Eucharistie: 19 avril 2026

Tu n’abandonneras pas mon âme à la mort (Ps 16,10)

 

Première lecture

La première lecture est une page des Actes des apôtres, le second volume que Luc a composé après avoir écrit, dans son Évangile, « tout ce que Jésus a fait et enseigné » (Ac 1,1). Ce matin, dans le livre des Actes, nous allons lire une partie du discours de Pierre le jour de la Pentecôte.

La venue de l’Esprit Saint et le fait que les disciples parlaient en d’autres langues « comme l’Esprit leur donnait de s’exprimer » (v. 4) a surpris les habitants de Jérusalem. Et Pierre, dans son discours, veut donc expliquer ce qui s’est passé. Il parle d’abord de Jésus et de ce que Dieu, à travers Jésus, a fait : « des miracles, des choses extraordinaires et des signes » (v. 22). Pierre évoque aussi la mauvaise réaction des Juifs par rapport à Jésus : « cet homme, vous l’avez tué en le faisant clouer sur une croix par des gens qui ne connaissaient pas Dieu » (v. 23). Mais la plus grande partie du discours que Luc met sur la bouche de Pierre insiste sur la résurrection de Jésus.

Pour en parler, le texte applique à Jésus les paroles d’un psaume[1]. Il s’agit d’un psaume composé probablement, au cinquième siècle, avant la naissance de Jésus[2]. Mais Luc, comme la tradition ancienne juive et grecque, le considère comme composé par David, au dixième siècle. En composant son livre, Luc cite ce psaume en suivant des détails de la traduction grecque[3], des détails qui évoquent plus clairement – dans Jésus – l’espoir dans la résurrection[4]. En effet, d’après ce psaume, Jésus a pu considérer ses expériences comme « les chemins qui conduisent à la vie » et il a pu affronter la mort en disant au Père : « Tu me rempliras de joie par ta présence » (v. 28).

Après cette longue citation du psaume, dans la narration de Luc, Pierre s’adresse à nouveau aux Juifs, mais maintenant il les appelle comme « frères » (v. 29), Et, à travers ce détail, Luc nous montre Pierre comme une personne qui ne refuse pas son origine juive, son lien avec la communauté juive[5] et avec le Royaume de David.

Oui, David parlait de la résurrection, mais les paroles du psaume cité ne s’appliquent pas à David : David est mort, « on l’a enterré, et sa tombe est encore aujourd’hui parmi nous » (v. 29). Mais David était aussi un prophète : il savait que Dieu lui avait promis un descendant. Et c’est à propos de ce descendant que David a pu voir « d’avance, ce qui allait arriver » (v. 31). Voilà pourquoi, dans son psaume, il a « parlé de la résurrection du Christ ». Et Pierre, dans son discours, met sur la bouche de David, le même verset du psaume, mais avec les verbes au passé : Jésus « n’a pas été abandonné dans le monde des morts, et son corps n’a pas vu la décomposition ». Oui, les verbes sont au passé, car la résurrection a déjà eu lieu, et Pierre et les autres disciples en sont témoins.

Enfin, le dernier verset. Après avoir insisté sur les résurrections, Pierre peut évoquer l’ascension de Jésus à la droite du Père. C’est là que Jésus reçoit l’Esprit et le donne, abondamment, à ses disciples. Et, à propos de ce don de l’Esprit, Pierre peut conclure : « C’est ce que vous voyez et entendez maintenant ».

 

Lecture des Actes des Apôtres (2,14.22b-33)

Le jour de la Pentecôte, 14 Pierre, debout avec les onze autres apôtres, éleva la voix et fit cette déclaration à la foule :

« Vous, les Juifs, et vous tous qui habitez à Jérusalem, sachez bien ceci et prêtez l’oreille à mes paroles.

22 Dieu vous a montré qui était Jésus de Nazareth. Car au milieu de vous, Dieu a fait – à travers Jésus – des miracles, des choses extraordinaires et des signes, vous le savez bien. 23 Cet homme vous a été livré, et cela conformément à la décision que Dieu avait prise et au plan qu’il avait formé d’avance. Et cet homme, vous l’avez tué en le faisant clouer sur une croix par des gens qui ne connaissaient pas Dieu. 24 Mais Dieu l’a ressuscité, il l’a délivré des douleurs de la mort. En effet, il n’était pas possible que la mort le retienne en son pouvoir.

