Eucharistie: 15 février 2026

6ème dimanche du Temps Ordinaire — Année A

 

Fidèles aux Écritures que Jésus nous dévoile

 

Première lecture

La première lecture est une page écrite par celui qu’on appelle « le Siracide » ou, pour être plus précis, « Jésus fils de Sirach ». Cet écrivain, vers les années 180 avant la naissance de Jésus, a voulu écrire un livre pour enseigner la sagesse aux jeunes de Jérusalem. Malheureusement, son texte écrit en hébreu n’a pas été conservé : nous en possédons seulement des fragments. Mais, en Égypte, le petit-fils de cet écrivain avait traduit en grec le livre de son grand-père. Et cette traduction nous a été conservée.

Dans la page que nous allons lire ce matin, le Siracide nous parle de notre condition humaine : Dieu nous a créé(e)s libres. Au début de la page, il nous le dit de la façon la plus claire : « Au commencement, Dieu a créé l’être humain et l’a laissé maître de ses décisions » (v. 14). Nous pouvons donc choisir si suivre, ou non, ses commandements. Et le choix de suivre les commandements et de rester fidèles au Seigneur dépend – nous dit-il – « de ton bon plaisir » (v. 15).

Dans les deux versets suivants (vv. 16-17), ce maître de sagesse insiste sur la liberté de choisir[1]. Il faut choisir comme on choisit l’eau ou le feu. L’eau – qui est très rare à Jérusalem – permet la vie. Au contraire le feu est l’image de la mort, de la destruction totale. Ce choix entre l’eau et le feu représente donc le choix entre deux extrêmes[2], la vie et la mort, la vie rendue possible grâce à l’eau, la mort provoquée par le feu qui détruit tout.

En terminant sa page (vv. 18-20), le Siracide évoque Dieu en parlant de sa sagesse : Dieu connaît tout « et voit toutes choses ». Et dans sa sagesse, il n’ordonne jamais de faire du mal, il n’autorise personne à faire ce choix. Décider de faire le mal signifie donc abuser du don de la liberté et, en même temps, refuser Dieu et son amour.

 

Lecture du livre du Siracide (Si 15,14-20)

14 Au commencement, Dieu a créé l’être humain

et l’a laissé maître de ses décisions.

15 Si tu le veux, tu suivras les commandements,

et rester fidèle au Seigneur, cela dépend de ton bon plaisir.

16 Le Seigneur a mis devant toi l’eau et le feu :

étends la main vers ce que tu préfères.

17 Aux humains, il présente la vie et la mort :

à chacun sera donné selon son choix.

18 Oui, la sagesse du Seigneur est grande :

il est fort et puissant et voit toutes choses,

19 ses yeux sont tournés vers ceux qui le respectent,

lui-même connaît toutes les œuvres des humains.

20 Il ne commande à personne d’être méchant,

il ne donne à personne l’autorisation de faire le mal.

Parole du Seigneur.

 

Psaume

Le psaume 119 est le poème le plus long de tout le psautier : il s’agit de 22 strophes, chacune composée de 8 versets. Chacun des 8 versets de la première strophe commence avec la première lettre de l’alphabet, chacun des versets de la deuxième strophe avec la deuxième lettre, et ainsi de suite, jusqu’à la 22ème strophe avec la 22ème et dernière lettre de l’alphabet hébreu.

A travers cette technique, l’auteur de ce psaume veut chanter totalement – avec tout l’alphabet – son amour pour la parole de Dieu. Et, pour en parler, il utilise et il répète des mots différents[3] : l’instruction (v. 1) donnée par le Seigneur, ses enseignements (v. 2), ses exigences (v. 4), sa volonté (v. 5), ses commandements (v. 6), ses règles (v. 7), sa parole (v. 17)[4].

De ce psaume, nous pourrons lire – ce matin – seulement quatre petites sections.

