A         « Au nom du Dieu vivant, je te demande de nous répondre sous serment : es-tu le Christ, le Fils de
              Dieu ? »

L         64 Jésus lui dit :

X        « C’est toi-même qui l’as dit ! En tout cas, je vous le déclare : désormais vous verrez le Fils de l’homme
            assis à la droite du Tout-Puissant : vous le verrez venir sur les nuages du ciel ».

L         65 Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant :

A         « Il a insulté Dieu ! Pourquoi nous faut-il encore des témoins ? Voici, maintenant vous avez entendu
            l’insulte faite à Dieu ! 66 Quel est votre avis ? »

L         Ils répondirent :

F         « Il mérite la mort. »

L         67 Alors ils crachent sur son visage et le giflent ; d’autres lui donnent de coups 68 en disant :

F         « Fais-nous le prophète, ô Christ ! dis-nous qui t’a frappé ? »

L         69 Cependant Pierre était assis dehors dans la cour. Une jeune servante s’approcha de lui et lui dit :

A         « Toi aussi, tu étais avec Jésus, le Galiléen ! »

L         70 Mais il le nia devant tout le monde et dit :

D         « Je ne sais pas de quoi tu parles ».

L         71 Comme il s’en allait vers le portail, une autre servante le vit et dit à ceux qui étaient là :

A         « Celui-ci était avec Jésus, le Nazaréen ».

L         72 De nouveau, Pierre le nia en faisant ce serment :

D         « Je ne connais pas cet homme ».

L         73 Un peu plus tard, ceux qui se tenaient là s’approchèrent et dirent à Pierre :

A         « Sûrement, toi aussi, tu es l’un d’entre eux ! D’ailleurs, ton accent le montre bien ».

L         74 Alors, il se mit à protester violemment et à jurer :

D         « Je ne connais pas cet homme ».

L         Et aussitôt un coq chanta. 75 Alors Pierre se rappela la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le
           coq chante, tu m’auras renié trois fois ». Il sortit et, dehors, pleura amèrement.

L         271 Le matin venu, tous les grands prêtres et les anciens du peuple prirent ensemble la décision de
            faire mourir Jésus. 2 Et après l’avoir lié, ils l’emmènent et le livrent à Pilate, le gouverneur romain.
            3 Judas, celui qui a livré Jésus, voit qu’on l’a condamné. Alors il regrette ce qu’il a fait et il va rendre les
            trente pièces d’argent aux chefs des prêtres et aux anciens. 4 Il leur dit :

D         « J’ai erré, j’ai livré un innocent à la mort ».

L         Ils lui disent :

A         « Que nous importe ? Cela te regarde ».

L         5 Judas jette l’argent dans le temple et il part. Ensuite il s’éloigne et va se pendre.
           6 Les chefs des prêtres ramassent l’argent en disant :

A         « Il n’est pas permis de le mettre avec les offrandes du temple. En effet, c’est le prix du sang ».

L              7 Ils se mettent d’accord et avec cet argent, ils achètent le champ du potier pour en faire un cimetière
              des étrangers. 8 Voilà pourquoi ce champ s’appelle encore aujourd’hui le « champ du sang ». 9 Ainsi
               se réalise ce qui avait été dit par le prophète Jérémie : « Ils ont pris les trente pièces d’argent – le prix
              du précieux, qu’ont apprécié les fils d’Israël – 10 et ils les ont données pour acheter le champ du potier.
              C’est ce que le Seigneur m’a commandé de leur dire ».

                  11 On amène Jésus devant Pilate, le gouverneur. Le gouverneur l’interroge en lui disant :

A         « Est-ce que tu es le roi des Juifs ? ».

L         Jésus lui répond :

X         « C’est toi qui le dis ».

L         12 Ensuite, les chefs des prêtres et les anciens accusent Jésus, mais il ne répond rien. 13 Alors Pilate lui
            dit:

A         « Tu n’entends pas tout ce qu’ils attestent contre toi ? »

L         14 Mais Jésus ne lui donne aucune réponse, de sorte que le gouverneur est profondément étonné.

