Eucharistie: 8 mars 2026

troisième dimanche de Carême

 

Jésus, nous l’avons entendu nous-mêmes (Jean 4,42)

 

Première lecture


La page de l’Exode qu’on va lire dans un instant nous présente Israël au désert. Et, comme on peut facilement imaginer, dans un lieu désert on a soif (v. 3) et on risque de « mourir dans la soif » (v. 3). Dans notre page, cette expérience de la soif pousse le peuple à protester, à protester contre Moïse : « Tu nous as fait monter d’Egypte pour faire mourir dans la soif, moi, mes enfants et mes troupeaux » (v. 3). Quant à Moïse, il ressent cette protestation comme une menace, presqu’une menace de mort : « Encore un peu, et ils vont me tuer » (v. 4). En plus, Moïse voit dans le comportement du peuple non seulement une protestation contre lui mais aussi une mise à l’épreuve de Dieu lui-même. Le narrateur nous le dit dans la dernière phrase : les Israélites « avaient mis Yahvéh à l’épreuve en disant : “Yahvéh est-il au milieu de nous, oui ou non ?” » (v. 7). En effet, à travers son comportement, le peuple met Dieu à l’épreuve et veut obliger Dieu à intervenir ; il demande à Dieu de rendre compte de sa façon d’agir et l’accuse de ne pas vouloir le salut du peuple.

Et Dieu, que fait-il ? La réaction de Dieu est surprenante. Il ordonne à Moïse de frapper sur le rocher. Et « des eaux sortiront de lui, et le peuple pourra boire » (v. 6). Mais, avant d’annoncer un miracle, Dieu rassure Moïse en lui disant : « Me voici. Je me tiens devant toi » (v. 6). Et c’est ainsi que le narrateur nous invite à découvrir – même dans nos souffrances, dans nos vies menacées et dans notre vie au désert – la présence de Dieu. A chacune et à chacun de nous, Dieu dit : « Me voici. Je me tiens devant toi » [1]

Lecture du livre de l’Exode (17,3-7)

3 Et a soif, le peuple, dans le désert pour le manque d’eau, et murmure contre Moïse. Il dit : « Pourquoi ceci ? Tu nous as fait monter d’Égypte pour faire mourir dans la soif, moi, mes enfants et mes troupeaux ».

4 Et crie, Moïse, vers Yahvéh en disant : « Que dois-je faire pour ce peuple ? Encore un peu, et ils vont me tuer en me jetant des pierres ».

5 Et dit, Yahvéh, à Moïse : « Passe devant le peuple ! Prends avec toi quelques-uns des anciens d’Israël. Prends aussi dans ta main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil, et va ! 6 Me voici. Je me tiens devant toi, là, sur le rocher, au mont Horeb. Et tu frapperas sur le rocher. Et des eaux sortiront de lui, et le peuple pourra boire ». Et fait ainsi, Moïse, sous les yeux des anciens d’Israël. 7 Et il donne à ce lieu le nom de Massa et Mériba, c’est-à-dire Épreuve et Protestation. Et ça à cause de la protestation des fils d’Israël et parce qu’ils avaient mis Yahvéh à l’épreuve en disant : « Yahvéh est-il au milieu de nous, oui ou non ? ».

Parole du Seigneur.

 

Psaume

Le psaume 95 a une structure un peu complexe[2]. Des voix différentes entrent en jeu.

La première voix est celle d’un soliste qui invite la communauté à célébrer Dieu, Dieu qui est la source du salut (vv. 1-2) : il est celui qui nous a créé(e)s, « qui nous a faits » (v. 6).

Après cette déclaration faite par le soliste, la communauté intervient pour souligner les soins que Dieu a pour elle. « Oui, il est notre Dieu et nous sommes le peuple dont il est le berger et le troupeau qu’il conduit de sa main » (v. 7)[3].