La première (vv. 1-2) s’ouvre avec le mot « ’ashréi », donc « heureux et en marche ». Le poète nous invite donc à nous mettre en chemin. Et il nous assure : ce chemin – à propos duquel Dieu nous donne son instruction (v. 2) – nous porte à la joie. Dieu nous donne son instruction et ses enseignements (v. 2) ; Et nous qui voulons être ses fidèles ? Notre réaction c’est la recherche, la recherche de sa personne. Le poète nous le dit de la façon la plus claire : ceux qui observent ses enseignements, « le cherchent de tout leur cœur » (v. 2). Leur réaction naît du « cœur », c’est-à-dire du fond de leur conscience, de leur amour[5].

La deuxième section (vv. 4-5) revient sur Dieu qui nous fait connaître ses exigences ; et ça afin « qu’on les respecte avec soin », afin qu’on s’engage à faire sa volonté.

En commençant sa troisième section (vv. 17-18), le poète s’adresse à Dieu en se présentant comme « ton serviteur ». L’amour et la bonté de Dieu lui permettent de vivre et de « prendre soin » de sa parole. Il ne s’agit pas, donc, d’une obéissance par peur d’un éventuel châtiment. C’est, au contraire, un prendre soin malgré sa propre faiblesse[6], un prendre soin avec amour. Et, en poursuivant sa prière, le poète revient sur l’instruction donnée par Dieu. Il lui demande de pouvoir « contempler les merveilles de ton instruction » (v. 18). En effet, l’instruction donnée par Dieu, un peu comme toutes ses interventions dans l’histoire et dans notre vie, est extraordinaire, surprenante, elle nous fascine, elle nous prend totalement[7].

Enfin, en ouvrant la quatrième section (vv. 33-34), le poète demande à Dieu de devenir son maître, son guide : « Enseigne-moi, Yahvéh, le chemin que tu veux » (v. 33). Et l’auteur du psaume veut suivre ce chemin, il veut le respecter de tout son cœur. Mais il se sent fragile, voilà pourquoi il demande à Dieu de lui donner l’intelligence, l’intelligence qui lui permettra d’observer l’instruction qu’il a reçue de Dieu.

Quant à nous, ce matin, laissons-nous fasciner sur la route dans laquelle Dieu nous conduit ; laissons-nous fasciner par les merveilles de son instruction. Voilà pourquoi, après chaque strophe, nous pouvons intervenir avec ce refrain :

Heureux et en marche ceux qui suivent l’instruction de Yahvéh !

 

Psaume 119 (versets 1-2. 4-5. 17-18. 33-34)

1 Heureux et en marche ceux qui se conduisent parfaitement

et qui suivent l’instruction de Yahvéh !

2 Heureux et en marche ceux qui observent ses enseignements,

et le cherchent de tout leur cœur.

Refr.:   Heureux et en marche ceux qui suivent l’instruction de Yahvéh !

 

4 Toi, notre Dieu, tu fais connaître tes exigences,

pour qu’on les respecte avec soin.

5 Ah, que je sache me conduire avec fermeté

en m’appliquant à faire ta volonté !

Refr.:   Heureux et en marche ceux qui suivent l’instruction de Yahvéh !

 

17 Sois bon pour ton serviteur, et je vivrai,

et je prendrai soin de ta parole !

18 Ouvre mes yeux et je pourrai contempler

les merveilles de ton instruction.

Refr.:   Heureux et en marche ceux qui suivent l’instruction de Yahvéh !

 

33 Enseigne-moi, Yahvéh, le chemin que tu veux,

je le suivrai jusqu’au bout.

34 Donne-moi l’intelligence, pour que j’observe ton instruction

pour la respecter de tout mon cœur !

Refr.:   Heureux et en marche ceux qui suivent l’instruction de Yahvéh !

 

Deuxième lecture

Dans la Première lettre aux Corinthiens, Paul – nous l’avons écouté il y a une semaine – mentionnait sa faiblesse comme apôtre, une faiblesse à travers laquelle Dieu a manifesté sa puissance surprenante. En poursuivant sa lettre, Paul revient sur sa fonction d’apôtre. Son enseignement est un enseignement de sagesse.