25 En effet, David a parlé de Jésus en disant :

« Je voyais sans cesse le Seigneur devant moi.

Oui, il est tout près de moi, pour que je ne tremble pas.

26 Alors mon cœur se réjouit et ma bouche chante de joie.

 Et même dans la tombe, ma chair, ma fragilité s’abritera dans l’espoir.

27 Non, tu ne m’abandonneras pas dans le monde des morts.

Tu ne permettras pas à moi, ton ami fidèle, de voir la décomposition.

28 Tu m’as fait connaître les chemins qui conduisent à la vie,

tu me rempliras de joie par ta présence » (Ps 16/15,8-11).

29 Frères, je peux vous le dire très clairement : notre ancêtre David est mort, on l’a enterré et sa tombe est encore aujourd’hui parmi nous. 30 Mais David était prophète et il savait que Dieu lui avait fait ce serment : « Je ferai asseoir sur ton siège royal, un de tes descendants. (Ps 132/131,11). 31 David a vu d’avance ce qui allaient arriver ; il a donc parlé de la résurrection du Christ quand il a dit : « Il n’a pas été abandonné dans le monde des morts et son corps n’a pas vu la décomposition » (Ps 16/15,10)

32 Ce Jésus dont je parle, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoin. 33 Dieu l’a donc fait monter à sa droite, il a reçu du Père l’Esprit Saint (qui avait été) promis et il l’a répandu sur nous. C’est ce que vous voyez et entendez maintenant.

Parole du Seigneur.

 

Psaume

Le psaume que la liturgie nous propose est le psaume 16. Il s’agit donc du psaume que, dans la version grecque, nous avons déjà lu – en partie – dans la page des Actes des apôtres. De ce psaume, nous allons lire la forme la plus ancienne qui était composée de cinq strophes[6].

La première (vv. 1-2) contient la seule demande que le poète adresse à Dieu : « prends soin de moi, Dieu, car je me réfugie en toi ». Le poète ne demande aucun bien à Dieu. Il veut seulement vivre, jour après jour, sa relation avec Dieu comme une relation intime « toi-moi ». En effet, le poète avoue : « J’ai dit à Yahvéh : Mon Seigneur, c’est toi »[7]. Et il veut continuer à vivre, constamment, cette relation avec Dieu. Il accepte sa dépendance envers Dieu comme le plus grand bonheur. Et il avoue : « Je n’ai pas de bonheur plus grand que toi ».

Dans la forme la plus ancienne du psaume, la deuxième strophe (vv. 5-6) présente Dieu comme l’accomplissement de tous les désirs du poète. Dieu est pour lui, il est la chance de sa vie, il est sa part, comme un terrain reçu en don, en héritage : c’est un sort qui m’enchante (v. 6).

La troisième strophe (vv. 7- 8) nous montre que l’intimité vécue avec Dieu se manifeste dans des actions. Dieu donne le courage d’agir et il aide à prendre des décisions qui préparent le chemin de son royaume[8]. Voilà pourquoi le poète bénit Dieu, Dieu qui lui est proche et le conseille à travers sa conscience (v. 7).

La quatrième strophe (vv. 9-10) nous présente la vie nouvelle que Dieu donne à celui ou à celle qui s’ouvre à Dieu. Dieu est une présence qui traverse toute sa personne, son cœur, ses entrailles, littéralement « son foie »[9], sa chair et sa fragilité. C’est une présence qui traverse sa vie tout entière, même les nuits les plus sombres. Et demain ? « Tu n’abandonneras pas mon âme à la mort » (v. 10). Le poète avoue ainsi que sa communion avec Dieu, qui lui est toujours proche, ne peut être interrompue, même par la mort[10].

Enfin, la dernière strophe (v. 11). L’avenir de ceux et celles qui s’ouvrent à Dieu n’est pas la mort, ou la peur, ou l’angoisse ? Au contraire, c’est la joie, la joie auprès du « visage » de Dieu, les délices « à perpétuité ». Voilà le chemin que Dieu nous fait et nous fera connaître, le même chemin que Dieu a ouvert pour Jésus le matin de Pâques. D’ici notre refrain à la fin de chaque strophe :  

Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie,

le même chemin que tu as ouvert pour Jésus.