Ensuite, il y aura une voix qui nous met en garde. C’est la voix d’un prêtre ou d’un prophète qui parle au nom de Dieu, Dieu qui nous invite à ne pas durcir nos cœurs : « Ne durcissez pas votre cœur comme à Mériba, comme au jour de Massa dans le désert. Là, vos pères m’ont provoqué et mis à l’épreuve » (v. 8-9). Voilà comment les ancêtres se sont comportés. Et pourtant, avec une immense tristesse, Dieu ne peut que constater : « Pourtant, ils avaient vu ce que j’avais fait » (v. 9).

Devant cette expérience d’infidélité à Dieu – l’infidélité vécue par nos pères et aussi par nous-mêmes – nous voulons faire nôtre l’invitation qui jaillit du psaume (vv. 8a et.7d) :

Aujourd’hui, ne durcissez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur !

Voilà notre refrain à la fin de chaque strophe.

 

Psaume 95 (versets 1-2.  6-7c.  7d-9)

1 Allez, crions notre joie pour Yahvéh,

acclamons le rocher qui nous sauve,

2 venons devant son visage pour le remercier,

acclamons-le avec nos musiques.

Refr. :   Aujourd’hui, ne durcissez pas votre cœur,

mais écoutez la voix du Seigneur !

6 Venez, nous allons nous incliner, nous prosterner,

nous mettre à genoux devant Yahvéh qui nous a faits !

7 Oui, il est notre Dieu

et nous sommes le peuple dont il est le berger

et le troupeau qu’il conduit de sa main.

Refr. :   Aujourd’hui, ne durcissez pas votre cœur,

mais écoutez la voix du Seigneur !

7d Aujourd’hui, si vous écoutiez sa voix… !

8 « Ne durcissez pas votre cœur comme à Mériba,

comme au jour de Massa dans le désert.

9 Là, vos pères m’ont provoqué et mis à l’épreuve ;

pourtant, ils avaient vu ce que j’avais fait ».

Refr. :   Aujourd’hui, ne durcissez pas votre cœur,

mais écoutez la voix du Seigneur !

  

Deuxième lecture

C’est probablement vers l’année 57 que Paul écrit la lettre aux chrétiens de Rome. La communauté est composée de personnes d’origine juive et d’autres venues des religions du monde grec. Et Paul, conscient de ces deux composantes de la communauté, écrit : « l’Évangile est une force de Dieu pour le salut de tout homme qui croit, du Juif d’abord, puis du Grec » (1,16).

Et, dans la page qu’on va écouter ce matin, en parlant de soi-même et des chrétiens d’origine juive et grecque, Paul peut utiliser la première personne du pluriel : « nous ».

Dans les deux premiers versets, l’accent est sur l’intervention de Dieu dans notre vie : « En raison de la foi, Dieu nous rend justes ». Et cette intervention de Dieu change totalement notre vie. La première conséquence est que, grâce au Christ, nous sommes « en paix auprès de Dieu », donc nous vivons une relation intime et harmonieuse envers Dieu. La deuxième conséquence est que « nous avons accès à la grâce de Dieu », à son amour, un amour qui est comme l’amour d’une personne qui nous embrasse[4]. Enfin, la troisième conséquence est notre « espoir d’avoir part à la gloire de Dieu ».

Sur l’espoir, Paul revient dans la seconde section de sa page. Le fondement de notre espoir est très solide. « En effet, – nous dit Paul – Dieu a répandu son amour dans nos cœurs à travers l’Esprit Saint qui nous a été donné » (v. 5). Oui, Dieu a répandu, avec une immense générosité, son amour. Et ça, sans aucun mérite de notre part, même si nous étions incapables de correspondre à son amour. En effet, lorsque nous étions parmi celles et ceux qui « refusent Dieu », lorsqu’on n’était pas des personnes justes et capables de faire le bien, lorsque « nous étions encore pécheurs », Dieu – à travers la mort du Christ – nous a montré son amour.