Et, en parlant de sagesse, Paul oppose deux formes de sagesse. Il y a « la sagesse de ceux qui dirigent ce monde », et ces personnes-là « vont à leur destruction » (v. 6). Bien différente est la sagesse annoncée et enseignée par l’apôtre. Elle est « la sagesse de Dieu », une sagesse « mystérieuse et demeurée cachée » (v. 7). Elle révèle aux Corinthiens, et à nous aussi, « ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce que les humains n’ont jamais pensé, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment » (v. 9). Et avec cette phrase, Paul fait référence à différents passages de la Bible[8], en particulier à Isaïe 64,3. Mais Paul y ajoute un “détail” fondamental : le message donné par l’apôtre concerne tout ce que Dieu a préparé… pour les personnes qui l’aiment[9] ! Voilà comment Paul ose définir les chrétiens de Corinthe et aussi chacune et chacun de nous !

Enfin, dans la dernière phrase, Paul explique comment il peut enseigner la sagesse de Dieu. Elle lui a été révélée « par le Saint Esprit », l’Esprit qui connaît « même les plans de Dieu les plus profondément cachés » (v. 10).

 

De la Première lettre de Paul aux Corinthiens (2,6-10)

Frères, 6 c’est bien une sagesse que nous enseignons aux chrétiens adultes dans la foi. Mais elle n’est pas la sagesse de ceux qui dirigent ce monde et qui vont à leur destruction. 7 Nous, nous enseignons la sagesse de Dieu, mystérieuse et demeurée cachée. Mais avant que le monde existe, Dieu avait préparé cette sagesse pour nous faire participer à sa gloire.

8 Aucun de ceux qui dirigent ce monde ne l’a connue. En effet, s’ils l’avaient connue, ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur dans lequel Dieu a manifesté sa gloire.

9 Mais ce que nous proclamons, c’est précisément ce qui a été écrit – écriture définitive – ; c’est ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce que les humains n’ont jamais pensé, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment.

10 Or, c’est à nous que Dieu a révélé ce secret par le Saint Esprit. En effet, l’Esprit peut tout examiner, même les plans de Dieu les plus profondément cachés.

Parole du Seigneur.

 

Alléluia. Alléluia.

Tu es béni, Père, Seigneur du ciel et de la terre,

tu as révélé aux tout-petits les mystères du Royaume ! (cf. Mt 11,25)

Alléluia.

 

Évangile

L’Évangile de ce matin revient sur « la loi », c’est-à-dire l’instruction que Dieu a donnée à son peuple à travers Moïse et les prophètes. Jésus ne supprime pas les Écritures. Sa fonction est de « conduire à la plénitude » (v. 17), donc d’exprimer, dans sa pleine valeur et richesse, tout ce que les Écritures nous transmettent, et de découvrir en elles la Parole de Dieu[10].

La validité des Écritures traverse les temps jusqu’à la fin de l’histoire humaine, « tant que le ciel et la terre dureront » (v. 18). Elle marque l’activité de Jésus (v. 17) et devra marquer aussi la vie des disciples[11] : en effet, dans le Royaume, ses disciples devront mettre en pratique et enseigner la Parole (v. 19). Mais leur mise en pratique de la Parole de Dieu et leur fidélité à la volonté de Dieu[12] ne sera pas comme celle des maîtres de la loi et des pharisiens. Jésus demande d’aller au-delà des limites de la loi : il faut agir comme le Père qui aime et pardonne et donne gratuitement à ses enfants[13].

Jésus nous le dit dans la suite de son discours en faisant référence à l’Ancien Testament. Et la liturgie de ce matin insiste sur quatre thèmes : l’homicide (vv. 21-26), l’adultère (vv. 27-30), le divorce (vv. 31-32) et le serment (vv. 33-37).

A propos de l’homicide, Jésus cite le cinquième commandement : « Tu ne tueras pas » (Ex 20,13 et Dt 5,17). Mais Jésus va beaucoup plus loin : il faut éviter même la colère et le manque de respect envers les autres. Et, si nous avons un conflit avec un de nos frères, Jésus nous demande de nous réconcilier. Autrement, toute notre relation avec Dieu perd de signification : « Si donc tu vas présenter ton offrande sur l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande » (vv. 23-24).