 

Psaume 16,1-2. 5-6. 7-8. 9-10. 11

1 A mi-voix. Poème appartenant au recueil de David.

Prends soin de moi, Dieu, car je me réfugie en toi.

2 J’ai dit à Yahvéh : « Mon Seigneur, c’est toi.

Je n’ai pas de bonheur plus grand que toi ».

Refr.    Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie,

le même chemin que tu as ouvert pour Jésus.

 

5 Yahvéh, tu es la chance de ma vie, et ma coupe,

toi, tu soutiens mon destin.

6 La part que j’ai reçue est belle,

c’est un sort qui m’enchante.

Refr.    Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie,

le même chemin que tu as ouvert pour Jésus.

 

7 Je bénis Yahvéh qui me conseille,

même pendant les nuits, ma conscience me corrige.

8 Je garde sans cesse Yahvéh devant moi,

comme il est à ma droite, je suis inébranlable.

Refr.    Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie,

le même chemin que tu as ouvert pour Jésus.

 

9 C’est pourquoi mon cœur se réjouit, mes entrailles exultent

et ma chair, dans sa fragilité, demeure en sûreté,

10 car tu n’abandonneras pas mon âme à la mort,

tu ne donneras pas à ton fidèle de voir la fosse.

Refr.    Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie,

le même chemin que tu as ouvert pour Jésus.

 

11 Tu me feras connaître la route de la vie :

plénitude de joies auprès de ton visage,

délices dans ta droite, à perpétuité.

Refr.    Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie,

le même chemin que tu as ouvert pour Jésus.

 

Deuxième lecture

Comme il y a une semaine, la deuxième lecture aujourd’hui est une page de la Première lettre de Pierre. Dans cette page, l’auteur nous demande la cohérence. En effet, ce matin, mais aussi fréquemment pendant la semaine, nous nous adressons à Dieu en l’appelant « Père ». Eh bien : nous devons vivre en respectant Dieu et en mettant en lui, notre confiance. Et cela même si notre « séjour sur la terre » comporte des souffrances et des moments tragiques. D’autre part, les premiers destinataires de notre lettre vivaient une situation pas trop différente : ils vivaient, comme dira l’auteur plus tard dans sa lettre, ils vivaient « en pyrôsei » (4,12), littéralement dans un brasier, dans une fournaise. Et avec cette image, l’auteur pensait à l’hostilité que les destinataires de sa lettre devaient supporter : des chrétiens traités de malfaiteurs et subissant les calomnies tout simplement parce qu’ils étaient chrétiens[11].

Après cette invitation à la cohérence et à la confiance, l’auteur évoque le changement vécu par les destinataires. Ils étaient des païens. Eux, comme aussi leurs ancêtres, avaient une mentalité religieuse et un style de vie qui « ne menait à rien » (v. 18). Mais Dieu est intervenu dans leur vie : Il les a « délivré de cette façon de vivre » (v. 18). Et cette libération, c’est accomplie « par le sang précieux du Christ, sacrifié comme un agneau sans défaut et sans tache » (v. 19).

Cette référence au Christ pousse l’auteur à souligner le rôle du Christ, relation avec Dieu et avec les croyants. Quant à Dieu, Dieu l’a choisi et aimé depuis toujours[12], et il l’a fait connaître « pour vous ». Et ce pronom évoque directement les destinataires de la lettre, les chrétiens du premier siècle, mais aussi chacune et chacun de nous. C’est pour nous que Jésus est entré dans l’histoire de l’humanité. Et c’est ainsi que nous pouvons croire en Dieu – qui a réveillé Jésus de la mort – et mettre en Dieu, notre foi et notre espérance (v. 21). Et cette espérance, nous dira plus tard l’auteur de la lettre, est de pouvoir un jour, après avoir souffert avec le Christ, participer à son Royaume de joie et d’allégresse (4,13)[13].