Laissons-nous prendre par cette page dans laquelle Paul nous montre comment Dieu nous a réconcilié(e)s avec lui et nous a manifesté son amour.

 

De la lettre aux Romains (5,1-2 et 5-8)

1 En raison de la foi, Dieu nous rend justes. Nous sommes donc, par notre Seigneur Jésus Christ, en paix auprès de Dieu. 2 Par Jésus nous avons accès, définitivement, à travers la foi, à la grâce de Dieu. En elle, nous demeurons fermement. Et notre fierté et notre joie c’est l’espoir d’avoir part à la gloire de Dieu.

5 Et l’espoir ne déçoit pas. En effet, Dieu a répandu son amour dans nos cœurs à travers l’Esprit Saint qui nous a été donné. 6 Oui, quand nous étions encore sans force, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les gens qui refusent Dieu. 7 Difficilement on accepterait de mourir pour une personne juste. Quelqu’un aurait peut-être le courage de mourir pour une personne qui fait le bien. 8 Mais voici comment Dieu nous montre son amour pour nous : le Christ est mort pour nous, et pourtant, nous étions encore pécheurs.

Parole du Seigneur.

 

Gloire au Christ, Sagesse éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur.

Tu es vraiment le Sauveur du monde, Seigneur !

Donne-moi de l’eau vive : que je n’aie plus soif. (cf. Jean 4,42.15)

Gloire au Christ, Sagesse éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur.

 

Évangile

A l’ouest du Jourdain, la Palestine présente trois régions différentes : au nord la Galilée, plus au sud la Samarie et, encore plus au sud, la Judée avec Jérusalem. Et les relations entre ces trois régions sont complexes. Les habitants de la Judée se considèrent comme les plus fidèles à Dieu et n’ont pas un grand respect pour les Galiléens qui habitent parmi les païens. Quant aux Galiléens, eux aussi refusent le contact avec les Samaritains qui, au lieu d’aller au temple de Jérusalem, ont un temple à eux sur le mont Garizim.

Pour ce qui en est de Jésus, il n’accepte pas cette fermeture par rapport aux Samaritains. C’est ainsi que, pour se rendre à Jérusalem, il traverse la Samarie, il rencontre une femme samaritaine et il a un long dialogue avec elle.

La page que nous allons lire ce matin nous présente surtout ce dialogue, mais elle mentionne aussi le dialogue de Jésus avec ses disciples et, à la fin, avec d’autres gens de Samarie.

Dans le dialogue avec la Samaritaine, Jésus utilise d’abord une image concrète et physique, l’eau, l’eau qu’on peut puiser d’un puits et boire.  Mais, progressivement, Jésus aide la femme à passer à un niveau supérieur[5]. De l’eau, Jésus passe à « l’eau vivante » (v. 10s). Un peu plus en avant, cette eau que Jésus seul peut donner, devient, pour la personne qui en boit, « une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » (v. 14).

Après la thématique de l’eau, le dialogue s’arrête sur Jésus comme prophète et sur la façon d’adorer Dieu. Et le dialogue avec la femme se termine avec Jésus qui révèle son identité. En effet, la femme déclare : « Je sais que le Messie va venir, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous annoncera toutes choses » (v. 25). Et Jésus répond en utilisant les mots à travers lesquels Dieu, dans Exode 3,14, se révèle. En effet, Jésus dit à la femme : « Je suis[6], moi qui te parle » (v. 26). Et ici, c’est la première fois que Jésus révèle directement le mystère de sa personne[7]. Nous sommes au sommet de sa révélation ; et ce mystère, Jésus le révèle s’adressant pour la septième fois à la femme[8].

Après cette septième intervention de Jésus, la femme ne lui répond pas directement, mais elle part annoncer sa découverte à ses concitoyens[9].