En poursuivant son discours (v. 27), Jésus cite encore l’Ancien Testament et, plus précisément, le commandement de ne pas commettre adultère (Ex 20,14 et Dt 5,18). Mais la volonté de Dieu n’est pas seulement la prohibition de l’adultère. La volonté de Dieu est le refus d’un système d’échange qui considère la personne comme une marchandise ou comme un simple partenaire en affaires, un partenaire interchangeable. Non, Dieu veut qu’on entre dans la logique de la gratuité et du don. C’est ainsi que la personne ne doit pas essayer de dominer ou de posséder l’autre. Dans le couple, on fait don de soi, réciproquement.

Pour souligner l’unité du couple, Jésus ajoute deux phrases sur le scandale : « Si ton œil droit te fait tomber dans le péché … » (v. 29), « Si ta main droite te fait tomber dans le péché » (v. 30). Et ces deux phrases soulignent à quel point il faut s’engager pour rester uni(e)s à Dieu, pour ne pas s’éloigner de Dieu et, en même temps, pour rester – au niveau du mariage – un couple intensément uni[14].

La troisième référence (v. 31) à l’Ancien Testament concerne le divorce. Le Deutéronome permettait au mari de renvoyer sa femme si l’épouse « ne trouve pas grâce aux yeux du mari » (Dt 24,1). Mais pour Jésus, l’homme qui répudie sa femme lui manque de respect et « il la pousse à commettre un adultère » (v. 32). Jésus nous invite donc à regarder à l’avenir avec espoir, même si dans les relations homme-femme il y a des moments difficiles et apparemment sans issue.

Enfin, dans la quatrième référence (v. 33) à l’Ancien Testament, le discours est à propos des serments. Le livre du Lévitique (19,12) demandait de ne pas prononcer de faux serments, tandis que le livre des Nombres (30,3) exhortait le croyant à « se conformer exactement à la promesse sortie de sa bouche »[15]. Mais Jésus va beaucoup plus loin. Il nous dit de ne pas faire des serments. Que notre parole soi seulement « ‘oui’, si c’est ‘oui’, ‘non’, si c’est ‘non’ » (v. 37).

 

Évangile de Jésus Christ selon Matthieu (5,17-37)

Jésus disait à ses disciples :

17 Ne pensez pas que je sois venu supprimer la loi de Moïse et les prophètes : je ne suis pas venu pour supprimer, mais pour conduire à la plénitude. 18 Je vous le dis, c’est la vérité : tant que le ciel et la terre dureront, on ne supprimera rien de la loi. On ne supprimera ni la plus petite lettre, ni le plus petit détail, et cela jusqu’à ce que tout se réalise. 19 Celui qui refuse même le plus petit des commandements et enseigne aux autres à faire de même, sera le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui l’applique et enseigne aux autres à faire de même, sera grand dans le Royaume des cieux. 20 Oui, je vous le dis : votre fidélité à la volonté de Dieu doit surpasser celle des maîtres de la loi et des pharisiens. Sinon, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux.

21 Vous avez appris qu’on a dit à vos ancêtres : « Tu ne tueras pas. Celui qui tue, on l’amènera devant le juge ». 22 Mais moi, je vous dis : Si quelqu’un se met en colère contre son frère ou sa sœur, on l’amènera devant le juge. Quant à celui qui dit à son frère ou à sa sœur : « Imbécile ! », on l’amènera devant le tribunal. Et celui qui traite de fou ou de folle son frère ou sa sœur, mérite la terrible punition de Dieu. 23 Si donc tu vas présenter ton offrande sur l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, 24 laisse ton offrande là, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande. 25 Quand tu es encore sur la route du tribunal avec ton adversaire, mets-toi vite d’accord avec lui. Sinon, il va te livrer au juge, le juge va te livrer à la police, et on va te jeter en prison. 26 Je te le dis, c’est la vérité : tu ne sortiras pas de là si tu ne payes pas jusqu’au dernier sou.