              15 À chaque fête de la Pâque, le gouverneur avait l’habitude de libérer un prisonnier, celui que la
            foule  voulait. 16 À ce moment-là, il y avait un prisonnier célèbre appelé Jésus Barabbas. 17 Les gens se
            sont rassemblés, et Pilate leur dit:

A        « Qui voulez-vous que je vous libère : Jésus Barabbas ou Jésus qu’on appelle le Christ Messie ? »

L              18 Pilate sait bien, en effet, qu’ils lui avaient livré Jésus par jalousie.

                 19 Pendant que Pilate est assis au tribunal, sa femme envoie quelqu’un pour lui dire :

A         « Ne te mêle pas de l’affaire de cet homme juste ! Cette nuit, dans un rêve, j’ai beaucoup souffert à
            cause de lui ».

L              20 Les chefs des prêtres et les anciens poussent les foules à demander Barabbas et à faire mourir
              Jésus. 21 Prenant la parole, le gouverneur leur dit :

A         « Lequel des deux voulez-vous que je vous libère ? ».

L         Ils disent :

F         « Barabbas ».

L              22 Pilate leur dit :

A         « Que ferai-je donc de Jésus qu’on appelle Messie ? ».

L         Tous disent :

F         « Qu’il soit crucifié ! ».

L              23 Pilate leur dit :

A         « Qu’est-ce qu’il a donc fait de mal ? ».

L         Mais ils se mettent à crier encore plus fort en disant :

F         « Qu’il soit crucifié ! »

L         24 Pilate voit qu’il n’arrive à rien, et l’agitation est de plus en plus grande. Alors il prend de l’eau et il se   
            lave les mains devant la foule en disant :

A         « Je ne suis pas responsable du sang de ce juste. C’est votre affaire ! »

L              25 Et tout le peuple lui répond :

F         « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants ! »

L         26 Alors Pilate leur libère Barabbas. Il fait frapper Jésus à coups de fouet et il le livre (aux soldats) pour
           qu’il soit crucifié.
         
            27 Alors les soldats romains, prenant Jésus, le conduisent dans le palais du gouverneur. Et ils
            rassemblent toute la troupe autour de lui. 28 Ils lui enlèvent ses vêtements et lui mettent un habit
           rouge. 29 Ils tressent une couronne avec des branches épineuses et la posent sur sa tête. Ils lui placent
           un roseau dans la main droite. Ensuite, ils se mettent à genoux devant lui et ils se moquent de lui en
           disant:

A         « Salut, roi des Juifs ».

L              30 Ils crachent sur lui, ils prennent le roseau et le frappent sur la tête. 31 Quand ils ont fini de se
              moquer de Jésus, ils lui enlèvent l’habit rouge et lui remettent ses vêtements. Après cela, ils
              l’emmènent pour le crucifier..

32 En sortant, ils rencontrent un homme de Cyrène, appelé Simon. Ils l’obligent à porter la croix de Jésus. 33 Ils arrivent dans un endroit appelé Golgotha, ce qui veut dire « Le lieu du Crâne ». 34 Ils donnent à boire à Jésus du vin mélangé avec un liquide amer. Jésus, l’ayant goûté, ne veut pas en boire. 35 Après l’avoir crucifié, les soldats se partagent ses vêtements, en tirant au sort, 36 et ils s’assoient là pour garder Jésus. 37 Au-dessus de sa tête, ils avaient placé le motif de sa condamnation : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs ».