Entre-temps, les disciples de Jésus arrivent et invitent Jésus à manger. Jésus leur répond : « J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas » (v. 32). La phrase provoque un malentendu chez les disciples. Et à ce moment Jésus explique : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre » (v. 34).

Après ce discours sur la nourriture, Jésus parle de la moisson. En parlant avec la Samaritaine, Jésus a semé la parole. Maintenant, les disciples, arrivant de la ville, peuvent déjà en constater les résultats. En effet, grâce au témoignage donné par la femme, les gens de la ville viennent à Jésus. Voilà pourquoi Jésus peut dire aux disciples : « D’autres » – le pronom évoque le Père et Jésus[10] – d’autres ont travaillé et vous, vous êtes arrivés pour recueillir le fruit de leur travail » (v. 38).

Enfin, en terminant son récit, Jean nous montre la fécondité de la parole de Jésus. En effet, « Beaucoup de Samaritains se mettent à croire en Jésus » (v. 39). Et, comme Jésus reste chez les Samaritains deux jours, « les Samaritains sont encore plus nombreux à croire en lui à cause de sa parole » (v. 41).

Bref, Jean nous montre que la rencontre avec Jésus a été très efficace en Samarie. Et que cette rencontre puisse être efficace aussi chez nous, ce matin. Laissons-nous guider par ce récit de l’Évangile.

 

De l’Évangile de Jean (4,5-42)

 5 Et Jésus vient dans une ville de Samarie appelée Sychar. Elle est près du champ que Jacob avait donné à son fils Joseph. 6 À cet endroit, il y a le puits de Jacob. Jésus est fatigué par le voyage, et il s’assoit au bord de la source. Il est à peu près midi.

7 Une femme de Samarie vient chercher de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire ». 8 Quant aux disciples de Jésus, ils sont allés à la ville pour acheter de la nourriture. 9 La femme samaritaine dit à Jésus : « Comment ? Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? ». En effet, les Juifs n’ont pas de relations avec les Samaritains.

10 Jésus répond et lui dit : « Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire ! ”  C’est toi qui lui aurais demandé à boire, et il t’aurait donné de l’eau vivante ». 11 La femme lui dit : « Maître, tu n’as pas un seau et le puits est profond. D’où as-tu, donc, cette eau vivante ? 12 Toi, est-ce que tu es plus grand que notre père Jacob ? C’est lui qui nous a donné ce puits. Et lui-même, avec ses fils et ses bêtes, il a bu l’eau de ce puits ».

13 Jésus lui répond et lui dit : « Si quelqu’un boit de cette eau, il aura encore soif.  14 Mais s’il boit de l’eau que, moi, je lui donnerai, il n’aura plus soif pour l’éternité. Au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. 15 La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi cette eau. Alors je n’aurai plus soif, et je n’aurai plus besoin de venir chercher de l’eau ici ».

16 Jésus lui dit : « Va appeler ton mari et reviens ici ». 17 La femme répond et lui dit : « Je n’ai pas de mari ».

Jésus lui dit : « Tu as bien fait de dire : “Je n’ai pas de mari”. 18 En effet, tu as eu cinq maris, et l’homme que tu as maintenant, ce n’est pas ton mari. En cela tu as dit vrai ». 19 Alors la femme lui dit : « Seigneur, je vois que, toi, tu es prophète. 20 Nos ancêtres samaritains ont adoré Dieu sur cette montagne. Et vous, les Juifs, vous dites : “Le lieu où il faut adorer, c’est à Jérusalem” ».

21 Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient quand, ni sur cette montagne ni à Jérusalem, vous adorerez le Père. 22 Vous, les Samaritains, vous adorez ce que vous ne connaissez pas. Nous, les Juifs, nous adorons ce que nous connaissons. En effet, le salut que Dieu donne vient des Juifs. 23 Mais l’heure vient – et c’est maintenant – quand les vrais adorateurs adoreront le Père en étant guidés par son Esprit et selon sa vérité ; car tels sont les adorateurs que le Père recherche. 24 Dieu est Esprit, et ceux qui l’adorent doivent l’adorer en étant guidés par son Esprit et selon sa vérité ».