 

De la Première lettre de Pierre (1,17-21)

17 Dans vos prières, vous appelez « Père » celui qui, sans partialité, juge chacun selon son œuvre. Alors, vivez en respectant Dieu avec confiance, pendant le temps de votre exil sur la terre. 18 La façon de vivre que vous avez reçue de vos ancêtres ne menait à rien. Mais vous le savez, Dieu vous a délivrés de cette façon de vivre. Il vous a délivrés non par des choses périssables, comme l’or ou l’argent, 19 mais par le sang précieux du Christ, sacrifié comme un agneau sans défaut et sans tache. 20 Dieu l’a choisi avant la création du monde et il l’a fait connaître, pour votre bien, dans ces temps qui sont les derniers. 21 C’est par le Christ que vous croyez en Dieu, qui l’a réveillé de la mort et lui a donné la gloire. Voilà pourquoi vous mettez votre foi et votre espérance en Dieu.

Parole du Seigneur

 

Alléluia. Alléluia

Seigneur Jésus, ouvre-nous les Écritures !

Que notre cœur devienne brûlant

tandis que tu nous parles (cf. Lc 24,32).

Alléluia.

 

Évangile

L’Évangile de Luc contient un récit très connu : celui des deux disciples qui, sur le chemin vers Emmaüs, rencontrent Jésus. Un disciple s’appelle Cléopas, abréviation de Cléopatros, un mot grec qui signifie ‘gloire du père’. L’autre disciple est sans nom et il peut représenter chacune et chacun de nous[14].

C’est à un voyageur inconnu que ces deux disciples parlent de leur déception. Ils avaient mis leur espoir en Jésus, ils le considéraient comme un libérateur politique : « nous espérions que c’était lui qui allait libérer Israël » (v. 21). Mais leur rêve a été brisé, définitivement, le vendredi saint. Désormais, il n’y a qu’un message étonnant, celui de quelques femmes qui parlent d’une « vision d’anges qui le déclarent vivant » (v. 23).

Au discours des deux disciples, l’inconnu répond. Il donne comme une catéchèse. D’abord un reproche : l’ignorance des Écritures. Elles contiennent un message prophétique : c’est à travers la souffrance que le Messie entre dans sa gloire (v. 26). Ensuite, l’inconnu explique aux disciples l’enseignement des Écritures : des livres de Moïse à tous les livres des prophètes.

Après ce chemin avec l’inconnu, les disciples l’invitent : « Reste avec nous ! Car le soir approche » (v. 29). Et c’est à table que l’inconnu accomplit des gestes qui leur rappellent le dernier repas avec Jésus : prendre le pain, dire la prière de bénédiction, rompre le pain et le donner. A ces gestes, tout change : au voyageur visible et non reconnu succède aussitôt le Ressuscité reconnu mais invisible[15].

Cette rencontre, cette découverte surprenante peut devenir aussi notre rencontre, notre découverte. Et leur expérience peut devenir, ce matin, notre expérience : « Oui, il y avait comme un feu dans notre cœur, pendant qu’il nous parlait sur la route et nous expliquait les Ecritures » (v. 32).

 

Lecture de l’Évangile de Luc (24,13-35)

13 Et voici que, ce même jour, deux d’entre eux font route vers un village appelé Emmaüs. C’est à deux heures de marche de Jérusalem. 14 Ils parlent entre eux de tout ce qui vient de se passer. 15 Et il advient pendant qu’ils parlent et qu’ils discutent ensemble : Jésus lui-même s’approche et fait route avec eux. 16 Ils le voient, mais quelque chose les empêche de le reconnaître. 17 Jésus leur dit : « Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? ». Alors ils s’arrêtent, ils ont l’air triste. 18 L’un d’eux, appelé Cléopas, répond et lui dit : « Tous les habitants de Jérusalem savent ce qui est arrivé ces jours-ci ! Et toi seul, tu ne le sais pas ? ». 19 Il leur dit : « Quoi donc ? » Ils lui disent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth. C’était un prophète. Il était puissant en action et en parole devant Dieu et devant tout le peuple. 20 Nos grands prêtres et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont crucifié. 21 Et nous, nous espérions que c’était lui qui allait libérer Israël. Mais, voici déjà le troisième jour depuis que ces faits se sont passés. 22 Pourtant, quelques femmes de notre groupe nous ont beaucoup étonnés. Ce matin, très tôt, elles sont allées à la tombe. 23 Elles n’ont pas trouvé le corps de Jésus et elles sont revenues nous dire : “Nous avons eu une vision d’anges qui le déclarent vivant”. 24 Quelques-uns de notre groupe sont allés à la tombe, eux aussi. Ils ont tout trouvé comme les femmes l’avaient dit, mais Jésus, ils ne l’ont pas vu ».