38 Deux bandits sont alors crucifiés avec lui, l’un à droite, l’autre à gauche.

39 Les gens qui passent par là secouent la tête et ils insultent Jésus 40 en disant :

F         « Toi qui détruis le temple et qui le reconstruis en trois jours, sauve-toi toi-même ! Si tu es Fils de Dieu,
           descends de la croix ! »

L              41 De même, les chefs des prêtres avec les maîtres de la loi et les anciens se moquent de Jésus.
             Ils disent:

A        42 « Il a sauvé les autres, mais il ne peut pas se sauver lui-même ! C’est le roi d’Israël ! Maintenant, il n’a
            qu’à descendre de la croix, alors nous croirons en lui. 43 Il s’est confié en Dieu ; que Dieu le délivre
            maintenant, s’il l’aime. Car il a dit : « Je suis Fils de Dieu ! »

L              44 Même les bandits, crucifiés avec lui, l’insultent de la même façon.

                 45 À partir de midi et jusqu’à trois heures de l’après-midi, il y a obscurité sur toute la terre.

                 46 Vers trois heures, Jésus crie très fort :

X         « Éli, Éli, lema sabaktani ? »

L         Cela veut dire :

X         « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

L              47 En l’entendant, certains de ceux qui sont là, disent :

A         « Il appelle Élie ».

L              48 Aussitôt, l’un d’eux part en courant. Il prend une éponge et la remplit de vinaigre. Il met l’éponge
              au bout d’un roseau et la présente à Jésus pour qu’il boive. 49 Mais les autres disent :

A         « Attends ! Nous allons voir si Élie vient le sauver ! »

L              50 De nouveau, Jésus pousse un grand cri et rend l’esprit.

51 Et voici que le grand rideau qui est dans le temple se déchire en deux morceaux, depuis le haut jusqu’en bas. Et la terre tremble, et les rochers se déchirent. 52 Et les tombes s’ouvrent, et les corps de beaucoup d’amis de Dieu, qui étaient morts, sont ressuscités par Dieu, 53 et, sortis des tombeaux, après sa résurrection, ils entrent dans Jérusalem, la ville sainte, et se manifestent à un grand nombre de gens.

54 L’officier romain et les soldats qui – ensemble avec lui – gardent Jésus voient que la terre tremble. Ils voient aussi tout ce qui se passe. Alors ils sont pris, intensément, par la crainte et ils disent :

A         « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! »

L              55 Beaucoup de femmes sont là, elles regardent de loin. Elles ont suivi Jésus depuis la Galilée en le
               servant. 56 Parmi elles, il y a Marie du village de Magdala, Marie la mère de Jacques et de Joseph, et
               la mère des fils de Zébédée.

57 C’est le soir, un homme riche arrive. Il est de la ville d’Arimathée et s’appelle Joseph. Lui aussi est devenu disciple de Jésus. 58 Il va voir Pilate, le gouverneur, et lui demande le corps de Jésus. Alors Pilate commande de lui donner le corps. 59 Joseph prend le corps et l’enveloppe dans un drap propre. 60 Il met le corps dans le tombeau tout neuf qu’il vient de faire creuser pour lui-même dans le rocher. Ensuite, il roule une grosse pierre pour fermer l’entrée de la tombe, et il s’en va.

61 Marie de Magdala et l’autre Marie sont là, assises en face de la tombe.

Acclamons la Parole de Dieu.

 

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[1] B. Maggioni, Davanti a Dio. I salmi 1-75, Vita e pensiero, Milano, 2001, p. 73s.

[2] Pour ce mot qui reprend et corrige le v. 3 du même psaume, cf. M. Girard, Les psaumes redécouverts. De la structure au sens (Ps 1-50), Bellarmin, Montréal, 1996, p. 417.

[3] Cf. S. Grasso, Il Vangelo di Matteo: commento esegetico e teologico, Città Nuova, Roma, 2014, p. 772.

[4] J. Gnilka, Il Vangelo di Matteo. Parte seconda, Brescia, Paideia, 1991, p. 664.

[5] D. M. Turoldo – G. Ravasi, « Convertitevi e credete al vangelo », Tempo di quaresima, triduo pasquale, tempo di Pasqua. Commento alle letture liturgiche, San Paolo, Cinisello Balsamo, 2003, p. 140.