25 La femme dit à Jésus : « Je sais que le Messie va venir, celui qu’on appelle Christ, quand il viendra, c’est lui qui nous annoncera toutes choses ». 26 Jésus lui dit : « Je suis, moi qui te parle ».

27 À ce moment-là, ses disciples arrivent. Ils sont étonnés parce que Jésus parle avec une femme. Pourtant personne ne lui demande : « Que cherches-tu ? » ou : « Pourquoi parles-tu avec elle ? ».

28 Alors la femme laisse là sa cruche et retourne à la ville et dit aux gens : 29 « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ! Ne serait-il pas le Christ ? ». 30 Les gens sortent de la ville et viennent vers Jésus.

31 Pendant ce temps, les disciples de Jésus insistent : « Maître, mange donc ! » 32 Mais il leur dit : « J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas ». 33 Alors les disciples se disent les uns aux autres : « Est-ce que quelqu’un lui a apporté à manger ? » 34 Jésus leur dit : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre.

35 Vous-mêmes, vous dites : “Encore quatre mois et ce sera la récolte”. Voici, je vous dis : levez les yeux et regardez les champs ! Ils sont déjà mûrs et prêts pour la récolte. 36 Celui qui récolte reçoit déjà sa récompense et il rassemble du fruit pour la vie éternelle. Ainsi, celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble. 37 En effet, il est bien vrai, ce proverbe : “Quelqu’un sème, un autre récolte”. 38 Moi, je vous ai envoyés récolter là où vous n’avez pas travaillé. D’autres ont travaillé et vous, vous êtes arrivés pour recueillir le fruit de leur travail ».

39 Beaucoup de Samaritains de la ville de Sychar se mettent à croire en Jésus. Et cela à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage : « Cet homme m’a dit tout ce que j’ai fait ». 40 Quand les Samaritains arrivent auprès de Jésus, ils l’invitent à rester chez eux. Et pendant deux jours, Jésus reste là. 41 Alors les Samaritains sont encore plus nombreux à croire en lui à cause de sa parole. 42 Ils disent à la femme : « Maintenant, nous ne croyons plus (seulement) à cause de ce que tu as dit. Mais nous l’avons entendu nous-mêmes. Et nous le savons : le Sauveur du monde, c’est vraiment lui ! »

Acclamons la Parole de Dieu.

 

Prière d’ouverture

Jésus, tu es le commencement et la fin,

tu es le roi du monde nouveau ;

tu es le secret de l’histoire,

tu es la clef de notre destinée ;

tu es le médiateur, le pont entre la terre et le ciel ;

tu es, par excellence, le Fils de l’homme

parce que tu es le Fils de Dieu, éternel et infini ;

tu es le fils de Marie, ta maman dans la chair.

Je veux crier : Jésus Christ !

Je veux te célébrer, ô Christ,

non seulement pour ce que tu es pour toi-même ;

je veux t’exalter et t’aimer pour ce que tu es pour nous,

pour chacun de nous, pour chaque peuple, pour chaque civilisation.

Tu es notre sauveur,

tu es notre libérateur,

tu es nécessaire pour nous, pour que nous soyons

des humains dignes et vrais, des humains sauvés[11].

[Giovanni Battista Montini (1897-1978)

 

Prière des fidèles

* Le livre de l’Exode nous a parlé d’un peuple infidèle. Tu l’as libéré de l’esclavage en Égypte. Mais, au lieu de te remercier pour ce don, il proteste, il te met à l’épreuve, il ne reconnaît pas ta présence, il se demande : « Yahvéh est-il au milieu de nous, oui ou non ? ». C’était le comportement d’Israël, mais c’est aussi, un peu, notre comportement. Aide-nous, Seigneur, à découvrir ta présence à côté de nous, ton amour, ta tendresse pour nous.