27 Vous avez appris qu’on a dit : « Ne commets pas d’adultère ! ». 28 Mais moi, je vous dis : tout homme qui regarde une femme en désirant la posséder, celui-là, dans son cœur, a déjà commis adultère avec elle. 29 Si ton œil droit te fait tomber dans le péché, arrache-le, et jette-le loin de toi. Pour toi, il vaut mieux perdre une seule partie de ton corps. C’est mieux que de garder ton corps tout entier et d’être jeté dans le lieu de souffrance. 30 Si ta main droite te fait tomber dans le péché, coupe-la, et jette-la loin de toi. Pour toi, il vaut mieux perdre une seule partie de ton corps. C’est mieux que de garder ton corps tout entier et d’aller dans le lieu de souffrance.

31 On a dit aussi : « Celui qui renvoie sa femme doit lui remettre une attestation de divorce ». 32 Mais moi, je vous dis : un homme ne doit pas renvoyer sa femme, sauf quand le mariage est contraire à la loi. En effet, quand un homme renvoie sa femme, il la pousse à commettre un adultère. Et quand un homme se marie avec une femme renvoyée, il commet adultère.

33 Vous avez appris aussi qu’on a dit à vos ancêtres : « Tu ne dois pas être infidèle à tes serments. Mais tu dois faire tout ce que tu as promis avec serment devant le Seigneur ». 34 Mais moi, je vous dis : ne faites pas du tout de serments. Ne jurez pas par le ciel, parce que c’est là que Dieu habite. 35 Ne jurez pas par la terre, parce que c’est l’endroit où il pose ses pieds. Ne jurez pas par Jérusalem, parce que c’est la ville du Grand Roi. 36 Et ne jure pas par ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul cheveu de ta tête blanc ou noir. 37 Que votre parole soit ‘oui’, si c’est ‘oui’, ‘non’, si c’est ‘non’. Ce qu’on dit en plus vient de l’esprit du mal.

 

Acclamons la Parole de Dieu.

  

Prière d’ouverture

Seigneur, nous te cherchons et nous désirons voir ton visage,

fais que, un jour, après avoir éloigné le voile qui nous sépare,

nous puissions te contempler.

Nous te cherchons dans les Écritures qui nous parlent de toi

et sous le voile de la sagesse, qui est le fruit de la recherche de toute l’humanité.

Nous te cherchons dans les visages lumineux des frères et des sœurs,

mais aussi dans les signes de ta passion que nous voyons dans les corps souffrants.

Chaque créature porte le signe de ton cachet,

chaque chose révèle un rayon de ton invisible beauté.

Tu te révèles dans le service d’un frère à un frère,

tu te manifestes dans l’amour fidèle qui résiste malgré tout.

Non les yeux mais le cœur peut te voir,

et nous c’est avec simplicité et authenticité que nous cherchons de parler avec toi[16].

[Prière de la Communauté de Bose, Italie : 1993]

 

Prière des fidèles

* Le Siracide nous a parlé de ta sagesse, Seigneur, une sagesse qui nous responsabilise : en effet tu laisses chaque personne responsable et « maître de ses décisions ». Quant à tes commandements, le fait de les mettre en œuvre, cela dépend de notre bon plaisir. Fais naître en nous, Seigneur, ce « bon plaisir », le plaisir de répondre avec amour à ton amour.

* Le poète du psaume a utilisé plusieurs fois le mot « instruction », ton instruction, Yahvéh Seigneur. Mais ton instruction n’est pas une série arbitraire de lois que tu nous imposes, peine le châtiment. Non, ton instruction nous guide sur un chemin beau et séduisant. Elle nous ouvre aux « merveilles de ton instruction ». Donne-nous, Seigneur, la force de suivre ton instruction et notre vie sera, de jour en jour, une découverte des merveilles qui donnent un sens à notre vie d’amour.

* Paul, en écrivant aux chrétiens de Corinthe et aussi à nous ce matin, nous parle de ta « sagesse », Seigneur. Ta sagesse nous dépasse totalement. En effet, « c’est ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce que les humains n’ont jamais pensé », tout cela est ce que, toi, notre Dieu, tu as préparé pour ceux qui t’aiment. Donne-nous la force, Seigneur, de te répondre avec amour, parce que t’aimer… c’est beau !