25 Alors Jésus leur dit : « Vous ne comprenez rien ! Vos cœurs sont lents à croire tout ce qu’ont déclaré les prophètes ! 26 Il fallait que le Messie souffre tout cela avant d’entrer dans sa gloire ». 27 Et Jésus leur explique ce que les Écritures disent à son sujet. Il commence par les livres de Moïse, ensuite il continue par tous les livres des prophètes.

28 Ils arrivent près du village où ils faisaient route. Et Jésus fait semblant de faire route plus en avant. 29 Mais les deux hommes lui disent en insistant : « Reste avec nous ! Car le soir approche, et le jour est déjà sur son déclin ». Et il entre pour rester avec eux. 30 Et il advient pendant qu’il est à table avec eux : il prend le pain et dit la prière de bénédiction. Ensuite, il rompt le pain et il le leur donne. 31 Alors leurs yeux s’ouvrent et ils reconnaissent Jésus ; puis il leur devient invisible.

32 Ils se disent l’un à l’autre : « Oui, il y avait comme un feu dans notre cœur, pendant qu’il nous parlait sur la route et nous expliquait les Ecritures ». 33 Ils se lèvent et ils retournent tout de suite à Jérusalem. Ils trouvent réunis les Onze et ceux qui étaient avec eux. 34 Ces derniers leur disent : « Le Seigneur a réellement été ressuscité, et il est apparu à Simon ». 35 Quant aux deux, ils leur racontent ce qui s’est passé sur la route et comment il s’était fait reconnaître d’eux en rompant le pain.

 

Acclamons la Parole de Dieu.

 

Prière d’ouverture

Je crie vers toi, ô mon Dieu,

je prononce ton nom très saint,

mais sans pouvoir jamais te saisir.

Seigneur mon Dieu,

tu es plus grand que nos paroles,

plus silencieux que notre silence,

plus profond que nos pensées,

plus élevé que nos désirs.

Donne-nous, ô Dieu souverain, si grand et si proche,

des yeux nouveaux pour te découvrir

et pour t’accueillir quand tu viens à nous[16].

[Saint François de Sales, France : 1567-1622]

 

Prière des fidèles

* La première lecture, des Actes des apôtres, nous a aidé à réfléchir sur la mort, qui nous attend, et à la regarder positivement. En prenant la parole dans les Actes, Pierre nous invite à réfléchir sur le Psaume 16 qui nous encourage en parlant de Dieu qui:

27 Non, tu ne m’abandonneras pas dans le monde des morts

Tu ne permettras pas à moi, ton ami fidèle, de voir la décomposition.

28 Tu m’as fait connaître les chemins qui conduisent à la vie,

tu me rempliras de joie par ta présence » (Ps 16/15,8-11).

Que ces paroles du Psaume puissent nous encourager devant les expériences de la mort qui se vérifient fréquemment dans la vie.

* Même l’auteur du Psaume revient sur le thème de la mort. Et il adresse à Dieu ses paroles pleines de confiance :

« tu n’abandonneras pas mon âme à la mort,

tu ne donneras pas à ton fidèle de voir la fosse ».

A toi, notre Dieu, un grand merci pour ces paroles du Psaume.

* La lettre de Pierre évoque nos prières, les prières dans lesquelles nous appelons « Père » celui qui, sans partialité, regarde chacun selon son œuvre et nous délivre « par le sang précieux du Christ ». Pour ce sang précieux nous voulons, dans cette Eucharistie, remercier le Christ et le Père.

* L’Évangile de Luc nous parle de Jésus qui rencontre deux disciples et, partageant le pain et la prière, leur permet de le reconnaître. Et Luc nous rassure : « Alors leurs yeux s’ouvrent et ils reconnaissent Jésus ». Que la foi de ces deux disciples puisse aider notre foi dans la résurrection.