* Le poète du Psaume revient sur le comportement des Israélites : ils avaient vu ce que tu avais fait, et pourtant… ! A ses compatriotes, l’auteur du psaume déclarait : « Aujourd’hui, si vous écoutez sa voix… ! ». Et ces mots, le poète les adresse aussi à nous : nous aussi, nous devons écouter ta voix, Seigneur. En effet, tu es « notre Dieu et nous sommes le peuple » dont tu es le berger. Aide-nous à découvrir ta présence, ta main qui, pleine de tendresse, nous conduit et nous dirige jour après jour.

* Dans la lettre à la communauté de Rome, Paul insistait sur l’espoir, « l’espoir d’avoir part à la gloire de Dieu », l’espoir de pouvoir vivre en nous abandonnant dans tes bras, Seigneur, dans une accolade sans fin.  Et cet espoir a un fondement très solide : il est enraciné dans l’amour, l’amour que tu as répandu « dans nos cœurs à travers l’Esprit Saint qui nous a été donné ». Que la découverte de ton amour répandu dans nos cœurs puisse nous accompagner et nous donner de la force jour après jour.

* Jésus notre frère, à la femme de Samarie tu as parlé d’une eau que tu seul, tu peux nous donner. Et en nous, cette eau deviendra « une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle ». Cette eau, cette promesse nous encourage : elle nous permet de vivre différemment. En effet, fréquemment nous sommes confronté(e)s avec la mort : la mort de nos proches, la mort comme résultat d’une maladie, parfois la mort comme conséquence d’un acte de violence, en tout cas la mort qui attend chacune et chacun de nous. Et l’eau de laquelle tu as parlé à la Samaritaine, et la parole que tu as annoncée à cette femme, et le pain que tu nous donnes ce matin, nous permettent de vivre et de regarder vers l’avenir en toute confiance : nous serons – un jour – assis et assises à la même table ensemble avec toi.


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[1] Cf. M. Priotto, Esodo. Nuova versione, introduzione e commento, Paoline, Milano, 2014, p. 318s.

[2] Pour la structure du psaume, on peut lire F.-L. Hossfeld, Psalm 95, dans F.-L. Hossfeld – E. Zenger, Psalmen 51-100, Herder, Freiburg – Basel – Wien, 2007, p. 662ss.

[3] Pour les difficultés du texte hébreu, cf. D. Barthélemy, Critique textuelle de l’Ancien Testament. Tome 4. Psaumes, Academic Press – Vandenhoeck & Ruprecht, Fribourg – Göttingen, 2005, p. 667-669.

[4] L’expression utilisée par Paul évoque l’attraction entre deux personnes, une attraction qui se manifeste dans une accolade. Cf. R. Penna, Lettera ai Romani, I. Rm 1-5. Introduzione, versione, commento, EDB, Bologna, 2004, p. 423.

[5] Cf. C. M. Martini, Colti da stupore. Incontri con Gesù, Mondadori, Milano, 2012, p. 78s.

[6] Cf. J. Zumstein, L’Évangile selon saint Jean (1-12), Labor et fides, Genève, 2014, p. 157.

[7] Cf. C. M. Martini, Colti da stupore. Incontri con Gesù, Mondadori, Milano, 2012, p. 171.

[8] La formule « lui dit » ou « dit à elle » se retrouve aux versets 7. 10. 13.16. 17. 21. 26.

[9] Cf. C. M. Martini, Colti da stupore. Incontri con Gesù, Mondadori, Milano, 2012, p. 79.

[10] Cf. J. Zumstein, L’Évangile selon saint Jean (1-12), Labor et fides, Genève, 2014, p. 162.

[11] G. Ravasi, Preghiere. L’ateo e il credente davanti a Dio, Mondadori, Milano, 2000, p. 294s.