* Jésus, tu es venu non pour supprimer la loi de Moïse mais pour la conduire à la plénitude. Au lieu de limiter la violence, tu nous demandes d’éviter toute mauvaise réaction, la colère, le manque de respect, et de nous engager pour la réconciliation. Au niveau du mariage, tu nous apprends la logique de la gratuité et du don. Et, au niveau des serments, tu nous demandes de les éviter et de nous engager dans la loyauté : que notre « parole soit ‘oui’, si c’est ‘oui’, ‘non’, si c’est ‘non’ ». Rends-nous fidèles, Jésus notre frère, à tes enseignements.

 

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[1] Cf. J. Marböck, Jesus Sirach 1-23, Herder, Freiburg – Basel – Wien, 2010, p. 201.

[2] Cf. Ch. Mopsik, La Sagesse de ben Sira. Traduction de l’hébreu, introduction et annotations, Verdier, Lagrasse, 2003, p. 160.

[3] A ces 7 mots il faut ajouter le « dire » du Seigneur. Cf. J.-L. Vesco, Le psautier de David traduit et commenté, Cerf, Paris, 2006, p. 1139ss. Dans ces pages, l’auteur explique les « Huit mots pour désigner ce que Dieu veut ».

[4] Le scribe a voulu, très probablement, évoquer la parole, la volonté ou les commandements de Dieu 176 fois, 176 comme 176 sont les versets de ce psaume. Cf. D. Barthélemy, Critique textuelle de l’Ancien Testament. Tome 4. Psaumes, Academic Press – Vandenhoeck & Ruprecht, Fribourg – Göttingen, 2005, p. 787.

[5] Cf. G. Ravasi, Il libro dei Salmi. Commento e attualizzazione. Vol. III (Salmi 101-150), EDB, Bologna, 2015, p. 459.

[6] Cf. E. Zenger, Psalm 119 dans F.-L. Hossfeld – E. Zenger, Psalmen 101-150, Herder, Freiburg – Basel – Wien, 2008, p. 364.

[7] Cf. R. Albertz, « pl’ ni. Essere meraviglioso », dans E. Jenni – C. Westermann, Dizionario Teologico dell’Antico Testamento, vol. 2, Marietti, Casale Monferrato, 1982, p. 372-378.

[8] Cf. G. Barbaglio, La prima lettera ai Corinzi. Introduzione, versione e commento, EDB, Bologna, 1995, p. 173s. Pour d’autres détails, cf. H. Conzelmann, Der erste Brief an die Korinther. Übersetzt und erklärt, Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen, 1969, p. 81s.

[9] L’expression « pour les personnes qui l’aiment » a un parallèle dans le Siracide 1,10.

[10] Cf. E. Borghi, La giustizia della vita. Lettura esegetico-ermeneutica del Vangelo secondo Matteo, Messaggero, Padova, 2013, p. 114.

[11] Cf. J. Gnilka, Il vangelo di Matteo. Parte prima, Paideia, Brescia, 1990, p. 224.

[12] Derrière l’expression « fidélité à la volonté de Dieu » (v. 20) il y a, en grec, « dikaiosune », littéralement « justice ». Pour cette interprétation du mot grec dans l’Évangile de Matthieu, cf. S. Grasso, Il Vangelo di Matteo. Commento esegetico e teologico, Città Nuova Editrice, Roma, 2014, p. 171.

[13] S. Fausti, Una comunità legge il vangelo di Matteo, EBD, Bologna, 2007, p. 71.

[14] Cf. S. Grasso, Il Vangelo di Matteo. Commento esegetico e teologico, Città Nuova Editrice, Roma, 2014, p. 178.

[15] Pour les relations entre Mt 5,33 et l’Ancien Testament, cf. S. Grasso, Il Vangelo di Matteo. Commento esegetico e teologico, Città Nuova Editrice, Roma, 2014, p. 182.

[16] Il libro delle preghiere, a cura di E. Bianchi, Einaudi, Torino, 1997, p. 43.