 

Prière finale


Personne ne t’a jamais vu, Dieu caché.

Mais tu t’es fait connaître dans un homme : Jésus Christ.

Ton verbe a demeuré parmi nous,

il a parlé dans une langue humaine.

Dieu, nous croyons qu’aujourd’hui

tu ne veux pas être loin :

tu veux te dire à nous à travers nos paroles ;

tu te confies à nos mains.

Donne-nous de vivre ensemble

dans l’esprit de Jésus, ton Fils[17].

[Frans Cromphout, Pays-Bas : 1924-2003]  


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[1] « Pour Luc, les paroles du psalmiste son ici, les paroles de Jésus Christ.  G. Schneider, Gli Atti degli Apostoli. Parte prima. Testo greco e traduzione. Introduzione e commento ai capp. 1,1-8,40, Paideia Brescia, 1985, p. 380.

[2] Cf. E. Zenger, Psalm 16, dans F.-L. Hossfeld – E. Zenger, Die Psalmen. Bd I, Ps 1-50, Echter, Würzburg, 1993, p. 109.

[3] Il s’agit du psaume 15 qui correspond au psaume 16 en hébreu. Là où l’hébreu parle d’un personnage qui peut demeurer « en sûreté », la traduction grecque du psaume et le livre des Actes (v. 26.) ont « s’abriter dans l’espoir », l’espoir de la résurrection. Et, au verset suivant, à la place de la tournure « voir la fosse », on a « voir la décomposition ». Toujours dans ce même verset, le texte hébreu – dans sa forme écrite – a le pluriel « tes fidèles » (cf. Bible TOB, note au Psaume 16,10). Au contraire, la version grecque du psaume a le singulier. Quant aux Actes, le discours de Pierre applique ce singulier à Jésus qui peut se présenter à Dieu en disant « ton fidèle » ou « ton ami fidèle ».

[4] Cf. E. Zenger, Salmi. Preghiera e poesia, vol. 1. Col mio Dio scavalco muraglie, Paideia, Brescia, 2013, p. 189.

[5] Cf. D. Marguerat, Les Actes des apôtres (1-12), Labor et fides, Genève, 2007, p. 92.

[6] Pour l’histoire et la structure du psaume 16, on peut lire E. Zenger, Salmi. Preghiera e poesia. Vol. 1. Col mio Dio scavalco muraglie, Paideia, Brescia, 2013, p. 196.

[7] Pour le premier mot de ce verset, cf. D. Barthélemy, Critique textuelle de l’Ancien Testament. Tome 4. Psaumes, Academic Press – Vandenhoeck & Ruprecht, Fribourg – Göttingen, 2005, p. 59ss.

[8] Ainsi E. Zenger, Salmi. Preghiera e poesia, vol. 1. Col mio Dio scavalco muraglie, Paideia, Brescia, 2013, 1. 195.

[9] Ainsi E. Zenger, Psalm 16, dans F.-L. Hossfeld – E. Zenger, Die Psalmen, Band I, Psalm 1-50, Echter, Würzburg, 1993, p. 110.

[10] Cf. J.-L. Vesco, Le psautier de David traduit et commenté, Cerf, Paris, 2006, p. 186.

[11] Cf. R. E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ? Paris, Bayard, 2000, p. 767.

[12] Pour la dimension affective et volitive du verbe grec, cf. J. Schlosser, La première épître de Pierre, Cerf, Paris, 2011, p. 101.

[13] Pour cette dimension de l’espérance dans notre lettre, cf. L. Goppelt, Der erste Petrusbrief, Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen, 1978, p. 127.

[14] Cf. D. Marguerat et E. Steffek, Evangile selon Luc, dans Le Nouveau Testament commenté, sous la direction de C. Focant et D. Marguerat, Bayard – Labor et fides, Paris – Genève, 2012, p. 395.

[15] Cf. ibid. p. 396.

[16] Les 100 plus belles prières du Monde, choisies et présentées par A. Chafigoulina, calman-léwy, Paris, 1999, p. 170.

[17] F. Cromphout, Un temps pour parler, Éditions Foyer Notre-Dame, Bruxelles, 1970.